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❝ Avis de tempête ☂ ❞
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Avis de tempête ☂
ce message a été posté Lun 22 Jan - 12:11

Avis de tempête.

12 décembre 2046


"Monsieur Maître votre père souhaite vous voir, Maître Eoin."

Que..? Un livre sur les genoux, Eoin resta quelques secondes muet devant l'apparition aussi couinante qu'imprévue de Miette, l'elfe de maison de son géniteur. Avant de croiser le regard assombrit de sa femme, confortablement assise dans le fauteuil en vis-à-vis. Si la Yaxley ne connaissait pas aussi bien qu'Eoin le caractère sombre et mauvais de son père - l'homme se targuant toujours de rester un minimum correct et agréable en sa présence - elle vivait depuis bien assez longtemps avec le fils pour ne pas être aveugle.

"Maître Eoin..."

"Message parfaitement reçu Miette, tu peux retourner à tes occupations."

"Non Miette ne peux pas, Maître Eoin, Monsieur Maître Mordred a demandé à Miette de revenir avec Maître Eoin."

"C'est la meilleure ça..."

"Il s'agit probablement de sa façon de t'empêcher de ne pas lui donner de réponse comme à sa dernière missive, mon chéri."

"Oui, indéniablement."

Et il était certain que l'elfe préférerait prendre racine dans son petit salon plutôt que de rentrer bredouille. Ou de l'emmener de force d'ailleurs, pour ce qu'il en savait. Le potionniste soupira, le regard sombre et déja résigné. Être ainsi mandé par Mordred ne signifiait jamais rien de bon. Pour qui que ce soit et plus encore pour lui. Être à proximité de l'Architecte ne signifiait d'ailleurs jamais rien de bon non plus. Qu'allait-encore lui reprocher son paternel cette fois-ci? Les carcans habituels? Agrémentés d'une bonne dose de paternalisme acide et foireux? Tous les sujets étaient valables: son bras, sa dépression, sa famille, ses recherches, les voisins ou encore le temps qu'il faisait il y a deux jours. Mordred était aussi redondant qu'imaginatif quand il s'y mettait. Eoin avait réussit à l'éviter aussi souvent que possible ces derniers mois malgré quelques ratés...Et cette fois-ci, il sentait qu'il n'allait pas pouvoir y couper. Encore moins avec les évènements chamboulant la société anglaise depuis un peu plus d'un mois.

"Il serait capable de me reprocher de ne pas essayer de prendre la place de feu Mervyn Kark..." soupira le Mckay d'un ton aussi blasé que cynique.

Jézabel lui rendit un fin sourire. Elle-même avait encore un peu de mal avec le nouveau cynisme de son mari mais préférait largement ce comportement à celui hautement dépressif et d’auto-apitoiement des mois précédents. Elle avait confiance en l'homme qui partageait sa vie à défaut de partager régulièrement sa couche, il guérirait. Non, il guérissait déjà.

"Veux-tu que je t'accompagne?"

"Non..Il ne vaut mieux pas."

Autant faire ça vite et éviter de lui donner davantage de grain à moudre. Faisant fit des gémissements quémandeurs de l'elfe, Eoin se releva enfin de son fauteuil, posant son livre sur l'accoudoir de velours avant de se pincer brièvement l'arrête du nez. Par Paracelse, son père n'aurait-il pas pu l'oublier? Le laisser vivre sa vie, et en l’occurrence, sa soirée, tranquillement?

"Je ferai aussi vite que possible. Ne t'inquiètes pas." Jézabel acquiesça d'un signe de tête silencieux. "Donc...la poudre de cheminette."

La cheminée communiquant avec le reste du monde sorcier n'était bien sûr pas dans cette pièce, évitant l'arrivée d'étrangers dans une salle aussi intîme que l'était le petit salon du manoir. Trop personnel. Sans compter la saleté que ce genre de transport créait évidemment.

"Non, non, non. Monsieur Maître Mordred a dit viiiiite."

"Oui, je..."

A peine Eoin avait-il fait quelques pas dans la pièce aux lueurs calfeutrées, se dirigeant vers la porte afin de rejoindre l'autre salon, que l'elfe s'était horrifiée et avait agit. Puisque clairement, voyager par cheminée signifiait un transport trop long pour elle: il fallait marcher jusqu'à la salle, prendre la poudre, la jeter et parler, puis remarcher depuis la pièce du Manoir écossais, se nettoyer...Trop long, trop long, trop long!

Le pas d'Eoin ne se reposa jamais sur l'épais tapis libanais de son petit salon.

Mais sur celui du bureau de Mordred. En écosse.

S'il ne dit mot, son regard sombre et mauvais suffit largement pour clouer de peur la misérable petite elfe de maison qui couina, s'excusa de manière exagérée et disparut. Probablement pour se flageller plus loin.

Quand à son père, il était là, droit, grand et fier, silhouette sombre à contre-jour de l'énorme fenêtre ronde qui donnait sur le lac écossais. Un léger sourire sarcastique étira brièvement les lèvres de son fils. Avec la fenêtre derrière le bureau de Mordred, lui-même remonté de quelques marches par rapport au reste de la pièce, la mise en scène était parfaite. Le vieux McKay n'était pas un architecte de génie pour rien. N'importe qui se sentait minuscule ainsi placé face à lui. Évidemment.

