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❝ Renaître de ses cendres.... ❞
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Dans la peau de John Malkovich
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Travaille au département International de la Coopération Magique ♦️ Spécialisé dans le monde arabe ♦️ Papa d'une sang-pure ♦️ Superstitieux ♦️ Fume énormément la pipe sorcière
Renaître de ses cendres....
ce message a été posté Lun 28 Aoû - 21:25


Lynton:
 




La plage, la mer, l'horizon.... " Que demander de plus ? " songea Altair Kirke en inspirant une longue bouffée d'air marin. La solitude ? Il l'avait déjà. A cette heure tardive, maris et femmes étaient déjà tous rentrés chez eux pour jouer au couple parfait et déguster le bon petit plat que leur avait préparé leur domestique. Enfin, tous sauf lui. Il se souvenait trop bien de la dernière fois où il avait dîné face à Aveline, dans une ambiance qui n'avait rien à envier aux cimetières londoniens. Pourtant les premiers jours il avait tenté de faire semblant... comme d'habitude. Feignant d'avoir déjà oublié les évènements d'Avalon, il avait partagé ses repas, ses moments de détente et ses nuits avec Aveline. Il avait sourit quand il le fallait, hoché la tête quand elle le demandait et croisé son regard quand elle cherchait le sien... avant de le détourner aussi vite.

Aussi fort qu'il le désirait, Al ne parvenait plus à voir dans les prunelles brunes de sa femme autre chose que la haine. Comme il n'arrivait plus à poser les yeux sur ses lèvres sans entendre le tonitruant " Avada Kedavra " qu'elle avait hurlé en direction d'une sorcière. Une terroriste, oui ! Une Phénix, probablement. Mais aussi et surtout un être humain ! Une personne dotée de raison, aimée des siens, mère ou fille de quelqu'un sûrement, qu'on éliminait de deux petits mots et d'un rayon vert.... Qu'est ce qui différenciait désormais Aveline de ces créatures sans visage qui aspiraient l'âme de leurs victimes impunément ? Stimulé par ces réflexions, le cerveau d'Altair fit rejaillir la scène de l'exécution à laquelle il avait assisté de près. L'anglo-arabe soupira et alla plonger ses mains dans l'eau salée pour s'asperger le visage. Il se plongea ensuite à nouveau dans la contemplation des vagues.... jusqu'à ce qu'une ombre lui fasse lever la tête.

L'ancien Serdaigle attrapa sa baguette à l'instant précis où il distingua une sorcière en mauvais état sur un balai en encore plus mauvais état. Il la regarda atterrir en urgence sur la plage de galets avant de se précipiter à couvert des arbres. Merlin ! Etait-elle poursuivie par quelqu'un ? Un ennemi juré ? Ou pire encore : des terroristes ? Il s'apprêta à courir vers elle quand soudain deux autres silhouettes apparurent dans le ciel. Les balai foncèrent vers lui en piqué et il eut juste le temps de reconnaître leurs costumes de brigadiers. Ce qui faisait d'elle... une fugitive. Bordel de bouse de scroutt !!

« Toi ! »

Pitié pas ça ! Tout sauf ça ! Il avait eu plus que son lot de sang, d'exécutions, de morts, de drames et d'humiliations ! Pourquoi ça tombait sur lui, aujourd'hui, ici, si loin de toute civilisation... Merlin pourquoi ?

« La sorcière en balai, elle est partie par où ? »

Il ne pouvait pas mentir. C'était des brigadiers, des agents du gouvernements et des tireurs surentraînés. Et elle très probablement une terroriste. Une meurtrière. Il commença à lever le bras pour le tendre vers les arbres....

« Grouille ! »

« Attends mec, c'est peut-être elle sous polynectar ! Y a pas un hibou à la ronde !  »

Soudain, Altair trouva deux baguettes pointées sur son torse.

« Non, non, non ! Je suis Altair Kirke. Je travaille au ministère, je ... j'étais sur l'estrade dans le carré sang-pur à Avalon. » affirma-t-il en relevant la tête avec une fausse assurance.

« Dans le carré sang-pur hein ? Et tu veux pas nous dire que t'es le fils de Mervyn Kark aussi ?! »

« Je me suis battu aux côtés du ministre et lui ai parlé. » Mais il ne jugea pas utile de préciser que c'était simplement pour s'excuser de lui avoir vomit sur les chaussures. « Vous pouvez me ramener en sang sur votre balai, si votre objectif est une humiliation cuisante. » risqua-t-il d'un ton pédant.

Le brigadier leva sa baguette et Al craignit d'avoir été trop loin mais il ressentit tout à coup un frisson.

« C'est bien sa véritable apparence, pas de sort de dissimulation. En fait ça me dit quelque chose Kirke. C'est pas une sang-pure fo.... originale qui publie un magazine bizarre ? »

« Agapanthe Kirke oui, ma cousine. »

« Qu'est ce tu f.... vous faites là alors ? »

« J'essaie de m'éloigner de l'agitation de la capitale mais visiblement c'est raté. »

Qu'ils se cassent. Qu'ils lui foutent la paix et se tirent loin d'ici ! Et soudain, sans réfléchir, il tendit le bras vers l'autre versant.

« Et sinon, si ça vous intéresse toujours, elle a continué sa course de l'autre côté de la falaise. »

Ils pestèrent avant de s'envoler vers la direction indiquée. Altair attendit de les voir disparaître avant de déglutir. Merlin ! QUEL CON ! Pourquoi est-ce qu'il avait fait ça ? C'était une PUTAIN de terroriste et il l'avait aidée. Pourquoi ? Pourquoi ? POURQUOI ? Et si elle s'en prenait à lui maintenant qu'il était seul ?!

« Hominum Revelio. »

Une onde magique lui indiqua qu'elle s'était enfoncée un peu plus loin dans les arbres. Il hésita un instant.... puis s'avança en tendant sa baguette bien droite devant lui.

« Sortez-de là. » ordonna-t-il fermement.

Elle ne répondit pas. Allait-elle tirer ?

« Ils sont partis. » reprit-il plus doucement. « Je vous donne ma parole de ne pas vous faire de mal. »

Maintenant il en était certain ; qu'il le veuille ou non, il n'en n'aurait pas la force.

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Statut : Célibataire - jamais connu les bras de qui que ce soit
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Baguette : Bois d'aubépine ; pas toujours simple à manipuler. Plutôt rigide, vingt-six centimètres. Larme de licorne.
Epouvantard : Elle est enfermée dans une salle minuscule, elle étouffe
Dialogue : #3366cc

Fugitive depuis ses 12 ans, Phénix jusqu'au bout des ongles •• Née Mary-Kathleen Miller •• Fille de terroristes, aujourd'hui elle a "deux papas" (condamnés pour condamnés...) •• Douée en métamorphose et passée maitre dans l'art du vol sur balai •• Teigne émotive croisée bulldozer suicidaire, s'emballe (beaucoup) trop facilement •• Solitaire, immature, capricieuse, authentique et furieusement déterminée •• Du genre coincée et toujours vierge •• Elle a depuis peu une énorme vilaine cicatrice de Sectumsempra de l'épaule au nombril.
Re: Renaître de ses cendres....
ce message a été posté Mer 30 Aoû - 23:36
On repère facilement la cible qui court et fuit.
D’où sa parfaite immobilité. Réduite à la plus stricte impuissante, sinon à guetter, les sens en alerte maximale.

Lyne se demandait néanmoins, à travers tous les voyants rouges allumés au fond de ses pensées, si les deux brigadiers à ses trousses avaient repéré la direction exacte qu’elle avait prise à toute allure dans les bois. Si elle n’avait pas cassé trop de branches qui la trahiraient quant au chemin emprunté – elle avait à peine senti les griffures sur ses bras nus, son visage. Si elle n’avait pas perdu un peu de sang, Petite Poucette d’un nouveau genre. Si son cœur ne battait pas si fort qu’ils allaient assurément la retrouver.

