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❝ La cruauté de la vie ❞
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Hunger Games : la révolte
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La cruauté de la vie
ce message a été posté Mar 7 Nov - 14:58
« La cruauté de la vie, parfois... »
Un sinistre champ



Finalement, cet entretien avec son maître a provoqué des retombés agréables. Depuis, Altair lui permettait d’avoir de longs congés et le plus beau, c’est qu’il en oublie même de spécifier l’heure du retour. Lorsqu’Aveline manque de la rattraper par le collet, elle se permet une liberté rare. Et où investir son temps mieux qu’avec les camarades inquisiteurs ? Mais pas trop, quand même : on ne sait jamais.

Elle devait rencontrer Savannah. À la fois pour y échanger des informations et… consolider les liens de la faction en ces temps maudits, suppose-t-elle. Savannah est resté une banalité pour Alice jusque dans les récents mois. Banal dans le sens qu’elle ne connaissait que son prénom, son visage et peut-être quelques mots pouvant lui donner une idée de sa voix : un individu a priori agréable. Pourtant… que cette femme a gagné dans l’estime de Charley depuis la Tour des médias ! On murmure qu’elle aurait affronté Mervyn et Elena Kark avant leur aller simple pour l’enfer. Enfin, ça ne reste là que des murmures mais vous savez, avec ces organisations secrètes, tout se dit collé à l’oreille de l’interlocuteur, à voix-basse.

Ah je ne sais pas ce que j'aurais fait à sa place… ou même si j'avais fait quelque chose. D'ailleurs je ne sais pas comment ça s'est passé avec eux. Bon, il y a eu la reine, souveraine légitime du Royaume-Unis, qui a fini le travail mais… qu'en est-il de Savannah ? On racontait que Mervyn et Elena étaient des maîtres de magie noire… Malheur.

Alice traverse un champ triste. Qui ça étonne de savoir qu'il a été abandonné ? Le petit terrain entouré d'une forêt modeste commençait sa déchéance surement avant le Filet du Diable. Et qu'est-ce que la terre est boueuse ! En fouillant un peu, on peut trouver une grange effondrée où ne vit que des insectes en ce qui reste de son bois moisi. La seule chose qui maintenait la maison principale c'est les soins que des membres de la Nouvelle Inquisition ont apportés il y a de ça quelques mois. Au pied d'un arbre, quelqu'un a même réussi à construire, à l'aide d'une planche et d'une corde, une petite balançoire.

Pour un enfant…

Les arbres ont perdu leur feuillage. Leurs pointes griffues caressent le ciel gris. La Grande-Bretagne ne manque d’aucuns artifices pour déprimer ses habitants. Elle se fraye un chemin dans les hautes herbes avant de poser les pieds sur le balcon. Un vieux rocking chair berce un fantôme lorsque le vent claque la bâtisse. Alice, un tantinet tremblotante, se réfugie à l’intérieur. Elle siffle pour signaler son appartenance mais constate que personne n’occupe l’endroit pour l’instant. Elle renifle une odeur de tabac (de contrebande ?). Un ou plusieurs individus sont passés récemment (des alliés ou des ennemis ?). Sur la table du salon, quelqu’un a dessiné une couronne au couteau. Alice sourit. Elle s’assoit au salon, en attente. Néanmoins... l'idée que les Rafleurs furent ici lui donne froid dans le dos.

Je me demande si on a caché des armes ici ou quoique ce soit d’utiles… il faudrait que je regarde au sous-sol, sous les planches ou dans les murs mais je risquerai de détruire la cachette… Mais ce serait bien de pouvoir se défendre, juste au cas. Ah, Alice, tu l’imagines le vieux Franck avec un fusil à pompe, à surveiller sur son rocking chair avec un énorme cigare ? Ce serait beau… Dommage qu’il soit occupé à être un bon petit chien au bar moldu.
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Re: La cruauté de la vie
ce message a été posté Mer 22 Nov - 22:57
Elle ne savait plus vraiment qui avait décidé qu'elles se retrouveraient dans ce lieu délabré. Qui, entre elle ou Alice, avait décidé de se retrouver, tout court. Peut-être une décision commune ? Elles y avaient été de toute façon encouragées, comme tous les autres membres de l'Inquisition. Nouer de nouveaux liens, renforcer ceux qui existaient déjà. Echanger des informations, si possible loin des oreilles des Phénix, vue les tentions qui existaient entre leurs deux factions actuellement. Enfin. Cette dernière consigne n'avait pas été explicite, mais elle avait bien été comprise par la blondinette. De toute façon, elle ne leur avait jamais fait confiance, à ces démons qui voulaient se faire pousser pour leurs amis, pas plus qu'aux moldus égarés qui les suivaient.

La pensée est morose et vient, une fois de plus, obscurcir l'humeur de Savannah alors qu'elle resserre autour de son cou et sur sa bouche l'écharpe qui la protège du froid tout comme elle lui assure un certain anonymat. Un anonymat bien inutile si l'on considère le désert humain dans laquelle elle se trouve actuellement. Car aux alentours, il n'y a pas âmes qui vivent. Juste un champs abandonné depuis trop longtemps, des arbres dont l'ombre inquiétante s'étend tout autour d'elle. Et le grincement d'une vieille balançoire délabrée qui n'a pas du entendre le rire d'un enfant depuis de bien trop longues années. Le bruit lui fait froid dans le dos et, sans plus réfléchir aux règles de prudences élémentaires, accélère le pas, se mettant presque à courir sur les derniers mètres... Avant de manquer s'écrouler par terre lorsque son pied glisse dans une flaque de boue. Et si elle ne lâche pas sur le coup une flopée de jurons bien sentis, c'est bien parce qu'elle est habituée à avoir en toute circonstance une attitude absolument parfaite ! Parce qu'elle sait qu'elle va devoir rentrer très discrètement, et surtout ne pas faire voir à ses maîtres ses chaussures avant de les nettoyer, qu'ils ne puissent surtout pas se poser de questions. Ils ne doivent jamais se poser de question, c'est l'une des première règle qu'on leur apprend. Le moindre doute pourrait s'avérer mortel pour elle ; et, au-delà d'elle, pour beaucoup, beaucoup d'entre eux.