"Que souhaites-tu de ma part ce soir, père?"

Lui souhaiter le bonsoir aurait probablement été plus poli. Et il l'aurait fait habituellement. Mais plus maintenant. De toute manière, il savait pertinemment que son père lui aurait renvoyé une réplique cynique du genre "le soir aurait été bien plus agréable si je n'avais pas eu à te faire venir" ou encore "Je ne sais pas encore s'il va l'être, cela dépendra de toi, comme trop souvent.". Autant lui éviter ce genre de poncifs, non? Ils y gagneraient tous deux.
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Re: Avis de tempête ☂
ce message a été posté Lun 22 Jan - 21:40
Immobile, il fixait de ses prunelles de glace le ciel obscurcit. L’elfe était partie, avec pour ordre de ramener Eoin coute que coute, peu importe ses possibles récriminations. Il avait suffisamment attendu que son fils daigne répondre à ses messages. Sans résultat.

Il était temps d’agir. De remettre un peu d’ordre dans tout ça. Les minutes filaient. Les nuages s’amoncelaient. Et l’humeur de l’ancien Serpentard ne cessait de s’assombrir. Il se promit d’administrer une correction à son elfe pour la punir de sa lenteur et s’apprêtait à aller passer sa mauvaise humeur sur un autre serviteur lorsqu’enfin, un crac caractéristique annonça le retour de son esclave.

Mordred ne se retourna pas. Il la savait suffisamment effrayée par la promesse des sévices qu’elle subirait en cas d’échec pour avoir ramené Eoin par n’importe quel moyen. Le couinement qu’elle émit lorsqu’il pivota enfin vers eux était éloquent. Elle disparut, et il contempla son fils, cherchant son regard alors qu’un sourire satisfait venait ourler ses lèvres fines.

« Ce n’est pas trop tôt, Eoin. Je ne savais pas que te faire désirer faisait partie de tes symptômes post-dépression. » répliqua-t-il tout en coulant un regard vers son bras, sourcils légèrement froncés. Il n’était pas sûr d’apprécier la vision de son fils affublé de son nouvel appareil. Il ne dit rien pourtant, se contentant de plisser le nez avant de préciser :

« Figure-toi que si je t’ai fait appeler, ce n’est pas seulement pour le plaisir de ta compagnie, même si je constate avec un certain… soulagement, que tu sembles aller mieux »

Ses lèvres se pincèrent, ne formant plus qu’une ligne pâle lorsqu’il s’avança vers Eoin, faisant mine de serrer brièvement son épaule valide le temps de murmurer :

« Tu m’as suffisamment déçu par le passé, Eoin... J’ose espérer que cette période est terminée et que tu as d’autres projets pour l’avenir que de t’apitoyer sur ton sort. Pense à ceux qui ont perdu bien plus qu’un simple membre lors de cette guerre. Tu te dois de faire bonne figure. »

Il ponctua sa phrase d’un sourire froid, puis s’éloigna pour aller s’installer dans un lourd fauteuil de cuir qui l’accueillit avec un grincement. Il n’avait pas quitté son fils des yeux et l’invita à s’installer à son tour, face à lui dans le siège vacant.
Croisant ensuite les mains, il demanda avec un soupçon d’ironie :

« Alors ! Comment se porte ta charmante épouse ? Il serait plus que temps que tu songes à faire un hériter, ne crois-tu pas ? Certes, votre fille est adorable, mais tout de même. »

Il s’apprêtait à poursuivre lorsque Miette revint, ses minuscules épaules disparaissant sous le poids du plateau chargé de mets et de boissons qu’elle apportait.

« Déguerpis. » Gronda le sorcier vers l’elfe sitôt qu’elle eut déposé son fardeau sur le bureau. Il reporta ensuite son attention sur son fils, qu’il continua d’examiner sans rien dire, semblant prendre la mesure des récents changements qui s’étaient opérés en lui.

Un frisson le saisit alors que, de nouveau, l’orage se faisait entendre à l’extérieur. Subitement, le bureau lui parut glacial. D’un bref coup de baguette, Mordred alluma un feu dans l’âtre, qui crépita rapidement avec une joie que le sorcier était loin de ressentir. Il ne pouvait s’empêcher de bousculer son fils, qui, loin d’être médiocre, n’arrivait cependant pas à la cheville des espoirs qu’il avait placés en lui.

Par le Lord, songea-t-il en tendant la main vers un plat contenant divers sucreries, les choses auraient été moins complexes si Eoin était né femme. Il soupira, jeta un coup d’œil derrière lui, vers la fenêtre que l’obscurité avait envahie, puis gratifia son fils d’un nouveau coup d’œil pénétrant.

« Bien. J’imagine que tes changements de comportement sont une suite logique de l’épreuve que tu as du traverser. Pour autant, j’aimerais savoir. Est-ce la seule raison de tes récents silences ? Je t’avoue que j’ai un peu de mal à y croire…» Si la remarque pouvait presque paraître obligeante, le ton était fielleux, empreint d'une menace sous-jacente.
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Re: Avis de tempête ☂
ce message a été posté Ven 26 Jan - 20:55

Avis de tempête.

