AccueilAccueil  Wikia  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  
Des scénarios en folie
Perche ton gros cerveau sur des talons hauts avec la petite sœur de Cassandra Zabini, Rhiannon Zabini Cool
Des scénarios en folie
Incarne un sorcier vaudou avec le frère aîné de Calypso Layibadé, Kayin Layibadé Twisted Evil
Des scénarios en folie
Viens refaire le portrait aux sorciers avec la grande sœur de Salazar Sabordage, Madison Phillips
Des scénarios en folie
Prouve que t'en as autant dans la cervelle que dans le portefeuille avec le petit frère d'Armel Zabini, Alix Lancaster Rolling Eyes
Magique boîte à idées
Tu n’as pas d’idées de perso ? Sache que nos membres en ont pour toi ! Consulte ce sujet

❝ Family discord ❞
 :: Royaume-Uni :: Ailleurs
Starbuck
avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://filetdudiable.forumactif.org/t1303-ajay-shafiq http://filetdudiable.forumactif.org/t1112-ajay-shafiq-a-tiger-s-bite http://filetdudiable.forumactif.org/t1113-ajay-shafiq
Messages : 440
Date d'inscription : 22/08/2017
Célébrité : Pedro Pascal
Crédits : Willow

Double compte : Salazar Sabordage

Age : 45 ans.
Sang : Sang-pur.
Statut : Marié mais pas exclusif.
Métier : Ancien duelliste reconverti en esclavagiste depuis 2042.
Baguette : Ébène et poil d'ayala doré.
Dialogue : #803636
Family discord
ce message a été posté Lun 6 Nov - 15:29
D'un regard plus noir que la nuit, le tigre foudroie l'horloge murale qui vient de sonner quatorze heure. Quatorze heure. Cela fera bientôt une journée entière que Heden s'est volatilisé dans la nature. Il est majeur. C'est un grand garçon. En temps normal Ajay n'aurait pas sourcillé. Ne se serait même pas permis de questionner les allées et venues d'un de ses aînés. Mais il ne s'agit pas de temps normaux.

Le soleil pointait à peine le bout de son nez, timide roue de feu cherchant à percer la brume matinale, lorsque Kali et lui avaient transplané devant l'entrée du domaine familiale des Shafiq. Dans le Kent. Ils avaient été aussitôt accueillis par Ganesh et Nesrin, réveillés des heures plus tôt par leur belle-fille et les tigreaux inquiets qu'elle était venue mettre en sécurité sous leur toit. Ils avaient posé des questions et Ajay avait alors commencé à raconter. L'attaque. La disparition de la magie. L'effondrement de MagiCorp. Il avait énuméré les morts. Mervyn Kark. Sa femme. Thanatos Selwyn. D'autres noms encore. Wilfric Mulciber fait prisonnier. Puis Chandra était arrivée à son tour. Échevelée, le visage encore marqué par les souvenirs de cette terrible nuit. Mais saine et sauve.

Seul Heden manque toujours à l'appel. Et Ajay est comme un fauve en cage. Qui tourne et retourne sur lui-même. Incapable de tenir en place, il fait les cent pas dans l'un des nombreux salons de la demeure. Ne s'arrêtant que pour guetter à travers la fenêtre le retour de son fils. S'attendant à tout moment à voir apparaître sa silhouette filiforme et nonchalante. Mais les heures passent et l'horizon s'éloigne toujours un peu plus. Refusant de lui donner ce qu'il veut comme il refuse de quitter son poste pour grappiller au moins une ou deux heures de sommeil. Les autres ont fini par fuir la fureur glacée qui couve dans son regard et semble faire vibrer l'air autour de lui. Seule Kali est restée à ses côtés. Toujours. Et Kumaran, son frère, qui se tient près de la porte et tente pour la énième fois de raisonner ses peurs. Parce que c'est bien de cela dont il s'agit. Personne n'est dupe. Les colères du tigre ne sont jamais aussi flamboyantes que lorsque sa famille est menacée.

« Ajay... Kalinda a dit à vos domestiques de lui dire où vous trouver s'il rentre à la maison. Chandra et Nagendra sont partis sonner chez ses amis. Il faut faire preuve de patience maintenant. Il va revenir. »

Ajay virevolte sur lui-même. L'espace d'un instant il est à deux doigts de montrer les crocs. Mais il se ravise. Sa bouche s'ouvre puis se referme et il laisse alors échapper un grondement sauvage avant de se détourner à nouveau. Son frère a raison. Bien sûr. Mais Kumaran a toujours été plus sage que lui. Plus cérébrale. Moins emporté. Il est constitué d'eau plus que de flammes. Mais, surtout, Kumaran ignore ce qu'Ajay n'a encore osé révéler à personne. La culpabilité qui le dévore en pensant à ce terroriste et à sa fille qu'il a laissé filés. Qu'il a épargné. Et au nom de quoi ? Il a oublié. Incapable de penser à autre chose qu'à la possibilité – absurde, abracadabrante, folle – que cet homme ait pu ensuite croiser la route de son fils.

Celui qui vole une vie à la mort ne doit-il pas un jour rembourser sa dette ?

- - - - - - - - - - - - - - - - - -

My heart knows no shame
So many times it happens too fast. You trade your passion for glory. Don't lose your grip on the dreams of the past. You must fight to keep them alive. And fight you will.

Invité
Invité
avatar
Re: Family discord
ce message a été posté Lun 6 Nov - 15:55
Family Discord »
Avec Ajay et Kali 



« Heden… »


Enseveli sous une couverture, puis un drap, puis un plaid et sans doute trois ou quatre oreillers, le grognement surgit, boudeur et éteint. Seulement la voix féminine qui tente de réveiller le bâtard n’en démord pas. Et sa main passe sous cette antre de chaleur cotonneuse pour trouver la peau encore moite de son amant.


« Heden réveille toi je t’en prie ! »
« Mais quoi merde… » Agacé, jamais de très bonne humeur le matin, le lascif s’arrache à sa prise et dégage derechef le coussin qui lui dissimulait encore le visage. Il apparaît chagriné, un peu pâle, les yeux creusés par une gueule de bois chargée de drogue – comme à chaque fois.

Mais sa mauvaise humeur s’estompe aussitôt que la détresse transparaît sur le faciès pourtant sublime de sa maîtresse du moment.


« Il faut que tu rentres chez toi. »
« Ton fiancé est là ? »
« Heden… la tour des médias a explosé. »
« Quoi ?? »


Les dernières limbes somnolentes se déchirent presque aussitôt que la peur l’envahit à son tour. La gorge nouée, c’est nu qu’il surgit du lit, passant une main dans ses cheveux, l’autre sur sa baguette pour attirer les vêtements de la veille, éparpillés.


« Mes parents ont transplané ici sans nouvelle de ma part. Il est 14h. »
« 14h ??? »


C’est pire que tout.


« Mon frère y était. C’est une attaque terroriste. » Heden s’en doutait déjà. « Ils ont dit qu’il s’était pris quatre machins moldus qui te rentrent dans la peau… »
« Il est en vie ? »
« Oui mais il y a vu ton père… »

L’affolement lui fait aussitôt trembler les mains, et la colère s’ajoute à cette terreur en linceul qui lui dégouline le long de la nuque. Ajay y était – évidemment. Foutu mangemort accroché à sa saloperie de marque.


« J’y vais. »
« Tiens moi au courant. »


Un baiser à ses lèvres sèches et déjà il part sans se retourner.






