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❝ Nul ami ne vaut une soeur. ❞
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Dans la peau de John Malkovich
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Age : 35 ans
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Statut : Foutu : marié et père de famille
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Baguette : Bois d'érable et crin de licorne
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Dialogue : #576DA8

Travaille au département International de la Coopération Magique ♦️ Spécialisé dans le monde arabe ♦️ Papa d'une sang-pure ♦️ Superstitieux ♦️ Fume énormément la pipe sorcière
Nul ami ne vaut une soeur.
ce message a été posté Mer 8 Nov - 0:15
Ils l'avaient fait. C'était la seule pensée qui tournait en boucle dans le cerveau de l'ancien Serdaigle depuis le soir d'Halloween. Enfin, ça et l'état de santé de sa femme. Aveline était rentrée dans un état lamentable, autant sur le plan physique que psychologique, et s'il avait aussitôt éprouvé une bouffée de haine pour les mangemorts, il l'avait rapidement étouffée pour concentrer ses efforts sur son épouse. Depuis combien d'années ne s'était-il pas autant occupé d'elle ? Il ne saurait le dire. Tout ce qu'il savait, c'est qu'il l'avait chérie, choyée et couvée pendant presque deux jours complets. Et si physiquement son état s'améliorait nettement, psychologiquement ce n'était pas encore ça. Parce qu'ils avaient tué Mervyn Kark. Oui ; ils l'avaient fait.

Aussitôt qu'Ava fermait les yeux, cette idée ressurgissaient dans son esprit pour le tourmenter. Mervyn Kark était mort. Le ministre de la magie. Le chef des mangemorts. Le digne héritier de Lord Voldemort. L'Immortel comme l'appelaient certains après son retour de Russie, à l'époque où tout le monde le croyait mort. Etait-il vraiment décédé cette fois-ci ou avait-il encore usé d'un stratagème ? Impossible d'avoir la moindre certitude si ce n'était celle-ci : qu'il soit mort ou pas, le ministre avait été atteint. Blessé, neutralisé, tué peut-être... il n'était en tout cas pas intouchable. Et son petit monde parfait fabriqué sur mesures était tout aussi faible. Avec la tour des médias détruite et la magitechnologie hors service, c'était toute leur société qui s'ébranlait. Et si demain ils détruisaient d'autres structures ? Et s'ils finissaient même par... prendre le pouvoir ?

Quelques mois plus tôt, il aurait sérieusement envisagé de quitter le pays avec sa femme et sa fille dans une telle situation mais aujourd'hui.... aujourd'hui il n'était plus aussi certain que les Phénix soient... eh bien.... qu'ils soient.... " Allez Altair ! Il est mort, disparu, et personne ne va lire dans tes pensées ! " Le père de famille avait prit une grande inspiration, planté son regard dans le miroir et finalement osé penser : " Les phénix ne sont pas un plus grand mal que Mervyn Kark. " VOILA ! C'était enfin dit bordel de scroutt galeux !! Mervyn Kark était un mal. Oui, un mal ! Un mal nécessaire à la survie des sorciers mais un mal quand-même. Ses conversations avec la jeune fugitive et avec Alice avaient beaucoup aidé à l'éclairer à ce sujet. Aussi bonnes que soient les intentions du vieux mangemort, il avait fait des choix impardonnables. Sans parler de la société injuste qu'il avait bâtit par la suite. L'ordre, la moral, la patrie, c'était de belles valeurs... mais à quel prix ?

Cela étant dit... il doutait que les Phénix soient vraiment mieux. Jane Callaghan n'était-elle pas elle-même une despote prête à sacrifier des centaines de vies innocentes pour le plus grand bien ? Où était vraiment la différence entre les deux ? Et s'il avait survécu sous le régime de l'un, ne pouvait-il pas survivre sous le régime de l'autre ? Raaah ! Tout devenait si compliqué. Ce dont il avait vraiment besoin, c'était de se sortir ça de la tête quelques heures. De respirer. De bavarder avec quelqu'un. Mais qui ? Le visage d'Arsenia Sabordage lui vint aussitôt en tête mais il n'avait ni envie de boire, ni envie de faire un tour en bateau, ni envie du reste...

Non, il avait envie d'un moment doux, paisible, avec quelqu'un de confiance. Autrefois cette personne aurait sans aucun doute été sa petite sœur mais aujourd'hui.... elle lui en voulait. Ce qu'il pouvait comprendre, au vu du nombre de prétendants qu'il lui avait présenté de force. S'il toquait une nouvelle fois à sa porte, il n'était même pas sûr qu'elle lui ouvre. Et c'était entièrement de sa faute. Qu'est ce qu'il avait pu être con.... Néanmoins il avait seulement voulu agir en grand frère protecteur. Peut-être que s'il le lui expliquait et qu'il s'excusait....

Saisi d'une soudaine inspiration, il attrapa sa cape et sortit pour transplaner devant chez Balkiss. Après quelques secondes d'hésitations, il toqua trois fois et attendit... en vain.

« Balkiss, c'est moi. Je te jure que je ne suis pas venu pour te présenter qui que ce soit. »

Toujours pas de réponse. Etait-elle absente ? Occupée ? Dans un dernier espoir, il joua la carte de la vieille complicité en utilisant le prénom par lequel il l'appelait parfois dans leur enfance :

« Zia... s'il te plaît. »

La porte s'ouvrit enfin sur sa sœur. Sa petite Balkiss qui avait l'air préoccupée et incroyablement fatiguée. Quelque chose n'allait pas, il le voyait dans son regard.

« Par Merlin, qu'est-ce qu'il t'arrive ?! » s'alarma-t-il tandis qu'elle lui faisait signe de rentrer.

Il passa la porte en la détaillant de la tête au pied, à la recherche de la moindre blessure ou éraflure visible.

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Re: Nul ami ne vaut une soeur.
ce message a été posté Jeu 9 Nov - 19:45
Ses mains tremblaient en tentant de maintenir sa tasse de thé bien chaud. Elle regardait par la fenêtre, faisant bouger sa jambe comme elle avait l’habitude de le faire en situation de nervosité. Et c’était le cas drôlement souvent en ce moment. Plutôt depuis une semaine… Le soir d’Halloween l’avait traumatisée. Elle était touchée dans tout le corps, elle brûlait de s’en aller, de tout foutre en l’air. Après tout, qu’est-ce qui la retenait ici ? Trop peu de choses. Si cette société était maintenue, si Balkiss acceptait de continuer d’y vivre, on finirait par la marier de force comme il est coutume de le faire pour une sorcière basique. Une mère pondeuse, voilà ce qu’ils voulaient faire de la guérisseuse. Au delà de ça, Balkiss s’était fait la promesse il y a quelques années maintenant de ne jamais se marier avec un bon parti. De ne jamais offrir à ce monde répugnant de nouveaux sang-pur à vénérer. C’était non. Balkiss avait vu germer en elle des idées brûlantes de révolte. Chaque jour qui passait, elle se convainquait que ce monde n’était pas le sien et qu’elle devait le quitter. Partir loin d’Avalon, loin de la hiérarchie du sang.

Mais à la tête d’Avalon, au sommet de cette pyramide de la terreur il y avait Mervyn Kark. Et à ce jour, Mervyn Kark était mort. Qu’est-ce que ça changeait au final ? Elle réfléchissait à ça. La politique de la suprématie du sang pur était encore bien trop ancrée dans les têtes. Et les basiques se taisaient encore beaucoup trop. Balkiss avait la sensation de vivre dans d’hypocrisie. Tout le monde sait que le système est inhumain. Mais tout le monde fait semblant ! - ses mains se serrèrent autour de la tasse. La colère était toujours là, c’était bon signe. Ça voulait dire que même après l’horreur de cette nuit et peu importe à quel point elle en restera marquée, elle n’avait pas lâché les armes.

On avait trouvé un refuge, un nouvel abri pour soigner leurs blessures et vivre en harmonie tout en continuant de déstabiliser le système jusqu’à qu’il finisse par s’écrouler. Cet endroit semblait être le lieu indiqué pour Balkiss. Les fugitifs qu’elle connaissait et qu’elle aimait s’y trouvaient, forcément. Elle n’aspirait qu’à les rejoindre, être enfin utile et surtout, surtout arrêter de faire semblant. Mais une vie ne se quittait pas du jour au lendemain. Que ferait sa mère en se rendant compte de sa disparition et en ne recevant aucune nouvelle ? Balkiss ne pouvait révéler à personne son statut de Phénix car pour la population, sa mère ne faisant pas exception, Phénix rimait avec terroriste. Pouvait-elle vraiment tout envoyer valser, son boulot, ses amis, sa famille ? Quelle famille… La famille qui a voulu la marier de force, qui lui a présenté de multiples garçons comme dans un catalogue. Et Altair… Altair qui l’avait tellement déçue. Altair son plus grand regret, son plus grand amour, encore peut-être au fond.

Ca y est, ils l’avaient fait, ils avaient révélé l’existence toujours active des mangemorts. Et ça ne gêne personne. Mesdames et messieurs, les assassins ont maintenant un statut légal. Et Altair est marié à un mangemort. Et ça ne le gêne pas. Balkiss avait envie de vomir…

Soudain, trois coups frappèrent la porte de sa toute petite maison. Elle n’attendait personne. Méfiante, la Kirke attrapa sa baguette et la pointa en direction de la porte, avançant à une distance raisonnable. Depuis Halloween, elle était devenue parano. On l’avait possiblement reconnue, les Phénix étaient maintenant traqués, et elle avait fait pas mal de vagues déjà ces derniers temps… Le souffle court et le coeur battant, Balkiss attendit. Elle manqua de s’étouffer lorsque la voix de son frère émergea de derrière la porte. Elle abaissa sa baguette. Altair ? Mais pourquoi ici ? Pourquoi maintenant ? La surprise passée, elle serra les poings en l’entendant évoquer les prétendants qu’il lui faisait rencontrer. Heureusement qu’il ne venait pas pour ça ! Elle les auraient bien accueillis, tiens, lui et son foutu gars.

