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❝ On n'entend que ceux qu'on écoute. ❞
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Altèrophile
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On n'entend que ceux qu'on écoute.
ce message a été posté Dim 24 Sep - 21:24
Impossible de se tromper : le bloc de pierre bougeait. Altair recula sans lâcher le colosse du regard. Il était temps de partir loin, très loin d'ici. La respiration brûlante, il se retourna pour prendre ses jambes à son cou... et se trouva face à un couple de personnes âgées. Deux inconnus. Deux simples sorciers qu'il n'avait jamais vu auparavant. A moins que.... Dans la lumière orangée, il reconnut soudain ses parents. Altair fronça des sourcils, l'air indécis. Que faisaient-ils ici ? Et pourquoi ne bougeaient-ils pas ? Il remarqua alors un gigantesque morceau de pierre qui semblait tomber du ciel, juste au-dessus de leurs têtes ; un pied de la statue géante. Une goutte de sueur froide roula sur son front tandis qu'il hurlait en essayant de courir vers eux. Mais ses jambes ne bougeaient pas. Ses bras demeuraient paralysés. Et une voix au fond de son cerveau lui intimait de rester parfaitement immobile. De ne rien faire. De fermer les yeux. Il se débattit, cria puis sentit son cœur s'arrêter en voyant ses parents disparaître pour laisser place à Balkiss." Ce n'est pas toi Altaïr " murmura-t-elle tristement dans la lumière orangée des flammes. L'ombre de la statue enveloppa sa sœur lorsque le gigantesque pied en pierre se rapprocha dangereusement de sa tête pour l'écraser....

Altair se redressa brusquement sur son matelas en suffoquant, les larmes aux yeux et le dos trempé de sueur. Sa main tâtonna intuitivement la commode à gauche de son lit à la recherche de sa baguette, sans s'inquiéter des objets qu'il renversait dans la manoeuvre. Lorsqu'enfin il sentit le bois rassurant sous ses doigts, il murmura un lumos qui diffusa une douce lumière bleutée. Alors enfin son souffle commença à ralentir.

Ce n'était qu'un rêve. Juste un rêve. Un putain de cauchemar de merde. Inspiré par des faits beaucoup trop réels.... son esprit lui imposa cruellement le souvenir des deux personnes âgées qu'il n'avait pas pu sauver ce jour-là. Qui étaient mortes piétinées sous son regard impuissant. Une nouvelle larme roula sur sa joue tandis qu'il essuyait les premières. Merde ! Merde, merde, merde ! Tout ça c'était la faute de cette putain de Phénix ! Il savait que ça arriverait. Reparler de tout ça avec elle avait fait ressurgir beaucoup trop de choses qu'il voulait garder enfouies. Ses souvenirs, ses peurs, ses doutes.... Par les couilles de Merlin !

Il repoussa ses draps d'un geste brusque en tremblant encore. Impossible de se rendormir maintenant, il le savait. Et quand bien même il en aurait la capacité, avec ou sans potion de sommeil, il n'en n'avait aucune envie. La peur de retourner en songe à Avalon était trop forte. Il fallait qu'il sorte de cette chambre. Qu'il voit la lumière du jour et qu'il ressente la présence rassurante de la maison autour de son enveloppe charnelle si fragile. Mais avant ça, il fallait faire bonne figure.

Il prit le temps de faire disparaître toute trace de larmes et de reprendre une respiration à peu près régulière avant de sortir de la chambre d'amis dans laquelle il s'était réfugié. Dormir près d'Aveline ? Après la discussion qu'il avait eu avec cette Phénix sur la plage ? Il n'en avait pas la force. Les pensées contradictoires lui vrillaient douloureusement l'esprit et cette fois-ci, il ne pourrait en partager aucune avec elle. Il avait donc choisit le repli stratégique, loin de son regard observateur et de de leurs non-dits pesants.

La chambre d'amis avait toutefois l'avantage d'être juste à côté des escaliers et il lui suffit donc de descendre les marches pour se trouver dans la cuisine. Vide. Évidemment. Il fallait dire aussi que l'horloge indiquait sept heure vingt-cinq. A cette heure là, même la moldue dormait encore. Du moins le supposait-il. A vrai dire, il ne connaissait rien de ses horaires et s'en fichait. Surtout maintenant. Il était assez grand pour se débrouiller tout seul et c'était même mieux comme ça. Tranquille, dans le calme et la douce lumière du matin.

Il commença par fouiller la cuisine à la recherche d'une casserole disponible (ou la joie d'avoir une moldue et de ne jamais mettre les pieds dans cette pièce !). Lorsqu'enfin il parvint à mettre la main sur une marmite - assez grande pour contenir cinq litres d'eau - il poussa un soupir blasé et lança un aguamenti avant d'allumer un feu magique. Tant pis si la taille du récipient était démesurée ; il avait besoin de son thé très rapidement pour chasser les derniers bribes de cauchemar et ce malaise persistant. Tout plutôt que de se laisser abattre par l'image de Balkiss périssant à cause de sa propre paralysie....
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Re: On n'entend que ceux qu'on écoute.
ce message a été posté Dim 24 Sep - 23:26
La nuit possède de fabuleuses vertus.
Calme

Oui, le calme. Personne pour lui donner des ordres, personne pour rompre sa mélancolie. L'obscurité provoque certes une angoisse mais bon sang que c'est bon d'être seule. Alice erre avec un balais pour unique compagnie. Pas un balais pour voyager mais bien pour nettoyer. Elle le traîne pour se donner une excuse si on la prend vagabonder. Une sueur froide coule sur son front en imaginant l'ombre d'Aveline au bout du couloir.

Prudence. N'oublie pas Alice, tu n'arrives pas à dormir et tu en profites pour passer le balais. Il n'y a rien de suspect à ça... Non madame Kirke, je ne fais pas de mission pour la Nouvelle Inquisition, jamais je ne toucherais à vos objets magiques je... j'ai la frousse.

De ses petits pieds, on n'entend qu'un courant d'air. Discrète comme une brindille d'herbe, elle apprécie la moindre parcelle lunaire éclairant son chemin. Son attention s'arrête sur une porte. C'est là, lui indique son instinct mais elle hésite. Et si Aveline s'y cachait ? Ou un loup-garou. Sa main tient la poignée glacée jusqu'à qu'elle soit chaude, toujours prisonnière de ses hésitations. À la seconde où elle se décide d'entrer, elle entend une présence. Elle retire immédiatement sa main avant de partir. Son coeur bat à la chamade. Elle aurait déjà fuie si le son d'une casserole sortant de la cuisine n'aurait pas piqué sa curiosité.

Qui peut bien être dans la cuisine à cette heure ? Aveline m'aurait réveillée si elle voulait quelque chose... Mayssan ? Mais qu'est-ce que ferait Mayssan hors de sa chambre si tard ? Je dois vite y aller, cette débile pourrait se blesser !

Elle s'empresse. Le stress l'a empêché de réfléchir plus longtemps, excluant totalement M. Kirke de l'équation. Elle entre à l'intérieur sans y jeter le moindre coup d'oeil. Elle s'apprêtait à dire Stop ! à la gamine mais la vue d'un homme adulte la fige sur place. Son cerveau assimile d'abord ça à un voleur, ce qui se traduit par un sursaut. Elle comprend alors qu'il s'agit d'Altair. Elle ressent un profond soulagement mais rougit d'embarras.

- Oh, c'est vous... Vous me rassurez, je pensais qu'il s'agissait de Mayssan.

Non, elle n'est pas rassurée. Pas besoin d'être psychologue pour comprendre que M. Kirke passe une mauvaise nuit. La mine sombre, le regard songeur... Quelque part, Alice comprend qu'on puisse vouloir broyer son noir dans son coin. Toutefois, pourquoi broyerait-il du noir ? Il est libre, marié et a une petite fille d'un sang bien pure, qu'est-ce qui pourrait bien clocher chez lui ? La domestique remarque l'énorme chaudron ainsi que des pochettes pour le thé...  Alice manque de rire mais elle se retient, évidemment.