Non, elle ne doit pas se faire prendre. Non, elle ne doit pas faillir. A aucun moment. Ni là, maintenant, ni jamais. Et c'est avec toujours cette idée en tête qu'elle frappe quelques coups à la porte. Trois. Puis deux. Puis trois encore. Avec un rythme spécifique qui ne peut annoncer qu'elle ou un autre membre de la Nouvelle Inquisition. Et Alice n'a prévu de ne rencontrer, à priori, personne d'autre. Juste elles d'eux.

Et c'est bien la jeune femme qu'elle trouve dans la cabane délabrée en entrant. Aussitôt, les lèvres de Savannah s'ourlent d'un sourire inconscient, pourtant toujours crispé par les évènements. Comme si la dureté de ses traits ne devaient plus disparaître sous une quelconque expression de joie, alors même que la plupart des images se sont enfuies de son esprit. Ou non, pas enfuies. Mais se sont enfouis si loin qu'elle se refuse à y avoir accès. Comme tout ce qu'elle oublie, sciemment ou non... Toutes ces petites choses qui rendrait l'enfer qui est désormais sa vie, depuis près de vingt ans, encore plus insupportable qu'il ne l'est aujourd'hui.

Pourtant, le sourire est là, et alors qu'elle fait quelques pas sur le bois grinçant, elle prend la parole, comme si de rien n'était : "Désolée, j'ai un peu de retard, j'ai bien cru que je ne pourrai pas sortir aujourd'hui. Tu m'attends depuis longtemps ?"

Si les circonstances avaient été différentes, on aurait pu croire à deux simples amies, ou au moins bonnes copines, qui se retrouvaient pour discuter un peu. De tout, de rien. De garçons, de mode, de leurs études ou de leurs boulots. D'autant de sujet plus ou moins frivoles qu'elles auraient dû partager. Si tout avait été normal. Mais rien ne l'est, plus depuis des années et des années. Et aujourd'hui, comme tant d'autres fois, si elles se retrouvent, c'est pour tenter de changer les choses. Petites pierres par petites pierres. Pour reconstruire leur liberté.
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Re: La cruauté de la vie
ce message a été posté Ven 24 Nov - 0:12
« La cruauté de la vie, parfois... »
Merci



La patience réussit sur Alice. Elle médite en jouant de ses doigts, en jetant un œil avisé sur chaque fenêtre, à passer des rondes comme si une attaque ennemie était en route. Elle a scanné la zone au moins quatre fois mais Savannah la puce a réussi à entrer sans qu’elle l’entende. Lorsqu’elle aperçoit sa silhouette, elle fait un saut accompagné d’un soulagement à la hauteur de sa frayeur. Soit Savannah est vraiment discrète, soit je suis vraiment nulle en repérage… quelque chose me dit que c’est les deux à la fois. Elle répond au sourire par le sourire.

- Désolée, j'ai un peu de retard, j'ai bien cru que je ne pourrai pas sortir aujourd'hui. Tu m'attends depuis longtemps ?

Certes oui mais elle n’entretient aucune rancune. Elle comprend toutes les difficultés que posent ce type de rencontre et tous les dangers associés.

- Depuis une trentaine de minutes mais je ne t’en veux pas.

Alice sort une page blanche pliée de ses chiffons d’hiver. Elle la pose sur la petite table vandalisée dudit salon. On peut y voir sur la page l’île britannique dessinée avec grossièreté à la plume. Elle sort un crayon moisi d’une poche et invite Savannah à s’approcher.

- Je dois te transmettre quelques informations. Ce que je te dirai sera peut-être vrai, peut-être faux mais on m’a chargé de t’en faire part et tu dois rester très discrète à propos… Présentement, nous sommes ici. Avec la création de Vivecime, la Nouvelle Inquisition a créé des petites bases un peu partout pour assurer une certaine indépendance malgré l’ingérence phénix. Tu vois ces points ? Ce sont des endroits comme ici, sauf celui-là, c’est dans une grotte il me semble. Dans deux mois ou moins, toutes ces bases seront désertées. On quittera celle-ci dans une semaine d’ailleurs, comme il est convenu. Cette base-là, tu ne dois jamais y mettre les pieds, même pas à quelques kilomètres de distance. Elle a été raflée dernièrement mais le Ministère la garde en espérant attraper des gens qui ne seraient pas au courant. Ils font surement des visites régulières là-bas. Cette partie de cette zone-là vient d’être acquérir par le Ministère dernièrement. Les travaux agricoles commencent la saison prochaine, il faut donc éviter de passer par là à l'avenir. Prend le temps de bien mémoriser car j’ai ordre de détruire cette carte dès que t’auras terminé.

Comme elle l’expliquait, elle ne sait pas si toutes les informations sont vraies ou fausses ou si on lui a dit des détails pour brouiller les pistes… En tout cas, elle a rempli son devoir auprès de la Nouvelle Inquisition et c’est tout ce qu’on lui demande.