Ca avait été rapide, le début de la course-poursuite. Sans doute avait-elle bêtement oublié qu’avec le chaos qu’ils avaient récemment semé, les surveillances s’étaleraient un peu plus loin dans les campagnes et bois ; les contrôles renforcés. Elle pensait naïvement avoir été bien planquée.  Avoir tout protégé, comme d’habitude ; sans avoir besoin de tout vérifier une seconde fois ; sans avoir besoin de s’éloigner de la grande ville plus que ça. A force, la vie à courir et se cacher – se cacher, surtout – elle connaissait. Elle finissait tout juste de remballer ses quelques affaires quand les types avaient surgi de Merlin-sait-où, hurlant tour à tour : « Toi ! » « Tes papiers ! » Elle n’avait même pas essayé de mentir, de tisser une histoire sur le champ. Son père avait brûlé ses papiers vingt ans plus tôt, de toute façon. « Une putain de Phénix ! ». Un tour de baguette rapide et agile l’avait empêché de transplaner tant qu’elle resterait à proximité. Elle n’avait pas encore rangé son précieux mais vieillissant Nimbus, et peut-être bien que cette fois encore, il lui avait sauvé la vie. Elle n’était pas habile de la baguette au point de désarçonner deux brigadiers forcément bien mieux entrainés qu’elle.

Le sentiment d’oppression lui avait secoué la poitrine de part en part, et la terreur à l’idée d’être attrapée (vivante !) ou de crever comme un animal dans les secondes à venir avait suffi à éveiller chacun des réflexes durement acquis. Elle avait juste sauté, sac abimé déjà sur le dos, sur son balai. Et foncé comme jamais.

Pour voler elle était bonne, elle était même plus que douée, et elle remercierait plus tard son père de lui avoir transmis ça aussi – par les gènes ou par la passion, cela importait peu. Pas pour combattre. Elle n’avait donc pas contré le coup d’éclair ou coup de couteau qui fusa et trancha profondément au niveau de sa main gauche : simplement accéléré et foncé comme jamais.

Elle avait vu la mer, pensé qu’elle était perdue sur la plage nue, puis les bois.
Et voilà qu’elle se retrouvait enfoncée profondément (était-ce suffisant pour autant ?), bel et bien posée sur ses deux pieds.
On repère facilement la cible qui court et fuit.
D’où sa parfaite immobilité. Réduite à la plus stricte impuissante, sinon à guetter, les sens en alerte maximale.

Sa main gauche tenait fermement le manche du vieux Nimbus qui un jour avait participé à une coupe du monde de quidditch, et dégoulinait, pourpre, lentement, sur les initiales (Z.C) de son père, encore gravées. Elle s’y agrippait aussi fort qu’à ses chances de survie, là, immédiatement. La main droite tremblait mais tenait tout aussi fort sa précieuse baguette.
Avec les années elle était devenue une excellente chasseuse. Sa condition lui rappelait violemment et soudain combien elle était avant tout une proie. A courir et se cacher, se cacher puis courir…

Les minutes étaient interminables. Rien ne venait : rien d’autre que les grillons, le vent marin, quelques feuilles qui déjà tombaient, de minuscules insectes.

« Sortez-de là. »

Elle se raidit de tout son corps contre le tronc d’arbre qui l’abritait depuis de longues et cruelles dizaines de secondes. Serra son Nimbus plus fort encore contre elle, concentra toutes ses pensées sur les meilleures chances qu’elle avait de réussir un Defenestro furieux. Ils arrivaient. Elle s’attendait à voir d’autres éclairs (un vert peut-être ?) fuser. C’était le moment de bondir à nouveau sur son plus fidèle allié. Ou était-ce trop tôt encore ?
Quelques craquements de brindilles, si proches. Une seconde, une autre seconde. Une éternité !

« Ils sont partis. Je vous donne ma parole de ne pas vous faire de mal. »

Et soudain, l’impression de sentir le sol se dérober sous ses pieds. Comme un sentiment inespéré de délivrance, alors que toutes ses pensées continuaient de hurler que c’était un piège. Elle n’était même pas sûre de reconnaitre la voix – pas certaine d’avoir intégré celle des deux brigadiers, d’être capable de reconnaitre si oui ou non elle appartenait à quelqu’un d’autre. D’abord (c’est un piège, casse-toi !) elle hésita, compta jusqu’à quatre (un, deux, trois, casse-toi ! quatre : il sait que tu es là, montre-toi) et prit une profonde inspiration. Finalement, prudemment (casse-toi !), elle abandonna sa cachette. Il avait donné sa parole, à supposer que tous ces enfoirés puissent en avoir une vraie.

En fait, il était juste derrière elle : il était arrivé à deux ou trois mètres tout juste. Il devait être de son âge. Le regard étonnamment non-agressif. Quant à elle, ses lèvres tremblaient encore de panique sans qu’elle ne s’en aperçoive, et ses yeux bleus étaient grand ouverts, vifs et interloqués à la fois.

« Qu’est-ce que vous voulez ? »

Cinglant et mordant, articulé précipitamment, baguette tendue et armée de toute la méfiance dont elle était capable. Elle ne comptait que sur elle-même depuis toujours – elle-même, et puis elle avait une confiance aveugle en son père, Alden, et se fiait ses camarades de mission très occasionnellement, c’était tout. Et lui venait de lui sauver la vie.  D’où débarquait-il ?

C’était un drôle de cocktail qui prenait-là la tête de la poitrine de la jeune femme d’assaut. A mi-chemin entre la peur acide, la méfiance, le soulagement intense.
Il venait de lui sauver la vie.
Au nom de quoi ? Pourquoi, par Rowena ?

Du regard, elle l’évalua. Des pieds à la tête et de la tête aux pieds. Elle se sentait parfois plus animale qu’humaine, en cet instant-ci et depuis son horrible rencontre avec les deux brigadiers plus encore, et tout en elle lui hurlait de plier bagage illico presto. Pourtant… Pourtant, quelque chose, tout doucement, tout bas face aux alarmes hurlant dans sa tête et son corps tout entier, lui susurrait de baisser sa baguette. Il était peut-être, et même si elle avait arrêté de croire aux contes de fées pour petites sorcières naïves depuis longtemps, le miracle dont elle avait eu besoin précisément aujourd’hui.

Lui était très beau, bien portant, bien habillé, sentait certainement encore les produits de douche. Elle, elle avait les cheveux fous, les sourcils froncés et les traits marqués (bientôt, ils s’adouciraient), un pantalon déchiré, des bottines usées. Et pourtant il venait de lui sauver la vie. Ses doigts ensanglantés relâchèrent un peu la pression sur le Nimbus ; et ceux sur la baguette, à peine.


« Alors, vous les avez vraiment envoyé ailleurs. ... »
« Merci. »

Même si elle n’était pas sûre de comprendre tout ce qui lui tombait sur la tête aujourd’hui.

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Au bord de l'eau, un pigeon défunt : pour un oiseau mais quelle drôle de fin. Sur la plage échoue sans cesse, jeté par les vagues, échoue sans cesse ; là-bas. Le soleil perce l'oiseau gris, de ses raides et doux rayons comme des aiguilles. Une poupée vaudou. Feu! Chatterton

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Re: Renaître de ses cendres....
ce message a été posté Ven 1 Sep - 20:31


Il aurait pu se répéter inlassablement la même question, encore et encore, jusqu'à ce que son interlocutrice se demande s'il savait vraiment parler. Il aurait aussi pu réfléchir à la sienne pour lui offrir une réponse satisfaisante...  mais ça n'aurait servit à rien. Au fond de lui-même, il savait pertinemment pourquoi et ce qu'il voulait. Ou plutôt ce qu'il ne voulait pas.