- Il ne fallait pas vous donner la peine monsieur Kirke. Vous auriez pu me réveiller... Vous me permettez que je le fasse ?

Elle pose son balais contre le mur avant de plonger vers les instruments de cuisine. Elle sort un chaudron d'une taille plus convenable (elle connaît la cuisine, elle) et commence à transférer l'eau.

Je me sens généreuse mais obligée. J'espère qu'il ne prendra pas trop mal... Je veux dire, je n'ai pas envie de me faire engueuler. Je me demande ce qui fait encore debout ce type... Voudrais-je vraiment savoir ? Si ça se trouve, c'est si anodin que ça ne vaudrait pas la peine de demander. Et s'il te demande, Alice ? Je n'arrivais pas à dormir et j'en profitais pour passer le balais. Bien.
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Re: On n'entend que ceux qu'on écoute.
ce message a été posté Lun 25 Sep - 22:14
Altair sursauta tout autant qu'Alice lorsqu'elle fit irruption dans la cuisine. S'il l'avait entendue arriver ? Pas le moins du monde. Trop absorbé par ses pensées, il s'était conté de fixer l'eau frémissante d'un regard vide jusqu'à ce que la voix de la blondinette ne le tire de sa léthargie. Le père de famille avait alors esquissé un brusque pas en arrière en tirant sa baguette. Le coeur battant. Prêt à se battre. Nom d'un scroutt ! Tous ces conflits intérieurs ne faisaient vraiment aucun bien à sa santé mentale. C'était juste une moldue.... Sa moldue ! Il baissa le bras avec un soupir fatigué, blasé, sans prendre la peine de s'excuser. D'abord parce qu'il avait déjà la tête ailleurs, ensuite parce que les sorciers ne s'excusaient jamais envers les êtres dénués de magie. Ce qui ne l'empêchait pas de se sentir con.... Il hocha la tête en réponse à sa suggestion puis recula pour la laisser intervenir.  

« Je croyais... j'croyais que tu dormais. »

Et il ne se voyait certainement pas aller la réveiller à sept heure du matin pour lui préparer du thé. Ce serait.... trop bizarre. A vrai dire, il ne savait même pas dans quoi elle dormait. La pièce où se trouvait son lit, il la connaissait, mais il n'était jamais entré à l'intérieur. Aveline s'était proposé de s'occuper de tous ces détails et il l'avait volontiers laissé faire. La moldue dormait-elle sur une paillasse ? Un matelas en plumes ? Des couettes entassées ? Et est-ce que ça avait la moindre importance ? Non. Bien sûr que non. La question lui était juste passée par l'esprit à l'instant où il s'était imaginé la tirer de son sommeil mais il s'en fichait. Comme de la couleur de son pyjama ou de ce qu'elle mangeait le matin au petit déjeuner.  Même si au moins ça lui évitait de penser à autre chose..... oui, pourquoi pas après tout ?

« Tu es debout depuis longtemps ? » demanda-t-il en s'adossant au mur et en croisant les bras sur sa poitrine. « Je ne t'ai pas entendue. »

Elle avait probablement appris à être discrète depuis le temps. Combien de temps d'ailleurs ? Il n'en n'avait aucune idée. Plusieurs années à n'en pas douter mais il aurait été incapable d'en donner le nombre exact. L'avaient-ils achetée avant ou après Rassoul, son hibou grand duc ? Il réalisa soudain qu'il comparait une moldue qui le servait tous les jours à un animal qui ne parlait pas et qui ne lui rendait service que quelques fois par semaines. Mais la domestique était tellement invisible à ses yeux.... en fait, il n'aurait pas su lister non plus toutes les tâches qu'elle accomplissait dans cette maison. Pour leur bien être.

« Qu'est-ce que tu faisais ? » demanda-t-il soudain dans un accès de curiosité.

C'est vrai ça : qu'est ce qu'on pouvait bien faire à une heure aussi matinale quand aucun de ses maîtres n'était encore réveillé ?

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Re: On n'entend que ceux qu'on écoute.
ce message a été posté Mer 27 Sep - 0:41
Méfiance.

Il croyait qu'elle dormait. Mais a-t-il déjà pensé à son sort ne serait-ce qu'une fois ? Alice ressent un rebond de stress alors qu'elle prend conscience de ceci : Altair a pointé sa saloperie de baguette en sa direction. Elle continue sa tâche sans montrer la moindre agitation mais se faire pointer l'équivalent d'un flingue multifonction reste une expérience dérangeante. Elle doit passer à autre chose : quel genre de moldu reprocherait à un sorcier d'utiliser sa magie ?

- Tu es debout depuis longtemps ? Je ne t'ai pas entendue.

Alice fronce les sourcils mais puisqu'elle reste de dos par rapport à Altair, rien de suspect digresse de sa personne.

- Depuis deux heures au moins.
- Qu'est-ce que tu faisais ?

Souviens-toi de la formule... Ah c'était quoi déjà ? Tant pis, il va falloir reformuler en d'autres mots.

- Je me suis réveillée et depuis je ne trouve plus le sommeil. Je pensais utile d'occuper mon temps en passant le balais, le temps que je retrouve l'envie de dormir...

Pas mal du tout. Ça fera l'affaire. Bien joué Alice ! L'excuse est là : oh peut-être qu'il se méfiera mais qu'a-t-il contre moi ? Rien. Seulement... il faudra éviter de se faire prendre à nouveau. Une fois, ça peut marcher mais deux fois, j'en doute. À moins que tu leur racontes que les moldus tendent à préférer la nuit... Sont-ils assez ignorants pour croire ça ? Vaut mieux ne pas tenter le diable...

La moldu finit le thé. Elle verse le contenu du petit chaudron au creux d'une gentillette tasse fleurie. Elle réfléchit à son affaire : peut-être aurait-elle dû utiliser la théière. Altair n'est pas le seul à connaître la fatigue. Bah ! Qu'importe. Néanmoins, Alice se sent un peu idiote, quand même. Elle pose la tasse sur une minuscule assiette avant de demander :

- Voulez-vous du sucre, du lait, de la vanille ?

Elle se retourne vers son maître, le visage serein. Elle pose avec la délicatesse d'une fée la tasse sur la table. En s'approchant d'Altair, quelque la perturbe.

Il n'a pas l'air bien le bonhomme. À-dire-vrai, il me rappelle... autrefois, quand les gens faisaient des cauchemars. Quand ils sortaient de leur terreur, ils avaient une espèce de mélancolie mais aussi les yeux agrémentés d'une pincée de folie... Ah je devrais arrêter la poésie, surtout lorsque ça tourne autour du thé. Dans tous les cas, monsieur Kirke a quelque chose qui pèse sur le coeur, je le pressens...

Devrais-je commencer une conversation avec lui ? Franchement, je préfèrerais me taire, le laisser à ses ennuis – cet enfoiré de sorcier – et repartir toute seule dans ma chambre. Ça m'épargnerait bien des ennuis et je n'aurais pas à socialiser avec cette engeance esclavagiste... Ah mais qu'est-ce que ça coûte de lui demander un comment ça va Alice ? Si ça se trouve, il le prendra bien et sera un peu plus aimable... Ah pas question de se lier d'amitié, c'est un sorcier et ce serait innaproprié mais comme disait une de mes professeures en domestique : mieux sont les relations avec les maîtres, mieux ça se passe. Un dicton fort sage. Il me va bien en plus, même si je ne pense jamais ce que je leur dis... L'hypocrisie, c'est mal.

Mais se complaire d'un génocide encore plus.