« Zia…. s’il te plaît. »

Altair avait utilisé le mot magique et sa petite sœur craqua. Il fallait qu’elle craque. Il fallait qu’elle voit quelqu’un avant de partir à Vivecime. Et peut-être que son frère était précisément la personne qu’elle avait besoin de voir.

Dès qu’il aperçu son visage, le sien prit une expression très inquiète. Elle faisait si peur que ça ? Le laissant entrer, elle l’entraîna ensuite dans le salon. « Ne t’en fais pas, je vais bien. » Elle se racla la gorge : «  Juste fatiguée. »

Évidemment, il fallait mentir. Son frère ne devait pas savoir où elle était cette nuit là, qu’elle avait participé à ce massacre. Qu’elle s’était battue. Qu’elle était devenue folle. Quelle serait la réaction d’Altair si il apprenait tout cela ? Elle n’excluait pas que son frère la dénonce, après tout il s’était marié avec un mangemort…

« Qu’est-ce que tu viens faire ici ? »
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Re: Nul ami ne vaut une soeur.
ce message a été posté Lun 20 Nov - 18:52
Waw. Quel accueil chaleureux.... un peu mérité, certes, mais il devait quand-même avouer qu'il s'attendait à mieux. Peut-être pas à une explosion de joie mais au moins à un petit sourire ou un mot tendre qui aurait prouvé qu'il n'était pas complètement indésirable. En l’occurrence il avait plutôt l'impression de déranger. Et c'était un peu blessant.... surtout ce soir. Surtout quand il avait tant besoin d'elle. " Égocentrique " vous dites ? Assurément. Heureusement, cela faisait quelques semaines qu'Altair se faisait doucement à l'idée d'être un connard égocentrique. Un sale type qui ne pensait qu'à sa gueule et qui ne faisait jamais l'effort de regarder les choses sous un autre angle que le sien. Un mec à baffer quoi. Merci la Phénix, merci Alice et... merci Balkiss. Son accueil distant était un nouveau reflet de son principal défaut ; pourquoi aurait-elle été contente de voir la personne qui essayait de diriger sa vie depuis maintenant six ans, contre sa volonté et ses propres ambitions ? Il avait beau avoir agit pour « son bien », il n'en restait pas moins qu'il ne l'avait jamais écoutée. Parce qu'il était son grand frère, parce qu'il l'avait toujours protégée contre tout, et parce qu'il estimait devoir encore guider ses pas. Jusqu'à quand ? Jusqu'à la fin de sa vie probablement... ou jusqu'à son mariage si elle finissait par s'y résoudre. Mais il n'était pas là pour remettre ça sur le tapis. Non, il était venu pour parler... parce qu'il en avait besoin. Quel con ! Il éprouva une bouffée de honte qui teinta légèrement ses joues de rouge. Quand est-ce qu'il était devenu un grand frère aussi pourri ? Il n'avait pas eu le temps de voir leur relation se dégrader.... mais il devait encore être temps de la réparer, non ?

« J'avais juste envie de te voir. »
rétorqua-t-il d'une voix douce avec un faible sourire. « Tu me manques, ça fait longtemps qu'on ne s'est pas retrouvés. »

Il eu une pensée pour l'anniversaire de Mayssan, où il l'avait piteusement laissée tomber face à Aveline. Bon ok...

« Je veux dire juste tous les deux. »
précisa-t-il. « C'était quand la dernière fois qu'on est sortis ensemble ? Ca doit dater ! C'était quand on était dans ce restaurant où le serveur te faisait de l'oeil non ? »

Et où il lui avait ensuite proposé de se renseigner pour obtenir la nature de son sang et, s'il s'avérait être un basique trois ou plus, son adresse. Merlin, qu'est ce qu'il avait dû être lourd.... il avait balancé ce souvenir dans une tentative de ranimer leur vieille complicité mais finalement, il n'était pas sûr que ce soit une si bonne idée. Sans se laisser décourager, Altair enchaîna :

« On pourrait aller boire un verre dans un coin tranquille ou dîner quelque part ou même rester là pour que tu me racontes un peu tes dernières nouvelles.... »

Nouveau sourire encourageant. Au moins, on ne pouvait pas lui reprocher d'essayer. Il aurait été prêt à beaucoup de sacrifices pour qu'elle accepte. Surtout au vu de sa mine fatiguée. Avait-elle de nouveaux problèmes de santé ? Quelques problèmes personnels ? Des difficultés à dormir après ce qu'il s'était passée à la tour des médias ? Ca aurait été compréhensible. Il reprit son ton de grand frère protecteur pour balancer :

« Et puis ça nous fera oublier les dernières frasques de ces "révolutionnaires" à la noix. »


A la noix oui. Il ne le pensait pas une seule seconde mais il s'était volontairement moqué des Phénix dans l'espoir de rassurer sa petite soeur adorée, de lui faire croire que malgré tout ce chaos leur dangerosité était vraiment minime et qu'ils n'avaient rien à craindre d'eux.

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Re: Nul ami ne vaut une soeur.
ce message a été posté Ven 24 Nov - 19:44
Balkiss se sentait mal à l’aise. Elle s’était précipitamment mise en tête de servir une grande tasse de thé à Altair, incapable de rester en place. La présence de son frère la rendait terriblement nerveuse, pour tout un tas de raisons. Elle versa l’eau chaude dans la tasse qu’elle posa bruyamment sur la table. « Assieds-toi. » Balkiss quant à elle resta obstinément debout, la jambe tremblante et son thé fumant entre les mains. Elle ne répondit pas à la phrase gentille d’Altair, le coeur n’y était pas. La Kirke était dans l’incompréhension. Pourquoi son frère faisait-il diable irruption maintenant ? Après tant d’années où il avait eu l’occasion de discuter le coeur ouvert avec elle, pourquoi avait-il choisi un moment si compliqué ? Etait-ce Aveline qui l’envoyait ? Est-ce que par malheur elle l’avait reconnue sur la place de l’Ascension ? C’était en réalité peu probable vue l’agitation, l’obscurité et les précautions de l’arabe pour se camoufler mais pas impossible.

Balkiss ne pouvait se résoudre à se dire que son frère pouvaits la dénoncer. Après tout ce qu’ils avaient vécu… Elle en mourrait certainement de chagrin.

La dernière fois qu’ils s’étaient retrouvés tous les deux, elle s’en souvenait parfaitement et ce, dans les moindres détails. Ce dîner au restaurant s’était dessiné dans sa tête comme un instant privilégié avec son frère. Où ils pourraient être eux, comme avant. Mais il avait tout gâché. Foutu sang, foutu mariage, foutu serveur. Altair ne pouvait pas s’en empêcher, c’était plus fort que lui : il voulait la caser. Pas avec n’importe qui bien sûr, le sang pur est à la clé mesdames et messieurs. Ce soir là et au moment même où Altair avait fait sa proposition de renseignements, Balkiss s’était totalement fermée. Elle s’est levée et a quitté l’établissement sans un mot.

« Oui… C’était la dernière fois. » dit-elle les dents serrées. Décidément, il n’en loupait pas une. Balkiss savait qu’il n’y avait là aucune méchanceté, mais une très grande maladresse. C’était une caractéristique de son frère. Mais bordel, s’était-il vraiment dit que c’était le parfait moment pour se remémorer les souvenirs de mariages arrangés ? Ce qui, en partie, les avait séparés.

Aller boire un verre ? Balkiss jeta un regard anxieux par la fenêtre. « Non… Non, je ne sors pas trop en ce moment. Je préfère rester ici. »

Mais de quoi allaient-ils pouvoir parler ? Altair ne connaissait rien de sa sœur telle qu’elle était aujourd’hui. Rien du combat de sa vie : faire tomber la hiérarchie du sang. Exploser le système. Ce système dans lequel Altair se complaisait. Elle devait toujours utiliser un genre « d’autre elle » lorsqu’il fallait s’exposer à sa famille.

Révolutionnaires à la noix. Balkiss lâcha sa tasse qui s’écrasa dans un bruit fracassant sur le sol. Merde. Tentant de contrôler son souffle et les battements de son coeur qui s’était subitement emballé, elle planta ses yeux dans ceux de son frère. Exactement la même couleur.

« Tu ne comprends pas… Ce ne sont pas eux qui me font peur. C’est ce qu’ils essayent de faire tomber. » Elle avait très certainement été trop explicite, encore une fois, et si Altair assemblaient soudainement toutes les pièces du puzzle il n’aurait aucune difficulté à comprendre son identité.

Le visage d’Aveline lui apparût en tête. Elle l’avait vue ramper à terre sur la place de l’ascension, en bien mauvaise posture il fallait dire. Son visage découvert trahissait son appartenance aux mangemorts. Évidemment, Balkiss s’en était toujours doutée. Mais l’annonce officielle avait certifié l’horreur. Le retour des partisans de Lord Voldemort. Comme un prolongement de ses pensées, Balkiss continua : « Elle en fait partie, pas vrai ? Aveline. Les Mangemorts. Ce mot il est déjà affreux, Altair, tu ne trouves pas ? » Son visage avait pris une expression de profonde tristesse. La fatigue n’arrangeait rien.
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Re: Nul ami ne vaut une soeur.
ce message a été posté Sam 25 Nov - 23:33
Altair n'eu pas le temps d'empêcher la chute de la tasse fleurie. A peine avait-il tiré sa baguette que la porcelaine éclatait sur le carrelage en centaines de petits morceaux luisants. Tant pis, c'était secondaire. Tout ce qui comptait en cet instant c'était sa petite soeur et la terreur qui l'habitait.