12 décembre 2046


Et le vent se leva. Derrière l'épaisse vitre de son père, feuilles, brindilles et embruns tournoyaient pour se fracasser en silence contre le verre ensorcelé. Dans le bureau, la voix de Mordred faisait de même. Sifflante, grondante et tumultueuse malgré le ton toujours aussi faussement posé et son calme d'apparence. L'architecte autant que son homologue venteux savaient s'infiltrer où que vous soyez et ne jamais trouver à être satisfait.

Rien que les premiers mots lui donnèrent envie de soupirer, rouler les yeux et quitter la pièce. Laisser en plan son père, face au vide et au silence qu'il se serait lui-même créé. Cela lui couperait clairement la chique, probablement incapable d'imaginer un tel scénario. Mais si cette pensée arracha un bref sourire à Eoin, ce dernier parvint à la reléguer aux simples fantasmes inassouvis. Les rêves n'étaient que ce qu'ils étaient, rien.

Droit et silencieux, l'ancien Serdaigle se contenta de laisser son père parler. Comme lorsqu'il était enfant, puis adolescent. L'interrompe ne servirait à rien, que ce soit pour acquiescer, ou pire, le contredire. Allait-il mieux? Mieux que quand? Qu'après être en train de pisser le sang contre Mervyn Kark? Mieux qu'après avoir cru devenir fou dans la pièce de l’hôpital Morgane - et l'être sûrement devenu un peu -? Ou mieux que pendant les jours, les semaines et les mois sombres qui avaient suivis ? Mieux avec un bras que sans? Mieux...

"Oui, je vais mieux." Souffla t-il finalement entre ses dents, autant pour lui que pour son père. Pour se donner la force. Ce lieu, cette atmosphère lui rongeait les nerfs bien malgré lui, comme s'il était revenu des années en arrière. Mais il n'était plus ce gamin désolé de ne pas être ce que son père lui souhaitait, il s'en était accommodé avec le temps et cela ne changerait pas ce soir.

La main de son géniteur, posée sur son épaule, lui instilla tout sauf du réconfort. Et il n'avait nullement besoin des paroles qui l'accompagnèrent pour le deviner. Mordred était prévisible et redondant. Avec ce besoin profondément ancré d'appuyer encore et toujours aux mêmes endroits pour se rassurer lui-même. Parfois, son père lui faisait pitié. Il se contenta de rester droit et d'encaisser ses paroles. Son père n'avait clairement pas finit sa petite tirade. Il lui suffisait de serrer les poings encore un peu.

« Tu m’as suffisamment déçu par le passé, Eoin...[...] Tu te dois de faire bonne figure.»

Faire bonne figure. Être et paraître. Creuser sa place dans cette société gangrenée et gangrenante. Pensait-il donc qu'il se complaisait dans sa situation par pur plaisir? Qu'il appréciait être devenu un tel rebut? Et qu'il suffisait d'un sourire froid et faux pour passer outre?

Si le potionniste n'encensait toujours pas son état, peinant à retrouver sa place et son être, il était pourtant fier de lui, bien plus qu'encore un mois auparavant. Il avait remonté la pente, même s'il était loin d'être au sommet, il avait finit par arrêter de s'abriter dans ses tréfonds, blessé par son propre souffle et le moindre trais de lumière. Se regarder dans le miroir était redevenu supportable à défaut de plaisant.

Et ce n'était clairement pas grâce à son père.

"Je ne suis malheureusement que ce que je suis père." commenta t-il, comme il l'avait déja fait par le passé en de tels moments si similaires. Mais avec une ironie sourde en plus de cette implacable vérité.

Pour prendre le pas de l'homme vers le bureau. S’asseoir dans l'épaisse chaise ancestrale. Apprécier de ne plus être ce gamin maigrelet d’antan face à cet homme acerbe.

« Alors ! Comment se porte ta charmante épouse ? Il serait plus que temps que tu songes à faire un hériter, ne crois-tu pas ? Certes, votre fille est adorable, mais tout de même. »

"Jézabel se porte aussi bien que la situation actuelle le lui permet, merci de t'en enquérir, père."

Ce n'était pas exactement la question de son père mais le sorcier préféra se contenter de répondre à cette partie. Revenir encore une fois sur le sujet de l'héritier mâle si attendu ne lui plaisait guère. S'enquérir de ce qu'il pouvait faire sous les draps avec sa femme ne regardait qu'eux, elle et lui. Pas Mordred, malgré ses plus grands souhaits. Et si Aileen était la seul à grandir avec son sang, et bien tant pis. Tant mieux même. Eoin s'inquiétait déja de plus en plus sur la vie qu'aurait son enfant, alors s'il avait le malheur de mettre au monde un héritier mâle... La pression lui écraserait les épaules.

Sans parler du simple fait que pour cela, de toute manière, il fallait partager un peu plus que des draps. Et de ce point de vu là, c'était..compliqué. Par le plus important.

Heureusement Miette choisit ce moment pour réapparaître et déposer son plateau avant de filer sous le coup de langue de son maître, changeant involontairement la sujet de la conversation qui se profilait. Était-ce un mieux que la précédente? Il n'en était pas sur. L'indifférence de son père quand à sa...Condition.. et sa paranoïa le firent légèrement grimacer.