- Monsieur Kirke... Excusez mon impertinence mais... allez-vous bien ? Vous me semblez... très perturbé.
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Re: On n'entend que ceux qu'on écoute.
ce message a été posté Ven 29 Sep - 15:15
Il trouva sa réponse étrange mais ne s'en inquiéta pas plus que ça. Peut-être que les moldus n'avaient pas besoin d'autant d'heures de sommeil qu'eux après tout ? Malgré leur ressemblance physique, ils étaient tellement différents !

« Lait et sucre. » s'entendit-il répondre machinalement.

Il la regarda ajouter le nécessaire avant de reposer la tasse fleurie devant lui. Non.... décidément, outre l'aspect physique, ces créatures n'avaient rien à voir avec eux. La preuve : il serait parfaitement incapable de faire un aussi bon thé à sept heures du matin. Et encore moins de balayer en plein milieu de la nuit. Quant à passer toute son existence dans la servitude.... n'était-ce pas la confirmation qu'ils manquaient d'intelligence, de dignité et qu'ils étaient effectivement des êtres inférieurs destinés à servir ? S'ils avaient eu un tant soit peu d'amour propre et de capacité de réflexion, ils l'auraient fait savoir depuis longtemps. Et ils se seraient probablement révoltés. " Comme ils l'ont fait place de l'ascension." lui souffla une petite voix au fond de son crâne. Mais non, c'était encore différent ! C'étaient de pauvres moldus qui pensaient agir par eux-même et qui étaient en réalité manipulés par les Phénix. Il repensa soudain à celle qu'il avait vue sur la plage. Etait-elle une manipulatrice elle aussi ? Le genre d'individu à convaincre celles et ceux qui émettaient le moindre doute à l'encontre de cette société de rejoindre les rangs de la rébellion ? Tout ça pour mourir en martyr au nom de ses idéaux.... L'image cauchemardesque de Balkiss écrasée par une statue en feu ressurgit comme un clown bondit hors de sa boîte. Altair sursauta légèrement, avant de pousser un soupir fatigué en passant une main nerveuse sur son visage. Il fallait que ça lui sorte de la tête ! Il fallait qu'il oublie toutes ces conneries, il fallait....

« Monsieur Kirke... Excusez mon impertinence mais... allez-vous bien ? Vous me semblez... très perturbé. »

« Tout va très bien, merci. » mentit-il du tac au tac avec l'habituel sourire jovial qu'il réservait à son supérieur.

Eh merde ! Ca lui était venu tellement naturellement. Pourtant, il n'y avait aucune raison d'adopter ce masque ici. De un parce qu'il était chez lui. De deux parce qu'il ne s'agissait que de la moldue et qu'elle était la dernière personne au monde à avoir le droit de le juger sur ses pensées. Mais de toute façon, elle n'y verrait que du feu n'est-ce pas ? Comment pourrait-elle deviner qu'un plus grand trouble se cachait derrière ce grand sourire, cette voix à peine tremblante et ce regard droit ? Il la revit alors se tenant dans une posture à peu près similaire pour déclarer à toute la famille Kirke qu'elle adorait travailler chez eux. Ce jour-là, il avait eu une brève seconde de doute en croisant son regard. L'arrivée d'Agapanthe avait rapidement chassé cette pensée mais maintenant qu'ils étaient à nouveau dans une situation similaire.... Alice avait-elle seulement la capacité de mentir ? De simuler ? Soudain il ressentit le besoin urgent de savoir.

« Dis-moi... tu dors assez ? »

Une question anodine pour commencer. Observer ses mains, ses lèvres, ses tics et le moindre de ses gestes. Tenter de discerner le mensonge de la vérité. Le sourire sincère de l'expression mielleuse et flatteuse qui faisait bon genre. Il espéra cependant qu'elle répondrait la vérité. Parce que finalement, la réponse à cette question l'intéressait.

« Tu ne dors que la nuit ? Je suppose que oui.... De combien d'heures de sommeil vous avez besoin ? »

Et voilà. Le Serdaigle était revenu au galop, ouvrant les vannes à un flot de questions qui avaient pour seul objectif la connaissance.

« Ou plutôt : de combien d'heures tu as besoin. » corrigea-t-il.

Pas sûr que les moldus soient assez intelligents ou assez instruits pour connaître le fonctionnement biologique de leur propre espèce. Mais après tout, on pouvait être surpris non ? Si son tour du monde lui avait bien apprit une chose, c'était de ne jamais être sûr de ses certitudes.
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Re: On n'entend que ceux qu'on écoute.
ce message a été posté Sam 30 Sep - 22:55
Confusion.

- Tout va très bien, merci.

Altair reprend alors une attitude qu'on qualifierait de plus normal. Alice a déjà assisté au morne portrait de son maître, en proie à ses noires pensées : elle se fait alors peu d'illusions sur ce drastique changement de ton. Aurait-elle fait de même, à sa place ? Certainement. Elle répond d'un visage sans expressions, laissant Monsieur Kirke à ses propres réflexes de soumis – mais comme elle les partagent !

Elle tourne à nouveau le dos au sorcier avant qu'elle s'attarde au robinet. Rien de bien intéressant à y faire, mis à part produire plus de thé ou nettoyer. Par conséquent, elle se demande si elle devait en faire plus ou ranger la vaisselle. Elle opte pour la première idée, se disant qu'elle pourrait en boire un peu au cas. Si monsieur part, qui pourrait donc lui reprocher de siroter son propre élixir, agrémenté d'une goutte de vanille ? Elle s'apprêtait presque à se féliciter de comment elle a évité le sujet du sommeil alors qu'il revient à la charge :

Dis-moi... Tu dors assez ?

Le temps se fige. Quelle question ?! Depuis quand se préoccupe-t-on d'une telle chose ? Elle se réveille à la même heure au petit matin et elle dort lorsqu'on lui donne congé tard le soir : c'est tout. Si elle dort assez... Si elle dort assez... Bonne question ça. Alice n'y avait jamais encore pensée : les tentacules de l'aliénation serrent encore.

- Pardon ?

La réponse manque de servilité, de formule toute faite, d'éloges creuses. Que se passe-t-il Alice ? Elle s'étonne, elle ne sait quoi répondre et elle fait plus de thé. Elle cherche au fond de son cerveau comment prendre la chose : Altair lui demande-t-il si elle veut dormir plus ou si elle travaile trop ?

- Tu ne dors que la nuit ? Je suppose que oui.... De combien d'heures de sommeil vous avez besoin ?

Encore une question dont la moldue ne connaissait la réponse. À l'école des domestiques, on enseignait aux filles (en majorité) de rester droite et efficace malgré le sommeil. Enfin, c'est arrivé une ou deux fois mais de là à parler de besoins. À l'école des esclaves, on apprend le besoin de ses maîtres, pas les siens. Embarassée, Alice brouille ses dires d'onomatopées de réflexions, comme si elle cherchait à gagner du temps.

- Ou plutôt : de combien d'heures tu as besoin.  

Elle ressent une sorte de familiarité étrange dans cette dernière question. Un ton inhabituel il va sans dire. Alors, elle laisse malgré elle une voix autre que la servitude prendre la place :

- Autant que vous, je ne sais pas ? Si je peux suivre la même rythme que la famille... Ça me semble logique ? Je ne me réveille pas toutes les nuits de la sorte...

Si, ça advient assez régulièrement mais il s'agit de cauchemars et elle ne met pas les pieds dehors pour voler en pareille occasion. Elle sent un étrange sentiment couvrir sa peau. Ce n'est pas dans son habitude de parler en de tels mots à un sorcier, d'autant plus qu'établir une égalité entre lui et elle. Non, c'est déplacé ! C'est une erreur, rien de plus. Alice sent des spasmes traverser ses jambes avant de monter jusqu'au ventre. Elle blâme la fatigue et le stress. Voilà, elle connaît les responsables.