La corvée est terminée mais c’était une corvée utile, dû moins je l’espère. Je ne voudrais pas que Savannah s’aventure dans les zones à risque… Une camarade moldue perdue est un drame. En parlant de drame… Je me doute que ce ne soit pas très… pertinent mais je sens le besoin de lui dire. Devrais-je lui dire ? Ah… oui, allez, lance-toi.

- Savannah… J’ai entendu parler de toi. Tu sais, pour la tour des médias. Je voulais… je voulais te dire merci. Ça peut sembler un peu direct mais… La mort de Mervyn… Comment dire… On dirait que depuis que je sais que ce démon a rejoint les siens en enfer, j’ai franchi une nouvelle étape dans le deuil que je porte depuis… tu sais, ce qui s’est passé. Sache que pour ceux qui l’ont combattu jusqu’à ses dernières injures, j’ai une reconnaissance éternelle.  

Cette Américaine n’est pas la personne dont je suis la plus proche mais… quand même, je… je ressentais le besoin de lui dire ça. J’espère seulement ne pas avoir ressassé trop de mauvais souvenirs car j’imagine que se battre contre Mervyn et Elena Kark devaient être… Enfin.

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Re: La cruauté de la vie
ce message a été posté Dim 17 Déc - 19:31
Tout ce qu'elle peut faire au début du monologue d'Alice, c'est de la regarder avec les yeux légèrement écarquillés ; vraiment, elle doit ressembler à un hibou. Mais il faut dire qu'elle a du mal à comprendre les mots d'Alice. Pas qu'ils soient trop compliqués pour elle, non. Juste... Elle ne comprend pas. Ce n'est pas comme ça qu'ils font, actuellement. Ce n'est pas comme ça qu'elle fait. D'habitude, les messages importants lui sont transmis par Adem. Bien sûr, elle a des contacts avec d'autres membres de la Nouvelle Inquisition, elle leur donne des informations comme ils en font passer par elle. Mais son principal contact reste Adem et elle a l'habitude d'entendre les nouvelles importantes par son biais. Sauf que, lui rappelle une petite voix dans un coin de son esprit, elle ne l'a pas vraiment vu depuis les derniers évènements.... Et elle est bien consciente que la situation est telle qu'ils doivent désormais trouver de nouvelles organisations. Ils n'ont plus le choix. Les Phénix ne le leur ont pas laissé.

Alors elle cligne des yeux, une fois, deux fois, et se concentre d'autant plus sur la carte qu'on lui présente. Elle fronce même les sourcils alors qu'elle sent ses mains devenir moites sous l'effort qu'elle doit fournir ; on lui demande, à elle, de mémoriser autant d'informations ? Elle ne sait pas, en général, ce qu'elle oublie ; c'est bien pour ça, sans doute, qu'elle les oublie, des événements, des informations que son cerveau se refuse d'enregistrer parce qu'ils sont trop durs pour elle, elle en a conscience. Mais elle est sûre d'une chose : elle oublie. Tout, toujours, ou du moins en a-t-elle l'impression parfois, même si ce n'est pas vraiment exact. Mais elle sait qu'elle oublie trop facilement, trop de choses importantes. Et elle sait que sur ce coup là, elle ne peut certainement pas se le permettre. Alors elle ne quitte pas les yeux de la carte, de longues secondes, de longues minutes, même. Elle n'écoute Alice que d'une oreille, peu certaine de pouvoir enregistrer à la foi l'un et l'autre. Et elle regarde, trouve des points de repères, des moyens mnémotechniques pour tenter de n'en laisser pas un de côté. C'est compliqué. C'est douloureux, alors qu'elle sent un début de mal de crâne monter. Mais elle fait l'effort. Parce que, comme toujours, Savannah veut vraiment bien faire.

Et elle pensait que ses mains tremblaient sous l'effort, parce qu'elle les sent s'agiter, un peu, même si elle les gardes serrées contre son corps. Mais ce n'était rien, en réalité, face à ce qui l'attend en suite. Face à l'agitation qui sont leurs quand, alors qu'elle a osé un petit "C'est bon, j'ai terminé." assez peu sûr d'elle car et si ce n'était pas vrai ? Et si elle oubliait ? Et si elle se trompait ? Alice semble à son tour hésiter avant de lâcher ce qui a l'effet d'une bombe pour la jeune américaine.

- Savannah… J’ai entendu parler de toi. Tu sais, pour la tour des médias. Je voulais… je voulais te dire merci. Ça peut sembler un peu direct mais… La mort de Mervyn… Comment dire… On dirait que depuis que je sais que ce démon a rejoint les siens en enfer, j’ai franchi une nouvelle étape dans le deuil que je porte depuis… tu sais, ce qui s’est passé. Sache que pour ceux qui l’ont combattu jusqu’à ses dernières injures, j’ai une reconnaissance éternelle.

Les premiers mots ne sont pourtant pas bien méchants, même si Savannah a une bouffée de crainte, à se demander pourquoi on peut bien avoir parler d'elle, qu'est-ce qu'elle a bien pu faire pour cela. Mais ce n'est pas vraiment d'elle qu'Alice parle, au fond, et c'est bien pire Bien pire. Parce que les images sont là, si proches, si présentes encore. Les bruits, aussi, le fracas des pierres, les sorts, les balles. Les hurlements. Et... Et la douleur, enfin. Partout. Partout... Alors oui, ses mains tremblent. Elle les serrent l'une contre l'autre, puis les posent sur la table, enfin. Plus stable qu'elle, pour ne pas tomber, surtout. Parce que ce n'est pas évident. Parce que ses jambes aussi, maintenant, tremblent. Et qu'elle a du mal à avaler sa salive. Et qu'elle ne veut pas, surtout pas s'en rappeler.