"Peut-être ai-je toujours été ainsi, mais que tu étais bien trop occupé à juger pour t'en rendre compte."

Appréciant le feu qui venait de flamber dans l'âtre, Eoin avait répondu à son père d'un ton extrêmement naturel, sans l'ombre d'un sourire.

"Et sinon, tu peux allègrement retourner voir le Psychomage qui me suit, je pense qu'il te redonnera cette version si étrangement liée à mon...accident. Tout comme son supérieur ou même le Mulciber s'il le faut."

Eoin reposa le biscuit sur le bord du plateau en même temps que ses paroles glissèrent de ses lèvres. Finalement, il n'avait pas faim et se forcer serait idiot. Tout comme il n'avait pas eu envie de répondre à la missive de son père la semaine précédente. Il. N'avait. Juste. Pas. Envie. Point barre, posez la baguette.

Qu'il cache réèllement quelques chose était un autre sujet et n'avait absolument rien à voir avec l'inquiétude pitoyable de son père. Il ne mentait donc pas, pas vraiment. Si ce n'était pas toute la vérité, c'était la vérité malgré tout. Cynique mais sans provocation.

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Re: Avis de tempête ☂
ce message a été posté Sam 27 Jan - 11:52

Avis de tempête.


                                           
Ft. Eoin McKay

12 Décembre 2046








Toujours, il l’observe, ne prenant même plus garde à ce que peuvent bien transmettre ses prunelles claires, si proches de l’océan, qui jugent, condamnent, sans jamais laisser la moindre place à la compréhension. Parce que de cette dernière découle une forme de faiblesse, chose qu’il ne peut se permettre, n’a jamais pu, en vérité.

Que nous reste-t-il, pense le Serpentard en se retenant de poser la question à voix haute, trop conscient, sûrement, de la réponse méritée qui ne manquerait pas de tomber.

Alors il se tait, encore, caresse machinalement sa baguette du bout de l’index, reporte sur Eoin un regard perçant, dépourvu cette fois de tout procès. Il lui rappelle Edna, sa mère, et rien que pour ça, il aime son fils, peu importe ce qu’en pense ce dernier.

Mordred n’est simplement pas de ceux que l’amour aveugle et rend conciliant, loin de là. Ses sentiments sont à l’image de ces terres qui l’ont vu naître. Durs, sauvages. Et la rudesse de son affection ne pardonne aucun manquement, considère chaque déception comme une petite trahison. Parce qu’il n’a jamais appris à faire autrement, et qu’avec le temps lui est venu de l’aversion pour ceux qui, assassinant leur pudeur, se dévoilent d’âme et de cœur.

« Je ne suis pas malheureux que tu sois ce que tu es, Eoin. Mais je doute que tu aies toujours été comme ça…» commence-t-il contre toute attente. Il hausse les sourcils, appuyant ses propos d’un geste de la main, avant de poursuivre, d’un ton sérieux et concentré qui ne lui est pas coutumier.

«  On ne change pas les gens, on se contente d’exploiter ce qu’ils peuvent offrir en regrettant en silence ce que l’on ne pourra jamais obtenir. C’est ce que je m’efforce de faire. Aurais-je du t’encourager de ton premier pas à ton premier diplôme ? Venir te voir à l’école ? Inviter tes amis au manoir ? Organiser des soirées en ton honneur ? Te couver comme le font certains autres ? Peut-être aurais-je du attaquer Mervyn pour venger ta blessure ? Cela aurait-il changé quelque chose ? Si je ne te comprends pas, je peux au moins m’enorgueillir que mon fils se soit forgé lui-même, et peu importe que l’acier manque encore de solidité. Les différences qui nous séparent ne doivent pas pour autant nous déchirer…»

L’amertume qui monte à mesure que les paroles franchissent ses lèvres fait luire son regard azuré, crispe ses traits et transforme son sourire en rictus imprécis. Cependant, la sincérité auréole le discours, dont tout mépris est absent, pour une fois.

Mordred énonce un fait, qui, depuis longtemps maintenant, mature dans son esprit. Il n’est pas incapable de se remettre en question, loin de là, mais garde pour lui les résultats de ses réflexions, cultivant ces dehors désagréables qu’il aime entretenir.

La fragilité des liens du sang ne lui est pas inconnue. Et s’il se sait incapable de l’idolâtrer, il reconnait son fils pourvu d’un certain courage face à l’adversité. Malheureusement, il ne peut respecter sans méfiance. Déteste complimenter, et se donne, lorsqu’il s’y autorise, l’impression de devenir aussi vain, aussi servile que ces sang-pur qui ne font que se glorifier de leur statut sans jamais prendre la moindre initiative.

Alors il ne peut rien offrir d’autre à son rejeton que ces mots maladroits qui, à défaut de pouvoir apaiser des plaies trop anciennes, ont au moins le mérite de dévoiler une partie de ses pensées, qu’il tient habituellement si secrètes.

« Assez de ces sornettes. » lâche-t-il enfin en contemplant le plafond pour retrouver son calme, le vent, dans son dos, continuant ses assauts répétés dont la vitre ensorcelée les préserve. Le feu ronronne dans l’âtre, chasse l’humidité tenace. Et le McKay, maintenant l’aveu passé, se sent presque renaître.