Mais Alice, excuse-toi bon sang ! Tu ne peux pas dire qu'un sorcier a quoique ce soit d'égal à toi. Rappelle-toi ce qu'on t'as enseigné : toujours mettre en valeur les maîtres, ne jamais les abaisser à ton niveau... Mais je suis une mauvaise élève, qu'est-ce que je fais, je dois présenter mes excuses je... mais tu t'entends penser Alice ? On t'as lavé le cerveau ma parole, de quoi voudrais-tu t'excuser, tu parles avec un bon sens ! Mais que ferai-je ? T'inquiètes, au pire il sera offusqué et après ? Et après... oui et après...
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Re: On n'entend que ceux qu'on écoute.
ce message a été posté Mar 3 Oct - 16:52
Altair fronça sévèrement des sourcils avant que la moldue ne se rattrape d'un " Je ne sais pas " salvateur. Évidemment. Comment aurait-elle pu savoir ça ? Il aurait dû se douter qu'elle était ignorante, comme le reste de son espèce. Ignorante et prétentieuse. Estimer qu'ils puissent avoir les mêmes besoins physiologiques - et donc plus qu'une simple ressemblance physique - était extrêmement arrogant. Pour ne pas dire insultant. Probablement son côté moldu qui reprenait subitement le dessus....

« Cela m'étonnerait beaucoup que ce soit autant que nous. » corrigea-t-il d'un ton ferme.

Mais n'ayant pas la réponse lui même, il s'arrêta là. Affirmer avec certitude qu'elle avait tort aurait été une autre forme d'arrogance, comme le lui avait apprit sa directrice de maison pendant sept ans. Au moindre doute, la sagesse était dans la réserve. Ou dans la discussion, mais à quoi bon débattre avec une moldue qui avouait elle-même n'être d'aucune aide à ce sujet ? D'ailleurs elle avait probablement répondu sans réfléchir, dans le seul but de ne pas rester muette et de lui faire plaisir. Preuve en était la fin de son explication : " Suivre le rythme " .... De la famille ou d'Aveline ? Après tout, Mayssan ne suivait-elle pas elle-même l'emploi du temps parfaitement millimétré que lui avait concocté sa mère pour devenir une sang-pure exemplaire ? Ou bien était-il injuste avec sa femme ? Trop sévère ?

Soudain, une étrange idée surgit dans son cerveau entre deux gorgées de thé chaud. Reposant sa tasse fleurie, il leva les yeux sur Alice et l'observa silencieusement de longues secondes. Poser la question qui lui taraudait l'esprit revenait à admettre que son couple avait quelques problèmes de confiance et de communication mais.... outre le fait qu'Alice s'en était peut-être déjà rendu compte toute seule - ou peut-être pas - il avait brusquement besoin de savoir quel traitement lui réservait la maîtresse de maison.

Aveline n'avait jamais été cruelle ou injuste. Au contraire, il avait épousé une femme douce et aimant qui se souciait du bien être de ceux et celles qui l'entouraient. Mais avant les récents évènements d'Avalon, Aveline n'avait jamais essayé de tuer quelqu'un non plus. Du moins pas qu'il le sache... Le doute était donc permis. Son épouse pouvait-elle avoir changé ? Faisait-elle preuve d'insensibilité avec Alice ? Et si c'était le cas, qu'est ce que ça pouvait bien lui faire ? Il n'avait même pas été capable de prononcer son nom correctement la semaine précédente ! Pourquoi est-ce que sa situation lui importerait soudain ? " Parce que cette foutue Phénix t'as mis face à tes contradictions. " lui souffla une petite voix au fond de sa tête. Certes.... Si sa confrontation avec la terroriste lui avait bien fait comprendre quelque chose, c'était l'absurdité d'avoir la conscience tranquille quand on ne prenait même pas la peine de demander si tout allait bien. Ironiquement, c'était plus ou moins ce que lui-même reprochait aux sang-purs ; Trop occupés à s'auto-congratuler sur leurs bonnes oeuvres et leurs vies parfaitement réussies, ils prenaient rarement le temps de s'interroger sur l'état des choses en dehors de leur petit monde... Altair se résolut alors à questionner la domestique d'un ton incertain :

« Est-ce qu'Aveline te demande de travailler au-delà de tes capacités ? Est-ce que.... est-ce que c'est elle qui te demande de balayer la nuit ? »

Sentant l'hésitation d'Alice, il attrapa sa baguette pour refermer la porte de la cuisine, se donnant même la peine de l'insonoriser d'un sortilège informulé. Il était temps de reposer la question fatidique. Al' s'éclaircit la gorge puis reprit :

« Est-ce que tu es vraiment bien traitée ? Réponds honnêtement. »

Le ton sur lequel il avait prononcé la dernière phrase ne laissait aucun doute sur sa nature. Alice n'oserait tout de même pas désobéir à un ordre direct, n'est-ce pas ?
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Re: On n'entend que ceux qu'on écoute.
ce message a été posté Jeu 5 Oct - 2:29
Oppression.

Alice a compris que son insolence lui vaudrait une réponse sèche. Elle en fait peu de cas, se disant que son maître reste et restera un imbécile, chose attribuable à tout sorcier n’est-ce pas ? Elle continue sa tâche en oubliant la présence d’Altair jusqu’à que celui-ci entreprenne quelque chose de terrible.

- Est-ce qu'Aveline te demande de travailler au-delà de tes capacités ? Est-ce que.... est-ce que c'est elle qui te demande de balayer la nuit ?

Le cœur d'Alice s'arrête. Maudit sois-tu. Parler d'Aveline, voilà quelque chose qu'elle déteste d'autant plus que mentir devient délicat lorsqu'il s'agit du mari de cette dernière ! En privée ! Nom de Dieu, Alice s'était promise il y a des années de ne jamais se mêler aux problèmes de ses maîtres depuis un accident de parcours dont les détails nous importent peu. Elle évita les erreurs comme si elle prenait la forme d'un odieux lépreux. Pourtant, voilà monsieur Kirke qui lui mets les pieds bien profond dans cette boue sale qui porte le nom des pensées des domestiques.

- Mais non monsieur Kirke ! Madame est une maîtresse juste…

Puis, la porte se referme. Aux oreilles d'Alice, la porte provoque un horrible fracas. Alors qu'elle se retourne, elle jette un œil horrifié à la porte, puis au terrible objet magique désormais sorti et pas de surprise cette fois-ci. Alice a peur : très peur. Ses traits se crispent alors qu'elle tente de reculer... contre la cuisine ? Non, elle ne peut même pas s'écraser en un coin. Elle montre ses paumes comme pour montrer qu'elle est inoffensive.

- Est-ce que tu es vraiment bien traitée ? Réponds honnêtement.

Il y a absence d’ambiguïté : on lui donne un ordre direct. Et quel ordre !

Je… Je ne peux pas dire ce que fait Aveline car sinon, elle me fera mal et je… je… mais si je lui désobéis en mentant il le saura peut-être et qui sait, il est peut-être encore pire qu’Aveline. Mon Dieu qu’est-ce que j’ai peur, je voudrais que Shoshana soit avec moi : elle sait comment baratiner les gens, elle… Et s’il me lançait un de ces sortilèges pour contrôler mon esprit ? Je ne pourrais plus rien faire… Non, non, non je ne sais pas quoi faire pitié qu’on me sorte de ce traquenard je veux retourner dormir je suis fatigué je ne sais pas je…

Calme, Alice. Si tu mens, il a des bonnes chances qu’il le sache. Si tu dis toute la vérité, tu es mieux de tenter de fuir Pré-au-Lard et de devenir fugitive. Le mensonge blanc, Alice, et enrobe tes mots de miel.

Une sueur froide perle sur le front d'Alice. Elle jette un dernier regard à la baguette d'Altair avant de se lancer.