Le transplanage n'améliore évidemment pas sa nausée et son état de faiblesse générale mais Heden a soudain mieux à faire que se pencher pour dégueuler dans les azalées qui bordent leur maison. C’est à pas rapide qu’il rejoint leur demeure, écartant toute velléité à l’égard de son père pour espérer seulement que tous, et en priorité Ayesha comme Nagendra, n'ont pas fait partie de cette cohue sanglante.


Hélas, c’est une demeure vide qui l’accueille. Mais avant tout déferlement de panique de sa part, c’est presque aussitôt que les domestiques, rassurés, le renvoie vers la maison de son oncle.

Impossible de penser que ce n’est pas quelque chose de grave pour les avoir fait se réfugier chez Ganesh et Nesrin mais son départ est aussi brusque que sans hésitation.


C’est donc devant la porte familière mais non point familial qu’il dégueulera.


En route il n’a pu entendre que des bribes – la tour n’aurait pas été la seule à succomber à l’attentat, emportée elle-même par la tour des médias et ce silence assourdissant du quotidien lui met le cœur en alerte.


Il ne sait pas encore pour les morts – mais il devine sans peine qu’ils ont été nombre. Et poussant la porte d’un sortilège il est le premier à crier, la voix encore rauque, le pas hésitant.


« Papa ! » Avant d’attraper sa silhouette d’un simple regard, comme celle de Kali qui demeure toujours présente à ses côtés. Aussitôt sa tension semble s’affaisser et malgré son apparence déplorable c’est sans aucune hésitation cette fois qu’il vient directement se jeter dans leurs bras. Le cœur battant à tout rompre.


Tant pis s’il pue et a mauvaise mine, la simple chaleur de la peau de Kali, si proche, a déjà le don de le rafraîchir.


Mais l’important soudain c’est son père.


Ce stupide sang pur qui lui sert de géniteur est revenu en vie de son combat. 


Mais pour Ayesha et les autres est ce aussi le cas ??



Invité
Invité
avatar
Re: Family discord
ce message a été posté Dim 12 Nov - 11:18
Depuis l'incident de la veille, le temps s'est arrêté. Les minutes s'écoulent aussi lentement que des heures tandis que l'inquiétude croît chez tous les membres de la famille Shafiq/Khan.
Kalinda n'y fait pas exception, bien au contraire. Cet attentat vient seulement confirmer toutes les craintes qu'elle avait depuis le dernier épisode meurtrier sur la place de l'Ascension à la suite duquel Nagendra avait été blessé. La peur, ce sentiment obscur, pénible et inconfortable, habite la tigresse. Elle, Kalinda, qui en temps normal ne laisse rien l'attendre, c'est ce qui fait ce qu'elle est. Mais lorsqu'il s'agit des siens, de sa famille...

La brune est sous le choc depuis qu'elle a appris par son amant pour la mort des Kark. Ce qui n'était jusqu'alors qu'une rumeur prends tout-à coup un aspect bien réel.  Cela aurait très bien pu être l'un d'entre eux, Ajay se trouvait sur les lieux et il avait été quelque peu amoché par la bataille. Évidement cela aurait pu être pire, comme toujours oui mais il y avait assisté et cela été suffisant pour raviver toutes les peurs de Kalinda. Dés qu'ils avaient pu ils étaient retourné dans le domaine familiale, retrouver le reste de la famille. Chandra les avait rejoint un peu plus tard, vivante. C'était tout ce qui importait. Mais un tigreau manquait toujours à l'appel : Heden, l'un des deux fils du couple Ajay/Kalinda. Il était d'ailleurs quelque peu amusant de voir que sur l'ensemble de leurs enfants c'était les mâles qu'elle n'avait pas porté dans son ventre, elle semblait être capable de ne donner la vie qu'à des filles. Pour autant elle ne faisait aucune distinction entre eux. Pas même avec Heden dont le caractère différait de ses autres frère et sœurs, nonchalant et un brin flegmatique, mais qu'elle aimait quand même d'un amour sincère et maternel, bien loin de se douter des pensées qui habitaient son « fils ».

Malgré tout, Kali demeure calme, elle essaie de ne pas laisser transparaître sa peur. Pour ce faire, elle se convainc elle même qu'Heden va bien, qu'il s'est sans doute glisser dans le draps d'une demoiselle de bonne famille et qu'il va revenir d'un instant à l'autre, dés lors qu'il se sera remis de sa nuit. Elle passe un moment avec Aalia qui en dépit de son jeune âge, comprends que quelque chose ne va pas. A plusieurs reprises cette dernière demande où se trouve son frère aîné et pourquoi « Papa semble si énervé ? » Du mieux qu'elle le peut sa maji la rassure, elle lui conte des histoires et la prends dans ses bras avant que Nesrin prenne le relais. Toujours aux côtés d'Ajay, elle attends désormais près de la porte afin d'être là au moment où le retardataire pointera le bout de son nez. Cette inquiétude grandissante qui habite la tigresse tend à palier les effets du manque de sommeil.

« Il va revenir » Dés lors que Kumaran prononce ces mots, Kali sent Ajay se crisper. L'espace d'un instant elle pense même qu'il va s'embraser, elle le connaît bien et anticipe la moindre de ses réactions. Mais l'heure n'est certainement pas au conflit et son amant a vite fait de se raviser. Kalinda se rapproche alors davantage du tigre et glisse sa main dans la sienne tout-en plongeant son regard dans le sien. Il n'y a pas forcément besoin de mots pour se comprendre, entre cela a toujours été ainsi. Heden sera là d'ici peu.

« - Papa ! »

Il ne faut que quelques secondes à peine pour Kali pour reconnaître le reconnaître, ne serais-ce que par sa silhouette et ce visage si familier. Bientôt il est dans leurs bras. Cet étreinte familiale dure un petit moment, elle est chaleureuse et remplie d'émotions. Heden est en vie et il est là dans leur bras. Kali finit tout de même par la relâcher, un grand sourire étire ses lippes féminines tandis qu'elle regarde, heureuse qu'il soit de retour. Ses traits son tirés, il n'a pas bonne mine du tout mais au moins il est à la maison. Enfin presque …

Aussitôt,elle porte ses mains à son visage et le regard afin de s'assurer que c'est bien lui qui se trouve en face d'eux. Elle dépose un baiser sur son front avec cette même douceur maternelle qui a toujours guidé chacun de ses gestes.

« - Tu nous a fait une belle frayeur ... »
Starbuck
avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://filetdudiable.forumactif.org/t1303-ajay-shafiq http://filetdudiable.forumactif.org/t1112-ajay-shafiq-a-tiger-s-bite http://filetdudiable.forumactif.org/t1113-ajay-shafiq
Messages : 440
Date d'inscription : 22/08/2017
Célébrité : Pedro Pascal
Crédits : Willow

Double compte : Salazar Sabordage

Age : 45 ans.
Sang : Sang-pur.
Statut : Marié mais pas exclusif.
Métier : Ancien duelliste reconverti en esclavagiste depuis 2042.
Baguette : Ébène et poil d'ayala doré.
Dialogue : #803636
Re: Family discord
ce message a été posté Ven 17 Nov - 18:16
Il sait. Il ne doit pas se mettre dans un état pareil. S'agacer de la sorte ne fera pas revenir son fils plus vite. Ajay serre alors la main de Kali entre ses doigts et expire bruyamment par le nez. Chassant hors de son corps une infime partie de sa frustration. La seule raison pour laquelle il n'a pas encore envoyé valdinguer un objet contre le mur tient uniquement à sa présence à ses côtés. Mais cela ne suffit pas. Pas aujourd'hui. Pas après tout ce qu'il s'est passé cette nuit et qu'un de leurs tigreaux manque toujours à l'appel. Toujours le même d'ailleurs siffle une voix désagréable entre ses deux oreilles. Et Ajay s'en veut de ne pas avoir su la retenir.

