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❝ [MISSION] Jeu de pouvoir ❞
 :: Royaume-Uni :: Avalon :: Les sept quartiers
Tiens-toi à Carrow
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[MISSION] Jeu de pouvoir
ce message a été posté Jeu 25 Jan - 19:29
« Jeu de pouvoir »
Chapitre 1



Elle avait regardé l’ordre de mission se consumer entre ses doigts, fixant la flamme violette d’un air presque pensif, calculant déjà l’organisation de son nouvel objectif en songeant, simplement, que le Conseil poserait encore certainement une difficulté de taille dans son entreprise. Mais Elizabeth n’avait pas peur, et ne craignait pas ainsi les propos revanchards de cette bande de vieux séniles essayant d’agiter leur baguette autour d’elle pour la ligoter de fils, comme une vulgaire marionnette. La sous-directrice ainsi, commençait à apprécier pleinement ses nouvelles libertés et quittant le QG, de sa démarche de précieuse, les talons claquant sur le sol dallé avant de transplaner hors de la zone de sécurité pour rejoindre les 7 quartiers d’Avalon, elle prit conscience de ses nouvelles habitudes, de sa nouvelle existence, et se surprit à sourire.

De fait, l’ordre n’était pas bien compliqué et ne représentait pas une importance technique pour un quelconque combat. Mais c’était bien, c’était mieux même, que d’être envoyée sur le terrain en première ligne de mire pour affronter des sous-couches terroristes qui pouvaient la tuer – Elle ne devait pas mourir, pour Arthur, elle se devait de continuer à faire face – ou laisser suffisamment de trace, en plus de la marque, pour la faire finalement attraper.

Les cheveux coiffés en un chignon aussi pincé que ses lèvres rougissantes de froid, elle franchit le seuil de la CBS, la haute tour de métal et de verre lançant dans les cieux un bref éclat, comme le diamant circulaire d’Avalon, en plein cœur actif. Ce n’était pas le plus grand des bâtiments, et peut-être pas le plus beau, sa modernité – liée à Brett bien évidemment – tranchant avec le paysage plus classique des vieux immeubles composant Mensio. Les ascenceurs ouvrirent leur porte et le basique de rang 1 en costume rouge appuyant pour elle pour le dernier étage. Dans le hall, des centaines de personne se rendaient ainsi sur leur lieu de travail ou dans les boutiques formant le rez-de-chaussée de cette réussite. Elizabeth entendit quelques exclamations enfantines, des gosses encore trop jeunes pour aller à Poudlard mais assez pour savoir quoi réclamer pour leur anniversaire. Ses yeux bleus pétillèrent un rien puis les portes se fermèrent.

Et presque aussitôt, le dernier étage, cintré et bureaucratique, dégueula sa machoire comme pour mieux la mordre. Quittant l’homme, pour qui elle n’eut pas un regard, ce fut vers la principale de réunion qu’elle se dirigea. On était mardi. Mardi, était le jour du Conseil. Les vieux devaient déjà être en place, radotant sur les chiffres, les actionnaires, les pourcentages, les ventes, les pertes de valeur, les côtes changeantes d’intérêt et bien évidemment, la conception des nouveaux projets. Le balais était peut-être une valeur sûre mais il importait de toujours, toujours innover.

Un verbe qui lui allait de mieux en mieux.

D’un coup de baguette elle ouvrit les portes, et enchaina directement, sans leur laisser le temps de réagir.