Malgré les semaines qui s'étaient écoulées, chaque hurlement, chaque regard criant de désespoir et chaque goutte de sang étaient encore bien présents dans sa mémoire. Et s'il avait enfin réussit à se débarrasser de ces cauchemars quelques jours plus tôt, il était prêt à parier qu'ils reviendraient au grand galop s'il revivait ne serait-ce qu'un centième de l'horreur qu'il avait connu. Alors non, ce n'était pas pour elle qu'il les avait éloignés ; c'était pour lui-même. Pour s'épargner le spectacle d'une arrestation pénible à coup de maléfices, de pleurs et de tortures. Et puis.... peut-être un peu aussi pour s'épargner la culpabilité d'avoir poussé un être humain vers les lèvres d'un détraqueur, puisque c'était forcément ce qu'il lui serait arrivé. Même si elle le méritait probablement.

Son balai, sa coiffure, l'état de ses fringues... tout prouvait qu'elle était une fugitive de longue date. Et donc nécessairement l'une des leurs. Une criminelle.
Combien de vies innocentes avait-elle prises ? Combien de maisons, de familles et de rêves avait-elle détruit ? Juste par haine de ce système et de son foutu ministre. S'était-il battu contre elle à Avalon ? Impossible à dire. Outre les masques que les terroristes portaient ce jour-là, elle avait l'air tellement petite et fragile, là, sur cette plage, secouée par le vent marin et les tremblements... si éloignée de l'image qu'il avait gardé de ces révolutionnaires beuglants et haineux. C'était presque difficile à croire....

« Vous en êtes une ? »

La question, balancée d'une voix tranchante, avait été accompagnée d'un léger mouvement de baguette.

« Une Phénix. » précisa-t-il du bout des lèvres.

Comme si ce simple mot avait le pouvoir de rendre les choses plus réelles, plus dangereuses et de la transformer en furie. Il faut dire qu'il se souvenait parfaitement bien de la façon dont certains maniaient leur couteau, bondissant par surprise sur leurs victimes avant de leur lacérer la peau. Ce jour-là il avait retenu la leçon : il ne fallait jamais au grand jamais se fier à ces gens-là, aussi blessés et épuisés qu'ils avaient l'air. A Avalon, ses ennemis s'étaient relevés à chaque fois. A croire que les membres de cette organisation étaient habités par l'oiseau de feu qui les représentait... comme cette femme, blessée mais bien debout. Grâce à lui, entre autres.

« Ne me remerciez pas. J'aurais dû vous dénoncer. »

D'ailleurs il pouvait encore la stupéfixier, là tout de suite, et transplaner avec elle jusqu'au ministère. La déposer sur le pas de la porte de la Brigade en prétendant qu'elle était repassée par là et aller se coucher en se satisfaisant d'avoir fait une bonne action pour la société, sans avoir besoin d'assister à un duel ou un tabassage dans les règles de l'art. Cela irait bien sûr en contradiction avec sa volonté de ne pas s'impliquer, de ne pas envoyer un être doué d'esprit dans les bras d'un détraqueur, mais ne commettait-il pas une grave erreur en laissant cette personne disparaître dans la nature ? Qu'est ce qui lui garantissait qu'elle ne s'en prendrait pas à sa fille la semaine prochaine ? Et.... merde ! Voilà qu'il se retrouvait planté sur la plage comme un con, tiraillé entre conscience et devoir. Entre sensibilité et fermeté. Le visage agité par les froncements de sourcils et les tremblements de lèvres incontrôlés qui trahissaient son conflit intérieur.

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Fugitive depuis ses 12 ans, Phénix jusqu'au bout des ongles •• Née Mary-Kathleen Miller •• Fille de terroristes, aujourd'hui elle a "deux papas" (condamnés pour condamnés...) •• Douée en métamorphose et passée maitre dans l'art du vol sur balai •• Teigne émotive croisée bulldozer suicidaire, s'emballe (beaucoup) trop facilement •• Solitaire, immature, capricieuse, authentique et furieusement déterminée •• Du genre coincée et toujours vierge •• Elle a depuis peu une énorme vilaine cicatrice de Sectumsempra de l'épaule au nombril.
Re: Renaître de ses cendres....
ce message a été posté Mar 26 Sep - 22:54
Son cœur battait encore à tout rompre, fort jusque dans ses tempes, poussé comme par un bolus d’adrénaline. Elle était comme une biche, une minuscule, frêle, fragile et vulnérable proie, qui se serait réfugiée in extremis dans un terrier, juste avant que le vilain chasseur n’ait pu l’avoir à bout-portant. Et voilà qu’elle venait (sagement ? fort imprudemment ?) de pointer le bout de son nez hors de sa cachette de fortune. C’était le chaos dans sa tête, ça fonctionnait en binaire : ennemi, pas ennemi ? lever la baguette, ranger la baguette ? partir, s’assurer de ses intentions d’abord ? les brigadiers reviendraient-ils sous peu, reviendraient-ils pas ? remonter immédiatement sur son balai, attendre un peu ? A ces questions bousculées et enchevêtrées, elle ne répondait rien. Elle ne savait juste pas quoi faire, là, tout de suite, n’en avait aucune foutue idée, bordel de scroutt ! Après tout, elle ne se faisait pas sauver la vie tous les jours. Jamais, en fait. Elle comptait sur sa capacité à être discrète, sa prudence, son sens de l’observation, sur la vitesse à laquelle elle était capable de se carapater en cas d’urgence extrême. Sur les autres rarement, sur papa quelques fois bien-sûr, mais sur les inconnus, jamais. Lui n’avait, qui plus est, rien d’un fugitif, rien des siens. Et avec un brin de confiance en elle ou de calme supplémentaire, Lyne aurait sans doute remarqué qu’il était au moins aussi paumé qu’elle. A la différence près que lui ne venait pas de passer à trois fois rien de perdre définitivement la liberté ou la vie – la liberté donc la vie.

« Vous en êtes une ? Une Phénix. »

Le ton employé était cinglant. En quatre ou cinq mots il l’accusait, ça hurlait qu’elle était évidemment une criminelle.
Il avait peur.

Elle aussi, en fait. Elle serra sa main blessée (celle qui saignait toujours relativement) sur son vieux Nimbus, comme pour la rassurer encore, l’autre releva d’instinct la baguette. C’était certain (son cœur accéléra à nouveau comme pour lui confirmer qu’elle avait une fois de plus manqué de jugeotte) elle aurait dû rester planquée, se sauver plus loin en volant, transplaner très loin !

Elle fronça les sourcils, le regard bêtement perdu sur les traits de son visage, à essayer deviner à travers ses traits si peu abimés, si beaux encore et vierges de cicatrice, ce que par Merlin, il pouvait bien lui vouloir. Ami, pas ami ? Attaquer en premier, rester simplement sur la défensive ? Non, en duel, elle n’aurait pas la moindre de chance face à n’importe quel sorcier ayant suivi un cursus classique à Poudlard. Merde !