Elle voudrait se débattre contre Alice, lui répondre vertement, la faire taire, surtout. Elle voudrait surtout se débattre contre elle-même, contre son propre esprit. Mais elle n'en fait rien. Elle ne peut pas se comporter ainsi avec sa camarade, elle le sait. Elle n'en a même pas vraiment l'envie, juste l'instinct, si fort et impérieux qu'il a bien faillit la submerger. Contre lequel elle lutte. Mais non. Elle se contente de secouer la tête, une fois, puis deux, la nuque raide, le visage fermé. Elle peine à avaler sa salive, mais ne peut s'exprimer sans cela. Et il lui faut encore de longues secondes pour parvenir à reprendre : "Je. J'y étais, oui. Je.. Mais je n'ai pas fait grand chose, tu sais. Pas grand chose. J'étais juste... J'ai survécu." Et, au fond, c'est sa seule vérité. Elle a survécu et parfois elle se demande encore comment, quand sa peau tire, quand ses cicatrices la démangent. Quand elle a encore mal alors même qu'elle n'a pas été la plus blessée. Elle a survécu et parfois elle se demande encore pourquoi, quand tant d'autres sont tombés, quand ils ne savent pas si Oliver Durham pourra se relever... Ses yeux se relèvent vers Alice, et ils ne sont plus qu'ombres d'eux-mêmes. Hantés. Elle y était. Et même avec la bonne nouvelle qu'est la mort de Kark, cela ne sera jamais un bon souvenir.
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Re: La cruauté de la vie
ce message a été posté Dim 17 Déc - 22:56
« La cruauté de la vie, parfois... »
Désolé



Oui, elle a survécu. Comme Alice, Mathilda, Adem, Sheherazade et bien d’autres camarades dont elle ignore l’existence. Elle observe Savannah dans ses spasmes, ses mimiques et tous ces signes qui montrent qu’une chose : un malaise évident.

Je crois que j’ai manqué de tact.

C’est le cas de le dire. Elle doit avoir touché un traumatisme singulier parmi peut-être une tripotée d’autres grouillant dans sa mémoire jusqu’à son inconscient. Des bestioles qui s’infiltrent et prennent le contrôle de ta tête, de tes pensées et de tes actions : des choses qui activent les glandes lacrymales, qui te donnent des nausées fiévreuses et plus important encore, un sentiment de culpabilité qui colle à la peau. De pareilles saloperies… La blonde les connaît. Pourtant, elle se sent plus forte depuis l’attentat. Peut-être parce qu’elle s’est battue, défoulée et réussit à survivre avec tous ses camarades. Oui, cette insurrection s’est assez bien déroulée pour elle.

Pourtant, elle se sent toujours mal.

Elle tente ne serait-ce que d’imaginer le calvaire de Savannah. En proie à des mages noirs surpuissants, à guerroyer jusqu’à la fin des temps dans un bain de souffrance. Juste en imaginant, Alice ressent le besoin de vomir mais elle sait se contenir; parce qu’apprendre à bien se tenir chez les domestiques comprend une maîtrise de son corps. Elle baisse les yeux, navrée et navrante.


- Désolé.

Elle ignore quoi ajouter. Je suis désolé pour les morts, pour avoir mal parler, pour ce que je ne sais pas, pour tout… Elle prend la carte qu’elle a dessinée et la déchire en des miettes de pain. Elle mouille certaines parties sur des flaques humides gisant sur la table.

- Je n’aimerais pas non plus qu’on me rappelle de mauvais souvenirs. Je vais prendre l’air un instant à l’extérieur, je reviens.

Un moment pour elle et un exil pour l'autre. Elle sort de la demeure. Lorsqu’un vent froid vient la gifler, elle prend une grande inspiration. Elle scrute les alentours. Rien, que des arbres louches et un ciel cruel. Ah, ne pourrait-Il pas nous gracier d’une vue plus agréable ?

Elle flatte son cou avant de retirer sa main comme électrocuté. Le serpent d’or dérange même lorsqu’il est parti. Et dire qu’il dort sur sa tête… Foutu sortilège de ces foutus sorciers qui n’arrêtent pas de jouer avec nos corps, nos esprits. Alice écrase une brindille du pied comme pour exorciser le mal qui la prend aux tripes. Saleté de baguette, arrête de nous tourmenter !

Savannah a un air familier pour Charley puisqu’elle lui ressemble il y a peu. Elle lui ressemble lorsqu’elle pleurait dans le lavabo chez les Kirke, à laver le sang lancé par cette grosse diablesse. Elle lui ressemble avant qu’elle gagne en courage avec l’Attentat, quand elle a fui l’Homme fou, quand Aveline se met en colère contre moi. Sans clope ni allumette, l’Inquisitrice se demande ce qu’elle fout à l’extérieur. Elle prend une dernière bouffée d’air frais.

Je devrais rejoindre Savannah maintenant, non ?

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Re: La cruauté de la vie
ce message a été posté Mer 7 Fév - 22:42
Il faut être honnête, et Savannah le sait : elle n'a jamais été douée pour les relations humaines. Elle doute fortement de même pouvoir l'être un jour. Après tout, elle ne se comprend pas elle-même la majorité du temps, alors comment pourrait-elle comprendre les autres ? Pourtant, elle sait bien qu'elle a dit quelque chose qu'il ne fallait pas et que, si Alice s'enfuit presque de la petite maisonnette, de cette cabane de fortune, ça ne peut être que de sa responsabilité. Elle tente bien, alors, de dire quelque chose, quelques mots pour atténuer ses propos. Mais tout ce qui sort de sa bouche est un murmure, un balbutiement à peine articulé, qui ne doit même pas parvenir aux oreilles de la jeune femme. "Non, non, je t'assure, ce n'est pas..."