- Aveline… Je veux dire madame Kirke, est une maîtresse très préoccupée… Parfois, elle me commande d'aller chercher la robe rouge et quand je reviens, elle me dit que je devais lui ramener la verte et se demande où est son thé. Ça peut durer une trentaine de minutes. Elle me dit des mots très durs lorsqu'elle est insatisfaite mais elle semble insatisfaite de ses propres ordres… je ne peux mieux vous expliquer. C'est une maîtresse exigeante mais quelque chose semble la troubler...

Exigeante, elle veut dire par là cruelle. Mais il y a deux choses qu'elle se garde de mentionner. La première, c'est que la nature même de son travail exclu toute chose tel qu'un bon traitement. Qu'elle travaille avec les plus doux des maîtres, sa condition lui pèsera toujours. Le bon traitement, c'est la liberté, la dignité, c'est pouvoir vivre avec les siens. La deuxième concerne ses moments secrets avec sa maîtresse, où elle l'emmène en des lieux où elle expérimente des… Non, dès l'évocation de cela, l'esprit d'Alice prend un virage à cent-quatre-vingts degrés.

- Les maîtres sorciers sont comme ça lorsque quelque chose les tracasse… Vous aussi, d’ailleurs. Avec tout le respect que je vous dois, vous faites comme madame. Vous me demandez de parler de mon sommeil, de mes capacités, mais si vous voulez la vérité… aucun moldu ne prend connaissance de ses besoins, ni de ce qu'est un bon ou mauvais traitement. Dès que j’ai commencé à apprendre à servir, on ne parlait que de comment vous satisfaire. On m’a toujours dit de travailler toujours plus et que plus je travaille, mieux j’irai. Plus aucun moldu ne se connaît car notre raison d’être, c’est vous. Vous... vous êtes le seul à pouvoir juger de ces choses-là ici, vous me posez des questions dont vous seul pouvez trancher.

Et si elle répond, il n'y a que des mauvaises réponses. L'absence de réponse s'inclue dans les mauvaises réponses. Elle le sait et ça explique pourquoi elle évite les réponses directes. Réponds honnêtement : ses mots ne sont que vérité mais une vérité défendue.

Si ses mots restent contenus, il n'empêche qu'elle expose des morceaux de la misère des esclaves. Sa voix tremblante trahit son évident manque de confiance mais son ton détient quelque chose de la mélancolie. Alice ne parle pas comme à l'anniversaire de Mayssan : elle ne vends pas l'esclavagisme, au contraire, elle décrit une tragédie. L'honnêteté est dans le sentiment plus que dans les mots.

Tu t’étais promis, Alice, de ne jamais dire quoique ce soit de vrai à un maître. Depuis le début, tu as compris que plus tu te distançais d’eux, plus tu étais en sûreté. Le vrai appartient aux camarades, à ceux qui savent la cruauté de ce monde injuste, aux amis, aux siens... et... ils ne sont pas libres, ils sont malheureux et il n'y a rien pour eux que la servitude ou le néant...
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Re: On n'entend que ceux qu'on écoute.
ce message a été posté Jeu 5 Oct - 14:09
L'ancien Serdaigle attrapa sa tasse d'un geste nerveux pour la vider d'un trait. Comme s'il s'agissait d'un verre de liqueur ou de whisky pur feu. C'était sûrement ce dont il avait besoin d'ailleurs. Au lieu de ça, il devait se contenter de cette putain de concoction anglaise.

« Refais-en. » ordonna-t-il d'un ton sec.

Ca avait bien commencé pourtant. Aussi détestable que cela le rendait, il s'était secrètement réjouit d'entendre la domestique parler d'Aveline en ces termes. Réjouit de savoir que son épouse infligeait ses sautes d'humeur à d'autres personnes que lui et réjouit de comprendre qu'il était un meilleur maître. Plus stable, moins exigeant, plus appréciable.... jusqu'à ce qu'elle vienne tout détruire avec son discours à deux noises.

L'expression de l'anglo-arabe s'était aussitôt durcie ; c'était donc ainsi qu'elle le remerciait de lui offrir une chance unique de s'exprimer ? Aveline lui avait-elle jamais donné ce droit ? Au lieu de lui reprocher à demi-mots de ne pas la connaître et de ne jamais s'être soucié de son bien-être, ne pouvait-elle pas se montrer un peu plus reconnaissante et admettre qu'il lui faisait une faveur ? C'était la moindre des choses, non ? Il s'agissait simplement d'être humble et de lui dire.... " Ce que j'ai envie d'entendre " Il rougit en réalisant qu'à cet instant précis il était tout ce qu'il haïssait. Son agacement monta encore d'un cran, désormais plus près de la colère. Contre elle et contre lui-même. Il lui avait demandé - non ordonné ! - de répondre honnêtement et maintenant il allait lui reprocher d'avoir obéit ? " Les maîtres sorciers sont comme ça lorsque quelque chose les tracasse. " Pouvait-elle avoir raison ? Merlin ! Jamais il n'aurait dû lancer cette conversation. Il posa un regard pensif - bien qu'encore sévère - sur la domestique qui finissait de lui resservir du thé.

« Prends-en aussi. »

Il détesta ses mots à la seconde où il les prononça. Encore une fois, il se comportait comme l'un de ces sorciers qu'il méprisait, ordonnant à sa subordonnée de se faire plaisir pour flatter sa conscience de gentil maître généreux. Encore et toujours ce putain de syndrome de bonne conscience....

« Enfin prends-en si tu en as envie. » se força-t-il à corriger d'une voix tendue.

Il la laissa faire son choix sans commenter, attendant silencieusement qu'elle ait finit son travail, sans la quitter des yeux. Puis :

« Alors qu'est-ce qu'on devrait faire selon toi ? Créer de nouvelles lois pour s'assurer du bon traitement des moldus ? Imposer des visites médicales plus régulières, publier un rapport indiquant de combien d'heures de sommeil vous avez besoin, ce que vous devez manger et en quelle quantité ? »

Il devina que ni son ton moqueur ni son sourire cynique n'était très engageant. Mais maintenant qu'elle avait prouvé son aptitude à exprimer ses propres pensées, il était curieux d'en savoir plus sur les capacités de réflexion de cette espèce. Et puis après tout, elle était la principale concernée par le sujet non ?

« Je veux... non, j'aimerai entendre ton avis. » insista-t-il en essayant de paraître plus doux et moins autoritaire. « Tu dois bien en avoir un sur cette question aussi, non ? »
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Re: On n'entend que ceux qu'on écoute.
ce message a été posté Jeu 5 Oct - 17:35
Conspiration

- Refais-en.

Le maître veut son thé comme un alcoolique sa bouteille. Au moins, voilà quelque chose qu’Alice peut faire sans causer trop de problèmes. Elle prend la tasse de la table et, en absence de théière, elle fait de son mieux pour la remplir. Elle soupire de soulagement lorsqu’elle constate qu’Altair a eu la gentillesse de ne pas lui lancer un sortilège à la tronche. Peut-être a-t-elle surestimé sa dangerosité, peut-être se démarque-t-il d’Aveline ?

- Prends-en aussi.

La domestique écarquille alors les yeux. Cette situation ressemble à ce dépressif à un bar qui demande solidarité à la boisson.

- Enfin, prends-en si tu en as envie.

En voilà une remarque étrange. À-dire-vrai, Alice ignore sur quel pied danser : doit-elle se rétracter et verbaliser ses fantasmes ou continuer à obéir au Réponds honnêtement ?. Cet homme semble troublé, il devient alors difficile d’établir un diagnostic sur ce qu’il convient ou non de lui dire. La vérité le met en sale état mais paradoxalement lui ferait le plus grand-bien et le mensonge l’aiderait à court-terme, mais à long-terme ça pourrait le rendre malade. Maintenant que le gros du stress a passé (pour l’instant), ses capacités de réflexions se raffinent.