« Restez assis, ne vous dérangez pas. » Sur son siège, en bout de cette longue table ovale, un thé apparu. Sans sucre, sans lait, et humant son amertume, sa robe noire froufroutant un rien lorsqu’elle s’assit, Elizabeth en attrapa la anse pour mieux en avaler une gorgée. « Bonjour à tous. »
« Bonjour miss Carrow. » La salua aussitôt Humbert Bodrick, président du Conseil, avant de jeter une œillade sceptique au reste de l’assemblée, composée de cinq autres hommes. Cette inégalité de genre était une pression supplémentaire, bien évidemment. Et encore une fois, ils s’apprêtaient à en jouer. « Vous êtes en retard. »
« Une sous-directrice n’arrive jamais en retard, ou en avance, à une réunion qu’elle doit présider. Elle arrive précisément à l’heure où elle doit commencer. » Ses ongles fouillèrent les dossiers. « Comment se porte l’Esperanto ? »
« Les ventes sont en hausse. Pas de manière dynamique, mais assez constante. Nous discutions justement des 1.3%, gagnés sur le front atlantique. La publicité aux USA nous a fait gagner quelques boutiques. »
« Et le marché classique ? » « Stable. » « Sportif ? » « Cecilia Munro a marqué une victoire sur son dernier balai, ce qui demeure une valeur sûre. Les sponsors nous talonnent mais nous avons jeté notre dévolu sur une toute nouvelle tête d’affiche, histoire de varier les profils atypiques qui font parler de la marque et peut-être, Antonieshka Buvor ? » « La toute nouvelle batteuse des Fer de Vol, l’équipe suédoise ? » « Oui. » « Bien. » Elizabeth souffla sur sa tasse. « Puisque vous avez commencé sans moi, j’imagine que les principaux points ont été abordés. » « Il est vrai. » Et Bodrick commença à se lever. « Je n’ai pas terminé Humbert. »

Un frisson battit la table, comme un rien décontenancée. Et Humbert, découpant un sourire sarcastique sur son profil racé, haussa un sourcil peu impressionné.

« Auriez-vous une question d’importance pour l’ordre du jour ? »
« C’est le cas. »
« Ah ! Il est admirable de vous voir vous impliquer durablement dans les affaires de la société mais »
« Charles ? » La coupure incisive d’Elizabeth fit presque sursauter le nouvellement désigné, Charles Tabeur, qui manqua de s’écraser face au regard grisâtre houleux de Bodrick. « Vous êtes bien responsable de la part légale de ce Conseil ? »
« Eh bien – oui, Miss Carrow… ? »
« Et donc en charge des dossiers et affaires sensibles, comme les procès, les plaintes, et les possibles poursuites ? »
« Oui… c’est exact mais je. »
« J’aimerais en savoir plus concernant Sally Bourbriac. »

Humbert Bodrick eut une exclamation étouffée, inspiration brutale par son nez en pic d’aigle, comme un mépris presque aussitôt ravalé. Mais se rasseyant, bien emprunté, face à un Charles toujours plus hésitant, ce fut ce dernier qu’il laissa répondre.

« Ce n’est rien de bien important, l’affaire est presque déjà réglée. Un de nos stagiaires, Anastaz Hunter, a été le témoin direct de la scène. Et une autre sang-pure, Theresa Mulciber, a manqué d’être directement impliquée. »

« Résumez-moi ? »
« Lors du marché annuel d’hiver, la boutique Accessoires et Transports a laissé des clients tester les nouveaux Fly3000. Des balais à destination du commun. Quatre jeunes hommes, des basique 3, ont essayé la feinte de Wronski. Ils ont plongé en piqué. Deux ont sévèrement perdu le contrôle. Le premier a manqué de percuter Theresa Mulciber, puis s’est écrasé sur un stand à proximité. Sally Bourbriac était entrain d’y choisir une nouvelle plume. »
« Notre responsabilité ne serait pas en cause ? »
« Le jeune homme en question, Franck Flastaff, a crié que le balai était « défectueux » selon les témoignages mais les rapports d’expertises évoquent une mauvaise utilisation malgré la réglementation en vigueur, notamment les conseils du vendeur que Flastaff a ignoré, tout comme ses amis. Ils voulaient sans doute impressionner leur monde… »
« Mais Sally Bourbriac a déposé plainte contre nous. »
« Nous aimerions nous retourner contre Flastaff, mais Bourbriac a insisté et le procès est prévu pour dans quelques semaines. Il est certain que nous allons être innocenté. Nous pourrions même en tirer bénéfice en demandant des intérêts pour diffamation mais… »
« Sally Bourbriac est elle aussi basique ? »
« De rang 3, oui miss Carrow. »
« Hm… »