« Hé ! Tu ne risques rien. » la rassura-t-il d'une voix douce en approchant d'elle. « Ils ne s'en prendront jamais à toi, je te le promets. »

« Tu ne comprends pas… Ce ne sont pas eux qui me font peur. »

.... euh.... quoi ? Elle venait pourtant bien de lâcher sa tasse à la seule mention des terroristes qui avaient fait péter la tour des médias, non ? Ca ne pouvait pas être un simple hasard de timing ! Et si ce n'était pas ça, qu'est-ce qui la faisait trembler à ce point alors ?

« C’est ce qu’ils essayent de faire tomber. »

Il ne lui fallut qu'une seconde pour comprendre à quoi elle faisait référence. Ou plus exactement à qui. A tout ceux et toutes celles qu'elle méprisait parfois un peu trop ouvertement. A feu Mervyn Kark et sa clique. A ces esclavagistes qui réduisaient les moldus à des animaux domestiques - ou pire, à des meubles - et à celles et ceux qui les achetaient pour les traiter comme tel. Comme lui. Il se souvenait assez bien de ce qu'elle en avait dit à l'anniversaire de Mayssan. Et même s'il avait toujours refusé d'y réfléchir, il se doutait secrètement depuis longtemps ce qu'elle pouvait penser de tout ça. De ce monde de faux-semblants, de ces histoires de sang et de cette société où chacun choisissait de fermer les yeux sur ce qui le dérangeait. Toutes ces choses qu'il avait lui-même haï avant de s'y conformer par obligation familiale... pour finir par le regretter des années plus tard.

Tout ce temps il avait cru que Balkiss était la plus faible des deux. L'âme fragile et perdue à guider vers la lumière. Mais la douloureuse vérité c'était que c'était l'exact contraire. Malgré toute la pression qu'on lui avait mit sur les épaules, Zia n'avait jamais planqué ses convictions dans un obscur placard. Elle était restée fidèle à elle-même, digne et entière. Elle avait combattu là où lui-même avait rapidement hissé le drapeau blanc. Et aujourd'hui encore, elle était prête à réaffirmer sa loyauté à ses idéaux. Les même que ceux de ces Phénix de malheur... ou de bonheur. Tout dépendait dans quel camp on se trouvait.

Il eu une nouvelle pensée pour la demoiselle qu'il avait secourue sur la plage. Et pour Alice. Pour les détenus qui avaient reçus le baiser du détraqueur à Avalon et pour tous les innocents qui travaillaient dans les mines, souffraient à Azkaban ou courraient pour leur vie dans les bois, simplement parce qu'ils avaient eu le malheur de naître au mauvais moment dans la mauvaise famille. C'était pour eux que les Phénix se battaient. Pour eux et contre les gens qui soutenaient les idéaux mangemorts. Les gens comme Aveline.

« Elle en fait partie, pas vrai ? »

Avait-elle lu dans ses pensées ? Vivaient-ils les restes d'une connexion fraternelle trop longtemps oubliée ? Il frémit à la mention des serviteurs du Lord. Affreux ? C'était peu dire. Il lui évoquait à la fois les détraqueurs, la voracité des charognards qui se repaissaient des cadavres jusqu'à la dernière miette et la désolation que semait la mort sur son passage. Nier toute l'horreur de ce mot, de ce concept, aurait été une mauvaise foi phénoménale.

« Je sais. » avoua-t-il du bout des lèvres. « Je ne l'aime pas non plus. En fait je le déteste. Et je déteste qu'Aveline.... »

Hé ! Minute ! Il releva la tête pour croiser le regard de Balkiss. Son cerveau venait soudain de lui souffler la seule question judicieuse du moment : comment ? Comment sa petite soeur pouvait-elle être au courant d'un secret aussi bien gardé ? Lui-même n'avait découvert le pot au rose que par hasard en effleurant par mégarde les blessures de sa femme. Aveline les lui avait cachées pendant longtemps et même après lui avoir avoué la vérité, elle ne s'était jamais vantée haut et fort de son appartenance aux mangemorts. Balkiss ne pouvait pas le savoir. Et pourtant elle le savait. Sa question n'en était pas vraiment une, il le sentait. Ce ton.... c'était purement rhétorique. Il avait bien quelques théories sur la manière dont elle l'avait appris mais... non. Il refusait catégoriquement d'y penser.

« Comment tu sais ça ? »

Il repoussa à nouveau sa tasse de thé d'une main tremblante pour se relever. Repoussa aussi les idées qui commençaient à forcer les portes de son esprit.

« Comment ?! »

Elle ne pouvait pas avoir fait ça. Elle ne pouvait pas l'avoir vu de ses propres yeux sur le champs de bataille. Non ! Pas elle ! Elle n'était pas Aveline. Elle n'était pas assez folle pour mettre sa vie en danger comme ça ! Elle l'avait forcément appris par quelqu'un d'autre, pas vrai ?

« Réponds-moi Balkiss ! »

Elle devait l'avoir appris par quelqu'un d'autre. Sinon.... sinon.... il sentit sa gorge se resserrer sous l'effet de la peur. Pitié pas ça. Pas sa petite soeur....


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Re: Nul ami ne vaut une soeur.
ce message a été posté Lun 27 Nov - 12:26
Si Altair avait réveillé le monstre de révolte qui vivait dans le ventre de Balkiss, celle-ci restait pétrifiée à l’idée que son frère comprenne à quel camp elle appartient. Son sang ne fit qu’un tour lorsqu’Altair laissa sa phrase en suspension. Le Kirke n’était pas idiot, il ne l’avait jamais été. Et Balkiss n’avait jamais su mentir à son frère. À l’époque, elle ne jurait que par lui. Altair par ci, Altair par là. Son modèle, son héros, en somme. Si aujourd’hui elle portait en elle l’envie furieuse de le défier, elle craignait toujours de le décevoir, quelque part. Mais il y avait bien plus dangereux que de baisser dans l’estime de son frère.

« Comment ?! » Elle sursauta. Difficile de juger si le grain dans sa voix relevait de la colère ou de la terreur.

Le cerveau de Balkiss se mit en ébullition. Il fallait trouver une échappatoire, et vite. Mais chaque fois qu’une ébauche de mensonge germait dans son esprit, l’image fracassante d’Aveline rampant au sol jaillissait. Altair était-il réellement peiné que sa femme soit de la trempe des assassins ? Après tout, il l’avait épousée. Dès le premier jour, Balkiss avait senti quelque chose de sombre émaner de la jeune femme. Les mangemorts servaient loyalement le Seigneur des Ténèbres. C’était des bêtes sanguinaires qui usaient et abusaient de sortilèges impardonnables. Ils étaient à priori disparus. Et aujourd’hui, Altair apprenait que son épouse, la mère de son trésor de fille, était mangemort. Identité révélée au grand public, paf ! Voir Aveline sur la place de l’Ascension n’avait fait que confirmer les pensées de Balkiss. Aucune surprise.

« Ne. Me. Crie. Pas. Dessus. » fini-t-elle par répondre en articulant chaque syllabe. Elle gagnait du temps. Elle n’avait aucune idée de ce qu’allait être la réaction d’Altair. Mais peut-être était-il temps de se montrer au grand jour. Si jamais ça tournait mal, il aurait probablement au moins la décence de la prévenir avant de la dénoncer. Et alors elle n’aurait qu’à transplaner loin, jusqu’à pouvoir rejoindre Vivecime.

Balkiss s’assit en face de son frère en ignorant délibérément les débris de porcelaine sur le sol. Un coup de baguette et ce serait effacé. Ça attendra.

« Je crois que je l’ai toujours su... »

Évidemment, ça ne suffira pas. Comment pouvait-elle être si bien renseignée sans faire partie des Phénix ? Elle avait été rodée sur les comportements mangemort et les repérait facilement. Ils étaient dégoûtants. Haine viscérale des moldus et des sang dît inférieurs, bras toujours couverts, et dans le regard le reflet du diable. Le projet filet du diable ne venait pas de nulle part.
Il était maintenant l’heure s’assumer explicitement ce qu’elle est. Balkiss regarda Altair bien dans les yeux, il fallait qu’il ressente ses convictions. Si profondes étaient-elles.

« Je ne suis pas ce que vous avez toujours attendu de moi. » Silence. « Et je ne pourrai jamais l’être. La seule chose qui me maintient en vie Altair, c’est de me dire qu’un jour on pourra tous vivre ensemble sans que le sang n’est une quelconque importance. »

Le mot Phénix viendrait plus tard.
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Re: Nul ami ne vaut une soeur.
ce message a été posté Mar 28 Nov - 13:12
Il s'était attendu à tout, préparé à tout et il avait été prêt à tout entendre, y compris le mot Phénix. Vraiment tout.... sauf ça.

« La seule chose qui te maintient en vie ? »

Il la regarda bouche bée plusieurs secondes, perdant à la fois ses mots et ses capacités respiratoires. Il fallut que son corps tire la sonnette d'alarme pour qu'il songe enfin à prendre une nouvelle bouffée d'air. La seule chose qui la maintenait en vie.... C'en était donc arrivé à ce point ? Merlin.... Est-ce qu'il était censé être blessé ? Terrorisé ? En colère ? Toutes ces émotions se livraient une guerre sans merci à l'intérieur de son petit crâne. Al' se leva brusquement pour foncer vers sa cape et attraper sa pipe en bois. Se calmer. Réfléchir. Il ne pouvait pas se permettre de prononcer les mauvais mots et de la blesser une nouvelle fois. Car si c'était vraiment la seule chose qui lui donnait envie de vivre, l'attaquer sur ce front reviendrait à la perde. Définitivement cette fois.
Malheureusement, sa main tremblait trop et il parvint juste à brûler le col de sa cape. Qu'il soit trop énervé pour réussir à allumer  le seul objet dans cette pièce qui pouvait l'apaiser était d'une ironie mordante.