« Ne me remerciez pas. J'aurais dû vous dénoncer. »

Elle eut alors la rage : quelque chose de soudain si désagréable que c'en était violent. La dénoncer, de quoi ? De tous les crimes dont il lui avait collé la responsabilité sans même qu’elle ait pu ouvrir la bouche ? D’être juste une sale Phénix, une paria ?
Elle, elle s’estimait coupable d’être née à la mauvaise époque, parce que ses parents avaient juste choisi de se battre pour leurs idéaux, quitte à mourir pour d’ailleurs, parce que ses parents avaient décidé de jouer aux rebelles. Elle, elle était coupable d’avoir suivi sans avoir d’autre choix quand elle n’était même pas tout à fait encore adolescente. Coupable d’avoir crevé la faim de temps à autres, de froid souvent (les hivers sont longs), d’avoir manqué de crever de peur tant de fois. Coupable d’être chassée comme une moins que rien par qui devinait son identifié (une pourrie de Phénix !) – et maintenant, c’était vrai certes, coupable tout court de se battre vraiment, jusqu’aux os, jusqu’aux tripes, pour ses convictions. C’était criminel, que de croire pour de vrai à un monde plus égalitaire, de vouloir hurler toutes ces injustices ?

Et lui n’était sans doute ni plus ni moins qu’un de ces affreux pions façonnés par la société – ne pas réfléchir, ne pas contredire, chasser les affreux opposants, les dénoncer s’ils avaient le malheur de sortir de leur terrier.
Pas le prince charmant plein de bonnes intentions dans les histoires pour petites sorcières : non, de toute façon, elle avait vraiment arrêté d’y croire.
Finalement plutôt que de lui vomir toute sa haine au visage en des termes sanglants, elle éclata de rire. C’était étranglé, pas vraiment bruyant, à mi-chemin entre l’ironie et quelque chose de plus douloureux.

Elle n’allait pas lui sauter à la gorge ! Elle n’allait pas le traquer et dévorer ses gosses dans la nuit, elle n’était pas une putain de criminelle sans âme, sans cœur, sans rien !

Pourquoi ne pas juste la laisser partir sans rien dire, plutôt que de tout salir ? Elle se serait juste cassée, vite et loin, sans demander son reste.

Puisque de toute évidence le Monde était trop laid pour laisser place à un vrai super-héros.

« Trop tard, vous m’avez aidée. Vous voilà un peu criminel vous aussi. »

Bienvenue.
Elle aurait presque osé faire de l’humour, presque ! mais le ton était beaucoup trop acide pour ça, pour que ça ait vraiment l’air « amusant ». Ca n’était pas complètement faux : il l’avait littéralement sauvée, quoi qu’il puisse dire, peu importent les menaces soufflées a posteriori. Si jamais les brigadiers l’apprenaient et lui tombaient dessus, il n’aurait sans doute pas d’excuse en béton armé ; et ça lui voudrait quoi ?

Paradoxalement à la violence des émotions (peur et incompréhension, colère de la bêtise de la planète toute entière, face à la bêtise de ce héros raté du jour surtout, peur surtout et encore, douleur car sa main lui faisait un mal de chien), son visage était doux. Elle avait certes la rage au fond des tripes, elle était surtout une simple et fragile proie. Un peu stupide, car d’une grande fierté malgré tout, parce qu’elle avait le courage d’affirmer ses convictions. Idiote qu’elle était, elle ne comprenait même pas ; après des années à courir, se cacher et se battre de toutes les façons possibles, pourquoi on lui voudrait tant de mal.

« Ca vous fait peur ? »

Elle était curieuse, un peu, aussi. Pourquoi, tiens, vraiment ?
Une voix au fond de sa tête avait aussi eu l’intelligence de lui souffler qu’il ne serait pas de la plus grande des prudences de remonter sur son balai et filer : s’il avait effectivement peur, un sort serait vite parti sans même qu’il ait le temps d’y réfléchir.

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Au bord de l'eau, un pigeon défunt : pour un oiseau mais quelle drôle de fin. Sur la plage échoue sans cesse, jeté par les vagues, échoue sans cesse ; là-bas. Le soleil perce l'oiseau gris, de ses raides et doux rayons comme des aiguilles. Une poupée vaudou. Feu! Chatterton

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Re: Renaître de ses cendres....
ce message a été posté Ven 29 Sep - 18:12

Ses doigts se resserrèrent autour de son arme lorsqu'elle éclata de rire. Il s'était attendu à ce qu'elle pleure. A ce qu'elle supplie. A ce qu'elle essaie de fuir ou même à ce qu'elle dégaine sa baguette pour se battre comme la sauvageonne sanguinaire qu'elle était. Du moins était-ce ainsi qu'on présentait les Phénix à la TVM.... . Mais qu'elle rie ? Non. Ca, jamais il ne l'aurait parié. Etait-elle folle ? Etait-ce une technique de diversion pour le déstabiliser avant de lui sauter dessus ? Il recula d'un pas en prenant bien soin de pointer sa baguette sur la fine silhouette de son ennemie. Non pas pour tirer mais juste au cas où. Quoique.... peut-être qu'il ferait mieux de l'abattre maintenant ? S'il avait raison et que sa réaction n'était qu'une distraction, il s'épargnerait le risque d'un duel acharné. Et s'il avait tort.... il lui rendrait service. Quelles chances de survies pouvait bien avoir une femme assez folle pour éclater de rire face à une accusation aussi grave ? De toute façon, tous ces gens-là étaient dérangés ! Soit parce qu'ils l'étaient à la base soit parce qu'ils le devenaient à force de vivre dans de telles conditions. " Allez Altair ! Mets un terme à sa misérable survie. Fais-le ! " Mais si les formules effleuraient le bout de ses lèvres, il ne parvenait pas à les prononcer. Pas encore. Et soudain....

« Trop tard, vous m’avez aidée. »

" Elle n'est pas folle "
. Ce fut la première certitude qui heurta l'esprit du Serdaigle lorsque la Phénix prononça ces quelques mots. Elle avait même parfaitement conscience des réalités. Parfaitement conscience de ce qu'il venait de se passer et de ce que ça impliquait, pour lui comme pour elle. Manipulatrice fut le deuxième mot qui fleurit dans son cerveau. En moins de cinq minutes, elle avait fait de lui un criminel ! Un hors-la-loi ! Elle avait... elle avait... Merlin comment avait-elle fait ça ? Sans lui parler, sans le regarder, juste en le survolant de son balai moisi ! A moins qu'il n'ait fait ça tout seul ? Avait-il vraiment renvoyé les brigadiers par pure lâcheté ? Mis son existence en danger par peur de revivre ses cauchemars et d'envoyer une criminelle entre les bras d'un détraqueur ? Merde, merde, MERDE ! Ce n'était pas elle la cinglée ; c'était lui ! Qu'est-ce qui lui avait prit nom d'une goule ?! Si les brigadiers revenaient, si on l'arrêtait et qu'elle parlait, si qui que ce soit se rendait compte qu'il avait mentit.... fou. Il était complètement fou ! Il se mit à trembler, incapable de choisir un plan d'action efficace sous l'effet du stress.

« Ca vous fait peur ? ? »

Posait-elle la question pour se moquer de lui ? Pour renfoncer le couteau dans la plaie peut-être ? Avant de réaliser ce qu'il faisait, il se sentit hocher la tête de haut en bas. Evidemment qu'il avait peur. Il aurait été fou de ne pas craindre pour sa vie et celle de sa famille après ça. Mais ne l'était-il pas déjà ?

« Je ne veux pas finir comme les votres à Avalon. » avoua-t-il d'une voix faible teintée de terreur. « Ni comme vous.... Ni être un tueur. »

Non, décidément il n'y arriverait pas. Jamais il ne pourrait la livrer à ses bourreaux. Parce qu'encore une fois il était un putain de lâche et surtout, parce qu'il ne voulait pas de tout ça ; de cette situation, de ce cas de conscience, de ces choix de merde et de la culpabilité qui le rongerait quelle que soit sa décision finale. Il était venu dans ce coin paumé pour souffler BORDEL DE MERDE ! Pourquoi est-ce qu'il avait fallut que ça tombe sur lui ?!