Laissant le thé tournoyer dans sa tasse, Elizabeth tourna son regard vers les grandes baies vitrées de la salle de réunion. Sur un ciel d’hiver, Avalon s’exposait ainsi sans charme, sans sorcellerie. Dans sa simplicité même de ville ébréchée mais solide. Elle laissa courir quelques secondes attendues, où les membres du Conseil, soucieux de la suite de ses filaments de pensées, demeurèrent dans l’ensemble silencieux. Puis ignorant Bodrick qui commençait à s’impatienter, claqua savamment.

« Cela ne me convient pas. »
« Excusez-moi ? » « Miss Carrow ! » Clama Bodrick, en se redressant sur son siège. « Pouvez-vous nous expliquer plus en détails ce qui vous chagrine dans cette affaire somme toute classique et d’hors et déjà réglée ? »
« Elle n’est pas réglée Humbert. Elle est loin d’être réglée. » Repoussant son siège, Elizabeth se releva. Et les mains jointes dans son dos, en une parodie passablement réussie de l’attitude qu’avait son père avant sa maladie, elle tissa sa diatribe, d’une voix douce et affirmée.

« Sally Bourbriac est justement dans la tranche que nous aimerions viser avec l’Esperanto. Une basique 3. Une… quadragénaire ? »
« 44 ans oui. »
« Mariée, avec des enfants ? »
« Veuve, et avec une fille. »
« Basique 4 ? »
« … Oui, basique 4. »
« Voilà. Voilà où je voulais en venir. »
« Et où voulez vous en venir ? » Gronda Bodrick avec humeur.

« Nous avons une cliente potentielle, avec une jeune adolescente, basique 4, qui s’apprête à nous offrir une meilleure publicité que nous pouvions espérer en avoir. Nous pourrions aisément l’enterrer sous un procès peu coûteux et laver l’affront des dernières accusations, nous pourrions attirer l’attention, péniblement, sur ce basique 3 ayant risqué sa vie et celle des passants pour une feinte de Wronski. Et nous renoncerions ainsi à ce que le balai a pu lui inspirer. Le goût du risque. Le goût du sport. L’idée de pouvoir, de compétence, l’adrénaline ! »
« Et quel est le rapport ? » Osa Tanneur Mongommery, de sa voix frêle de vieillard patient.
« Le rapport, c’est que nous comprenons Franck Flastaff. Nous sommes en position de force. Nous avons le témoignage d’un sang-pur qui travaille pour notre société. Nous avons la possibilité d’un pardon. »
« Et refuser le procès ? »
« Non Sirius, le gagner, mais de manière bien plus digne. Nous allons garder les charges à l’égard de Flastaff, sans nous acharner. Mais nous allons traiter la plainte de Sally Bourbriac à la hauteur du préjudice commis. Elle nous en veut, nous devons obtenir sa grâce. La grâce d’une représentante de notre clientèle. Nous devons montrer que nous sommes à l’écoute et axer le regard sur la sécurité de nos prochains équipements. Je l’ai dit, je l’ai répété, les nouveaux balais doivent posséder des sortilèges de freinage d’urgence. »
« C’est une aberration. »
« Alors j’en ai une autre qui passera bien mieux. Nous allons dédommager Sally Bourbriac. »

Elizabeth laissa passer l’information, comme le moment de flou qui suivit, entrecoupé des exclamations aussi surprises qu’excédées des membres du Conseil. A eux tous, ils formaient cette vieille école pudigonde, des basique 4 comme des sang-purs comme Bodrick, persuadés d’être parfaitement à même de gérer seuls cette société. Ils commettaient ainsi une erreur qui perduraient depuis trop longtemps et cette mission était l’occasion de pouvoir affairer sa prise sur son rôle de sous-directrice.

« Vous n’y pensez pas. »
« Une basique 3 ne mérite pas de tels honneurs. »
« Alors nous ne méritons pas cette société. »

Elizabeth se retourna vers eux, son regard les détaillant, non pas avec colère, mais froide sagesse.