Il soupire, sa baguette se tend entre ses doigts, alors que d’un accio informulé, le sorcier fait venir à eux deux coupes ouvragées, anciennes, dont le contenu fume paisiblement en répandant une forte odeur d’alcool.

« Hydromel épicé. Avec un ajout de mon cru. Je pense que ça peut te plaire. » commente-t-il d’un ton badin pour changer de sujet, rendre à la conversation un brin de légèreté, l’esprit happé par l’annonce qu’il s’apprête à faire.

« J’aimerais me remarier. Je tenais à te l’annoncer moi-même. Avant d’en parler aux autres. » souffle-t-il sur le ton de la confidence, après avoir attrapé l’une des coupes pour en humer le liquide. Il ferme les yeux, inspire profondément, se délecte des effluves brûlants. Puis s’octroie une gorgée prudente, grimaçant lorsque le liquide lui pique la langue et lui réchauffe vivement la gorge, avant de rouvrir sur Eoin un regard insondable.

« Qu’en dis-tu ? » demande-t-il alors, tendu dans l’expectative, comme si, vraiment, il espérait son approbation.

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Re: Avis de tempête ☂
ce message a été posté Mer 7 Fév - 0:46

Avis de tempête.

12 décembre 2046


Était-ce...Un compliment? Ou quelque chose qui s'y apparentait énormément?

Eoin avait faillit couper la parole à son père, lui rétorquer avec sarcasme qu'il pouvait donc remercier Mervyn Kark pour l'expérience de la vie qui lui avait permis de se révéler ainsi, d'exploiter au maximum la perte de son bras et de son intégrité mentale afin d'évoluer sans changer, puisqu'on ne changeait pas.
Avant de refermer aussi rapidement la bouche et pincer les lèvres.

Non, il ne rêvait pas. Les mots étaient coupants et les piques enrobantes, mais la portée et le fond des pensées de Mordred étaient là. Faisant froncer les sourcils au potionniste. Personne jusque là n'avait oser parler de manière aussi franche du lien entre sa blessure et l'acte de l'ancien Ministre, encore moins mettre en avant sa culpabilité, parler de..le venger. Aussi ironique que cela pouvait être dans la bouche du McKay, son fils en percevait le timbre vibrant et tout aussi franc. Son père lui en voulait d'avoir sombré dans les noirceurs de la dépression, mais plus encore, il en voulait au Kark pour son geste incontrôlé? Rien ne pouvait être changé mais c'était... Touchant. Oui. Et imprévu. Tout comme les mots suivant qui s'échappèrent des lèvres de son père.

Eoin s'était apprêté à tenir tête à un sorcier froid, sombre et implacable, tournant en boucle en lui rappelant ses déceptions et... Il tombait sur ça? Combien de fois dans sa vie l'architecte avait-il pu proférer de telles choses?

Peut-être lors de ses Aspics et de sa formation parmi les meilleurs en médicomagie et encore, c'était plutôt flou dans son esprit.

Depuis combien de temps père et fils ne s'étaient pas contentés de faire la sourde oreille à l'autre à défaut d'entrer en contradiction? Mordred avait-il bu plus que nécessaire pour s’épancher ainsi..Et sans plus de mauvais mots?

"Je..Bien sûr père."

Sa gorge était sèche et pourtant il en aurait presque senti ses paupières le picoter. Par Parcelse, pourquoi ces simples quelques mots, pourtant loin d'être doux et aimants, pouvaient ainsi l'émouvoir? C'était pitoyable. Et pourtant cela suffit à érailler la carapace qu'il s'était forgé, contre tous, contre lui-même, contre son père. Heureusement que fils et père étaient bien trop occupés à se contrôler respectivement pour se rendre davantage compte de l'émotion que chacun pouvait ressentir en cet instant improbable.

Le regard incertain du fils s'était étiré à nouveau derrière son père, dans le vide serein et pourtant tumultueux qui filait derrière la vitre.

Il se sentait coupable. Un peu, suffisamment pour sentir ses muscles se crisper, les nerfs de son épaules symbiotique le tirer. Coupable de quoi? De tout, de rien. D'avoir momentanément oublié que son père pouvait réellement s'inquiéter pour lui et pas uniquement des conséquences au niveau sociétal. De l'avoir repoussé lui et les autres. D'avoir préféré ne rien savoir plutôt que de se laisser atteindre par des miettes. De leur mentir et de s'éloigner.

Parce que malgré tout, malgré les années et les déceptions, malgré les maux et les mots, la famille était importante, le sang qu'ils partageaient l'était tout autant. Et Eoin se rendit compte ce soir là, que s'il était plus simple de détester son père avec une froide indifférence, c'était aussi parce qu'il l'aimait toujours comme un fils seul peut aimer son père. Avec tout un panel d'émotions non négligeables.

Et pourtant, quelque part dans son esprit, il lui était difficile de ne pas imaginer que Mordred avait soigneusement choisit ses mots pour mieux l'atteindre, mieux réussir à le contrôler à nouveau. Lui qui regrettait à haute voix les changements de son fils, devait souhaiter retrouver l'âme calme et conciliante qu'il était avant non? Quoi de plus simple que de jouer sur cette fibre sentimentaliste qu'il lui avait souvent reprochée?