« Je veux juste être un putain de citoyen ordinaire. »

Et voilà, il craquait !

« Je veux qu'on me foute la paix ! Pourquoi vous pouvez pas faire ça, HEIN ?! Pourquoi vous êtes obligés de TOUJOURS FOUTRE LA MERDE avec vos revendications, vos attentats et vos CONNERIES ?! Pourquoi vous pouvez pas vivre normalement ?! »

Sans eux, sa vie serait tellement plus simple ! Sans eux, Aveline n'aurait pas rejoint les mangemorts et il n'aurait pas eu à vivre tout ça. Il n'aurait pas à eu se poser autant de questions et à douter. A avoir peur tout le temps de tout, des terroristes, des mangemorts, de sa femme, de lui.... oui, même de lui. Qu'était-il devenu par Merlin ?


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Re: Renaître de ses cendres....
ce message a été posté Mar 24 Oct - 23:27
C’était un peu gênant comme situation. Un peu bizarre, un peu perturbant, un peu grisant, un peu terrifiant, tout cela à la fois. Etait-elle la minuscule proie qui venait de passer à un cheveu de la mort ou pire encore (Azkaban !) ? Etait-elle au contraire une sorcière parfaitement déterminée et capable, une grande méchante terroriste de Phénix, de quoi lui faire peur pour de vrai ? Les deux à la fois ? La vérité, c’était qu’elle, elle avait plutôt l’impression de traverser toute sa vie aussi habilement qu’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Toujours à se foutre seule comme une grande dans des situations délicates, toujours à s’en tirer, à s’en tirer oui, mais avec fracas et rock’n’roll. Sans jamais trop réfléchir non plus sur le coup – sa cervelle ne fonctionnait qu’à coups d’idées explosives, et généralement, elles n’étaient pas très bonnes. Là par exemple, elle s’évertuait à rester bêtement bloquée à analyser son « héros » (héros ou zéro, le type ?) du jour, à se demander quand il l’attaquerait, s’il aurait la bêtise de l’attaquer après lui avoir purement et simplement sauvé la vie. Tiens, à quel point le perturbait-elle ? A la place, elle pourrait lui balancer un sort dans la tronche et voler à toute vitesse. Il ne pourrait pas courir plus vite que son super nimbus (jadis, il avait littéralement été un balai de compétition). Mais non. La curiosité l’emportait. L’emportait toujours. Ca ou les idées foireuses. Avec sa main toujours aussi serrée sur son balai, qui pissait douloureusement le sang. L’autre restait vissée sur sa baguette – elle était stupide et déterminée jusqu’au bout dans ses idées, mais pas complètement folle.

Elle s’était donc mise à rire alors que la situation n’avait RIEN de drôle et l’agaçait même plus qu’autre de chose (ç’eût été trop beau que de rencontrer un VRAI héros !) : le type répondit à toute vitesse, sans lui laisser le temps d’en placer une.

Par contre, à défaut d’ouvrir la bouche, elle se mit à froncer les sourcils de plus en plus.

ELLE N’ETAIT PAS UNE TUEUSE !

Elle s’était retrouvée malgré elle dans cette situation un poil délicate de fugitive – une fois de plus, elle n’avait rien demandé à personne. Bon, certes, deux options s’étaient offertes à elle. Vivre sa vie au fond des bois ou en Himalaya et ne jamais faire de vague. Ou s’engager pour de vrai, s’engager jusqu’au fond des tripes, comme sa mère avant elle qui y avait même laissé la vie, comme son père, Alden, et tous les autres. ELLE N’ETAIT PAS UNE TUEUSE ! Elle n’était même pas foutue d’être MECHANTE avec sa baguette, ou offensive pour de vrai, encore moins une adversaire redoutable ! Elle assassinait tout le monde par pensées un milliard de fois – mais Lyne était plus une folle dingue enragée et déterminée, un brin nerveuse, qu’une terroriste aux crocs recouverts de sang.

Mais l’heure n’était pas d’expliquer ses convictions. De faire un beau discours pour clamer qu’elle se battrait jusqu’à son dernier souffle pour un monde de paix (mon cul), qu’elle continuait de croire bêtement qu’un jour ils feraient tout péter jusqu’à pouvoir reconstruire des bases un peu plus belles, un peu plus colorées, un peu plus prometteuses envers l’avenir.

Et puis le mec avait l’air lui aussi un peu nerveux, un peu névrosé (?), un peu au bout d’allez-savoir-quoi. Lyne n’était pas bavarde au point d’aller lui raconter tout ça – elle avait la RAGE que leur combat soit déformé à ce point.

Avaient-ils TOUS autant de bouse dans les yeux ? Même les pseudo-héros d’un jour !
BON SANG !

Ca y est, il semblait avoir terminé. Lui laissa le temps d’en placer une.

« Moi je t’ai rien demandé hein. J’emmerde personne à faire ma vie un peu partout et nulle part, quand toi t’as juste à te demander quelles céréales choisir au petit-déjeuner. »

Bougonna-t-elle. Elle n’avait pas NON PLUS envie de se laisser hurler dessus. Ils étaient une famille avec des projets un peu mouvementés pour construire un avenir meilleur… Une grande famille à rêver un peu trop fort, parfois un peu trop explosivement. Ok ! Mais ça n’était pas une raison pour lui reprocher à ELLE tous les crimes de la terre ! Elle avait passé TOUTE sa vie à courir pour sa propre vie, se cacher, voyager malgré elle : pas tant que ça à se battre pour de vrai. Les combats n’avaient vraiment, véritablement, repris que depuis peu… Malgré l’entrainement de toute une vie donné par Zak et Alden – pas toujours une réussite, elle avait cruellement manqué d’une scolarité magique digne de ce nom. Elle n’était donc PAS responsable de toutes les emmerdes du quotidien de ce héros-zéro. Elle ne faisait pas NON PLUS dans la magipsychothérapie. Qu’il aille se plaindre à d’autres ! Pas à elle qui manquait de crever au moindre rhume attrapé pour avoir dormi sous une couverture pas assez épaisse !

Abruti fini.

« Je t’ai rien demandé. »

Elle grogna encore un coup pour la forme, le fusillant du regard… Pas si méchamment, pourtant… Il lui avait tout de même sauvé la vie. Et bêtement, elle s’accrochait à ce constat tout simple.

« Moi je t'ai juste dit un putain de MERCI, pensant que t'étais peut-être pas si mauvais ou idiot que les autres, mais visiblement tu t'énerves tout seul. Tellement décevant : T’as aucune raison de me croire mais y a pourtant pas marqué « assassin qui aime tout ce qui explose pourvu que ça fasse des morts » sur ma tête. Elle aimait bien quand ça explosait, quand elle envoyait tout péter… Mais elle aurait préféré faire ça avec une petite vie bien rangée. Celle-là, elle ne l’avait pas CHOISIE, SCROUT A LA FIN ! Ca t’intéresse vraiment, pourquoi je peux pas vivre normalement ? »

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Au bord de l'eau, un pigeon défunt : pour un oiseau mais quelle drôle de fin. Sur la plage échoue sans cesse, jeté par les vagues, échoue sans cesse ; là-bas. Le soleil perce l'oiseau gris, de ses raides et doux rayons comme des aiguilles. Une poupée vaudou. Feu! Chatterton

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Re: Renaître de ses cendres....
ce message a été posté Mar 7 Nov - 15:21


« Non. »

La réponse avait fusée avant même qu'elle n'ait refermée la bouche. Non, non, non ! Cette fois, il arrêtait les conneries. Il ne voulait pas savoir. Ne voulait pas l'écouter. Un mot de plus et il prenait le risque de tout perdre, à commencer par ses propres certitudes. Il était hors de question qu'il s'embourbe là dedans et pour une fois, il emmerdait Rowena et ses préceptes à la con ! Oui, il l'emmerdait, lui, le Serdaigle qui s'était vanté partout autour du globe d'être l'ambassadeur exemplaire de la curiosité et de la sagesse bleue et bronze. Autrefois. Plus maintenant. Pas ici. A cet instant, le piaf qu'il avait porté en étendard n'existait plus. Plus du tout. Non, non, non....