Mais la porte d'entrée s'ouvre justement à la volée. « Papa ! » Attirant tous les regards sur la silhouette familière d'un Heden à la mine tirée. Aux cheveux ébouriffés et aux vêtements froissés. Son apparition quasi providentielle jette un instant de flottement sur la scène. Pendant une poignée de secondes, ils se dévisagent avec stupeur. Jusqu'à ce que le bâtard se précipite au cou de ses parents. Ajay ne se souvient même plus de la dernière fois que Heden s'est ainsi laisser aller mais peu importe. Une vague de soulagement lui étreint soudain la poitrine tandis qu'il referme ses bras autour de son fils.

Il est sain et sauf. Sain et sauf se répète-t-il comme s'il avait encore du mal à y croire. Comme s'il essayait de se convaincre qu'il s'agit là de la seule chose qui importe et qu'il ne doit pas prêter attention à la colère qui continue de gronder en son fort intérieur. Insidieuse. Mauvaise. Mais plus l'étreinte se prolonge plus il se crispe malgré lui. Plus l'odeur de tabac froid, d'alcool et de stupre qui émane de Heden le révulse. Au final, il loue une nouvelle fois Kali quand cette dernière brise enfin le contact. Le délivre de cette promiscuité dérangeante qu'il fuit aussitôt qu'il le peut en faisant un pas en arrière. Il se sent comme un imposteur. Un ingrat incapable de dompter sa fureur pour se réjouir simplement du retour de son fils et poser lui aussi un baiser sur son front blanc.

« On peut savoir où tu étais passé ? »

Le son de sa voix n'est pas plus élevé que celui de Kali. Pourtant il suffit à faire tomber une chape de plomb au-dessus de la pièce. Personne n'ose plus bouger. Ni même respirer semble-t-il. Le tigre a fini par briser ses chaînes et le regard qu'il pose sur son fils les crucifie tous sur place. Implacable. À la fois terrifiant et sublime dans sa colère.

« Ajay, tu... » Tente d'intervenir Kumaran. Mais son cadet le coupe en levant sèchement la main. Sans pour autant détourner les yeux de leur cible principale.

« Le siège de MagiCorp tombe du ciel. La Tour des Médias s'effondre à moitié. Le Ministre de la Magie est mort et des terroristes sèment la panique un peu partout dans la ville ! Mais son éminence le grand Heden Khan ne juge bon de donner signe de vie que des heures plus tard. Il débarque la bouche en cœur et je devrais l'applaudir de nous faire cet honneur ? Mais oui ! Peut-être qu'il souhaiterait nous raconter sa soirée aussi ? Elle devait être grandiose à coup sûr ! »

- - - - - - - - - - - - - - - - - -

My heart knows no shame
So many times it happens too fast. You trade your passion for glory. Don't lose your grip on the dreams of the past. You must fight to keep them alive. And fight you will.

Invité
Invité
avatar
Re: Family discord
ce message a été posté Lun 20 Nov - 20:11
Family Discord »
Avec Ajay et Kali 



Il y a parfois ces instants de grâce où son cœur mis à nu s’exprime librement – et ce fut aussi le cas au retour de Nagendra, quand prenant compte sa blessure, Heden avait failli, pour la première fois, rentrer dans une colère militante. Mais cet instant de pureté émotionnelle disparait comme soufflé par le baiser chaste de Kali. Cette tendresse, cette caresse à son visage et l’attention crédule comme soulagée de la plus belle vient lui tordre ses entrailles. A ce moment, Ajay n’est pas le seul à sentir les relents de sa propre condition, sa salissure, sa crevure d’abcès comme une plaie purulente et Heden s’échappe autant qu’eux reculent, comme le rivage et la mer. Il a cette grimace enfantine, ce pincement un peu oblique des lèvres, entre la gêne et la nonchalance. Et passe une main incertaine dans ses cheveux gras.

« Il n’y avait pas de quoi s’en faire. » S’exprime-t-il, malheureusement et peut-être est-ce que ça, ces quelques mots involontaires, qui viennent mettre le feu à la colère bouillonnant au fond des tripes de son père. L’oncle est là, gravitant autour de cette scène sans réellement en faire partie. Heden n’a qu’un regard envers cette figure d’autorité supplémentaire puis la mer revient, la vague s’abat et lui chancelle.

Ajay n’a pas besoin de baguette pour être un excellent duelliste.

« On peut savoir où tu étais passé ? » « Où j’étais.. » « Ajay, tu... » « Le siège de MagiCorp tombe du ciel. La Tour des Médias s'effondre à moitié. Le Ministre de la Magie est mort » « Sér » « et des terroristes sèment la panique un peu partout dans la ville ! Mais son éminence le grand Heden Khan ne juge bon de donner signe de vie que des heures plus tard. Il débarque la bouche en cœur et je devrais l'applaudir de nous faire cet honneur ? » « T’es » « Mais oui ! Peut-être qu'il souhaiterait nous raconter sa soirée aussi ? Elle devait être grandiose à coup sûr ! »
« Arrête ! »

Ca postillonne comme un cri et la nausée lui remonte à la gueule. Les affres de ce matin, que son dégueuli n’a pas réussi à extraire. Cette souffrance pourtant bienfaitrice de l’après, qui lui demande envie de recommencer. Et putain qu’il en a envie. Il voudrait s’y noyer à présent, se transformer en mer, lui aussi. Un océan d’alcool. Fermer les yeux et repartir dans ses champs cotonneux de corps mélangés. Et arrêter de subir la foudre annonciatrice d’une engueulade plus explosive encore.

Heden sait pourtant ce qu’il doit faire : Ajay est en colère mais Ajay est effrayé. Ajay est ce lion protecteur qui n’hésitera pourtant pas à mordre au moindre faux-pas. Cette espèce de brute d’amour et d’attention qui s’est toujours évertué à lui offrir autant que les autres. Alors qu’est ce qui ne fonctionne pas entre eux ? Est-ce vraiment seulement Heden où est-ce seulement cette friction, ces désaccords comme deux harmonies se jouant à hauteur différente pour chacun d’eux ? Est-ce finalement pas cette ressemblance acharnée, ces efforts que le fils fait pour atteindre son père qui les rend aussi dissemblables. Comme deux jumeaux ne pouvant se supporter.

Ca ne peut pas être seulement la couleur de peau. La prise de conscience de cette remarque est comme un doloris.

Alors plie. Plie et excuse toi. Promet, ne recommence pas. Mais c’est plus fort que lui. Même le lièvre doit rugir. Même le lièvre doit se braquer et savoir se battre. Montrer qu’il peut être aussi fort que les tigres qui l’encerclent.