Tu peux tenter de t’échapper pour un soir, Alice, il n’empêche que tu sers cette famille tous les jours. Il pourrait revenir à la charge une autre fois. Arrête de courir, tu sais où ça mène… vers les bois sombres, seule.

- J’ai envie de thé.

Alice s’exécute et remplie une nouvelle tasse de thé. Elle ose s’asseoir à table à la chaise opposée à la sienne. Elle voudrait tellement être ailleurs mais tant qu’à devoir lui parler, autant se mettre bien, non ?

- Alors qu'est-ce qu'on devrait faire selon toi ? […]

Elle sirote la tasse. Elle prend son temps pour mieux en gagner. Elle voit bien que le ton de ses propositions manquent de sérieux mais elle se plie à l’exercice malgré tout.

- Ce qui est sûr, c’est qu’aucun moldu ne s’en plaindrait.

- Je veux… non, j’aimerais entendre ton avis. Tu dois bien en avoir un sur cette question aussi, non ?

Délicatesse. Elle marche sur des œufs pourris, cela ne fait aucun doute. Son avis, c’est la Nouvelle Inquisition, or elle ne peut se dévoiler à aucun sorcier, encore moins son propre maître ! Même pour un esprit aussi… perturbé que le sien, visiblement mûr pour la pilule rouge, il y a des portes à ne point ouvrir. Pareil pour l’histoire d’Aveline et ses… Chut.

- J’ai apprécié la mesure du Ministère quant aux lieux pour moldus. Depuis, j’ai un peu de vie sociale et les moldus travaillent mieux depuis qu’ils peuvent avoir un congé. C’est une décision éclairée comme à l’habitude du Ministère.

Suite à quelques secondes de silence, Alice se sent obligé d’ajouter quelque chose.

- Pardonnez-moi monsieur Kirke mais il est dangereux pour un moldu de parler politique par les temps qui courent. Si je vous réponds comme je le dois, je ne peux rien vous apprendre mais si je dois me soumettre à votre injonction d’honnêteté…

Elle regarde fixement sa tasse. Le reste de sa phrase prend son sens dans le non-dit.

- Pour que cette conversation puisse aboutir, il me faut vous demander quelque chose mais cela est jugé au pire inadmissible par la bonne société, au mieux exceptionnel. Ai-je droit, monsieur Kirke ?

Tout dans les ordres. Je dois rester irréprochable et pour ça, je dois avoir la bénédiction de monsieur Kirke or il n’en a donné aucune pour ce qui nous intéresse… Et je dois savoir ce qu’il a derrière la tête, ce salaud. Si ça se trouve, il a de la suite derrière les idées et je pourrais m’enfoncer dans un piège… où ai-je déjà les deux pieds dedans ?
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Re: On n'entend que ceux qu'on écoute.
ce message a été posté Jeu 5 Oct - 21:21
Cette fois-ci le doute n'était plus permis : Alice et lui jouaient sur le même tableau. Il reconnaissait chaque hésitation, chaque tournure de phrase et chaque silence stratégique. Mots, intonations, regard ; tout y était ! Il devina sans difficulté la critique dissimulée derrière l'éloge fallacieux des mesures ministérielles. " Depuis " voulait dire " C'était pas trop tôt ! ". " Mieux " se traduisait par " Moins pire ". Et la " décision éclairée du ministère " n'était qu'une grosse goutte de chocolat pour faire passer la potion. Il en avait la certitude parce que c'était exactement la manière dont il aurait formulé les choses s'il avait voulu émettre une critique à l'égard de l'institution magique anglaise ! Il suffisait de valoriser les dernières améliorations en date, de flatter l'égo du Ministère et.... et.... et soudain il réalisa.

Etait-il vraiment en train d'admettre qu'elle était potentiellement capable d'une stratégie diplomatique - et donc d'une intelligence - similaire à la sienne ? Elle ? Une moldue ? Comparable au sorcier qu'il était ? Non. Finalement, il se trompait. Il ne pouvait que se tromper. Il était impensable qu'elle soit apte à réfléchir comme lui. À improviser, à jouer avec les mots et à tromper son monde comme lui. Ils n'étaient pas de la même espèce, comment auraient-ils pu avoir ça en commun ? C'était impossible. Incroyable. Inacceptable surtout ! Car s'il consentait à envisager la possibilité que les moldus aient un intellect supérieur à celui qu'on leur attribuait jusqu'à là, il serait obligé d'ouvrir une porte qu'il tenait à garder fermée. Il n'était pas encore prêt pour les grandes questions et les nuits blanches hantées par la culpabilité. D'ailleurs, rien que d'y penser il en avait mal au crâne ! Il se réfugia dans une gorgée de thé chaud en fuyant le regard d'Alice.

Alice qui continuait à louvoyer entre les pièges qu'il lui tendait. Évidemment qu'il était dangereux de parler de politique, et cela qu'on soit sorcier ou moldu ! Même s'il reconnaissait que c'était encore plus risqué si l'on se trouvait dans ce dernier cas. Mais les moldus ne comprenaient rien à la politique alors c'était normal.... non ? Eh merde ! D'où lui venait ce soudain malaise ?
Et puis cette manière qu'Alice avait de présenter les choses ! " Injonction d'honnêteté " ! Comme s'il était un questionneur prêt à la torturer si elle répondait autre chose que la vérité, toute la vérité et uniquement la vérité. Voyait-elle vraiment les choses comme ça ? Ce n'était pas ce qu'il avait voulu. Pas vraiment.... mais comment aurait-elle pu le deviner ? C'était la première fois qu'il lui donnait la parole et en plus il avait fait ça sous couvert d'ordre. La vérité c'était qu'elle avait toutes les raisons de se méfier, même s'il lui donnait l'autorisation qu'elle demandait. D'ailleurs, oserait-elle parler librement ou serait-elle encore sur ses gardes ? Peut-être que s'il lui expliquait la raison pour laquelle il posait toutes ces questions elle se détendrait un peu....  Mais comment expliquer quelque chose qu'il n'était pas sûr lui-même de comprendre ?

Il poussa un long soupir, remua sur sa chaise, regarda sa tasse de thé en se mordillant la lèvre.... puis avoua d'un ton mélancolique  :

« J'ai rêvé d'Avalon. De cette guerre, des statues en feu, des blessés et .... »

Non. Il n'avait pas encore le courage d'évoquer les morts. Mais son silence était assez éloquent, non ?

« Je refuse que Mayssan grandisse dans ce monde. Je ne peux pas l'accepter. Et j'ai envie de croire que c'est évitable. Si chacun y met du sien, si chacun fait les efforts qu'il faut pour nous sortir de cette impasse... »

Il leva un regard incertain sur la moldue. Ouvrit la bouche, la referma, hésita encore...

« Je crois.... je crois que j'ai besoin de comprendre. Alors... oui, tu as mon autorisation. Dis moi ce qu'un moldu peut penser de tout ça ; ce que je ne vois pas, ce que je n'entends pas. »

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Re: On n'entend que ceux qu'on écoute.
ce message a été posté Sam 7 Oct - 16:42
Obscurité

Il soupire. Alice vient de gagner une bataille.

- J'ai rêvé d'Avalon. De cette guerre, des statues en feu, des blessés et ....

Il s’agissait donc de cela ! Monsieur Kirke a reçu son baptême du sang et ça le choque. Pauvre petit… Ah ne joue pas la maligne Alice, tu sais très bien que tu ne vis pas bien les massacres non plus. La nuit, tu fais des cauchemars, tu pleures et tu souffres encore… Ah mais au moins je ne tire pas cette gueule. Et puis il était plus que temps que ces sorciers comprennent ce qu’est, la douleur. Pas de pitié pour lui, voyons !