« Nous devons vendre. Nous devons être proches de celles et ceux qui veulent nous approcher. Nous devons donner cette impression d’être à quelques centimètres seulement de leurs possibilités. Quelle basique de rang 3 refuserait de toucher du doigt la bienveillance des sang-purs de ce monde ? Quelle basique de rang 3 refuserait d’être considérée par nous ? Si nous demeurons une élite parmi les élites, alors croyez moi, la concurrence sera des plus déloyales et nos marchés bien plus étroits. Nous ne vendrons que peu, au prix fort. Et si cela peut fonctionner, cela sera difficile. Nous avons un public de niche, nous avons déjà le sommet mais la montagne ne se constitue pas dans le vide. Il faut assoir notre base, il nous faut conquérir cette clientèle. J’ai développé l’Esperanto X pour qu’il soit à portée des bourses les plus classiques, sans être bas de gamme, sans être lésé, sans être gratuit et sans être un produit de bas rang. Nous proposons le juste milieu parfait. Le chic, la sécurité, la possibilité. Et vous voudriez lui refuser celle-ci ? Nous devons la dédommager. Nous devons nous faire cette publicité. Imaginez un peu, dans les colonnes de Sorcière Hebdo. Imaginez seulement la ligne éditoriale et l’enthousiasme généré ? La Carrow BroomStick consolide ses liens avec les membres d’honneurs de notre société. Nous montrons ouverture, bienveillance et fraternité à une époque de doute, de trouble et de combat. Nous sommes l’unité. Nous sommes la compréhension et le modèle. »

Sa gorge se serra. Et dans le silence enfin obtenu, Elizabeth se permis un simple raclement, comme étouffée sous la propre émotion. La vérité était bien moins chic. En 22 ans d’existence, c’était sans doute la première fois qu’elle parlait autant, et avec emphase, devant un public pour qui, généralement, elle n’existait qu’en des lignes strictes et épaisses, des contours peu engageants mais faciles à maitriser.

« Me suis-je bien fait comprendre ? »

Il n’y eut pas de réponse. Elizabeth en sourit. C’était bien mieux qu’un oui.

Le silence attentif.

« Alors envoyez à Sally Bourbriac 150 galions en guise de dédommagement. 150 gallions, pas un de moins, pour nous excuser de l’incident lamentable causé par Flastaff sur l’un de nos balais. » 150 galions qui lui permettraient ainsi de gagner l’amitié de cette basique, et possiblement sa confiance, sans grande difficulté.

Comme une clef tournant dans sa boite à musique.

Après tout qui irait refuser une telle somme ? Qui irait s’en insurger ? Surtout quand on pensait que cette femme se devait de côtoyer des moldu.e.s.

Non pour sur, elle en serait parfaitement heureuse.

« Négociez ainsi l’abandon de charge en discrétion et en simplicité. »


Calmement, et ignorant le tremblement délicat de ses genoux cagneux, la jeune femme retrouva son siège. Posa la main sur la tasse de thé qui se remplit à nouveau. Et demanda, d’une voix sèche mais charmante.

« Autre chose ? »



 

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Re: [MISSION] Jeu de pouvoir
ce message a été posté Jeu 25 Jan - 19:34
« Jeu de pouvoir »
Chapitre 2



« Que voulez-vous dire par « elle a refusé le dédommagement » ? » La plume à la main, affairée à co-signer les autorisations de vente concernant la France, Elizabeth leva son regard, bien moins calme soudain, à l’égard de Tabitha Quinn, l’assistante de direction et secrétaire presque exclusive d’Humbert Bodrick.
« Tout est dans la missive qu’elle vous a envoyé Miss Carrow. Je suis désolée de vous apprendre une telle nouvelle mais Sally Bourbriac a été très claire. Elle refuse la somme que vous vouliez lui verser. »
« Mais que veut-elle ? Plus ? 150 galions, ce n’est pas assez ? »


A quoi jouait donc Sally Bourbriac ? La bassesse des moldu.e.s qu’elle côtoyait avait-elle finalement fendu le chaudron percé qui lui servait de cervelle ?