« Putain ! »

Il revint vers Balkiss et posa la pipe un peu violemment sur la table, ce qu'il regretta aussitôt. Calme, il fallait qu'il reste calme. Avec ou sans tabac. Et surtout qu'il lui parle.

« D'accord, d'accord.... D'accord. »

La répétition lui permit de gagner quelques précieuses secondes pour réfléchir à la suite. Qu'est-ce qu'il était censé dire pour obtenir la même dévotion avec laquelle elle l'écoutait autrefois ? Quand il lui racontait ses aventures dans les moindres détails pour lui donner l'impression qu'elle les vivait vraiment. Vraiment... la vérité. La vérité capterait-elle son attention ? Peut-être.... mais comment lui avouer une vérité qui pesait encore si lourd sur sa propre conscience ? Sans parler de son égo. Admettre à sa petite soeur qu'il avait eu tort semblait incroyablement difficile. Si difficile qu'il du prendre une longue inspiration et tourner trois fois les mots dans sa bouche avant de réussir à dire :

« Tu as raison. » Voilà, c'était fait ! « Depuis le début. Tu as raison sur cette société, les moldus, ce régime....  Mervyn Kark .... » Il prit une longue inspiration en passant une main nerveuse dans ses cheveux. « Mervyn Kark a .... commit des atrocités. » chuchota-t-il en regardant le sol. Al' tourna instinctivement la tête vers la porte de l'appartement, comme si celle-ci allait soudainement s'ouvrir sur des brigadiers venus l'arrêter. Putain de merde, il l'avait dit. Il l'avait dit ! C'était à la fois extrêmement grisant et incroyablement flippant. Mais il ne pouvait pas s'arrêter maintenant. D'abord parce qu'il devait la vérité à Balkiss... et ensuite parce qu'il se la devait à lui-même. Enfin, après toutes ces années à mentir à tout le monde y compris son propre reflet. A présent que le bouchon avait sauté, les mots se précipitaient au bord de ses lèvres pour se déverser tous seuls :

« Ce que les sorciers ont fait aux moldus est... une énorme connerie. Une horreur sans nom malgré toutes les excuses qu'on peut lui trouver. Et le traitement qu'on leur réserve aujourd'hui n'est pas mieux, je le sais. Je l'ai toujours su. Mais c'est cette société ! » plaida-t-il en adressant un regard suppliant à sa soeur. « Elle fait ressortir le pire en nous ! » Non c'était faux. Balkiss était toujours restée digne et fidèle à ses valeurs. « En moi. » corrigea-t-il en détournant honteusement le regard. « Cette course au succès partout tout le temps qui nous oblige à penser qu'à notre gueule, à fermer les yeux sur tout le reste, à mentir, à ruser pour détruire les autres avant d'être détruit.... je ne veux pas que Mayssan grandisse là-dedans. Je ne veux pas qu'elle baigne dans l'hypocrisie pour le restant de ses jours, qu'elle s'empêche de vivre, qu'elle se conforme aux attentes des autres et qu'elle se force à épouser un sang-pur riche qui ne lui plaira pas du tout.... Je suis désolé de t'avoir fait ça Zia. Je te demande sincèrement pardon. J'avais peur que les mauvaises langues te blessent, peur qu'on essaie de t'écraser pour ta différence. Je pensais que la meilleure solution c'était de t'intégrer, comme moi mais.... putain quelle vie de merde ! On se force à fermer les yeux et quand on les rouvre.... »

Il poussa un long soupir, reprit sa pipe et parvint enfin à l'allumer. Une épaisse fumée mauve sortit de la cheminée. Ca y est, il se sentait déjà mieux. Même s'il y avait de fortes chances que cela soit plus dû à sa confession qu'à son addiction.


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Re: Nul ami ne vaut une soeur.
ce message a été posté Dim 3 Déc - 18:33
Altair avait sauté sur ses jambes avant que Balkiss ne puisse dire un mot de plus pour combler l’immense silence qui s’était installé. Elle pensa au début qu’il allait directement se tirer raconter tout ce qu’il venait d’entendre aux autorités compétentes. Mais au lieu de claquer la porte derrière lui, Altair avait attrapé sa vieille pipe à tabac et tentait de l’allumer. Il tremblait de tout son saoul. Bordel, qu’est-ce que cela pouvait bien signifier ? Était-il tellement en colère qu’il ne pouvait plus contrôler ses mouvements ? « Putain ! » Balkiss sursauta une nouvelle fois. Elle se trouvait maintenant dans une impasse et savait que le seul et unique chemin à prendre était l’affrontement. Les poings serrés pour ne pas faillir devant son frère, elle se dressa de toute sa taille.

« Ça fait des années que j’me bats, j’ai foutu le bordel un peu partout avec ces révolutionnaires à la noix, comme tu dis. Ce sont mes amis. Ma famille. Et je ne pourrai pas arrêter tant que la paix ne sera pas revenue. Ouais, Al, je vis pour ça, pour voir de mes yeux un monde Humain. »

Elle avait déballé ces mots le plus vite possible pour être certaine de ne pas se démonter. Même si Balkiss avait peur de ce que son frère pouvait faire, elle avait ressenti le profond besoin de tout dire. Plus de mensonges. On se regarde dans les yeux et on dit la vérité, pour une fois. La Phénix avait fait tomber le masque et se tenait avec fierté devant Altair. Presque un air de défi, tu m’croyais faible ?

Mais Altair ne se mit pas en colère. Lui aussi semblait avoir un sacré sac à vider. Ses premiers mots, si hésitants, si inquiets, percutèrent Balkiss. Il était terrorisé. C’était pour cela que les gens se taisaient. Les gens ont peur du système. Ils passent leur vie à respecter les règles, aussi cruelles soient-elles. Sont sans cesse anxieux de ne pas être suffisamment bien pour le monde dans lequel ils vivent. Balkiss avait toujours refusé ça. À quoi était-ce du, nul ne le saura jamais. Toujours était-il qu’il était demandé à Altair un effort exceptionnel pour pouvoir sortir de la case dans laquelle on l’avait foutu. Lorsque leurs regards se croisèrent, Balkiss compris qu’à cet instant, Altair allait être plus sincère qu’il ne l’avait jamais été. Ce ne furent que des vérités qui sortirent de sa bouche. Pétrifiée car stupéfaite de la tournure que prenait la situation, Balkiss se contentait de l’écouter bêtement, debout et droite comme un i, la bouche quasiment ouverte. Mais au moment où son frère s’excusa, lorsqu’il prononça les mots exacts qu’elle avait attendu toutes ces années, Balkiss vola en éclats. Elle se laissa tomber sur la fauteuil, les yeux dans le vide. Tout se bousculait dans sa tête, et elle remercia sa conscience de verrouiller ses lèvres. Dans un coup d’adrénaline, elle failli parler à Altair de l’endroit qu’elle s’apprêtait à rejoindre, Vivecime, la communauté de paix. Ça aurait été une erreur terrible. Bien qu’une réconciliation fraternelle commençait à pointer son nez, la politique mangemort était encore loin d’être abolie. Altair était toujours marié à Aveline. Lui transmettre cette idée le condamnerait lui, sa femme, sa fille, mais aussi tous les habitants de Vivecime.

« Le moment le plus important c’est précisément quand tu ouvres les yeux. » dit-elle d’une toute petite voix. Elle reprit ensuite plus assurément : « Comprendre le monde qui nous entoure ça nous permet de le battre. D’essayer en tout cas… Je ne peux pas lâcher les armes, Altair. Je vais continuer, jusqu’à la fin. Je ne veux pas te mettre en danger, ni toi ni personne d’ailleurs... »
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Re: Nul ami ne vaut une soeur.
ce message a été posté Jeu 7 Déc - 15:40
Voilà. Tout était dit, tout était déballé et il n'y avait plus rien à ajouter. Quoiqu'il dise, Balkiss ne changerait pas d'avis. Elle "continuerait jusqu'à la fin " comme elle l'avait si bien dit. Sa fin... aux côtés de ses nouveaux amis. Les Phénix étaient sa nouvelle famille, sa vraie famille, et lui... lui n'était qu'un étranger. Un grand frère qui n'avait pas su prendre soin d'elle. Un crétin arrogant qui l'avait déçue, trahie et perdue. Et pourtant il était encore celui qui la connaissait le mieux sur Terre. Ou du moins était-ce ce qu'il aimait penser, comme un dernier rocher auquel on se raccroche avant la chute. Il l'avait vue grandir, rêver, pleurer, s'énerver... il avait pendant longtemps été la seule oreille qui écoutait ses espoirs, ses peurs et ses doutes. Le gardien de son sommeil lorsque leurs parents étaient absents et le plus fidèle infirmier lorsqu'elle émettait le moindre signe de faiblesse. Qui s'occupait de ça à présent ? Qui s'assurait qu'elle avait toujours les bonnes potions à disposition en cas d'imprévu ? Une amie ? Ou bien...  un amant ? Al' éprouva brusquement une vague de jalousie en imaginant un autre homme prenant soin de sa petite soeur. La colère se joignit à la jalousie lorsque son cerveau lui représenta un terroriste sans éducation qui n'avait jamais été à Poudlard et qui ne connaissait rien à ces choses-là. C'était vraiment n'importe quoi ! ... si c'était vrai. Pourvu que ce ne le soit pas. Pourvu qu'elle soit entourée de médicomages compétents !
Il tira plusieurs fois sur sa pipe - dont la fumée avait viré du bleu pastel au bleu marine orageux - , laissant s'écouler un long moment de silence avant de reprendre la parole :

« Ils savent  ? Pour tes problèmes de santé. »

Il lu la réponse dans son regard avant même qu'elle ne la formule. Evidemment qu'ils étaient au courant. Comment aurait-elle pu cacher ça ? Surtout si cela faisait des années qu'elle était engagée à leurs côtés. Ils avaient forcément vu ses moments de faiblesse, de fatigue, peut-être même une crise après une attaque particulièrement éprouvante. Ils savaient et ils la laissaient se battre. Connards !