« SI ! »

Eh merde ! Celle-là, il ne l'avait pas sentit arriver ; une simple syllabe qui lui avait échappé et qui remettait à nouveau tout en question. En plus de le passer pour un taré indécis. Mais il ne pouvait pas tourner le dos au savoir comme ça ! ... ou peut-être que si ? N'avait-il pas fermé les yeux beauuucoup de choses ces dernières années pour s'éviter d'infâmes prises de tête ? Il y était très bien arrivé jusqu'à là alors...

« En fait je m'en fous ........ pas. »

Il laissa échapper un cri agacé en se passant une main nerveuse dans les cheveux - même si au vu de la violence du geste, on avait plutôt l'impression qu'il essayait de se les arracher. Merde ! Merde ! Merde !

« Je suis pas fou et je me fous pas de votre gueule ! » se justifia-t-il brusquement face au regard que lui adressait Lyne.

Même si le doute était permis pour la première affirmation. Outre la lueur un peu dingue au fond de ses yeux et les gestes saccadés qui l'animaient, Altair semblait parfaitement incapable de se tenir à une décision. Il n'avait décidément pas envie de mettre son nez là-dedans mais.... mais.... qu'il décide de porter des œillères ou pas, les choses finirait quand-même par lui péter à la gueule. La preuve avec Avalon. Si ce n'était pas lui qui mettait un pied dedans, c'était sa femme ou les terroristes qui viendraient le tirer par la cheville pour le pousser dans la fange. Il n'avait pas le choix. Aucun choix à part celui d'ouvrir les yeux ou de les garder fermer en serrant les fesses et en espérant que ça passe tout seul. Et ce choix, il l'avait déjà fait en partie quand il avait décidé de défendre cette terror... fugitive.

La jeune femme avait raison sur un point ; elle n'avait rien demandé. C'était lui qui avait décidé de décroiser les bras et d'intervenir, au lieu de simplement baisser la tête, de pointer l'index vers les arbres et de regarder ailleurs pendant qu'ils la stupéfixiaient, la tabassaient ou il ne savait quoi d'autre. Lui qui était sortit du cadre de son plein grès et encore lui qui l'avait retenue alors qu'il aurait simplement pu la laisser partir avant de transplaner de son côté. Effectivement, elle lui avait balancé un simple merci. Rien qui n'ouvre à la discussion. Mais il avait posé des questions, cherché la confrontation, demandé des réponses.... comme le putain de Serdaigle qu'il était. Maudite soit Rowena ! Maudit soit-il lui-même. S'il passait à côté de cette chance unique, la culpabilité serait trop imposante pour être enfermée à triple tour dans le coffre des vérités interdites qu'il avait forgé au fond de son crâne. Il passerait les trois prochains mois - voir plus - à se demander ce qu'elle s'apprêtait à lui révéler. Il se trouvait donc piégé dos au mur. Et secrètement soulagé de l'être...

« Je m'en fous pas. » répéta-t-il d'une voix plus assurée. « Et il n'y a pas marqué " assassin qui aime tout ce qui explose pourvu que ça fasse des morts " sur votre tête. » Ce qui était d'ailleurs la seule raison pour laquelle il lui avait adressé la parole. Debout sur la plage, elle lui avait semblé inoffensive, fragile presque. Mais... « Il y a juste écrit que vous en êtes une et par conséquent.... »

Et par conséquent il en avait tiré les conclusions qui s'imposaient quand on lisait le journal, regardait la télé ou écoutait la radio. Mais il n'était pas là pour ressortir le discours habituel des médias. S'il était resté, c'était pour l'écouter elle.

« Depuis quand êtes-vous fugitive ? » demanda-t-il d'une voix gênée. « Comment est-ce que c'est arrivé ? »

Mais ouiiii ! Bien sûr ! Elle allait lui raconter son premier meurtre les yeux dans les yeux sur la plage. Il regretta d'avoir posé cette question. Même si.... même si quelque chose lui disait qu'il ne s'agissait pas d'un meurtre ou d'un acte terroriste. Ce qu'il avait dit un peu plus tôt, il le pensait. Elle n'avait pas la tête d'un assassin sanguinaire, pas même quand elle éclatait de rire sans raison. Son regard avait quelque chose d'humain.... presque tendre. Et il se dit que finalement, elle était peut-être la seule Phénix qu'il aurait accepté d'écouter.

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Re: Renaître de ses cendres....
ce message a été posté Dim 3 Déc - 23:19
Elle renifla rapidement pour couper net à sa sèche tirade, ses doigts couverts de sang déjà séché pianotant sur le manche de son nimbus. Parce qu’elle n’allait pas se mettre à hurler à ce pauvre citoyen lambda et le traiter de pauvre bouse de scrout. Une petite voix lui soufflait de garder son calme (plus facile à dire à faire, bombe à retardement qu’elle était), de le laisser éventuellement s’énerver lui, tout seul. Et de ne pas trop tarder à se faire la malle : une autre voix hurlait bien plus fort qu’à tout moment, les deux brigadiers pourraient faire demi-tour, lui tomber dessus ; elle n’aurait pas deux fois autant de chance. Son côté tête brûlée mourrait d’envie de lui faire entendre raison et de lui faire comprendre qu’elle n’était PAS un assassin (ni une victime… Elle vivante, jamais ne serait une victime de quoi que ce soit !). La raison lui rappelait la nécessité de se carapater vite fait bien fait. La prudence restait de mise. Rester calme et vigilante.

Elle s’était donc tue juste avant de l’insulter de tous les mots. La respiration encore plutôt saccadée, le regard perçant. Observant ses mimiques, son visage torturé – oui, non, oui, non ; il n’en savait finalement fichtrement rien. Et Lyne plutôt satisfaite de parvenir à semer la pagaille dans l’esprit de cet illustre inconnu. Quitte à semer quoi que ce soit, à la crainte, elle préférait le doute. De loin. Leur apprendre à réfléchir, à se poser des questions – les bonnes questions. Ils n’étaient pas de simples terroristes. Pas de sombres assassins. Elle se préférait rebelle, justicière maladroite, indomptable.

« Depuis quand êtes-vous fugitive ? Comment est-ce que c'est arrivé ? »

Elle afficha un sourire satisfait et baissa presque aussitôt sa garde par rapport à lui sans même s’en rendre compte.

L’agitation avait fait place à une curiosité terriblement gênante. Ça lui brûlait les lèvres, ça le démangeait. Lyne le sentait.

Est-ce qu’il valait la peine qu’elle lui réponde ? Elle ne lui devait rien, elle ne lui devait pas la vérité, ni la moindre parcelle de son histoire.
Elle allait lui répondre. La Phénix s’autorisa un instant de réflexion, prudente encore : est-ce qu’elle allait l’emmener plus loin ? Non, il ne la suivrait pas. Elle n’allait pas l’emmener dans un coin douillet et lui conter tout son passé au coin d’un feu agréable. A la place, elle leva sa baguette (sans que son geste n’affiche rien de menaçant) et jeta deux ou trois sorts de protection. Volontairement rapides et silencieux, puisqu’elle les connaissait plus que par cœur – c’était son quotidien. Si quiconque venait, elle transplanerait.