- Je refuse que Mayssan grandisse dans ce monde. Je ne peux pas l'accepter. Et j'ai envie de croire que c'est évitable. Si chacun y met du sien, si chacun fait les efforts qu'il faut pour nous sortir de cette impasse...

Tu ne comprends pas. Avant que ta petite niaise naisse, le monde était déjà comme ça ! Tu ne peux rien éviter, tu ne peux pas retourner en arrière, il est encore moins question de solidarité ici. La seule solidarité qui mérite d'exister, c’est celle entre les moldus de tous pays pour s’unir contre vous, vous les meurtriers, les tueurs, les assassins, les pilleurs, les esclavagistes, les salauds… Et le pire c’est que… que… j’aimerais croire en un monde meilleur, aussi.

Elle ressent alors une colère féroce. S’énervait-il de l’injustice ou du fait qu’un sorcier se montre plus humain qu’elle se l’imagine ? Un peu des deux. Ces deux individus ont beaucoup à apprendre l’un de l’autre. Elle prend une gorgée de sa tasse de thé. La chaleur la brûle mais tant pis, elle accepte la douleur.

- Je crois.... je crois que j'ai besoin de comprendre. Alors... oui, tu as mon autorisation. Dis moi ce qu'un moldu peut penser de tout ça ; ce que je ne vois pas, ce que je n'entends pas.

Son visage passe de la neutralité – pimenté d’une pincée de nervosité – à la dureté. Monsieur Kirke n’a jamais vu une telle expression de la part de sa moldue. Réciproquement, la domestique a rarement vu un maître se confier à elle de la sorte. Elle joue quelques instants avec la tasse, faisant tourner le contenu comme pour y créer un minuscule tourbillon. Tension. Alice sort un léger rictus. Ce sourire renferme autant de joie qu’un cadavre. Elle retourne à une expression plus appropriée, sérieuse.

- Soit, je vous obéis.

Elle prend une grande inspiration.

- À l’âge de Mayssan, j’ai vu mon père se faire décapiter sous mes yeux. Je vivais à Londres en 2030.

Des mots froids, factuels, tranchant les mensonges agréables habituels de la domestique. Regrette-elle de confier quelque chose d’aussi personnel à un sorcier, esclavagiste qui plus est ? Certainement.

- Ce que je veux dire, c’est que ce monde dont vous parlez est déjà réalité, depuis longtemps. La plupart des moldus ont vu leur famille mourir, leur maison détruite et tout ce qu’ils connaissaient anéanti. Aucune réforme ne réparera pas ce qui a été fait lors du Filet du Diable, monsieur Kirke. Rien ne le peut.

Ses larmes crient. Elles veulent sortir, exploser comme une bombe. Pourtant, Alice se retient. Si elle pleure, elle n’arrivera à rien dans son explication et elle le sait…

- Je ne connais aucun moldu sain d’esprit heureux de travailler pour un sorcier. On travaille pour vous car c’est notre seul moyen de survivre, parce qu’on y est contraint, parce que notre monde a été détruit et qu’on a nulle part où aller.

Silence.

- J’en viens à ce que je voulais vous demander tout à l’heure… Êtes-vous un mangemort, monsieur Kirke, de fait ou de conviction ? Si c’est le cas, j’imagine que ce que je vous raconte ne vous touche pas plus que ça...

En fait, si Altair montre aucune sympathie, Alice se sentira bafouée. La balle est désormais du côté du sorcier : que dira-t-il, comment réagira-t-il ? Sa réponse déterminera si oui ou non, Alice ira plus loin dans le lugubre monde des humains. Si ça se trouve, une oreille attentive lui donnera peut-être envie d’écouter les tourments de son maître à son tour. Qui sait ?
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Re: On n'entend que ceux qu'on écoute.
ce message a été posté Jeu 12 Oct - 15:11
Pour la première fois de sa vie, Altair regretta que la moldue " obéisse ".  Il ne voulait pas être obéit. Pas plus qu'il ne souhaitait entendre un nouveau discours cousu de fil blanc pour vanter les mérites d'une vie qui n'en avait aucun. Non, ce qu'il aurait voulu c'était qu'Alice lui donne l'impression qu'elle était soulagée, heureuse, voir impatiente de donner enfin son avis sur ce monde qui était aussi le sien. Tout plutôt que cette horrible sensation de la contraindre encore une fois par un ordre. Comme un tortionnaire ou un bourreau. Il n'était ni l'un ni l'autre. Non, certainement pas. Alors pourquoi s'évertuait-elle à lui renvoyer cette image de lui-même ? Agacé, mal à l'aise, mais toujours aussi curieux d'entendre ce qu'elle avait à dire, il se força à reprendre une gorgée de thé dans l'attente de son récit. Et son récit finit par arriver.... froid. Cruel. Sans délicatesse ni pincettes.  

L'ancien Serdaigle déglutit en essayant de repousser l'image de Mayssan en larme devant son propre corps sans vie. Ou devant celui d'Aveline. Ce qui était beaucoup plus probable dans l'état actuel des choses. Et si un matin d'hiver, au lendemain d'une attaque terroriste, on déposait la dépouille de sa femme devant leur porte ? Et si leur fille avait le temps de voir le cadavre sanglant de sa mère avant qu'il ne l'arrache à cette vision horrifique ? Il connaissait trop bien les conséquences que pouvait avoir une telle scène sur un homme adulte alors sur une gamine de six ans.... Son enfant, son unique bébé, en serait probablement traumatisée à vie. Hantée par les cauchemars jusqu'à ce que la folie ne prenne le dessus pour les repousser. Instable. Malheureuse. Décimée par le crime d'un inconnu dont elle ne pourrait jamais croiser le regard.

Alice avait-elle seulement vu le bourreau de son père ? Probablement. Le responsable avait dû laisser une trace impérissable dans les souvenirs de la gamine. Marquée avant même d'avoir eu le temps de faire le mal ; de devenir comme les siens ; d'être une moldue sans foi ni loi ni respect pour son environnement. A ce moment là, elle n'était encore qu'une enfant. Et aucun enfant ne méritait de souffrir de la sorte.  

« Je... je suis désolé que tu aies vécu ça. » murmura-t-il du bout des lèvres. Gêné. Presque aussi honteux que s'il avait été le propriétaire de la baguette meurtrière.

Embarrassé aussi de n'avoir jamais prit le temps de regarder les choses sous cet angle-là. De ne jamais y avoir pensé non plus d'ailleurs. Bien à l'abri dans sa petite maison, il n'avait pas prit la peine de regarder par la fenêtre. Mais pourquoi l'aurait-il fait ? Il n'était guère philanthrope, n'avait aucune sympathie pour les moldus et était trop occupé à pleurer sur son sort de petit fonctionnaire faux-cul pour s'intéresser aux problèmes des autres. Jusqu'à ce que les problèmes en question lui sautent à la gorge. Désormais, c'était les siens aussi. Sans être tout à fait investit non plus....

« Êtes vous un mangemort, Monsieur Kirke, de fait ou de conviction ? »

Sous l'effet du choc, il faillit renverser sa tasse de thé et s'offusquer bruyamment. Peut-être même la punir pour avoir osé poser cette affreuse question déplacée ! …. mais l'était-elle vraiment ? Il devinait que ces confessions ne seraient pas apprécié par tous les représentants de cette organisation et il se trouvait qu'il y en avait justement une sous leur toit. Si Aveline, sa douce et tendre Aveline, pouvait en être une... alors lui aussi. En théorie.

« Ai-je vraiment l'air d'en être un ? » demanda-t-il d'une voix blessée.