Mais, déjà, la chevelure blonde, presque semblable à la sienne, en réalité, disparaît par la porte. Et Savannah, pendant de longues secondes, reste juste plantée là, au milieu de cette pièce décrépie, sans parvenir à comprendre quelle attitude elle se doit d'adopter. La rejoindre ? La laisser tranquille ? Elle ne sait pas et, machinalement, elle vient mordiller son doigt, comme si ce simple geste pouvait lui apporter toutes les réponses qui semblent lui manquer.

Bien sûr, cela ne fonctionne pas. Et elle est toujours là, à se demander ce qu'elle aurait pu dire, à se demander, même, ce qu'elle devrait faire maintenant, sans parvenir à se décider. Jusqu'à ce que le doute ne s'immisce en elle. Et si Alice était partie ? Et si Alice l'avait seulement laissée seule, ici, au milieu de nulle part ? Oh, elle pourrait sans doute retrouver son chemin, parvenir à rentrer ; après tout, elle est arrivée ici par ses propres moyens, elle n'a aucune raison de ne pas parvenir à retrouver le chemin du Manoir O'Ryan, cette grande bâtisse triste qui était pourtant maintenant sa maison. Mais, même si elle arrivait à rentrer, ce ne serait quand même pas très correct de la part d'Alice de la laisser là...

Et, lentement, Savannah commence à osciller entre agacement et culpabilité, alors qu'elle attend, attend encore... Et les minutes qui s'égrènent lui semblent bien durer des heures alors qu'elle n'a aucun moyen à sa portée de mesurer le temps qui passe. Et qu'elle finit, enfin, par se décider. Après tout, pourquoi Alice serait restée ? Elle a remplie sa mission, et stationner à l'extérieur n'aurait absolument aucun sens ! Non, elle est certainement partie, Savannah en est maintenant persuadée. Renfilant le manteau abandonné plus tôt sur le haut d'un meuble, elle prend tout de même le temps de le boutonner jusqu'au manteau, s'armant mentalement contre le froid, avant de se diriger vers la porte. Elle renifle, aussi, agacée autant que décontenancée par les réactions de l'autre Inquisitrice par, surtout, le fait de les avoir provoquées. Et de l'avoir fait fuir.

Quelle n'est pas sa surprise, alors, au moment où elle ouvre la porte, de trouver Alice derrière celle-ci ! Métaphoriquement, bien sûr, Savannah n'en est pas non plus à lui rentrer dedans. Mais elle ne peut par contre retenir le petit cri de surprise qui s'échappe de ses lèvres en se rendant compte que, et bien si, Alice est bien toujours là. Juste toute seule, dehors, dans le froid. Et s'il y a quelques instants de flottement, Savannah, cependant, arrive à se reprendre assez vite pour caller sur ses lèvres ce sourire dont elle a le secret - qu'elle même ne connaît pas, en réalité. Ce n'est que l'un de ses réflexes de défense, un sourire sympathique pour mieux se camoufler. "Excuse-moi, j'ai eu peur que tu ne sois partie... Tout va bien ? Je suis désolée de ce que je t'ai dit, tu sais..." Elle ne se rend pas compte que la première partie de sa phrase pourrait être prise comme un camouflet. Mais elle ne fait pas exprès. Elle est surtout inquiète, en réalité. Inquiète de l'avoir blessée. C'est vraiment, vraiment, la dernière chose qu'elle souhaite. Ils ne sont pas nombreux. Et elles sont encore moins nombreuses. Et Alice a l'air d'être l'une de celles avec qui Savannah peut s'entendre. Dans le contexte actuel, elle ne veut surtout, surtout pas laisser passer cette chance.
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Re: La cruauté de la vie
ce message a été posté Jeu 15 Fév - 3:43
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La haine



Elle allait retourner à l’intérieur, de toute manière. Elle ignorait quoi lui dire, quelle excuse formuler mais… Savannah la devance. Sans le vouloir, manifestement. Son petit cri enclenche un saut de la part d’Alice. Pour peu elle criait à son tour. Elle m’a fait peur ! Elle soupire de soulagement, échange le sourire pour se détendre.

Excuse-moi. Son sourire s’efface, peu à peu. Mais… c’est moi qui l’ai offensé, elle n’a pas à s’excuser. C’est absurde. « Ne t’excuse pas, c’est moi qui… » rend tout malaisant. Elle ne finit pas sa phrase. Elle juge cette situation bien étrange. En fait, Alice estime que s’il y a un pachyderme de la socialisation entre elle et l’Américaine, ça doit être elle. Qui d’autre pourrait se montrer… aussi gauche ? Elle baisse la tête. « Rentrons, veux-tu ? » Il fait un froid de canard. Elle se demande comment a-t-elle bien pu rester là, stoïque, à réfléchir à ses fautes sans attraper la moindre engelure.