« Parfait. La seule chose qui te maintient en vie et donc aussi celle qui va te la prendre à coup sûr. » pesta-t-il d'un ton mauvais débordant de cynisme.

Evidemment, Balkiss trouva quelque chose à répondre. Le contraire l'aurait étonné. Il lui fit le plaisir de la laisser parler avant de reprendre d'une voix où vibrait à nouveau le ressentiment :

« Alors quoi ? Je suis censé attendre sagement qu'on m'annonce ta mort par lettre anonyme parce que j'ai pas l'honneur de faire partir de ta famille ? Ou bien j'aurais même pas ce privilège et je vais devoir deviner tout seul en te revoyant jamais revenir ?! » Il sentit ses yeux s'humidifier à cette insoutenable éventualité. Non. Il ne pouvait même pas imaginer ça. Son corps sans.... non. « Écoutes, je comprends. Ils se battent pour des causes justes et un monde meilleur mais tu pourrais pas te contenter de les soutenir à distance ? Les financer, leur fournir des médicaments, des informations.... tu n'es pas obligée de te battre Balkiss ! Tu n'es pas obligée de jouer avec ta vie ! C'est la SEULE que tu aies ! » scanda-t-il d'une voix désespérée en bondissant de sa chaise.

Comme si ce simple geste rendrait son message plus percutant. Comme si cela réussirait à la convaincre plus efficacement que ces quelques mots. Il le fallait ! Sinon... sinon il devrait se rabattre sur la solution finale.

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Re: Nul ami ne vaut une soeur.
ce message a été posté Sam 9 Déc - 11:09
Balkiss laissait son front reposer contre la paume de sa main. Elle se sentait vidée. Annoncer à son frère son combat au côté des Phénix était une étape importante, mais dangereuse. Ça y est, elle avait levé le voile sur ses convictions et Altair semblait avoir entendu ses mots. Mais lorsque celui-ci balança le sujet de sa maladie sur la table, elle compris qu’un long chemin restait à parcourir. Voilà l’image que son frère avait d’elle. Que sa famille toute entière en fait, les Kirke au grand complet, avaient d’elle. Balkiss et sa santé fragile.

Balkiss détestait cette maladie qui lui avait volé son enfance, qui avait tant changé sa mère et compromis son voyage autour du monde. Elle n’avait pas bénéficié de ce qu’on pouvait appeler une enfance heureuse. Toujours enfermée dans l’immense demeure des Kirke, elle se souvenait particulièrement à quel point elle s’était reposée sur son frère. Altair était toujours là, prêt à contourner malignement les restrictions de leur mère. Il racontait des histoires par centaines, toujours pleines de couleurs et de créatures que Balkiss ne pouvait qu’imaginer. Altair était alors l’espion qui lui permettait d’avoir un semblant de vécu hors de sa prison. Les crises étaient terrifiantes au début. Perdant complètement la notion du temps et de l’espace, la petite fille d’autrefois se mettait à convulser et à libérer ses pouvoirs de façon incontrôlée. L’épilepsie, l’épilepsie, elle en a bouffé de ce mot. Maintenant, il crisse dans les oreilles. Encore très mal connu du monde sorcier à l’époque, les remèdes se sont succédés et c’est un vieux potioniste écossais qui a trouvé le juste mélange. Balkiss avait alors quinze ans. Bien que la potion prévoyait et réduisait grandement les crises, les doses à prendre étaient contraignantes. Un pas de travers et la maladie pouvait refaire surface. Longtemps entourée de médecin, la jeune fille s’est peu à peu libérée de sa carapace d’enfant malade pour devenir la femme capable. Elle s’est battue durant de longues années pour s’instruire et produire elle même son remède. Il n’était plus question d’être dépendante de qui que ce soit. Altair la pensait donc décidément bien moins forte qu’elle ne l’était. Qu’elle s’était donné les moyens de devenir. Encore et toujours reviendrait la question de qui était là pour la soigner, pour s’occuper d’elle. Comme si Balkiss était encore l’enfant fragile d’antan et ne pouvait prendre soin d’elle-même.

Tâchant de mesurer son ton, elle répondit calmement : « Je n’ai pas pu leur cacher très longtemps. » Il n’y avait de toute façon aucun intérêt à avoir des secrets pour eux… « Je confectionne les potions seule, et j’en ai toujours sur moi. Le leader connaît mon histoire et ne n’a jamais jugée inapte au combat. » C’était peut-être parce qu’elle contenait tant de rage que sa force s’en trouvait toujours démultipliée.

Altair semblait redoubler d’efforts pour garder une attitude calme. Mais Balkiss connaissait son frère. Il était en train de bouillir. La fratrie Kirke avait probablement cela en commun : être des cocotes minutes prêtes à exploser.

« Par Merlin, Al’ ! Tu ne crois pas qu’il y a des choses qui valent la peine qu’on mette notre vie en jeu ? Qui a besoin de moi ici ?! Dis moi à quoi je sers ! » Emportée par la colère elle se leva de son fauteuil et se mit à faire les cent pas. « Je suis utile sur le terrain. J’ai des amis fugitifs qui comptent beaucoup pour moi, qui ne peuvent pas vivre ici. Eux ils ont besoin de moi. J’ai la bougeotte Al ! C’est ça d’avoir été enfermée au moment où j’étais censée courir dans les prés. »

Et voilà que la cocote minute du frangin explosait à son tour. Il fallait bien que cela arrive, la soirée s’était déjà annoncée mouvementée. Etrangement, entendre parler de sa propre mort n’élançait pas le moindre frisson à Balkiss. Comme si ce n’était plus elle qui comptait, mais ce foutu monde en déclin. Son coeur se brisait d’entendre Altair penser qu’il ne comptait plus comme sa famille. C’était faux. Il était en réalité la seule famille pour qui elle pouvait encore faire des miracles. Protéger Altair, juste Altair. À l’instant même où Balkiss voulu rétorquer une phrase qui aurait pu apaiser son frère, des coups de bec heurtèrent le carreau. Il ne lui fallu pas une seconde pour reconnaître le hibou qui lui portait la lettre. C’était celui d’Anastaz, son ancien stagiaire. Outre le fait que le gamin l’ait lâchement laissée tomber sans prévenir, Balkiss s’y était profondément attachée, comme un genre de petit frère. Quelques jours plus tôt ils s’étaient rencontrés une ultime fois à la terrasse d’un café pour un au revoir officiel, alors la survenue d’un courrier était surprenante . La guérisseuse détacha les rebords de l’enveloppe et y découvrit le message qui allait retourner sa vie plus tôt que prévu.

"Hello Kissy!

Tu sais que t'es quelqu'un de cool et que je n'oublierai jamais le temps passé avec toi? Que ce soit ce que tu m'as appris ou tous ces moments informels vraiment sympathiques!
Malheureusement, les choses changent et tu n'es pas sans savoir que tout ne peut pas rester caché. J't'aimais bien, mais nous ne sommes pas vraiment sur la même ligne d'arithmancie, et ce depuis un moment, surement même depuis le début, non? 
Les gens comme toi... ont failli tuer mon frère. Et même si je ne m'étais pas moi-même engagé, ce serait impardonnable. Je ne suis pas de ces imbéciles qui ferment les yeux pour d'absurdes raisons sentimentales pathétiques. C'est mon devoir devant Dieu d'agir. Mon devoir aussi de pardonner et être miséricordieux.

D'où cette lettre.

Je te conseille de prendre tes belles ailes de Phénix et d'en user rapidement. J'irai parler de toi demain à qui de droit.

Évidemment cette lettre disparaîtra dans quelques secondes.

Mes amitiés,

Nas'."


Flagellante, tremblant comme une feuille, elle se laissa tomber de nouveau sur le fauteuil, incapable de se calmer, la lettre échouant sur la table basse. Dans un bruissement de papier, celle-ci s’auto-consuma en moins de temps qu’il en fallait pour dire quidditch. Les poumons de Balkiss lui semblèrent soudain peser une tonne chacun, elle commença à suffoquer. Mais Altair toujours en face d’elle ne pouvait pas être laissé sans la moindre explication. Entre deux souffles, elle lui dit : « Je dois être partie ce soir. Je serai dénoncée demain. »
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Re: Nul ami ne vaut une soeur.
ce message a été posté Dim 10 Déc - 13:46
L'arrivée inopinée du hibou l'agaça encore un peu plus. Ne pouvait-elle pas poser cette foutue lettre sur la table et la lire quand ils auraient terminé leur conversation ? Ses inquiétudes avaient donc si peu d'importance pour elle ? ... visiblement oui. Il tira une nouvelle fois sur sa pipe en s'efforçant de regarder ailleurs pour se calmer. Jusqu'à ce que Balkiss s'écroule dans la fauteuil en tremblant. Livide. Oh merde.... Il regarda la lettre s'autodétruire et comprit instantanément. Ou plutôt cru comprendre.

« Balkiss... »

Subitement calmé, il parlait à présent d'une voix douce pleine de compassion. De qui la lettre annonçait la mort ou la capture ? Une amie proche ? Un frère d'arme ? Ca ne pouvait que être quelque chose dans ce goût-là en tout cas. Altair se sentit sincèrement désolé, à la fois pour sa petite sœur et pour la personne qui avait été tuée ou capturée. Il posa une main sur l'épaule de Balkiss en cherchant les mots justes qui parviendraient à la réconforter. Et soudain...