Il laissa planer le doute quelques instants avant de pousser un soupir las :

« Je ne suis pas fais pour ces c.... pour ça. »

Chassez le naturel, il revient au galop. Pendant une demi-seconde, il avait faillit se laisser aller ; faillit critiquer ouvertement cette faction qu'il savait reliée à Saint Mervyn Kark. Chez lui ou pas, seul ou en compagnie d'une moldue, la règle restait la même. Mais rien ne l'empêchait de faire preuve d'un peu de bonté, n'est-ce pas ? En tout cas, aucune loi n'était encore parue dans ce cens....

« Je te remercie de m'avoir donné ta version des faits, Alice. Cela dit.... »

Cela dit, elle demeurait une moldue. Un être peu fiable incapable d'apprendre de ses erreurs. L'Histoire avec un grand H l'avait prouvé à maintes reprises ; cette espèce était dangereuse pour la planète et l'ensemble de l'Humanité. Aussi cruelle qu'ait pu être le traitement qu'on leur avait réservé, les sorciers avaient été forcés d'agir. Mais comment le lui expliquer sans avoir l'air de se montrer insensible ?

« ….sans remettre en doute ton histoire et ta souffrance, les choses sont plus compliquées qu'elles n'en ont l'air au premier abord. Tout est toujours plus compliqué. » déclara-t-il avec philosophie. « Est-ce que tu te souviens de ton monde ? De la manière dont vous viviez et dont vous gériez les choses ? Probablement pas, si tu avais l'âge de Mayssan. Je n'étais pas là pour le voir non plus mais je me souviens de ce jour où mon oncle est rentré d'Assapor sans magie, à cause d'une bombe moldue. Il a fallut plusieurs semaines pour qu'il réussisse de nouveau à utiliser sa baguette correctement mais l'endroit où votre bombe a été lâchée est toujours marqué à ce jour. J'y suis passé il y a quelques années. L'environnement est.... différent. Comme si Terre et air étaient empoisonnés. Jamais la communauté sorcière n'a eu aussi peur. »

Peut-être n'était-ce pas la bonne chose à dire devant une moldue mais après tout, ces événements étaient lointains et il ne s'agissait que d'Alice. Pas d'une terroriste. Et puis, elle avait fait l'effort d'être honnête avec lui. Il lui devait la pareille.

« Mervyn Kark a protégé notre monde, notre planète. Pas de la bonne manière, sans doute, mais cela partait d'une noble intention. Les sorciers ont toujours eu une meilleure compréhension de la nature, de l'invisible et du monde qui nous entoure. C'est indéniable . Alors si.... si demain on vous rendait votre liberté, comment pourrions-nous vivre sans peur ?  »

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Re: On n'entend que ceux qu'on écoute.
ce message a été posté Ven 20 Oct - 1:25
Chaos

- Ai-je vraiment l'air d'en être un ?

Le silence répond à la place d’Alice. Il dit peut-être et qu’on ne peut se fier aux apparences. De ses mots soupirés, Alice se prive d’ajouter quoique ce soit. Une fois ceci établie, la domestique se permet de soupirer à son tour, quelque part rassuré par ces paroles. Son instinct lui dit que c’est la vérité, elle va donc en ce sens. Elle passe au-dessus des remerciements.

Il n’y a pas de quoi du con, ouvrir les yeux des gens c’est ma spéciali-

Ses pensées se refroidissent alors qu'Altair déroule son monologue. La moldue se mord les lèvres pour éviter que ses pensées glissent de celles-ci, qu'elle crache son jus en pleine figure de monsieur le professeur. Ses doigts attrapent sa jupe et la plient comme peu des griffes le feraient. Ça lui fait mal mais ça lui permet de se contenir. Un regard noir des temps du passé, du temps des meurtres et des massacres, se trouve fort aise en les yeux d'Alice. Cette version de l'histoire, elle l'a entendue des milliers de fois. Bien sûr qu'elle connaît les évènements d'Assapor, on l'a gavé de propagande à ce sujet pour expliquer à quel point les moldus méritaient leur sort. Sort, sortilège, en voilà un tour de magie que de transformer les victimes en bourreaux. En temps normal, cela agacerait la blonde sans laisser suite mais là, elle sent quelque chose. Pourquoi ? Pourquoi donc ? Parce que ça vient d'Altair ? De ce seul maître ayant offert cette grâce que de demander son opinion ? Peut-être, peut-être bien, peut-être aussi qu'Alice n'accepte pas que les sorciers aient eu leurs maux, que l'humanité leur ait fait quelque chose avant le Filet du Diable. Peu importe, sa raison se dissipe derrière un brouillard de chagrin, elle se perd dans ce labyrinthe de la haine, son masque se fissure. Elle se lève dans un fracas et pose avec force ses paumes contre la table. Sa tasse de thé ponctue le geste d'un bond. La larme qui déborde, la goutte de la discorde, je hais ce monde, je les hais tous, haine... Haine !

- Et vous pensez que je n’ai jamais peur, moi ? Quand je voyais tous ces monstres descendre du ciel, vos monstres ? Quand chaque jour, je me demande ce qui arrivera à mes amis car d’un coup de baguette on peut les tuer et qu’ils ne valent rien de plus qu’une poignée de pièces ? Quand Aveline me pointe sa baguette, me tue de son regard et me dit : Obéis No-Maj ! ? Quand vos invités m’agressent avant de caresser la tête de Mayssan ? Quand il y a des conflits, là-dehors, peut-être à ce moment où on parle ? Et ai-je déjà mis un couteau sous la gorge de votre fille ? Non, jamais. J’ai peur et je subis, vous avez peur et vous commandez ma destinée. C’est injuste, c’est trop injuste pour que je vous comprenne… et pourtant j’ai peur, comme vous. C’est parce que je suis une moldue que je ne peux pas comprendre, c’est bien ça ?

Alice reprend sa place. Elle soupire, se sentant paradoxalement plus légère. Dans sa voix s’expulsait des tas d’émotions refoulées depuis trop longtemps. Ses pensées acides ne pouvaient rester éternellement en elle sans qu’elle vomisse un jour, c’est inhumain. Pourtant, cela aurait pu tourner d’une manière plus irrespectueuse encore mais… mais rien. À défaut de produire des arguments, elle livre ses émotions. Pas sûr que ça fasse mouche sur cet intellectuel d’Altair mais quelque part, Alice parlait plus à elle-même qu’à son interlocuteur…Elle évite le regard de son maître, se donnant un air d’enfant honteux avant de continuer sur un ton plus bas, presque à la manière d’une confession murmurée.

- Je suis incapable de vous donner une réponse. Cherchez parmi vos penseurs, parmi vos intellectuels, peut-être trouveriez-vous une réponse… Ils comprennent mieux que moi, que nous moldus, après tout, non ? Quoi que puisse dire le passée, nos peuples sont désormais liés, à jamais. Je sens que quelque chose de grave se prépare dans ce pays et qu’importe le sang, on aura tous peur. Et devant la peur, on peut tous faire… vous savez, ce qu’a fait Mervyn Kark.

Pause. Calme Alice, calme… Reviens au calme...

- Je vous recommande de réfléchir à ce que vous voulez pour votre famille, au lieu de vous occuper des moldus : notre sort vous échappe. Quelque chose me dit que madame Kirke sait déjà précisément ce qu’elle veut et je vous avoue… même esclave je n’envie pas Mayssan car toute cage n’est pas de fer… Et… Pardonnez-moi pour tout à l’heure, monsieur Kirke, je me suis laissé emporter… C’est… c’est ingrat alors que vous m’offrez un immense privilège.

Je me sens coupable de rien. Cette grosse chose en approche, c’est la Révolution. Grande, puissante, dévastatrice. Ce sera l’Heure du Jugement. Du grand Jugement. En attendant… continue de vivre ta petite vie mais… Un sorcier qui doute, même con comme ses pieds… qui est père d’une gamine… Ai-je vraiment envie de les voir mourir ? Je… Je ne sais plus…
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