« Et t’as cru que je le saurais comment hein ? T’as cru que je le saurais COMMENT ? » Brutalement, sa main vient tirer la manche de sa chemise froissée pour dénuder ses avant-bras et les lui adresse, le regard brun en fusillade. « Y’a une marque là ? Non y’a pas de marque. Moi je vivais ma vie tu vois et la soirée elle a été bien cool. Je me suis fourré dans un lit – je crois que cette partie t’es familière. Et j’ai pioncé comme un bébé. On m’a averti que quand on s’est réveillés parce qu’on n’est pas comme vous, nous. On n’est pas là à coller au cul du ministre pour aller se foutre sur la gueule avec des terroristes et laisser derrière nous des orphelins. » A Kali. « C’était bien ? Vous avez ensorcelé du monde ? Vous en avez tué j’espère hein ? Vous l’élite. » Puis à son père. « J’suis pas un putain de pacificateur et je suis pas un de vos patriotes embouchés incapable de laisser la police faire son boulot. Moi je suis qu’un sorcier dans un monde instable. Alors quand j’ai appris la nouvelle, au lieu de lambiner mon cul dans mon lit et m’en foutre JE SUIS RENTRE ! C’est pas ça qui importe là ? QUE JE SOIS RENTRE ?! »

Il halète un rien, et vient essuyer ses yeux – ces putains d’yeux qui larmoient toujours un rien sur ses cernes creusés quand les émotions se font trop fortes. Et il en ricane, parce qu’il est sensible – oh oui, toujours sensible le pauvre bout de chou.

« C’est moi qui devrais vous engueuler d’être des connards de penser qu’à vous. De nous avoir entraîné dans ce merdier et ELLE EST OU AYESHA MERDE. »

Ayesha, sa ballerine, sa danseuse en balai avec ses poings serrés. Ayesha, sa fièvre et sa colère qui commence tout juste à basculer du côté furieux du combat. Ayesha, qui finira peut-être même par avoir sa marque – si ce n’est pas déjà fait, allez savoir.



Starbuck
avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://filetdudiable.forumactif.org/t1303-ajay-shafiq http://filetdudiable.forumactif.org/t1112-ajay-shafiq-a-tiger-s-bite http://filetdudiable.forumactif.org/t1113-ajay-shafiq
Messages : 440
Date d'inscription : 22/08/2017
Célébrité : Pedro Pascal
Crédits : Willow

Double compte : Salazar Sabordage

Age : 45 ans.
Sang : Sang-pur.
Statut : Marié mais pas exclusif.
Métier : Ancien duelliste reconverti en esclavagiste depuis 2042.
Baguette : Ébène et poil d'ayala doré.
Dialogue : #803636
Re: Family discord
ce message a été posté Mer 7 Fév - 16:53
Ne pas le laisser parler. Surtout ne pas lui laisser une chance de s'excuser. Pire. De se justifier. Il ne veut pas savoir. Ne veut pas entendre les raisons qui poussent son fils à les fuir chaque jour un peu plus. Lui et le rivage paisible où il l'attend. Quand a-t-il laissé la marée l'emporter au juste ? Lui arracher ce petit garçon qui trottinait fièrement dans son sillage en s'accrochant à ses tuniques colorées ? Cela fait des années maintenant qu'Ajay se pose la question tandis qu'il l'observe, impuissant, se débattre contre les vents furieux de quelques tempêtes imaginaires. C'est cette rage qui l'effraie. Les chimères qu'elle cache et que Heden éructe en postillons quand enfin il parvient à s'imposer face au tigre qui se dresse devant lui.

C'est sûrement de ça dont ils ont besoin. Crever l'abcès. Que père et fils s'affrontent. Enfin. À coup de griffes et de cris tumultueux s'il le faut. Puisqu'ils semblent incapables de se parler autrement. Simplement. Il a du mal à saisir ce qui les en empêche au final. Trop de fierté sûrement. De non-dits déguisés en indifférence feinte. Depuis trop d'années Heden refuse de s'abandonner à la figure charismatique de ce père qui l'étouffe. Depuis trop d'années Ajay fait mine de l'ignorer. Comme si ce mal-être qu'il ne s'explique pas allait finir par lui passer. Qu'est-ce qu'il lui a fait de si terrible pour justifier ça après tout ? Il serait curieux de l'apprendre. Et en même temps pas du tout.

Il aurait envie de lui rétorquer qu'il n'avait qu'à être là. Que c'est tout ce qu'il lui demande. Que s'il avait été il aurait su. Peu importe la virginité de ses bras pâles. Peu importe ses soirées de débauche son sommeil de bébé et sa vulgarité. Elle ne rend son ignorance que plus pathétique. Inacceptable même quand il tourne soudain son venin vers Kali. Ajay jurerait qu'un grondement furieux roule alors dans sa poitrine. Il amorce un pas vers l'avant, mais la main que son amante lève sèchement en travers de son passage le contient encore un instant. Il oublie parfois. Que les yeux sombres de sa belle n'ont rien à envier aux siens. Que sa colère, quoi que moins sauvage que la sienne, n'en a jamais été moins redoutable. Il n'aimerait pas être à la place de Heden en cet instant. Lire la déception et la blessure qui se mêlent à l'outrage dans le regard de l'indienne.

Il aurait trop honte d'en être responsable.

Mais pas Heden. Et Ajay ne sait pas ce qu'il y a de pire. Les larmes qu'il étale d'un geste rageur sur ses joues. Ou le rire nerveux, mauvais, qui s'échappe d'entre ses lèvres et lui donnerait presque envie de lui arracher les yeux. Jamais un de ses enfants ne s'est permis de lui parler sur ce ton. Connard. Le mot résonne désagréablement entre les parois de son crâne. L'agresse comme rarement il s'est senti agressé avant aujourd'hui. Et Ajay se referme alors sur sa colère.

« Ta sœur était avec moi. La connasse égoïste forcée de réveiller ses enfants, sa petite fille de six ans, au beau milieu de la nuit, pour aller les mettre à l'abri pendant que leur connard de père est parti essayer de repousser une bande de fous furieux qui n'aimerait rien de mieux que nous assassiner dans notre sommeil. »

Sa voix tremble un rien sous la fierté qui lui fait redresser le menton. Mais elle ne lâche rien. Malgré les larmes qui menacent de déborder de ses grands yeux noirs, Kali reste digne. Droite et superbe.

« Tu ne sais pas. Tu n'as pas idée. Heden. De l'angoisse et l'incertitude. Pendant des heures. Et toi. Au lieu de passer l'éponge sur une colère maladroite. Tu... Je croyais que cette époque était derrière nous. »

Celle de ses crises adolescentes. De ses coups d'éclat et de ses reproches injustes. À la simple évocation de ces années, Ajay redresse alors la tête. Il a des picotements au bout des doigts et jusqu'au fond des tripes. Une telle rage. Comme une brûlure menaçant de tout embraser d'une seconde à l'autre. Il doit être prudent. Il le sait. Se connaît. Nombreux sont ceux qui ont fait les frais de son tempérament explosif et il n'est pas certain de se le pardonner s'il devait finir par se retourner contre l'un de ses enfants.

« Disparais. Monte dans ta chambre. Je ne peux même pas te regarder pour le moment. »

Gronde-t-il juste avant qu'un bibelot posé innocemment sur l'étagère derrière Heden n'éclate en mille morceaux.

- - - - - - - - - - - - - - - - - -

My heart knows no shame
So many times it happens too fast. You trade your passion for glory. Don't lose your grip on the dreams of the past. You must fight to keep them alive. And fight you will.

Invité
Invité
avatar
Re: Family discord
ce message a été posté Dim 18 Fév - 22:12
Family Discord »
Avec Ajay et Kali 



Voilà donc où tout s’arrête, dans un cercle sans fin d’entêtement et de non-dit. Il suffit du regard seul et embué d’une femme trahie et figé dans sa rage toute juvénile – c’est pas ma faute ! – Heden reste coi, penaud, les yeux baissés, ne pouvant soutenir le regard de maji – maman – qu’il a réussit à faire pleurer. C’est le pire sortilège du monde celui-là, oui, bien pire même que celui de l’Avada Kedavra. Cette malédiction, qui vous déchire comme la pire des magies noires. Celle qui vous laisse les tripes en miettes d’avoir ainsi commis l’irréparable.