De retour à l’intérieur, donc. Elle s’assoit et se frotte les mains. Quelque chose à dire, tu dois trouver quelque chose à dire. Tu ne peux tout de même pas laisser ce silence… Oui tu peux mais ça empirerait mon cas je crois. Puis, je n’ai pas tout le temps la chance de discuter avec d’autres inquisiteurs. Comme ça, libre. Et comme avant notre rencontre, j’apprécie beaucoup Savannah… Elle est belle, aussi, comme son prénom. Savannah… ça sonne comme savane. En Afrique, avec les zèbres et les girafes. La chaleur éternelle. « Alors… est-ce que tu tiens le coup ? Avec… avec les sorciers, je veux dire. » Elle s’apprêtait à dire maître mais se coltiner ce mot ici serait trop lourd. Non, pas d’esclavagisme ici. Juste… une épée de Damoclès, un poids, une corvée à porter tous les jours. Bon, ce n’est pas très… joli ce que je raconte. Pas mieux que la Tour des médias. Mais… si ça peut l’aider de ventiler un peu sur son quotidien. Ça pourrait lui faire un peu de bien, penses-tu ? Et ce qui peut lui faire du bien… Enfin si elle se sent mieux, je me sentirai mieux aussi, je crois ! « Personnellement, ça ne va pas trop mal… Enfin tu vois ce que je veux dire : ça pourrait être mieux mais… ça pourrait être pire. Les choses se compliquent avec le Ministère. Il devient vigilant. D’où le zèle tout à l’heure. » Il y a eu un avant et après Tour des médias. Déjà parce que le leader suprême des bouffes cadavres est mort avec sa femme, mais aussi parce qu’il s’agit de la plus grande attaque des vingt dernières années, sans aucun doute. Ce qui joue pour la Nouvelle Inquisition – ou dû moins Alice le pense – c’est que les Mangemorts s’attardent sur leur ennemi de toujours, l’Ordre du Phénix, plutôt que sur les moldus qu’ils sous-estiment encore. « Je déteste être une esclave. » Une évidence, un brin paradoxal étant donné son jugement d’il y a moins d’une minute. Mieux, pire… Ça ne reste que des échelles dans l’enfer. Ah oui le sourire de Mayssan… mais aussi l’échine qui se casse à force de la courber. Une remarque que trop courante chez les Inquisiteurs mais allez savoir pourquoi, elle voulait le dire. L’exprimer. Verbaliser. Ça lui fait du bien. « Parfois, ça me met tellement en colère que j'ignore moi-même comment je me contiens. » Les ordres, l'arrogance, le manque total d'empathie pour son peuple. Rage. Frustration. Encore une fois, en parler ça la fait bouillir mais... elle sent qu'il s'agit d'une bonne chose. Tirer des balles durant un attentat ça défoule. La parole soulage.


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Re: La cruauté de la vie
ce message a été posté Jeu 31 Mai - 21:14
Savannah ne peut que hocher la tête avant de frissonner de froid et disparaît de nouveau à l'intérieur de la misérable cabane. Et ce n'est pas pour autant qu'elle sait quoi faire de ses bras qui pendent à ses côtés, de ses jambes, de tout ce corps qu'elle n'a jamais vu grandir et qui paraît soudain bien mal à sa place. Alice, elle, ne semble pas se poser cette question alors qu'elle s'assoit à la table branlante, frotte ses mains pour se réchauffer. Savannah a presque envie de lui proposer son manteau, compatissante. Après tout, elle pourrait même tomber malade à être restée aussi longtemps dehors, probablement sans bouger si elle en croit le peu qu'elle a vu. Mais elle hésite, une fois de plus, et finalement n'ose pas : ne serait-ce pas inconvenant, gênant, pour Alice ? D'autant plus que les vêtements qu'elle pourrait lui proposer ne sont pas non plus les plus chauds qui soient...

Elle aurait pu rester là, à se dandiner d'un pied sur l'autre sans avoir l'air de trop s'agiter, sans savoir que dire ni que faire, pendant de longues minutes sans doute. Et elle aurait même été bien parti pour le faire, si Alice n'avait pas elle-même de nouveau rompu le silence. Savannah sursaute presque, parce qu'elle ne s'y attendait pas vraiment, et parce que la question pourrait révéler une certaine violence pour beaucoup d'entre eux. « Alors… est-ce que tu tiens le coup ? Avec… avec les sorciers, je veux dire. » Elle a de la chance que ce ne soit pas le cas, elle en est bien consciente, aussi s'empresse-t-elle de rassurer sa comparse, avant même de se rendre compte qu'en réalité Alice n'a aucune raison de s'inquiéter pour sa petite personne.

"Ca va, oui, miss Salomé a toujours été gentille avec moi. Et puis maître O'Ryan me laisse tout le temps tranquille, tant que je ne fais rien de déplacé, je crois qu'il ne sait même pas vraiment que je suis là. Ou même que j'existe." Elle se rend compte, alors qu'elle termine sa phrase, que ce n'était pas vraiment la question. Pire encore, qu'elle utilise le vocabulaire que ces démons mettent dans sa bouche, elle qui se targue de n'être en réalité soumise à aucun de ces sorciers ! Mais elle sait bien qu'elle a des réflexes encore qu'elle ne peut refreiner. Elle sait même que tenter de le faire serait dangereux, serait même, dans le contexte actuel, signer son arrêt de mort ! Et Alice en est consciente aussi, ils en sont tous conscients. C'est inscrit dans leurs peaux, avec ces tatouages, dans leurs chaires, avec les corrections que la plupart d'entre eux ont dû recevoir...

Une seconde, son regard se perd dans le vide, vers les cicatrices des siens, vers celles d'Adem, notamment, qui a enfin pu reprendre un semblant de liberté, mais qui en a payé le prix pendant tant d'années. Et tous les leurs, blessés par les brimades, mutilés par les combats, tués par les monstres... Elle sent, une seconde, ses yeux s'embuer de larmes qu'elle s'efforce de contenir, pour ne pas paraître ridicule. Et, une fois de plus, elle ne peut qu'approuver les propos d'Alice. Cette envie de combattre, cette envie de hurler, même. Ce qu'elles ne peuvent pas faire, bien sûr. Pas toutes seules, en tout cas. Ni même à deux. Mais par contre, tous ensemble...