« Je dois être partie ce soir. Je serai dénoncée demain. »

L'air se bloqua douloureusement au milieu de sa gorge. Par... pardon ? Dénoncée ? Balkiss ? Dénoncée ? Mais... dénoncée pour quoi ? Pas pour.... pas déjà. Pas si tôt ! Pas maintenant ! Sa raison avait beau essayer de lui faire entendre la vérité, Al' refusait de l'écouter. Un bruyant NON tournait en boucle dans sa tête, encore et encore, comme un vieux disque rayé. Il l'aurait probablement hurlé à voix haute s'il en avait eu la force mais la nouvelle lui avait enlevé jusqu'à la dernière miette d'énergie. Il se laissa à nouveau tomber dans son fauteuil. Choqué. Les yeux grands ouverts. La bouche béante. Vaincu.
Quel piètre grand frère il faisait ! Il avait été incapable de la comprendre, incapable de la défendre, incapable de se battre à ses côtés et maintenant il allait laisser les rafleurs la pourchasser à travers toute l'Angleterre ?! Un souvenir s'imposa soudain à son esprit : celui de la Phénix qu'il avait croisé sur la plage, l'air épuisé, assez sale, trop mince, pleine de bleus, les yeux brillants de terreur quand elle était sortie des fourrés dans les quelles elle s'était jetée en urgence pour survivre. Il imagina sa soeur à la place. Terrée dans une grotte, sous la pluie, affamée, transie de froid, s'empêchant de respirer trop fort pour ne pas être repérer par les mangemorts qui la traquaient.... Pendant que lui fêterait Noël au coin du feu avec leur parents, sa fille et sa femme, sans elle, comme si elle n'avait jamais existé. Comme s'il n'avait jamais eu cette petite sœur avec laquelle il avait tant aimé grandir, rire, tout partager et donner de son temps pour la protéger. La protéger....

« Je viens avec toi. »

La solution s'était imposé d'elle-même. Il fallait qu'il parte avec elle, même si ça allait contre toute logique et tout bon sens. Avait-il la moindre envie d'abandonner sa fille chérie, sa femme - malgré tout - adorée et sa petite vie tranquille ? Pas le moins du monde. Mais jamais au grand jamais il ne supporterait de vivre dans ce confort en ne sachant pas ce qu'il advenait de Balkiss. Envolé le Serdaigle posé et réfléchit. Soufflé par ce nouveau vent de panique, il n'en restait plus aucune trace.

« Je vais... je vais prendre le strict minimum et.... et je viens avec toi. Ca va aller, je te le promets ! Je serais là. Je vais ... »

L'émotion étouffa le reste de sa phrase. Il tremblait à présent autant qu'elle et cette fois-ci même la pipe ne serait d'aucune aide. Pourtant il avait conscience qu'il était urgent de se calmer. De réfléchir. De trouver une solution plus adaptée. Mais aucune idée sensée ne parvenait à se former dans esprit troublé. Il n'y avait aucune autre possibilité. Aucune ! Sauf si...

« Sauf si.... qui va te dénoncer ? J'ai de l'argent de côté. » " Nous avons de l'argent mis de côté pour l'avenir de Mayssan " aurait été plus exact mais de un il pourrait se débrouiller pour qu'Aveline ne sache jamais qu'il avait piqué dans leur compte commun et de deux, l'argent ça se regagnait. « Je pourrais l'acheter. Le faire taire. J'ai quelques contacts au ministère aussi. Ou alors je peux lui lancer un oubliette. Un sortilège de confusion. Les deux s'il faut ! On peut encore trouver une solution Balkiss ! »

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Re: Nul ami ne vaut une soeur.
ce message a été posté Mar 12 Déc - 11:49
Lorsque Altair posa une main compatissante sur son épaule, Balkiss du serrer fort les yeux pour que les larmes ne se mettent pas à couler. Elle avait envie de se recroqueviller sur elle même au creux des bras de son frère. Comment Anastaz avait-il pu lui faire cela ? Bien sûr, elle savait qu’un jour ou l’autre quelqu’un finirait par la dénoncer, parce que la Phénix avait du mal à faire taire ses convictions. Mais pourquoi lui ? Pourquoi fallait-il que ce soit le jeune garçon qui l’avait aidée pendant des mois au cabinet et dont elle s’était prit d’affection ? Ce foutu monde ne tournait pas rond. Balkiss ne parvenait pas à se calmer, elle était toujours agitée de soubresauts. Les minutes passaient, il ne lui restait que peu de temps. Tout se bousculait dans sa tête. Il fallait qu’elle rassemble ses affaires, les plus importantes, et qu’elle transplane le plus vite possible à Vivecime. Enfin, le plus proche possible de cet endroit qu’elle n’avait encore jamais vu. Pas le temps de prévenir ceux qui y étaient déjà.
Sans s’en rendre compte, la Kirke s’était déjà levée. Mais lorsqu’Altair parla, elle se figea. Elle pivota lentement sur elle même pour lui faire face. De tout son être, elle tenta de faire transparaître dans son regard toute la sincérité qui accompagnait ses mots : « Non. »

Non. Il en était hors de question. Balkiss ne pouvait pas laisser son frère s’embarquer avec elle dans une vie instable. Et même si une partie d’elle criait qu’elle avait besoin de lui, qu’elle ne pouvait pas faire ça seule, qu’elle avait peur bordel, elle ne pouvait pas l’admettre. Jamais elle ne pourrait se pardonner de mettre Altair en danger.

« Tu n’as pas envie de ça Altair. Tu as ta vie. Ta vie calme. Mayssan. Tu ne peux pas la laisser. » Elle porta sa main contre la joue de son frère en une brève caresse tendre, accompagnée d’un petit sourire triste. Tic tac tic tac. Plus de temps à perdre. Balkiss se détourna presque aussitôt et se précipita vers la bibliothèque. Massive et en bois d’ébène, c’était un meuble magnifique. Elle attrapa deux ouvrages. Potions et Remèdes, son livre fétiche, annoté de partout ; Histoire et Modalités de la Botanique, l’indispensable. Si la guérisseuse devait quitter son cabinet de Londres, elle n’arrêterait pas pour autant de soigner des gens.
Tout en continuant d’attraper par ci par là des objets, des vêtements, des boîtes de conserve, elle tenta de rassurer son frère : « Je vais dans un endroit caché, avec d’autres personnes dans ma situation. Personne ne me trouvera. Je connais du monde là-bas, on s’entraidera. J’essayerai de t’écrire... » Ce n’étaient que de brèves paroles. Balkiss ne savait pas très bien comment calmer son frère. Comment le convaincre de ne pas la suivre. Parce qu’il ne le fallait pas. Ce n’était pas son destin à lui. Lui pouvait rester heureux avec sa famille, son travail, dans sa belle maison. Balkiss lui souhait ça. Elle, ne pouvait pas.

« Il n’y a pas d’entente possible. L’argent ne règle pas tout, et surtout pas les convictions… IL me dénoncera, quoi qu’on tente, ou bien quelqu’un d’autre le fera. Je savais que ça arriverait un jour. » dit-elle en fourrant un pull informe dans sa valise.
Balkiss cessa soudain de s’agiter pour revenir calmement vers son frère. Si elle ne pouvait pas savoir ce qu’il ressentait, elle pouvait l’imaginer. Rien de très cool.

« Al… Ne culpabilise pas. Tu m’as tant donné quand nous étions enfants. J’ai pu grandir grâce à toi, sans trop ignorer les couleurs du monde. Aujourd’hui, je suis mon chemin. Ne t’en fais pas pour moi, d’accord ? »

Balkiss espérait un simple « oui ». Mais Kirke qui était ne pouvait se contenter d’un seul mot.
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Re: Nul ami ne vaut une soeur.
ce message a été posté Mar 12 Déc - 22:41
« Non. »

A son tour d'être franc, direct et intransigeant. Imaginait-elle vraiment qu'il répondrait par la positive ? Qu'il la laisserait partir et qu'il retournerait à sa petite vie tranquille sans plus jamais s'inquiéter d'elle ? Est-ce qu'elle le croyait vraiment assez insensible pour se désintéresser ainsi de ce qu'il lui arriverait ? Ou bien assez fort pour enfermer ses inquiétudes à double tour et continuer à dormir, manger et vivre comme si de rien n'était ? Car il n'était ni l'un ni l'autre. Altair Kirke était faible, surtout lorsqu'il s'agissait de sa petite sœur. Faible et pourtant si déterminé à s'accrocher à elle... Il reprit d'une voix ferme qui ne tolérait aucun refus :

« Je veux que tu me donnes l'emplacement de cette planque et le nom de plusieurs personnes à contacter dans le cas où je n'aurais pas de nouvelles de toi pendant plus de trois jours. Je veux au moins une adresse où les joindre, où te joindre. Et si pour obtenir ça il faut que je sois l'un des vôtres... » Il prit une courte inspiration. « ... ainsi soit-il. »

Voilà. Ils y étaient finalement arrivés ; la solution finale. La seule qui faisait sens. Il avait conscience que dit comme ça, ça avait l'air d'une décision précipitée prise à défaut d'autres solutions. Mais malgré les apparences, c'était tout sauf ça. Il réalisait à présent que tous les évènements de ces derniers mois l'avaient conduit à cet instant précis. A ce soir où il avait choisit de rendre visite à sa sœur, choisit de lui parler, choisit de l'écouter, choisit de ne pas fuir en faisant semblant de ne rien avoir entendu ou de ne pas avoir compris ses aveux, choisit de ne pas lui lancer un oubliette pour la forcer à repartir de zéro, à changer de personnalité et à oublier le combat qui animait sa vie .... Pour la première fois depuis très longtemps, il se sentait incroyablement libre. Pas comme ces soirs où il oubliait ses problèmes dans l'alcool, le tabac et les baisers d'autres femmes que son épouse. Pas comme ces brefs moments où il ne faisait que s'évader en sachant pertinemment que cet instant n'était qu'une courte récréation arrachée à la dure réalité qui exigerait rapidement son retour. Non ; cette fois il se sentait vraiment libre. Libre de refermer la page qu'on avait écrit à sa place et d'en ouvrir une nouvelle, cette fois-ci pour tracer lui-même chaque mot de son histoire. C'était ça le choix qu'il faisait. Balkiss devait l'entendre et le comprendre avant de s'imaginer qu'il ne la suivait que par entêtement.