Parce que ça ne pleure pas, une maji. Ca rit, ça gueule parfois, ça ébouriffe les cheveux, ça surveille les notes, ça corrige la tenue, ça a la voix qui chante, qui claque, le pas qui danse. Ca a la beauté pour elle, le scintillement au fond des yeux. C’est beau, une maji quand elle vit. Quand elle aime. Quand elle se blottit au bras de son père mais a toujours l’attention portée sur sa meute. Quand elle se fait lionne, quand elle se fait louve. Quand elle prononce votre nom doucement avant chaque baiser du soir. C’est doux, une maji, c’est ferme et tendre. Ca te dit toujours de manger. Ca surveille toujours ce que tu fais, tout en laissant vivre. Ca jalouse les filles qui te volent. Ca flatte autour des copains qui matent toujours trop. C’est grandiose une maji, surtout quand elles sont heureuses.

Mais elle n’est pas heureuse, Kali. Elle pose l’insulte comme chaque pierre et Heden voudrait gratter le sol, voudrait se changer en lièvre – en lapin, en tout petit levrault, et se blottir dans un trou, lui-même creusé au fond d’un plus grand trou, et disparaitre de sa vue qui larmoie.

Il en a la lèvre qui tremble, le grand garçon de 22 ans. Et même s’il sursaute quand le bibelot éclate, même s’il a mal, même si c’est injuste, ce n’est à Ajay qu’il s’adresse, mais bien à elle.

« Kali… » Et le prénom soudain sonne faux sur sa langue. Sonne sale. Lui broie le cœur de tous ces sentiments qu’il ne s’explique pas et qu’il ne voudrait pas ressentir. Alors, pour elle, comme une fleur, il murmure. « Pardonne moi Maji… »

Sa gorge se serre.

« Connards, oui, c’était trop fort. J’ai dépassé la ligne. » Un regard à Ajay. Il est sincère. « Mais votre truc, de mangemort, je peux pas tu comprends ? Je peux pas me dire que comme Nagendra, vous partez et vous risquez votre vie. Ca tu ne peux pas me demander de l’accepter. » Il voudrait leur arracher la marque. Il voudrait même quitter ce pays, s’il faut. Tous, les éloigner.

Mais ça, c’est la responsabilité de son père, avant tout. Et c’est une colère qu’il nourrit envers lui, terriblement. Alors Heden cabre les épaules, et fait face à la rage.

« Tu peux pas m’en vouloir de vivre. Tu peux pas m’accueillir comme ça, en gueulant. Parce que moi aussi je me suis inquiété, merde, autant que vous deux. Mais c’est toujours comme ça avec toi. Tu veux pas voir ce qui va pas. Tu t’accroches à des… à des conneries, pour m’en vouloir. Mais pour le reste, t’es jamais vraiment là. »

Quelque chose pourtant vient de s’apaiser, à la mention d’Ayesha. Une Ayesha saine et sauve. Une Ayesha protégée de tout ce merdier terroriste. Viendra vite le jour où la petite grande sœur devra pourtant choisir son camp. Et la colère d’Heden trouvera un autre puit sans fond où se consumer librement. Mais pas maintenant. Maintenant il cille seulement de l’un à l’autre et refusant le verdict du père, serre les poings, et continue, presque dignement.

« Regarde moi. » Regarde moi, ton erreur de bâtard, ta faute, ton fils trop clair. Regarde moi bien. « Je suis là, je suis rentré. Tu veux quoi de plus hein ? Que je change ? Que je sois moins comme toi ? Je te demande pas de m’applaudir quand je rentre, papa. Et je débarque pas la bouche en cœur j’étais mort de trouille. Pète les trucs que tu veux si t’arrives pas à te contrôler, mais sors moi les choses en face. C’est quoi que tu me reproches exactement ? Ben vas-y. Parle ! »


Starbuck
avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://filetdudiable.forumactif.org/t1303-ajay-shafiq http://filetdudiable.forumactif.org/t1112-ajay-shafiq-a-tiger-s-bite http://filetdudiable.forumactif.org/t1113-ajay-shafiq
Messages : 440
Date d'inscription : 22/08/2017
Célébrité : Pedro Pascal
Crédits : Willow

Double compte : Salazar Sabordage

Age : 45 ans.
Sang : Sang-pur.
Statut : Marié mais pas exclusif.
Métier : Ancien duelliste reconverti en esclavagiste depuis 2042.
Baguette : Ébène et poil d'ayala doré.
Dialogue : #803636
Re: Family discord
ce message a été posté Ven 23 Fév - 17:30
Le froncement de ses sourcils se creuse et durcit un peu plus l'expression de son visage alors que le bibelot vole en éclats. Il a failli laisser la colère l'emporter. Sans l'intervention de Kali, il sait qu'elle aurait fini par le submerger entièrement. Que Heden aurait probablement fini écrasé contre la bibliothèque devant laquelle il se tient. Même Kumaran l'avait pressenti. Du coin de l’œil, Ajay a perçu le mouvement discret de sa silhouette se rapprocher de celle de son neveu. Comme prêt à faire barrière de son corps. Et le tigre sent poindre une bouffée de reconnaissance pour ce frère qui n'a jamais cessé de protéger ses arrières. Aussi bien des autres que de lui-même.

Les relents de sa colère s'étiolent. Dissipés par cette complicité silencieuse et la crainte de ce qui aurait pu être si quelques garde-fous ne l'aidaient à contenir la flamme qui l'habite. Elle n'a pas dit son dernier mot pourtant. Le feu ne se dompte pas si aisément. Il a déjà vu des braises embraser des forêts sous la caresse du vent. Mais Ajay sent qu'il parvient à en reprendre le contrôle. Pas au point de se faire confiance à cent pour cent mais assez pour porter à nouveau son attention sur Heden quand ce dernier l'exhorte à le regarder.

Il aurait préféré qu'il s'abstienne. Qu'il se taise. Ravale son mea-culpa pour plus tard et monte dans sa chambre comme il le lui a demandé. Ordonné. Mais non. Ça ne peut pas être aussi simple avec Heden. Il ne va pas le laisser respirer. Ne va pas accepter de continuer cette conversation à un autre moment. Quand les esprits seront plus apaisés. Il doit dicter le rythme. Battre le tambour selon son propre tempo. S'imposer par la force puisqu'il croit avoir quelque chose à prouver. Ajay a manqué s'étouffer en l'entendant lui reprocher de ne pas être là. Pas vraiment. Et l'image curieuse d'un serpent dévorant sa propre queue s'est imposée dans son esprit. Le fils reprochant au père ce qu'il lui reproche de même.

Ajay porte alors la main à son visage et vient pincer l'arrête de son nez. Il sent Kali se rapprocher de lui. Poser sa main sur son bras. Mais il n'y aura pas de nouvel éclat. Pas cette fois.