"Moi aussi, tu sais... Moi aussi, des fois, je suis tellement en colère que j'ai juste envie de hurler. Ou de prendre une arme, celles qu'on a, au QG, et de tirer sur le premier sorcier qui passe. On pourrait le faire, on pourrait même en tuer un, ou deux, si on s'y prend bien. Mais ça servirait à rien, n'est-ce pas ?" Elle ne sait pas qui parle, mais ce n'est pas elle, non ? Pas la petite Savannah, celle qui malgré ses plus de un mètre soixante dix semble toujours ne prendre presque aucune place dans l'espace qui l'entoure. Ce n'est pas sa voix qui, de ce flux un peu timide, devient presque vibrante d'émotion. Et pourtant. Pourtant elle continue, au rythme des battements de son cœur qui s'accélèrent : "Mais ça va changer. Durham va revenir, et il saura nous guider. Et on sera débarrassés des sorciers, tu verras. De tous les sorciers." Et plus aucun d'eux ne pourront asseoir sur eux leur soi-disant supériorité, que ce soit les Mangemorts ou même ces sournois de Phénix. Plus jamais !

Et puis elle se rend compte d'à quel point elle a pu s'enflammer, d'un coup. Elle se rend compte qu'elle doit avoir l'air ridicule, soudain, et ses joues se teintent de rouge. Elle devrait parler, peut-être, s'excuser, mais même pas elle n'y pense. En réalité, elle est persuadée que, d'une seconde à l'autre, Alice va simplement lui rire au nez.
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Re: La cruauté de la vie
ce message a été posté Dim 3 Juin - 18:17
On pourrait en tuer un, deux, trois, quatre, cinq ou plus encore. Il n’y en a pas assez pour venger tous ceux qui sont partis par leur faute. Si les sorciers agissaient comme les chevreuils qui parcourent les bois qui les entourent, ils fuiraient au premier coup de feu. Elles pourraient obtenir la paix de la sorte. Quelques victimes pour une grande efficacité. Or, Alice voit en les sorciers une espèce prédatrice : elle reviendrait avec davantage de force. La paix durerait le temps d’un soupire de soulagement, avant de retourner à l’éternel combat de l’éminent bien contre le mal. « Sans doute cela ne servirait à rien, mais ce serait déjà ça de fait. Ils ne paieront jamais assez pour leurs crimes. » Les émotions de son interlocutrice deviennent palpables, mais Alice prend l’habitude depuis tout à l’heure. Une pointe de ce désir malsain de meurtre l'encourage même à poursuivre la conversation. Peut-être qu’elle ne sort pas si souvent pour la Nouvelle Inquisition. Peut-être que des souvenirs plus pesants encore vivent dans son âme. Peut-être qu’elle ne m’a pas tout dit sur ses maîtres. Au final, je ne la connais pas si bien que cela… Et elle non plus ne me connaît pas si bien. Et pourtant… et pourtant j’ai l’impression que nous partageons le même sentiment. Le même désir de hurler et de trancher dans le lard de tous ces démons à figure humaine.

Elle est belle lorsqu’elle parle, pour de vrai. Les sorciers ne nous ont pas appris à parler, ils nous ont appris à hocher la tête et murmurer des sons qui leur plaisent. De l’espoir pour le retour de Durham. De l’espoir pour un avenir moins pesant. Pas de sorciers pour leur dire quoi faire, encore moins cette effroyable pression lorsqu’une baguette pointe en leur direction. Le retour à la vie normale. À la vraie vie. Pas cette chimère de vie qui consiste à courber l’échine pour des êtres sortis tout droits des légendes, respirant l’air d’un cimetière planétaire. Nous les ferons fuir. Nous tuerons quelques chevreuils, et le reste du troupeau partira, effrayé. Pour combien de temps, impossible de le savoir. Mais la paix viendra. « Ne sois pas embarassée. Parfois, j’ai l’impression que nous sommes si peu habitués à nous exprimer que ça devient... étrange. » Alice baisse la tête en souriant, empathique, avant de renchérir : « Tu dis juste. Durham reviendra. Il le faut. Quand les sorciers ne seront plus là, nous pourrons enfin… respirer. » Elle relève la tête. « Rien n’est facile. L’enfer continue mais chacun de nos gestes nous rapprochent de la fin. Je le crois. » Mais ce n’est pas tout. En effet, Alice sent qu’elle devrait ajouter quelque chose. Un brin de sentiment pour réconforter cette triste colombe devant ces yeux. Entre oiseaux aux ailes brisées, il faut bien tenter de soigner les plaies… au moins un peu. « Tu sais, si tu rencontres des problèmes là-bas ou… tu sais quand il viendra le temps qu’on se soulève définitivement contre le mal, tu peux compter sur moi. J’insiste parce que c’est important. Si ça peut t’aider à tenir le coup de savoir que… enfin tu as une autre épaule pour rester debout, alors je veux bien prêter la mienne. Si tu le veux bien entendu. » Elle le dit avec sincérité. Inconsciemment, elle répète ce qu’elle voudrait soi-même entendre si elle voulait se replier dans ses pensées moroses. Qu’une personne – une seule – lui promette une main tendue.
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Re: La cruauté de la vie
ce message a été posté Dim 10 Juin - 16:50
Elle évite le ridicule au tout dernier moment, juste avant que les larmes ne coulent de ses yeux mouillés du coin de sa manche. Elle essaye même de rester discrète, au maximum, de faire le moins de bruit possible lorsqu'elle renifle. Elle n'a pas envie de montrer qu'elle est si proche de pleurer ; elle ne peut, pourtant, camoufler totalement son regard mouillé alors que ses yeux la piquent toujours autant.