La voix de son père, coupant court à leurs pensées respectives fut la bienvenue. Des sornettes oui, des murmures dans les tourbillons du vent, qui sifflent, piaillent mais ne durent pas.

Heureusement, Eoin n'aurait sût quoi en faire, mieux valait revenir sur un terrain plus connu, moins accidenté. Pour eux deux. Il avait préféré garder le silence, et il s'en félicitait. Même si finalement, il se sentait bien moins sûr de lui que quelques instants plus tôt. Il fallait se ressaisir. Ne pas baisser sa garde aussi aisément.

"Merci." La liqueur de miel sentait jusqu'à lui alors que le liquide ambré coulait dans les deux verres. Si Eoin n'avait jamais été un gros buveur, il avait toujours apprécié déguster quelques crus et en découvrir d'autres, au moins partageait-il cela avec son père. Peut-être était-ce là quelques uns des rares moments véritablement agréables qu'ils avaient eu en commun pendant sa jeunesse au manoir McKay?

Un nouvel élan d'émotivité malvenu. Conséquence des paroles paternelles. Le maître en potion soupira doucement avant de.. Rester le verre à bout de bras sous l'annonce de Mordred. Pour froncer les sourcils et sonder le visage de son père, incertain de ce qu'il cherche à y lire, de ce qu'il souhaite y lire.

"Te remarier? Mais... As-tu quelqu'un à l'esprit?"

Se forcer à contrôler sa voix, son esprit qui turbine, les souvenirs qui remontaient de loin, trop loin. La voix de sa mère, ses rires, ses gestes tendres. Revoir le portrait glacé qui trône dans le manoir, celui plus discret dissimulé dans un pendentif au fond d'une commode à Avalon.

S'humidifiant les lèvres, Eoin cherchait ses mots, conscient de l'attente de son père. Ne sachant qu'en penser. Encore moins quoi dire. Se rendait-il compte qu'il venait de lancer un magnus comme ça, sans aucun préavis? C'était.. Dérangeant. Mais gratifiant aussi d'une certaine façon. En avait-il parlé à d'autres?

"Tu sais sûrement ce qui est le mieux pour toi père, bien mal me serait prit de te juger là-dessus." Alors que lui vivait une vie de famille au sang-pur tout ce qu'il y avait de normal, oubliant souvent l'importance de Jézabel à ses côtés, culpabilisant souvent de l'absence qu'il creusait lui-même depuis des mois, rafistolant avec difficulté un puzzle qu'il aimait autant qu'il détestait. Factice, nécessaire, doux et brûlant, rassurant et dérangeant. Existant.

Il ne pourrait jamais demander à Mordred les véritables raisons de cette décision. Tout juste en imaginer une myriade aussitôt réfutées par son esprits, doutées, incertaines.
Encore moins le juger dans tous les cas. D'où pourrait-il refuser la présence d'une femme aux côtés de son père? Il n'en avait ni le droit ni le pouvoir, encore moins l'envie.

Même si l'ombre de sa défunte mère semblait planer à nouveau autour d'eux, après toutes ces années.
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Re: Avis de tempête ☂
ce message a été posté Lun 19 Fév - 17:03

Avis de tempête.


                                           
Ft. Eoin McKay

12 Décembre 2046








Il sent l’hésitation qui émane de son fils aussi sûrement que les vapeurs épicées s’échappent des deux coupes remplies. La présence d’Edna, également, poussiéreuse et diaphane, qui pèse sur la conversation qu’il a lui-même initiée.

S’en veut-il d’avoir rouvert la boite de pandore ? Décadenassé des souvenirs si prompts à s’évaporer, une fois libérés ? Nullement. Et la caresse du temps passé se fait doucereuse. Comme si, du fond de l’au-delà dans lequel elle s’est noyée, Edna l’encourageait.

Il aurait tant aimé la conserver, l’avoir à ses côtés, sous forme de fantôme, réduite à mimer la vie dans la mort. Un désir aussi puissant qu’égoïste. Elle ne lui a pas laissé le choix, de toute façon. Disparue. Avalée par l'autre côté, toute entière. Laissant à son veuf la crainte, chaque jour, d’oublier le timbre de sa voix, l'inclinaison si particulière de ses sourires. Et sa chaleur, constante. Réconfortante.

Il se racle la gorge, chasse d’une nouvelle gorgée d’alcool la langueur qui s’empare de son esprit. Penser à sa femme, c’est appeler le malheur, admettre la défaite, et son impuissance quant à mettre la main sur ses assassins. Il n’a jamais abandonné l’idée pourtant, de venger ce meurtre. Mais les années passent, sans qu’aucun signe ne vienne étayer les rares pistes de l’époque.

As-tu quelqu’un à l’esprit. Nulle autre qu’elle ne pourrait convenir, a-t-il envie de répondre, tout en s’interdisant de le faire. Il n’a pas évoqué le sujet pour se faire plaindre, pour pallier à cette absence qui continue de peser. Simplement pour clarifier les choses et, une fois n’est pas coutume, considérer son seul fils comme un égal, une oreille à laquelle se confier.