« Parce que tu penses être comme moi ? »

Ce n'est pas une accusation ou un reproche. Il ne parle même pas de l'aspect physique. De cette peau blanche que Heden est le seul à avoir jamais vu comme une différence à laquelle accorder la moindre importance. Il interroge simplement. Sincèrement. Alors que son bras retombe le long de son corps. Aucun de ses enfants ne lui ressemble. Ni Nagendra, ni Ayesha, ni Yasmin ou Indira. Pas même Chandra au final. Dont le bouillonnement impatient lui rappelle pourtant souvent l'impétuosité de sa jeunesse. Il ne veut pas que ses enfants lui ressemblent. Mais qu'ils vivent, grandissent, et s'affirment pour ce qu'ils sont. Avec leurs qualités et leurs défauts. Leurs forces et leurs faiblesses. Il refuse juste de les perdre. De connaître ce sentiment encore une fois.

« Ce n'est pas parce qu'il semblerait que l'on partage un certain goût pour la débauche que l'on se ressemble. Je suis ton père Heden. Ni plus. Ni moins. Je ne vais pas te dire qui tu dois être. Mais si tu me reproche de ne pas être là pour toi, je te le demande : quand est-ce que tu m'as laissé l'être pour la dernière fois ? Parce que de nous deux je ne suis pas celui qui disparaît sans dire où il va. Parfois pendant des jours. Je ne suis pas celui qui se mure dans des silences interminables. Celui qui s'isole et doute de ceux qui l'entourent. Tu veux avoir ce que je te reproches ? Commence par là. »

- - - - - - - - - - - - - - - - - -

My heart knows no shame
So many times it happens too fast. You trade your passion for glory. Don't lose your grip on the dreams of the past. You must fight to keep them alive. And fight you will.

Invité
Invité
avatar
Re: Family discord
ce message a été posté Dim 4 Mar - 16:38
Family Discord »
Avec Ajay et Kali



Est-ce enfin le moment ? Est-ce enfin l’instant clef de sa délivrance, de sa réappropriation ? Ajay se tourne, souffle et s’apaise, mais turbine et ronfle secrètement d’une rage qui pourrait sans doute à tout moment exploser de nouveau. Kali est son soutien silencieux – elle n’a pas cherché à lui répondre et peut-être que ça le blesse encore plus, cette absence à son pardon, à ses excuses, comme si pour une fois, malgré le consentement que cela sous-entends, Kali choisissait de l’ignorer au profit de cette conversation qu’il doit avoir avec son père.

Il n’en veut pas – il la redoute – il en a besoin. Et s’il pouvait crier et se faire plus bruyant que les lions rugissant alors enfin, sa peau se craquerait et quelque chose pourrait s’en échapper, de plus pur, de plus sain, de plus apaisé. Heden sent ses oreilles changer, et rapidement y pose les doigts, lissant, machinalement, comme si le geste physique pouvait apaiser sa magie.

Non, il ne doit pas fuir – justement, c’est ce dont Ajay l’accuse – enfin, enfin !

« J’ai besoin de sortir… » Qu’il murmure, la gorge nouée. « Je cherche… » Il ne sait pas ce qu’il cherche. C’est une quête éperdue et sans réponses. C’est une nécessité, une volonté qui le prend aux tripes – ici il finit toujours par étouffer. Etouffer devant l’amour, le soutien, l’arc tangible de leurs relations, leurs rires, leur joie, la perfection de ce portrait de famille dans lequel, immanquablement, il détonne. Et il ne sait pas pourquoi – ce n’est pas que la couleur, c’est plus que ça.

Il ne sait pas pourquoi et il a toujours, toujours besoin de courir, de se perdre, de s’enivrer, de se droguer jusqu’à oublier à quel point cela fait mal de ne pas trouver de bonne réponse à une question qu’il ne parvient juste pas à formuler.

Et à nouveau, Heden étouffe – cela se sent, dans sa respiration rauque, dans son mal de crâne qui lui fait battre le sang aux tempes. Il le sent dans sa poitrine contre laquelle chacun des mots d’Ajay est un coup de poing. Et il tremble – ce fut une bonne nuit pourtant mais l’aurore est trop brûlante.

Mais il sent sa corde paternelle se resserrer autour de son cou et stupidement, espère qu’Ajay le retiendra cette fois.

« Tu veux qu’on fasse quoi papa ? On sort ensemble, on va voir un match de Quidditch, on se fait des emplettes au centre-ville ? Petite soirée père-fils ? »

C’est pathétique. Tremblant, plein d’espoir et de mépris emmêlé. Ca se colle à sa gorge en mucus mal déglutit. Et il se voit, à l’intérieur de lui-même, ce garçon trop mal grandit qui persiste dans ses mauvais réflexes adolescents. Heden pensait pourtant avoir passé le cap – mais le bâtard semble se réserver les meilleures surprises.

« Est-ce que ça nous sera naturel, papa ? Est-ce que si on fait ça, si on traine ensemble si on discute ensemble, est-ce que ça sera naturel ou est-ce que ça ne sera qu’un portrait de famille un peu trop guindé et hypocrite comme ils ont le secret par ici ? Est-ce que finalement, on ne sera pas trop anglais ? »

Une moquerie. Mais Ajay ne rira pas, évidemment. Ajay n’a plus envie de rire en le regardant.

Et Heden non plus de toute façon.



Starbuck
avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://filetdudiable.forumactif.org/t1303-ajay-shafiq http://filetdudiable.forumactif.org/t1112-ajay-shafiq-a-tiger-s-bite http://filetdudiable.forumactif.org/t1113-ajay-shafiq
Messages : 440
Date d'inscription : 22/08/2017
Célébrité : Pedro Pascal
Crédits : Willow

Double compte : Salazar Sabordage

Age : 45 ans.
Sang : Sang-pur.
Statut : Marié mais pas exclusif.
Métier : Ancien duelliste reconverti en esclavagiste depuis 2042.
Baguette : Ébène et poil d'ayala doré.
Dialogue : #803636
Re: Family discord
ce message a été posté Lun 12 Mar - 17:35
On croirait entendre l’hôpital qui se fout de la charité. Heden a besoin de sortir. Heden voudrait prendre l'air. Deux minutes plus tôt Ajay lui proposait exactement cela. Il le lui avait même ordonné mais le jeune Khan avait préféré saper son autorité pour lui demander des comptes. Et maintenant qu'il se plie à son désir, qu'il accepte la discussion, celui-ci fait mine de vouloir la fuir. Ajay écarte alors les bras avec éloquence avant de jeter un regard rond en direction de Kali. Il ne comprend pas ces contradictions qui émaillent le comportement de son fils. Trop souvent elles le désemparent. Le laissent avec l'impression de jouer dans un ridicule numéro d'équilibriste où chaque pas qu'il prendrait serait à l'inverse de celui qu'il aurait du avoir.

Peut-être que le problème est là. Ils ne parlent pas le même langage. Quand il dit blanc Heden lui répond noir. Quand il dit noir il lui répond blanc. Et ça le rend fou. Lui dont le tempérament est si franc et si direct. Il ne parvient pas à se faire à la façon dont son fils raisonne. Aux détours et aux méandres qui lui tourmentent l'esprit. Heureusement alors que le bâtard parvient à se reprendre. Que le lièvre stoppe le début de sa métamorphose pour continuer à faire front devant le tigre. Et même si sa respiration siffle, même si ses mains tremblent et que ses paroles semblent toujours aussi conflictuelles, au moins tient-il bon. Pour une fois.

« Tu veux qu’on fasse quoi papa ? On sort ensemble, on va voir un match de Quidditch, on se fait des emplettes au centre-ville ? Petite soirée père-fils ? »

« Pourquoi pas ? »

Il est sérieux. Il a parfaitement saisi l'ironie pourtant. Difficile de passer outre. Mais contrairement à son fils, Ajay ne voit pas ce qu'il y a de si grotesque dans ce qu'il propose. C'est ce que les membres d'une même famille font. Passer du temps ensembles. Partager des instants privilégiés. Cela lui semble évident.