Mais elle ne veut pas se détourner. Pas même pour se cacher, pas même pour avoir l'air moins stupide à se montrer si sensible. Ce n'est pas comme si, de toute façon, elle pouvait le dissimuler sur le long terme et leurs vies sont faites d'assez de ces dissimulations pour qu'elle ne maintienne pas sciemment une camarade dans l'illusion. Pas après les mots d'Alice.

Parce c'est bien ces mots qui la mettent dans un tel état, qui font presque couler ses larmes et serrent sa gorge avec une telle force. Ce sont ces mots, ceux que personnes ne lui a jamais dit jusqu'alors, qui provoquent chez l'Américaine un tel trouble. Bien sûr, elle sait qu'elle a des gens sur qui elle peut compter. Elle a Adem, déjà, qui la pousse à toujours se surpasser, qui n'a jamais rien laisser lui arriver. Et il y a Jackson, bien sûr, son frère qui, elle le sait, serait prêt à tout pour elle, autant qu'elle est prête à aller loin pour lui. Mais aucun des deux n'a jamais eu de tels propos. Jamais aucun des deux, jamais personne au monde n'a promis d'être cette épaule que laquelle elle pourrait compter en cas de besoin. Jamais personne n'a promis, non pas d'être là, mais de la sortir de là en le restant.

Une nouvelle fois, Savannah vient passer le tissus un peu râpeux sur ses yeux, pour chasser les dernières larmes qui auraient pu avoir la mauvaise idée de venir se glisser entre ses cils. Cela lui donne, surtout, le temps de s'assurer que sa gorge est assez desserrée pour qu'elle puisse s'exprimer. Avec encore une fois, toute la force de conviction dont elle est capable. Avec encore une fois cette foi dans leur cause, dans leur combat, qui lui permet de se tenir droite tous les jours, qui lui permet de tenir debout et de ne pas s'écrouler. Avec cette foi qu'aujourd'hui, elle est prête à placer un peu aussi en Alice, alors même que c'est la première fois qu'elles se parlent vraiment.

"Je n'oublierai pas. Je te le jure." Et ce n'est peut-être pas vrai, parce qu'elle oublie tout, trop souvent. Mais en cette instant là, elle y croit, comme elle croit en Durham, comme elle croit en Adem, comme elle croit en eux tous, comme désormais elle croit en Alice aussi. "Et moi aussi, je veux te promettre que je serai là. Que si tu as besoin, à ton tour, d'une épaule, d'un soutien, de quoi que ce soit, je serai là. Je ne suis pas la plus douée, je sais bien." Une grimace dans le sourire qu'elle ne peut qu'offrir à Alice, et c'est peu dire qu'elle n'est pas forcément toujours habile, les dégâts causés involontairement à Adem en sont des preuves malheureusement bien tangibles. Mais elle le sait, malgré la peur que ses propres erreurs lui procurent, qu'elle ne doit pas s'arrêter à cela et, au contraire, toujours chercher à progresser. "Je te le promets, Alice."

Dans un monde parfait, elles se seraient connues plus jeunes, sans doute, par un concours de circonstance qui les auraient mené à se croiser dans une quelconque colonie de vacance. Ou peut-être un peu plus vieilles, dans un bar anonyme, dans l'une ou l'autre de leurs capitales ou métropoles. Dieu aurait de toute façon fini par les mettre sur la route l'une de l'autre, quoi qu'il se passe. Dans ce monde parfait, elles auraient sympathisé, comme aujourd'hui. Elles auraient discuté, comme aujourd'hui. Peut-être même auraient-elles rie ensemble, de choses futiles qui auraient paru si importantes dans la perfection de ce monde. Et puis elles se seraient promis de se revoir, de s'appeler, de garder le contact, bien sûr. Pour oublier cette promesse dans les heures, les jours, les semaines suivant leur rencontre, et ne plus penser qu'à l'autre avec cette affection nostalgique que l'on entretien pour ce genre de rencontres. Voilà ce qu'aurait été leur rencontre, dans un monde parfait.

Sauf qu'elles ne sont pas dans un monde parfait, détruit il y a bien longtemps par la magie maléfique des sorciers. Savannah ne se souvient pas des colonies de vacances et des copines qu'elle a pu s'y faire et elle n'a jamais, bien sûr, pu expérimenter une sortie dans un bar autre que ceux de ce que ceux qui les oppriment osent appeler zone de loisir. Et que la promesse qu'elles se font ici ne sont pas de simples mots en l'air qui s'envoleront aussi tôt qu'elles les ont prononcé. Non. Cette promesse là pourrait bien, un jour, leur sauver la vie. Savannah, dans un rare moment de lucidité, en a parfaitement conscience. Et ne reprendra pour autant certainement pas les mots qu'elle vient de prononcer. Au contraire.

Mais, déjà, il se fait tard, et un nuage plus bas venant ternir la luminosité déjà en déclin attire l'attention de Savannah. Un bref coup d'oeil à l'extérieur de la cabane qui leur sert de refuge lui montre qu'effectivement, si elles ne sont pas encore en retard, elles ne sont pas en avance non plus. Et il ne faudrait surtout pas que ni l'une, ni l'autre n'attire l'attention par des absences trop prolongées. "Je vais devoir rentrer. Mais on se reverra, n'est-ce pas ?" Pas juste se croiser, peut-être éventuellement pouvoir se reparler, pour de vrai. Et il y a dans la voix de Savannah l'espoir naïf qui la caractérise si bien. Elle tient, vraiment, à pouvoir un jour la retrouver.
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Re: La cruauté de la vie
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