Puis enfin et pour la première fois depuis le début de la scène, elle baissa la baguette – la garde un peu plus par la même occasion. Se promettant et se rappelant néanmoins qu’au moindre doute, elle se sauverait.

Lyne prit une profonde inspiration en quittant son interlocuteur qui s’en voudrait sans doute plus tard d’avoir osé DOUTER du regard.

Elle omit volontairement de parler de sa ô combien regrettée maman. C’était son vide rien qu’à elle.
Et d’Alden. Elle n’allait pas inclure une histoire d’amour homosexuelle dans son récit. Elle se contenta des grandes lignes.

« Mon père, il y a vingt-cinq ou trente ans de ça, avait une situation remarquable. Il était attrapeur et c’était un des plus jeunes joueurs de quidditch à participer et remporter une coupe du monde (ça, c’était ce que Zakary lui avait répété plusieurs fois, fort d’un égo à toute épreuve). Je veux dire, il avait des gallions plein les poches et il aurait pu se la couler douce aujourd’hui encore. (Elle leva fièrement un index tout ensanglanté : ) Il est des tous premiers à avoir pris le parti de l’égalité quel que soit le sang et les armes pour écraser ce stupide système de hiérarchie. Il s’est sauvé plutôt que de se rendre. Moi je n’avais même pas douze ans et j’ai sans doute été un fardeau plus qu’autre chose, mais l’idée c’était de ne pas me laisser grandir avec le statut de fille de terroriste collé aux fesses. » Une pause rapide. Elle ne s’en sortait pas trop mal. C’était le moment de défendre sa cause, toute sa vie, plutôt que de la jouer pathos. « L’idée… L’idée, ça n’a jamais été le sang et le chaos, même si j'imagine qu'on hurle le contraire dans vos journaux. L’idée c’est une coexistence pacifique. Mais pas dans un système à vomir, pas avec ces inconcevables inégalités, pas avec les œillères que vous avez tous aux yeux. L’idée c’est de ne pas nuire aux innocents, l’idée c’est de repartir sur de bonnes bases dans un merveilleux univers où nous serions tous en paix et où accessoirement, on ne nous imposerait aucune propagande. Et tu crois que quiconque écouterait notre exposé si on partait sagement discuter avec un Kark ou un autre ? » Un rire amer. Elle pointa finalement son index en direction de la poitrine du jeune homme : « Toi, tu penses vraiment qu’un petit basique de rien du tout est bien plus idiot qu’un sang-pur ? Tu voudrais pour tes mômes d’un monde où on a le droit de placer certains au niveau du divin et d’en trainer d’autres dans la boue juste pour leur sang ? Tu leur laisserais le droit d’idolâtrer certains et d’en piétiner d’autres aussi arbitrairement, au nom de l'obscurantisme ?» Et s’il répondait oui, elle ne pourrait même pas vraiment lui en vouloir : on lui avait toujours appris ça. Un dernier silence et la réponse finale claqua : « Moi jamais. »

« Je ne te veux aucun mal. J’ai donc toujours été fugitive et voici mes idées. C’est pour ça que je vis et que je me bats. … Nullement pour entretenir le chaos qui a de toute façon déjà été semé. »

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Re: Renaître de ses cendres....
ce message a été posté Mar 12 Déc - 14:36
Ainsi donc, elle était la fille d'un célèbre joueur de quidditch qui avait fuit du jour au lendemain ? Belle ironie que celle de l'attrapeur craignant d'être attrapé... Malgré la situation dans laquelle ils se trouvaient et l'indéniable évidence que ce n'était pas du tout le moment pour ça, plusieurs noms et visages de joueurs célèbres ressurgirent des souvenirs d'Altair. Il n'était qu'un adolescent à l'époque, pas plus que douze ou treize ans (tiens, ils avaient donc le même âge ?). Le quidditch n'avait jamais été sa grande passion mais comme tous les garçons de sa promo, il suivait - au moins de loin - l'actualité du fameux sport sorcier. Il se souvenait que les médias avaient brassés pendant des semaines autour de la disparition de certaines vedettes, dont quelques athlètes renommés. Il y avait notamment un grand barraqué au nom nordique - Gregson si souvenirs étaient bons - qui jouaient dans l'équipe des Frelons de Wimbourne ou dans celle de Flaquemare. Quel poste occupait-il  déjà ? S'agissait-il de lui ? Son père ? Et si oui.... quelle importance ?

Il n'était plus rien désormais. Juste un terroriste qui avait égoïstement entraîné sa fille dans sa lutte idéologique. Était-ce vraiment plus charitable que de la laisser aux mains de sa mère - en admettant qu'elle ait été plus raisonnable... - ou aux mains d'un orphelinat qui aurait correctement prit soin d'elle ? Un établissement qui lui aurait offert à la fois le confort, une vie sans peur et une véritable chance de faire ses preuves ! .... ou en tout cas une chance. Mais véritable ? .... non. Elle avait raison. Personne ne lui aurait jamais permis d'oublier qui elle était ; la fille d'un terroriste. Chaque jour aurait été un combat pour racheter son honneur, son nom et être digne de confiance. Mais au moins aurait-ce été un combat sans sang et sans violence. Juste une bataille interne comme celle que des milliers de gens menaient quotidiennement en silence. Une lutte invisible pas si différente de celle qu'il menait lui-même contre propres doutes, ses regrets et la perfide voix culpabilisante de sa conscience. Chaque jour l'affrontement était un peu plus dur mais chaque soir il s'endormait sur une victoire, renfermant ses idées révolutionnaires dans leur prison de verre. Et tout ça grâce à qui ? Grâce à elle.
Mayssan était à la fois son inspiration et son plus fidèle bouclier contre la remise en question. S'il n'avait désormais aucun mal à imaginer les sentiments qui avaient habité le père de cette Phénix, jamais il ne pourrait se résoudre à faire le même choix et - pire encore - à l'imposer à son enfant. Il ne le ferait certainement pas pour toutes les inégalités qui lui crevaient les yeux depuis des années et qu'il s'efforçait de ne pas voir. Il ne ferait pas non plus pour les innocents qui avaient eu le malheur de naître à la mauvaise époque dans la mauvaise famille. Et il ne le ferait même pas pour les personnes qui avaient été exécutées de manière abominable et inacceptable sur la place d'Avalon en avril dernier. Tant qu'il y aurait Mayssan dans l'équation, il n'aurait jamais le courage de se battre pour tout ça, pour tout ceux là... mais il comprenait.

Évidemment, ça ne suffisait pas. Tant qu'il ne remuerait pas le petit doigt, il resterait un immonde connard, ou plus simplement un pion dans ce système à vomir. Mais mieux valait être un pion en vie qu'une fugitive à l'espérance de vie limitée, obligée de devenir ce que les médias avaient fait d'elle. Combien étaient-ils dans ce cas-là ? Et combien avaient essayé de se réintégrer à la population en demandant le pardon de Mervyn Kark ? Même s'il doutait que Mervyn Kark soit du genre à pardonner... ou qu'on puisse vivre dans une société pareille après avoir connu la liberté et l'égalité entre tous. En fait le problème était à la source, qu'on soit du côté des Phénix ou des moutons pro-gouvernement...

« Je suis désolé que votre père ait eu des opinions inadaptées à ce monde. »

Sans cela, elle aurait pu avoir une vie normale. Devinant que sa phrase pouvait être mal interprétée, il reprit :

« Même si.... » Il hésita puis repensa au mouvement de baguette qui l'avait inquiété un peu plus tôt, l'incitant à refermer le poing sur sa propre arme avant qu'il ne comprenne qu'il s'agissait de simples sorts de protections. Pouvait-il vraiment parler librement ? « ... même si je ne doute pas qu'il ait eu ses raisons. » termina-t-il d'une voix tendue. « Et vous les vôtre. »

Mais de là à admettre ouvertement à une inconnue qu'il désavouait le système en place ? Non. On n'effaçait pas des années de censure en trois sortilèges et une discussion à coeurs semi-ouverts. Toutefois, elle avait été honnête avec lui et il souhaitait, en partie, lui rendre la pareille.