« C'est vrai. Vous pourriez aller voir le prochain match d'Ayesha ensembles. Les Harpies jouent contre les Canons de Chudley le mois prochain. Avec les récents événements je ne sais pas si la saison se maintiendra mais j'espère que oui. La vie doit continuer. »

Ajay hoche la tête. C'est une idée. Il a manqué les deux dernières sélections de sa fille à cause du travail mais il compte bien être sur les gradins la prochaine fois pour l'encourager. Et Kali a raison. Malgré l'horreur dont Avalon vient d'être témoin, la communauté ne peut pas se laisser abattre ni céder face à la peur. Il en oublierait presque Heden. Ramené à des considérations hautement plus vastes que le mal-être inexplicable d'un seul individu, Ajay s'est laissé distraire de la conversation originelle. "Heureusement" son fils est là pour le rappeler à l'ordre. Mais ses paroles sont comme de l'huile jeter sur le feu. Et le regard que le tigre braque soudain sur lui semble à nouveau brûler d'une colère difficilement contenue.

« Nous sommes anglais. La voix claque. Le timbre est sans pitié. Ajay est las des critiques qui voudraient le faire passer pour un étranger dans son propre pays. Mais qu'elles viennent d'un des siens l'horripile infiniment plus qu'il n'y accorde la moindre importance en temps normal. Qu'est-ce que ça veut dire en plus ? Pour toi cela serait forcément hypocrite que l'on fasse des choses ensembles ? Qu'est-ce que je suis sensé répondre alors ? Tu pars déjà perdant. Tu dénigres et condamnes avant même d'essayer. Mais ne compte pas sur moi pour faire pareil. Je ne te donnerai pas raison. Si tu ne veux plus faire partie de cette famille ais au moins le courage d'en assumer seul la décision. »

Ça ne le fait pas rire en effet. Pas du tout. Le tigre est blessé jusque dans sa chair d'entendre un de ses enfants parler ainsi. Et peut-être qu'il regrettera la dureté de ses paroles. Sûrement. Quand il réalisera la perche qu'il vient de tendre à son fils. Mais pour le moment il est incapable d'un tel recul. Même en entendant Kali étouffer un gémissement épouvanté à ses côtés.

- - - - - - - - - - - - - - - - - -

My heart knows no shame
So many times it happens too fast. You trade your passion for glory. Don't lose your grip on the dreams of the past. You must fight to keep them alive. And fight you will.

Invité
Invité
avatar
Re: Family discord
ce message a été posté Dim 25 Mar - 22:19
Family Discord »
Avec Ajay et Kali



C’est un instant de félicité où ils se retrouvent enfin sur la même ligne à tanguer – le fils plein d’espoir, le père aux bras ouverts. Et soudain Heden comprend mieux sa propre jalousie, cette fausse impression de passer bon dernier, alors qu’il n’y a que lui qui avance à petits pas dans cette fratrie toujours pressée. Oh il n’est pas aussi dynamique que les autres mais finalement, pourquoi ne pourrait-il pas récoler quelques gestes de tendresse lui aussi ? Parce qu’il est vieux, parce qu’il est homme, parce qu’il voudrait coller un tant soit peu à ces concepts virilistes que ces crétins de Poudlard ont tenté de lui imposer ?

Et puis tout chute encore, lui d’un côté, Ajay de l’autre. Il n’y a plus d’offrande, plus de match de Quidditch, que les réflexes rageurs d’un homme qu’on blesse dans sa fierté à le juger à sa peau plus qu’à sa nationalité. Et Heden cille, jette un regard effaré à Kali – à son tour – de s’être fait si mal comprendre.

« Mais je sais qu’on est anglais… » Qu’il balbutie, faible voix dans le tumulte. Lui ne l’a jamais nié – mais se récolte les baffes d’une société qui voudrait qu’il se conforme, et dans laquelle il se complait peut-être plus aisément, ne jurant que par son intégration – les complets, la couleur, l’attitude – glissant dans le dos de cette sombre pute bâtarde au sourire pincé pour mieux la planter dans le dos.

Ses lèvres fines s’humectent rapidement de salive. Et l’écho apeuré de Kali lui fait jaillir les larmes aux yeux de rage. Ca coule finalement sur ses joues en deux traits infimes et translucides. Finalement, pas besoin de sortilège et de magie explosive pour lui porter l’assaut final. En quelques mots, en une porte sauvagement ouverte, Ajay vient de le gifler plus fort qu’il ne lui en faut.

« J’suis un Khan… » Marmonna ses lèvres sur son visage exsangue. « Je serais toujours un Khan. » Ce que les autres voudraient éteindre, ces flammes toujours acerbes à l’odeur de safran. Sa bâtardise qui n’est qu’une autre de leur fierté. Cette alliance, entre toutes et tous, ce point commun qui les rassemble. Khan, les sang-mêlés d’une autre forme.

« C’est ce que tu comprends pas… je veux en être, de cette famille. Je sais juste pas vraiment où est ma place. J’suis pas à la hauteur de tes fils, je suis pas aussi souriant qu’Ayesha, aussi dynamique que Chandra, j’ai l’impression de vous ressembler en rien mais je voudrais m’y sentir entièrement bien. Ce n’est pas simple pour moi d’expliquer parce que j’ai jamais su expliquer ce que je ressens mais je suis comme une pièce en biais… je sais même pas pourquoi j’essaye, non tu comprends pas. »

Heden serre les dents.

« A chaque fois que je ferme les yeux y’a une partie qui étouffe encore là-bas. »

Ce là-bas, ces pièces closes, dans la solitude, l’incompréhension, la terreur de voir sa mère dépérir sans qu’il ne puisse rien y faire. Plus que des souvenirs, c’est une impression incroyable d’être toujours en cage. Et peut-être finalement la raison qui le pousse à toujours fuir. A toujours trouver devant lui une porte entrouverte.

Mais celle que lui désigne Ajay surplombe une falaise.

« Le match… » Demande-t-il finalement à Kali à voix très basse. « C’est quand au juste ? »

Comme lancer des cordes sur les fils tendus de leur équilibre. S’il ne peut pas y marcher, au moins s’y accrocher.


Starbuck
avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://filetdudiable.forumactif.org/t1303-ajay-shafiq http://filetdudiable.forumactif.org/t1112-ajay-shafiq-a-tiger-s-bite http://filetdudiable.forumactif.org/t1113-ajay-shafiq
Messages : 440
Date d'inscription : 22/08/2017
Célébrité : Pedro Pascal
Crédits : Willow

Double compte : Salazar Sabordage

Age : 45 ans.
Sang : Sang-pur.
Statut : Marié mais pas exclusif.
Métier : Ancien duelliste reconverti en esclavagiste depuis 2042.
Baguette : Ébène et poil d'ayala doré.
Dialogue : #803636
Re: Family discord
ce message a été posté Lun 26 Mar - 14:38
Et soudain la tempête cesse de gronder. Une dernière vague se fracasse à ses pieds et quand elle se retire le tigre la sent emporter avec elle toute la colère contre laquelle il se débattait. Quelque-chose se brise. Là. À l'intérieur de sa poitrine. Alors que les larmes de son fils coulent le long de ses joues pâles. Je suis un Khan. C'est la première fois qu'il l'entend prononcer ces mots à voix haute et Ajay doit prendre une grande inspiration pour contenir l'émotion qui le submerge tout d'un coup. Le renvoie des années en arrière. Le jour de leur première rencontre.