« Je n’ai pas de nom en tête, à vrai dire. Mais notre communauté ne manque pas de jeunes femmes aptes à rejoindre la famille. Peut-être aurais-tu quelques patronymes à me soumettre ? » L’aveu est clair. Il ne cherche nullement à remplacer la défunte, conscient que toute démarche en ce sens serait inutile. Futile. Mais la solitude, elle, bien que confortable, permissive, commence à le fatiguer.

Alors, une nouvelle épouse. Réapprendre les mots oubliés, enterrés. Retrouver une compagnie, un soutient même, peut-être. Ou s’enliser dans une relation destructrice. Peu importe, au fond. Tant que cesse le silence qui, depuis trop longtemps l’assomme.

« Ne commets pas mes erreurs, Eoin. Ne laisse pas ta raison te ravir ceux que tu aimes. Ne laisse pas ta femme se perdre, comme je me suis perdu.»  Il sourit maintenant, un sourire teinté d’amertume, dévoilant une dernière fois les émotions violentes qui tourbillonnent sous sa façade. Vois, semble-t-il dire à Eoin, apprends, et comprends.

Il soupire encore, examine la chevalière ornant son annulaire gauche, plongé dans un silence pensif. Puis, d’un coup sec, il la retire, la laisse tomber sur le bureau qu’elle heurte dans un tintement sonore. D’un geste de menton, il la désigne à Eoin, l’invitant à la prendre

« Si l’heure de l’héritage n’est pas encore venue, il est plus que temps que tu portes ceci. Elle… serait fière de toi.»

Il n’ajoute rien, ne précise pas l’évidence, pendant que le poids de l’échange emplit d’ombre ses prunelles. Eoin a fait ses preuves. Qu’il en ait conscience ou pas. Et si un doute tenace continue d’agacer le mangemort lorsqu’il pense à son fils, l’avoir à ses côtés justifie bien cette preuve de confiance.  Une confiance qu’il peut retirer aussi vite qu’il l’a accordée.

Sans attendre cette fois, il se redresse, fait lentement le tour du bureau pour rejoindre Eoin, qu’il dépasse de quelques pas, avant de se tourner de nouveau vers lui, mains croisées dans le dos.

« Ne me le fait pas regretter, fils. » ajoute-t-il, lèvres pincées, effaçant par son attitude les quelques mots sincères qu’ils viennent de partager. De la complicité approchée, il ne reste qu'une vague lueur dans le regard du mangemort qui a retrouvé son air fermé, austère. Dehors, la tempête fait rage. Et dans la salle qui semble isolée du reste du monde, Mordred affronte son fils du regard. Comme pour le défier de refuser cette main qu’il lui tend, trop tard, sûrement.

« J’ai besoin d’air. Souhaites-tu m'accompagner ? » lui propose-t-il en regagnant la porte.

Une envie soudaine, sauvage, de rejoindre les falaises. D’affronter le vent qui au loin mugit, charrie les feuilles, les embruns, les cris. De retrouver la nature, les eaux profondes du Loch qui paraissent troubles depuis les hauteurs. D'échapper à cette conversation qui commence à peser.

Et… peut-être même rejoindre ce petit chemin de terre, caché par la végétation, entraîner son fils là où il a vu son frère mourir. Le passé ne se guérit pas. Et, ce soir, les anciens noms étouffent le sorcier. Lui donnent envie de fuir. Ou de les retrouver.


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Re: Avis de tempête ☂
ce message a été posté Mar 13 Mar - 20:38

Avis de tempête.

12 décembre 2046


Personne. Juste une bouteille jetée à la mer, une sang-pur faite pour suivre l'ombre de son père, peut-être réchauffer quelque peu les murs de l'antique demeure et l'aile de leur branche familiale. Pas d'amour, pas de nom. Rien. Doit-il s'en sentir soulagé? Égoïste. Le Serdaigle en a conscience. Préférer savoir son père se lier avec indifférence plutôt que par une quelconque complicité. Mère approuverait-elle ce genre de pensées? Peut-être pas. La réalité de cette femme était si lointaine, fantomatique et idéalisée bien sûr. Par le petit garçon qu'il était encore quelque part, un endroit sombre et fendillé d'où perçaient ombre et lumière, d'où murmuraient des souvenirs qu'il ne savait plus distinguer de ses rêves d'orphelin de mère.

"Je ne suis pas vraiment le mieux placé concernant ce genre de choses. Moïra et Caitlyn devraient bien mieux pouvoir te conseiller que moi je pense. Elles seraient même probablement ravies que tu t'adresses à elles en plsu d'être efficaces."

Ses sœurs étaient peut-être assez opposées pour bien des choses, mais les relations sociales et le gratin anglais était quelque chose d'important pour toutes deux, un monde dans lequel elles voguaient avec plaisir, aisance et utilité. Contrairement à lui. Tout ce genre de chose n'avait jamais été sa tasse de thé, encore moins ces derniers mois. Mais il appréciait malgré tout l'intérêt de son Père, ne pouvant s'empêcher de s'en sentir flatté.