« Ma fille est une sang-pure. Je n'ai pas le pouvoir de lui laisser ou lui enlever des droits.... ni même celui de rentrer dans les mêmes magasins qu'elle. » ajouta-t-il avec un sourire triste. « Elle m'est supérieure depuis son premier souffle et je n'ai légalement que des devoirs envers elle. »

Cela suffisait-il à répondre à sa question ? Il poussa un lourd soupir avant de reprendre :

« Moralement aussi. Je suis son père, à jamais son serviteur, et pour elle seule je pense, planifie et agis. Ce que je veux n'a plus la moindre importance. Je ne peux pas la trahir ou trahir le monde auquel elle appartient. Un monde où, aussi injuste que cela soit pour les autres, son sang-pur est la chose la plus précieuse qu'elle ait. »

Plus précieuse que ses propres parents. Car jamais ils ne pourraient aussi bien la protéger que son statut de sang, passeport pour une vie sans restriction, sans obstacles et sans misère. Peut-être pas sans peines et sans problèmes mais c'était une autre histoire....  

« Je suis... navré. Il y a peu de choses qu'on ne ferait pas pour son enfant. Ton père comprendrait sûrement. » murmura-t-il en guise d'excuses. Et emporté par son discours, il ne réalisa même pas qu'il venait de la tutoyer pour la première fois, laissant ainsi tomber un autre pan de son costume de parfait basique quatre.


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Age : 35 ans
Sang : Basique, rang 2
Statut : Célibataire - jamais connu les bras de qui que ce soit
Métier : Fugitive
Baguette : Bois d'aubépine ; pas toujours simple à manipuler. Plutôt rigide, vingt-six centimètres. Larme de licorne.
Epouvantard : Elle est enfermée dans une salle minuscule, elle étouffe
Dialogue : #3366cc

Fugitive depuis ses 12 ans, Phénix jusqu'au bout des ongles •• Née Mary-Kathleen Miller •• Fille de terroristes, aujourd'hui elle a "deux papas" (condamnés pour condamnés...) •• Douée en métamorphose et passée maitre dans l'art du vol sur balai •• Teigne émotive croisée bulldozer suicidaire, s'emballe (beaucoup) trop facilement •• Solitaire, immature, capricieuse, authentique et furieusement déterminée •• Du genre coincée et toujours vierge •• Elle a depuis peu une énorme vilaine cicatrice de Sectumsempra de l'épaule au nombril.
Re: Renaître de ses cendres....
ce message a été posté Ven 30 Mar - 23:09
La sensation de fierté ne dura qu’une seconde à peine : elle était fière, c’était vrai, d’avoir laissé glisser les mots qui lui semblaient justes et importants, d’avoir sans violence craché sa haine du système actuel, d’avoir eu le courage d’affirmer ses convictions face à un inconnu (et danger plus que potentiel), pour la toute première fois, hors du champ de bataille. Mais à peine eût-elle terminé sa tirade, le bec une fois refermé, qu’elle réalisa qu’elle avait peut-être, en fin de compte, trop parlé. Sa langue la démangeait, elle la fit claquer silencieusement. Merde, oui elle en avait sans doute trop dit.

A sa conscience qui débarquait toujours avec un Nimbus de retard, elle répondit toujours silencieusement que le type – à qui elle venait de déballer une partie de son existence alors qu’elle ignorait absolument tout de qui il pouvait bien être – ne lui ferait aucun mal. Elle avait baissé sa garde tout en gardant ses distances de sécurité : lui aussi. Elle le devinait à la façon dont ses épaules se tendaient moins, dont sa baguette avait fini de la menacer depuis un moment déjà, à la façon qu’il avait eu de l’écouter du début à la fin ; de l’écouter et de (respectueusement) l’entendre. Elle était à des années lumières de penser qu’il pouvait comprendre, ou pire, partager certaines de ses pensées. Seulement Lyne imaginait-elle qu’il devait juste être quelqu’un de bien (il lui avait sauvé la vie quoi qu’il dise et quoi qu’il fasse), et elle ne pouvait pas en vouloir à ces gens de ne pas vouloir partager la même existence qu’elle.  

Aussi à son tour, fut-elle très attentive à sa réponse.
Elle la décontenança immédiatement et Lyne fronça soudain les sourcils sans l’interrompre.

A son tour, elle comprit ce qu’il essayait de lui expliquer malgré l’univers qui les séparait. Il aimait sa fille, ça crevait les yeux rien qu’en quelques mots, c’était transparent à travers ses yeux à lui.

Elle hocha tranquillement la tête, soupirant lentement. Il aimait sa fille, elle allait avoir à portée des doigts tout ce qui pouvait se faire de mieux, et même dans une société pourrie jusqu’à la moelle, il ne voulait pas lui arracher son cocon de protection et de privilèges. Elle n’envia ni la gamine ni le père, à aucun moment (elle avait passé l’âge de jalouser la planète entière). Il faisait de son mieux… Probablement. Et quel genre de père irait se battre pour un seul idéal, quitte à faire dégringoler autant d’échelons à sa gosse qui n’avait probablement même pas encore commencé de vivre pour de vrai ? Fille de terroriste, elle avait des milliers de fois imaginé ce que sa vie aurait pu être si Zakary l’avait finalement laissée, chez ses grands-parents par exemple. Elle avait aussi passé l’âge d’en vouloir à son père. Il avait fait de son mieux – et s’était déjà engagé jusqu’à un point moral de non-retour avant même qu’il n’apprenne son existence à elle.

« Plus que son sang, elle a surtout de la chance d’avoir quelqu’un pour veiller sur elle » conclut-elle finalement après avoir estimé que le silence commençait à durer. Elle fixa ses pieds un instant, prit une grande inspiration, les doigts couverts de sang séché à nouveau animés d’une certaine bougeotte. L’instinct animal de survie qui depuis l’enfance l’animait qui la rappelait à l’ordre : elle avait beaucoup, beaucoup trop bavardé. Eu énormément de chance, trop pour qu’elle puisse se permettre de flirter par deux fois avec le danger ce jour-ci. Cette simple pensée suffit à lui arracher toute envie de poursuivre. Aussi curieuse fut-elle de creuser un peu plus. A la place, elle le fixa droit dans les yeux alors qu’elle ordonnait silencieusement à son précieux nimbus de se remettre debout : « Je ne te recroiserai certainement jamais, mais je te suis infiniment redevable. Si jamais tu avais besoin de quoi que ce soit de la part d’une monstrueuse terroriste, je m’appelle Lyne. » Toute consciente qu’elle était des risques qu’il avait pris à la couvrir sans même la connaitre, elle qui n’avait rien d’autre à perdre que sa liberté (si elle la perdait, sa liberté, elle perdait tout). « Merci » Ni une ni deux, sans même lui laisser le temps de répondre (des fois qu’il cherche à la retenir, change d’avis, panique et… ?!), elle fila.

Et personne ne la retint ni ne la rattrapa.


(terminé)

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Au bord de l'eau, un pigeon défunt : pour un oiseau mais quelle drôle de fin. Sur la plage échoue sans cesse, jeté par les vagues, échoue sans cesse ; là-bas. Le soleil perce l'oiseau gris, de ses raides et doux rayons comme des aiguilles. Une poupée vaudou. Feu! Chatterton

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Re: Renaître de ses cendres....
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