« Ecoute, c'est inévitable. Je veux... » Quoi ? Se battre ? Verser le sang des mangemorts ? Non. Cette violence ne lui ressemblait pas. Ce n'était pas lui. Ce qu'il voulait vraiment c'était... « ... participer à la création d'un monde où tu seras à nouveau libre et où tu n'auras à craindre personne. Où personne n'aura à craindre qui que ce soit d'ailleurs. Ni les sang-purs, ni les soit-disant terroristes, ni les moldus.... qu'on fasse la paix avec eux, avec tous, avec nos démons. Qu'il n'y ait plus de privilèges, plus de boucs-émissaires, plus d'injustice aberrantes et plus de destins forcés. Je veux en être Balkiss. »

Malgré le risque. Malgré Mayssan - plutôt même pour Mayssan ! Et malgré la dangerosité que représentait son mariage avec Aveline, une mangemorte avérée. Sentant que sa sœur pourrait encore lui opposer des arguments - non dénués de raison d'ailleurs - il se sentit obligé de l'interrompre lorsqu'elle ouvrit la bouche pour menacer très sérieusement :

« C'est soit ça, soit je sacrifie le reste de mes nuits pour te retrouver. »

Il sillonnerait l'Angleterre jusqu'à l'épuisement s'il le fallait. Mais la laisser simplement partir ? Jamais. Et reculer maintenant qu'il avait fait tant de chemin ? Difficile... très difficile. Pitié qu'elle accepte la main qu'il tendait. Pour elle... comme pour lui-même.


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Re: Nul ami ne vaut une soeur.
ce message a été posté Jeu 14 Déc - 13:05
Le ton employé était intransigeant, tranchant, vif, et Balkiss se sentie soudain toute petite. Cela faisait bien longtemps qu’elle avait cessé de se préoccuper des réprimandes de ses parents. Mais Altair exerçait sur elle une autorité bien autre que parentale. L’autorité d’un frère qui craint pour sa sœur. Depuis le temps, Balkiss s’était oubliée. Elle avait oublié de s’occuper d’elle, ne suivant que l’instinct animal qui la transportait. L’enfant fragile était devenu une boule de nerf prête à électrifier quiconque s’opposait à elle. Aux Phénix plutôt. Elle leur avait donné sa vie, c’était tout. Rien à foutre de sa vie, si fallait faire s’écrouler ce système dégueulasse. Sa vie, ses décisions, ses respirations, étaient guidées par ses convictions phénix. Voilà pourquoi elle ne pouvait pas révéler à son frère l’adresse où la joindre, où bien même le nom d’un ami. Laisser celui de William, ou bien même de Victoria, entre les mains d’un homme vivant avec une mangemort… Impossible. « Et si pour obtenir ça il faut que je sois l’un des vôtres… ainsi soit-il. » Hein ? Quoi ?

Balkiss eût l’impression de faire une chute de dix étages – au moins. Avait-elle loupé un épisode ? Qu’est-ce qu’il venait de dire ? Elle n’avait apparemment rien compris. « Que… Quoi… ? Al’ est-ce que tu es sérieux ? » Les yeux ronds, elle venait de se rendre compte que son frère n’avait pas seulement ouvert les yeux, il avait aussi allumé la lumière. Jamais elle n’aurait pu croire que ce moment arriverait un jour. Il voulait en être, bordel ! Altair s’était réveillé. Il semblait profondément déterminé et Balkiss pensait ne jamais lui avoir déjà vu cet air là. Plus que sûr de lui.

Après de très longues minutes sans bouger, trop étonnée, elle se remit à faire les cent pas, agitée de tremblements intermittents. « Bon… euh… Oui...euh, tu te rappelles que tu es quand même marié à une mangemort ? » dit-elle avec une moue presque comique, suivie d’un rire jaune. « Eh bah on est pas dans la merde, tiens. »
La Kirke entreprit alors de plier toutes les couvertures du salon, et Dieu sait qu’elles étaient nombreuses. Elle avait grandement besoin de s’occuper les mains. « Sérieusement, t’es prêt à partir ce soir, là ? Parce que je vais pas te révéler l’endroit où je vais : ma boss s’y cache. Donc le seul choix là, maintenant, c’est que tu viennes avec moi. » Elle jeta la dernière couverture sur la pile d’un geste exagéré. « Non mais t’es complètement malade ! » Pas réellement en colère, elle riait presque, beaucoup trop nerveuse. Cette soirée était dingue. Complètement dingue. « Tu seras forcément utile. Mais Al, si tu es accepté, il y a de grandes chances pour qu’on finisse par t’envoyer au combat un jour. On est en guerre. C’est pas Pré-au-Lard là bas. Tu me verras probablement faire des trucs plutôt… effrayants. » Elle repensa à son moment de folie sur la place de l’Ascension, lorsqu’elle avait frappé de ses poings un jeune mangemort déjà bien amoché. Puis détourna le regard.

« Je veux que tu sois certain de ton choix. On ne revient pas en arrière. »
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Re: Nul ami ne vaut une soeur.
ce message a été posté Ven 15 Déc - 21:20
Merlin ! Tout allait soudain beaucoup trop vite.

« Ce soir ?! Tu veux dire comme.... comme ce soir ce soir d'aujourd'hui ?! »

Non parce que bon, il était vrai qu'il avait été prêt à faire ses valises et à partir sur le champs pour suivre sa soeur mais, c'était pour suivre sa soeur justement ! Pour elle. Pas pour lui. En ce qui le concernait, il avait besoin d'un peu plus de temps pour .... euh....  se préparer psychologiquement. Non pas qu'il doute ; il pensait chaque mot qu'il avait prononcé et il était indubitablement déterminé à s'engager avec les terro.... résistants. Les résistants. Mais les rencontrer ce soir ? Se vendre pour réussir à les convaincre et se faire accepter ? Parce que c'était bien de ça qu'il s'agissait, Balkiss l'avait dit elle-même : SI tu es accepté.

Il récupéra sa pipe en bois et tira une nouvelle latte. Le tabac avait légèrement perdu de sa saveur, un peu à l'image de son enthousiasme. Et puis imaginer sa sœur couverte de sang n'aidait pas. Qu'est-ce qu'elle entendait par "effrayant" ? Plus effrayant qu'Aveline en furie lançant un avada ? Par tous les fondateurs, qu'est-ce qu'il avait bien pu faire pour mériter une femme et une sœur pareilles ? Sans parler de sa cousine. Avec des gênes pareils, il y avait de quoi s'inquiéter pour Mayssan. Ou pas... après tout, si elle tenait vraiment de sa grand-mère, de sa mère ou de sa tante elle serait une jeune femme très déterminée, et ce quel que soit le monde dans lequel elle vivrait. Même si le meilleur serait le mieux... et le meilleur était - presque certainement - celui auquel Zia rêvait depuis toujours. Al' regrettait juste qu'il demande autant de sacrifices....  Il souffla une nouvelle bouffée de fumer avant d'oser demander :

« Quelles genres de choses ? Je crois que je préfère le savoir avant de le découvrir de mes propres yeux. Histoire de me préparer psychologiquement. »

Et de ne pas dégobiller sur les chaussures de Jane Callaghan comme il l'avait fait sur celles de Mervyn Kark. Tiens, il n'avait jamais raconté cette scène à Balkiss d'ailleurs ! Il était pourtant  sûr que ça la ferait rire, surtout maintenant. Il se promit d'y repenser plus tard et revint à leur sujet principal. A savoir le stress et les questions qui l'étouffaient maintenant que le moment M était imminent.

« Est-ce que je dois aussi me préparer à .... hum... un entretien ? Tu sais s'ils vont me poser des questions pièges ? Ou s'ils enquêtent sur les hum... candidats ? » A défaut d'un meilleur terme. « Est-ce qu'ils vont se renseigner sur mon boulot, mes proches, mon entourage et m'accepter s'ils savent pour Aveline ? Je suis peut-être pas obligé de le leur dire non ? » demanda-t-il timidement d'une voix de gamin prit en faute.

Même si c'était plutôt risqué. Quelque chose lui disait que tout ne se passerait pas très bien le jour où les Phénix découvriraient qu'il avait dissimulé les opinions politiques de sa femme. Et ils finiraient forcément par le savoir. Jouer franc jeu était sans aucun doute la chose intelligente à faire mais l'accepterait-on malgré ça ? Combien de personne le verraient comme un espion de son épouse ? Combien de personne auraient peur qu'il lui transmette des informations par accident ? Combien se méfieraient de lui ? Même Balkiss semblait trouver ce point problématique. Mais ça, c'était uniquement parce qu'elle ne connaissait pas Ava comme lui la connaissait.

« Tu sais, je peux encore la faire changer d'avis. Je sais ce que tu penses d'elle mais elle n'était vraiment pas comme ça quand je l'ai rencontrée aux Etats-Unis. C'était une femme charmante et agréable avec tout le monde, très souriante, à la fois drôle et intelligente. Elle avait de la conversation, de l'humour et contrairement à ce qu'on pourrait penser elle était très ouverte d'esprit, très curieuse à propos du Monde. » Sa voix s'était subitement teintée de tristesse et de nostalgie. Reposant son regard sur Balkiss, il poursuivit doucement : « Elle est devenue ce qu'elle est pour Mayssan et à cause des mangemorts mais ce n'est pas vraiment elle et je peux encore la ramener. Tu me crois ? »

Oui. Il avait besoin d'entendre un oui pour savoir qu'il n'était pas complètement fou, qu'il avait raison d'avoir de l'espoir et qu'il allait y arriver. Il allait aussi sauver sa femme.