Il se souvient parfaitement de la rage qui l'habitait alors. Là aussi. De la brutalité avec laquelle il avait du repousser les parents d'Audrey pour se frayer un chemin jusqu'à la cage dorée où ils retenaient son fils prisonnier. Son fils. Il regarde Heden aujourd'hui et Ajay a l'impression de revoir le même petit garçon. Grands yeux noirs sous une épaisse tignasse brune. Recroquevillé dans un coin pour tenter d'échapper aux cris montant vers lui. Les bras serrés autour de son ours en peluche. Là aussi Ajay avait senti son cœur se serrer. Alors il s'était approché. Lentement. S'était accroupi devant lui à assez bonne distance pour ne pas l'effrayer et avait tendu sa main. Heden ? Je m'appelle Ajay. I'm your dad and I'm taking you with me. Never will I ever let anyone hurt you anymore.

Jamais il n'aurait pensé qu'il finirait par devoir le protéger de lui-même.

Ajay vient à nouveau pincer l'arrête de son nez. Mais cette fois-ci il s'agit de se raccrocher à la réalité présente plutôt que de chasser un quelconque agacement. Il entend à peine Kali répondre à la question qui lui est posée pourtant. Il se fiche du match. Là tout de suite maintenant il ne pense qu'à une chose. Réparer ce qu'il a brisé. Il n'a pas le pouvoir de remonter le temps mais il peut encore agir comme il aurait du le faire à l'instant où son fils avait franchi les portes de la maison. Alors le tigre s'avance et vient refermer ses bras autour de Heden. Et puisqu'ils semblent incapables de communiquer par la parole, il le serre contre sa poitrine avec toute la force et la tendresse qu'il voudrait lui transmettre.

« Vous êtes vraiment deux idiots. »

Il ne sait pas combien de temps ils sont restés ainsi. Accrochés solidement l'un à l'autre comme deux naufragés en pleine mer. Ajay sait seulement que cela aurait pu durer longtemps encore si l'amour de sa vie ne les avait pas rappelés à l'ordre. Il a juste le temps d'apercevoir l'expression à la fois émue et exaspérée de son visage avant qu'elle ne tourne les talons et quitte la pièce dans un tourbillon furieux. Kumaran aussi a disparu entre temps et quand Ajay reporte son attention sur son fils, les yeux écarquillés face à l'éclat dont ils viennent d'être victime, il ne peut s'empêcher d'éclater de rire tout d'un coup.

« Ne t'inquiète pas. Le rassure-t-il en venant lui ébouriffer les cheveux. Elle a eu une nuit difficile et c'est après moi qu'elle en a de toute façon. Je me rattraperai plus tard. Rejoins tes sœurs. Elles seront soulagées de te voir en un seul morceau. De mon côté je vais envoyer un hibou à Nagendra et Chandra pour leur dire que tu es revenu. Nous reparlerons plus tard. »

Il marque un temps. Hésite puis se lance.

« Je serais toujours fier de toi Heden. »

- - - - - - - - - - - - - - - - - -

My heart knows no shame
So many times it happens too fast. You trade your passion for glory. Don't lose your grip on the dreams of the past. You must fight to keep them alive. And fight you will.

Invité
Invité
avatar
Re: Family discord
ce message a été posté Lun 26 Mar - 18:46
Family Discord »
Avec Ajay et Kali



Fort heureusement, les mots se tarissent – l’éternelle source de discorde de ces deux incompris, qui se grognent dessus plus qu’ils ne se reniflent, voient dans les tourments des pas en cercle de l’autre une menace une observation une paranoïa, voire un manque de confiance. Il n’y a que le silence du père et ses bras féroces qui font une cage plus étroite encore. Mais Heden y plonge, yeux fermés, retrouvant dans le battement de cœur rapide sous son oreille le langoureux métronome de celui de [maman].

L’odeur, âcre, le prend à la gorge comme un collier. C’est le parfum de la peur et de la colère à peine déconstruite. La sueur, celle de ses mains à sa nuque et ses cheveux qu’il ébouriffe, de ces heures d’anxiété et de peine – de combat aussi. Et Heden revient à la lisière du soulagement, à ses premiers pas de réconfort, au moment où il a franchi la porte pour simplement les voir en vie. Il s’y tient, accroché à cette corde, cet unique lien qu’il a réussi à tendre. Se murmure que c’est ainsi pour le mieux.

Évidemment, il y en aura d’autres, des tumultes. On ne demande pas à un Khan de rester sans tempête, pas ici, pas sous ce toit. Les explosions viendront encore, parce qu’il se connait et croit connaitre son père. Mais ses bras toujours le rattraperont. Et lui se fait la promesse de toujours y revenir, franchissant le seuil d’une maison qui lui appartient quand même, qu’importe ce que les autres peuvent en dore.

Le mouvement d’humeur de Kali lui fait tout de même relever la tête et se redressant – presque aussi haut qu’Ajay maintenant, et tous ces centimètres sont autant de claques derrière la tête, voyons, où est donc passé tout ce temps – il la fixe dans son détour, dans sa manière qu’elle a, furieuse, d’esquiver ce moment. Plus d’étreinte pour maji qui laisse enfin parler son cœur tourmenté et les bombarde tous deux d’une simple phrase assassine.

Oui, ils sont deux crétins, et elle, parfaite. Si digne. Que son regard dérive et s’attriste encore un rien. C’était sans doute pas le moment de la mater.

« Ouais… » Qu’il souffle à son père avant de croiser son regard. « Je voudrais te croire mais c’est pas le moment de nier ma part d’erreur… » Extrême avancée que celle-ci, dont il pose les pierres d’un nouveau chemin presque sans y penser.

Puis Heden se recule et se frotte une enième fois les yeux.

« J’ai envie d’aller me pieuter auprès d’Ayesha si elle n’est pas réveillée… » C’est de la chaleur de sa presque jumelle dont il a besoin à présent. De son soleil pour se ressourcer – et retrouver goût chaque matin à la vie et à l’énergie de poser le pied par terre.

« On reparlera oui… » Avec les mots comme des baguettes prêtes au combat mais Heden ne cède pas à cette amertume là et esquisse un vague sourire, à l’égard de son père, à cette fierté qu’il lui tend comme un bouquet de fleurs.

Quelque part, sincèrement, cela le réchauffe et le rassénère.

« Moi aussi papa, je suis fier… si je gueule, de tout ça, de toute cette guerre, si j’ai envie que tu n’y participes pas… c’est juste parce que t’es mon père. Je préfère encore te voir vivant et loin de tout ça... » C’est peut-être sa lâcheté qu’il parle mais il lui importait de remettre une couche à ces précisions salutaires.

Ils sont fous, de combattre, mais comment pourrait-il nier leur investissement face à cette société qu’ils forment – quand d’autres pourraient jurer qu’ils la déforment.

Heden soupire, s’étire et se dirige vers les escaliers.

Et puisque la fierté ne suffit, puisqu’ils ne sont que deux, puisqu’ils ne sont qu’entre hommes, tourne la tête, le fixe et rajoute.

« Je t’aime, papa. »

Un point final avant que l’esquisse de sa silhouette ne disparaisse au son de ses pas lents et précautionneux sur les dallages impeccables.

Une sincérité plus discrète qu’une fable.


FIN



Contenu sponsorisé
Re: Family discord
ce message a été posté
 :: Royaume-Uni :: Ailleurs