Avant que Mordred n'agrippe ses yeux de son regard perçant, basculant de sa projection de relation sur celle du couple que formait Eoin avec la Yaxley. Un conseil qui l'aurait encore fait grimacé quelques minutes plus tôt, qui lui aurait fait répliquer quelques mots cyniques...Mais dont Eoin se contenta de sourire vaguement, tristement. Il ne savait pas exactement ce que son géniteur voulait bien admettre ou avouer par ces mots, n'était pas trop sur de le vouloir. Cette complicité qu'ils avaient ce soir, inhabituelle, était déja bien trop étrange pour ne pas en rajouter.

"Oui, père."

Ses yeux suivirent le regard lourd du sorcier, s'arrêtant à son tour sur cette bague ancestrale, pensant en même temps à sa femme, cette sorcière extraordinaire qu'il avait tant de fois repoussé ces derniers mois. Pour mieux avoir besoin d'elle. Lui devait-il des excuses? Était-ce...possible? Tant de choses étaient simplement tues et mises de côté dans leur monde que leurs comportements en glaçaient tous les aspects de leur vie. Il..

La bague tinta. Le choc sourd sur le bois le fit sursauter. Froncer les sourcils.

"Je..."

Il devait répondre quoi à ça? Le regard de son père était incisif, son attente et ses mots pesants. Ne lui laissant pas le choix. Doucement, entre délicatesse et inquiétude, Eoin attrapa la chevalière du bout des doigts, la ramenant vers lui, dans sa paume. Le métal froid semblait si lourd dans le creux de sa main, presque vibrant. Pesant.

Parce qu'il ne s'en sentait pas légitime. Outre que son paternel ne l'avait jamais habitué à ça et qu'il ne savait comment y réagir, Eoin culpabilisait. Pouvait-il réellement porter cet anneau en sachant ce qu'il cachait? Ses pensées? Ses..secrets? Ces terroristes qu'il protégeait par son silence? Abbey, Victoria, la Dragenwann... La facilité, l'indifférence n'était plus aussi réelles qu'avant et chaque nom qu'il gardait pour lui n'était qu'une trahison de plus. Et en même temps, il s'en voulait de se sentir fier de cette passation. Une fierté enfantine, viciée.

Et bien tant pis. Ce n'était pas sa décision mais celle de son père, encore une fois les autres les prenait pour lui, il ne décidait que de les accepter. De les faire siennes.

Sous les quelques mots claquants du père, Eoin soutint son regard et accepta de glisser le bijou à son doigt. L'objet prenant immédiatement une taille convenant à son nouveau propriétaire, présent sans être dérangeant, légèrement chaud. Et pourtant il sentit, imperceptiblement, son autre bras, son bras bâtard, tressaillir, vouloir retirer l'importun aussitôt posé. Non. Fermant brièvement les paupières, il parvint à contrôler la mécanique magique qui redevint docile et indifférente.

L'offre du géniteur tombait à pique. Les lieux l'étouffaient. Commençaient à murmurer.

Se contentant d’acquiescer du chef, le McKay se leva de son fauteuil, emboîtant le pas de son aîné avec la désagréable sensation de sentir tout le poids du vieux manoir dans son dos.

Le souffle violent de l'air, la claque des gouttelettes d'eau emprisonnées dans les bourrasques étaient faits de délivrance. D'un nouveau souffle. L'extérieur semblait si vivant après la désagréable sensation de claustrophobie qu'il avait brièvement ressentit dans le bureau.
Un brouhaha sourd empêcha les deux hommes de discuter, maigres silhouettes dans la force des éléments gravissant le bord de la falaise, brièvement protégés par d'épars arbres et de plus solides sortilèges.

Pour s'arrêter quelques mètres plus haut. Père et fils côté à côte dans un silence aussi tumultueux que bienvenu, les yeux plongés à la fois dans les eaux sombres du lac et celles de leurs souvenirs respectifs.

Plusieurs fois Eoin hésita à interrompre le moment par quelques mots qui lui semblèrent bien trop superficiels, se ravisant par peur de gâcher quelque chose, de ne pas trop savoir par quoi continuer cette étrange - et pas si désagréable - soirée.

Quoi que..la nature se chargea pour eux d'entamer la suite de leur échange. Son père était-il à ce point dans la Lune? Il s'était avancé un peu plus vers le bord, comme attiré par le vide non loin, lorsqu'une bourrasque plus puissante que les autre le fit vaciller.

Serait-il vraiment tombé? Aurait-il eu le temps d'attraper sa baguette et d'en user? Un acte de magie spontanée aurait-il aide le sorcier?

Le réflexe d'Eoin avait été plus rapide, coupant toute réflexion hypothétique, attrapant le sorcier d'un mouvement bref, un peu brusque, pour le ramener en arrière. Le métal liant mécanisme et esprit ayant une nouvelle fois prit le pas sur sa propre volonté, faisant s'étonner Eoin de son acte en même temps que Mordred. La peur de ce qui aurait pus se passer se distillant après coup.

"Ce n'est pas que je ne sois pas fier de mon statut d'héritier père, mais s'il était possible d'attendre encore un peu avant d'en profiter pleinement..." Susurra t-il, sarcastique, dans un sourire soulagé bien que crispé. Le cœur battant fort dans sa poitrine.
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Re: Avis de tempête ☂
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