« C'est aussi pour elle que je le fais. Dans un monde meilleur elle ne serait pas comme ça. Alors oui, je suis sûr et certain de mon choix. »

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Re: Nul ami ne vaut une soeur.
ce message a été posté Lun 18 Déc - 11:51
« Évidemment ce soir ! Si j’attends, demain on viendra frapper à ma porte pour m’emmener à Azkaban. Ou me tuer sans autre forme de procès. »

Balkiss savait que toutes ces informations faisaient voler le monde d’Altair en éclats. Subitement, alors qu’il avait simplement décidé de protéger sa sœur, il se retrouvait dans une situation profondément délicate. Cela, Balkiss pouvait le comprendre. Altair, lui, avait des raisons de rester. Outre sa famille, il avait son métier, ses amis, son statut d’homme dans les rangs. Une vie tranquille lui était assurée s’il restait. Lâcher tout cela, d’un seul coup, était une décision qu’on ne pouvait prendre à la légère. En ce qui la concernait, cela faisait bien longtemps qu’elle savait qu’elle serait un jour amenée à filer.

À force de s’agiter pour faire ses valises et expliquer tout un tas de choses à son frère, Balkiss se sentait de plus en plus nerveuse. Voyant son frère tirer encore et encore sur sa pipe pour se détendre, Balkiss l’imita en sortant un cigarette. Elle fumait peu, mais en avait toujours sur elle. De sa baguette, elle alluma le bout et tira une grande bouffée. Le stress ne semblait pourtant pas se consumer en même temps que la cigarette. Chier.

«  Je ne suis pas sûre que tu ais réellement envie de savoir. »

C’était vrai. Après tout, Altair ne voyait en elle que sa petite sœur. La jeune fille fragile d’antan, celle qu’il fallait protéger. Il ne pouvait pas savoir que Balkiss était devenue celle qui protégeait les autres. En partie. Il ne pouvait imaginer sa sœur se jeter sur l’ennemi, comme folle et assoiffée de sang, simplement pour défendre une amie. Mais en étant réaliste, elle savait que si Altair entrait chez les Phénix, il finirait par la voir devenir cette folle furieuse. L’Autre Balkiss.

«  Dans le feu de l’action, tout est différent. C’est l’instinct qui dicte les actions. En ce qui me concerne, j’ai été capable d’une violence que je ne soupçonnais même pas en moi. »

Aujourd’hui, elle était prête à nombre de folies pour défendre les siens. Pour défendre le monde idéal qu’elle se représentait. Rien ne comptait plus maintenant que de se battre pour ce qui semblait être juste. Et même si Altair pouvait être offusqué de la violence, il finirait par la comprendre. Parfois, il n’y avait pas le choix. Mais jamais on n’y recourait de gaîté de coeur. Il suffisait d’écouter ceux qui avaient tué. Balkiss revit pendant un instant l’image d’Adara complètement traumatisée après avoir assassiné Elena Kark. Rien n’est plus comme avant après la violence.

« Tu rencontreras sûrement Jane. Et évidemment, elle cherchera à savoir qui tu es. Si tes convictions sont réelles. Tu ne devras jamais lui mentir. Ce serait pire. Tu es marié à une mangemort, c’est ainsi. Ce sera à toi de prouver que tu n’es pas là pour faire la taupe. »

Sans le dire, Balkiss était inquiète. Est-ce que Jane Callaghan accepterait Altair ? Sachant… Tout ce qu’il était. Balkiss, elle, était fille de compatissants du système. Cousine d’une mangemort confirmée. Et elle était Phénix. Peut-être que rien n’était impossible…

Elle écouta son frère parler d’Aveline avec beaucoup d’amour et de tendresse dans la voix. De peine, aussi. C’était douloureux de l’entendre parler du changement de sa femme. Il l’avait vue passer de princesse à monstre. Les gens pouvaient-il faire marche arrière, quand leur comportement était devenu trop mauvais ? Si ça marche dans un sens, pourquoi pas dans l’autre… Il était vrai que Balkiss connaissait mal sa belle sœur. Elle ne l’avait jamais aimé. Déjà car elle avait fait renoncer à Altair ses projets de voyages, mais aussi et surtout car elle était dans le camp ennemi. Malgré tout cela, elle répondit sincèrement en regardant son frère dans les yeux :

« Oui. »

Comment contredire un homme si convaincu de pouvoir faire revenir son amour du bon côté ? Cependant, il fallait tout de même prendre des précautions.

« Mais ce sera sûrement long, Al. Ça aussi il faut que tu en ais conscience. Si tu rentres chez les Phénix, tu auras une double vie. Jamais tu ne devras parler de ce que l’on fait à Aveline. Jamais tant qu’elle ne t’est pas revenue. Ce serait un trop grand danger pour nous... »

Les Phénix se battaient pour un monde meilleur. Il fallait donc protéger les Phénix. Et la Nouvelle Inquisition… Que penserait Altair en voyant sa jeune domestique, Alice, se battre elle aussi ?

« Si tu n’es pas prêt à partir ce soir, je comprend. Mais je ne te dirai pas où je vais. Je t’écrirai dans quelques jours pour savoir si tu me rejoins...Ou pas. »

Elle tenait à laisser toujours ce choix à son frère. Qu’il soit libre jusqu’au bout de se rétracter.
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Re: Nul ami ne vaut une soeur.
ce message a été posté Lun 18 Déc - 17:30
Il se souvenait de la folie furieuse d'Avalon. Il se souvenait des mangemorts qui tiraient sur tout ce qui bougeaient ou presque et des révolutionnaires qui se jetaient sur leurs ennemis dans une lutte désespérée. Il les avait haït ce jour là mais maintenant qu'il voyait le visage de sa sœur à la place des leurs.....  

« Je ferais tout pour t'éviter d'avoir à recommencer ... enfin, si tu veux bien. » précisa-t-il en réalisant qu'il risquait de passer à nouveau pour le grand frère trop protecteur qui empêcherait sa sœur de faire quoique ce soit. Ce qui était un peu le cas, certes.... il allait vraiment falloir qu'il travaille là-dessus. Et sur beaucoup d'autres choses...

La gorge serrée, il ne put s'empêcher de déglutir en entendant le nom de Jane. " Jane Callaghan " devina-t-il aussitôt. Allait-il vraiment rencontrer la femme la plus recherchée d'Angleterre - si ce n'était du monde ? L'idée même que sa petite sœur soit en contact avec elle était étourdissant. Il mourrait d'envie de lui poser milles et une questions à son sujet mais une petite voix au fond de son crâne lui rappelait, à juste titre, qu'ils étaient pressés par le temps. Toutes ses interrogations attendraient. Ce soir, il fallait faire les valises de Zia... et en finir avec le sujet de son adhésion à l'Ordre du Phénix.

Dire qu'il fut soulagé en entendant Balkiss lui répondre un beau et magnifique oui plein d'espoir aurait été un euphémisme. Il n'aurait su dire si elle y croyait vraiment ou lui répondait par l'affirmative pour lui faire plaisir mais il était extrêmement touché. Eteignant finalement sa pipe, il la posa sur la table et se leva pour se rapprocher de sa soeur.

« J'en ai bien conscience. Et je veux vraiment le faire. Pour toi, pour elles, pour tous ceux et celles que je pourrais aider.... Je tiendrais bon, c'est promis. »

Comme elle avait tenu toutes ces années. Il s'inspirerait de sa force pour se battre silencieusement au quotidien ; pour se rendre au ministère en jouant au parfait fonctionnaire insipide le jour et pour agir en secret pour l'Ordre du Phénix la nuit. Pour chuchoter des messages de tolérance au creux de l'oreille de sa fille et pour ramener joie et bienveillance dans le cœur d'Aveline. Cela prendrait le temps qu'il faudrait mais il y arriverait. Ou en tout cas, il ne baisserait pas les bras. Non, plus jamais. Il était beaucoup trop dur de les remonter ensuite... de trouver la force de se battre pour ses idées. Heureusement qu'il avait Balkiss pour ça.

Sans prévenir, il supprima les derniers centimètres qui les séparaient, passa un bras autour de ses épaules et l'attira contre lui pour la serrer contre son cœur, la tête posée sur la sienne. Altair ferma les yeux pour imprimer ce moment dans sa mémoire. Une longue minute silencieuse pendant laquelle il profita simplement de l'avoir contre lui, avec lui, unis comme dans leurs meilleurs souvenirs, avant de finalement la libérer. Les yeux humides et les mains tremblantes.

« Bon. Ta valise. » murmura-t-il en détournant la tête avec gêne. « Qu'est ce que tu prends d'autre ? »

L'aider à faire ses bagages fut plus douloureux que prévu, inondé comme il l'était par les sujets d'inquiétudes concernant la nouvelle vie de Balkiss. Vingt fois il faillit l'interrompre pour lui proposer une autre solution et vingt fois il se retint de justesse, ravalant ses idées foireuses pour reprendre sa baguette et continuer l’empaquetage de ses affaires. Outre le fait qu'elle ne céderait pas - et qu'elle avait raison - il devait se remémorer que ce départ n'était pas une fin en soit... c'était même plutôt en renouveau. Pour elle comme pour lui. Et aussi sombre que soit le chemin, il se sentait prêt à s'y engager. A s'y engager pour de bon. Le cœur emplit de courage et les yeux grands ouverts.


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