Elizabeth voyait ainsi apparaître une fausse note dans la partition de sa manipulation. Elle qui avait misé sur la clarté et l’importance d’une telle récompense s’en retrouvait ainsi désappointée. Alors quoi ? Devait elle échouer face à une basique 3 ? Et comment l’attraper dans ses filets pour lui faire rejoindre la cause si 150 gallions ne l’impressionnaient pas.

« Si je puis me permettre mademoiselle… Vous devriez vraiment lire sa missive. »

Reposant sa plume, sans soupir mais avec un rien d’agacement, la jeune sang-pure tendit la main en direction de Tabitha, pour mieux recevoir le courrier de celle qui représentait finalement un objectif un rien plus complexe. L’enveloppe, d’un mauve vif, commença à chantonner dans sa main, déployant des fleurs le long des doigts d’Elizabeth qui agita ces derniers comme pour en chasser un insecte.

« Qu’est ce que… »
« Prenez garde le papier… éternue son parfum. »
« Tabitha, retournez auprès de Bodrick s’il vous plait. »
« Bien mademoiselle. »
« Et tenez-moi au courant si… » Elizabeth agita la main, d’un air entendu et la blonde hocha la tête avec une rare complicité avant de refermer la porte derrière elle. Laissée seule dans son vaste bureau, l’héritière des Carrow prit le temps de renverser la tête en arrière, se détendant un rien avant de tirer la lettre de sa protection florale, essuyant aussitôt un éternuement brutal de cette dernière, dégorgeant d’un parfum aussi lourd qu’entêtant.

« Quelle puanteur… » Grogna-t-elle avec humeur avant de commencer à décrypter l’encre, bleue turquoise, qui délivra ces quelques mots.



Mademoiselle Carrow,

Comme cela me fait plaisir, si vous saviez, d’obtenir votre attention, bien que je ne doutai point jusqu’à présent de votre inégalable empathie ! Hélas, je ne puis venir en main propre refuser votre offre, car la blessure dont je souffre encore aujourd’hui m’handicape grandement. Chaque matin il m’est difficile de quitter mon lit, encore plus d’arroser mes chères Canicula, celles qui exhalent le parfum que vous pouvez humer dès à présent – je suis certaine que vous devez le trouver charmant ! Je vous suis bien reconnaissante de votre dédommagement, certes généreux mais, et je m’excuse d’avoir à vous dire cela, bien en dessous de ce que vous pourriez me proposer pour me faire oublier le traumatisme causé par cette vision atroce, celle de ce balai et de son cavalier hurlant à la mort avant de manquer de me frôler ! Ce fut un carnage et mes douleurs ne me laissent pas en paix, moi qui menais pourtant jusqu’alors une vie si insouciante et si facile ! Je suis atrocement défigurée, je ne bois que peu et ne mange qu’avec peine. Dans votre bonté, vous devez sûrement ressentir une certaine tristesse à mon égard et pour cela, je vous dis merci. Je pourrais peut-être venir vous voir, vendredi, pour vous expliquer plus en détail d’à quel point la vie, malgré sa renaissance par la chance d’avoir survécu, m’est aujourd’hui d’une complexité affolante ? J’attends votre réponse, chère mademoiselle Carrow, en espérant avoir la force de me déplacer ! Bien à vous !


Sally Bourbriac





« C’est une plaisanterie… » Avait-elle mal lue le rapport d’expertise et notamment les avis des médecins de Sainte-Mangouste. Sally Bourbriac avait-elle été à ce point blessée par l’événement, au point de demander une somme, certainement exorbitante, en lieu et place de ce que Elizabeth souhaitait lui offrir pour gagner en maîtrise sur cette quadragénaire esseulée ?

Hésitante, ce fut pourtant dans la matinée qu’Elizabeth s’empressa de lui répondre un accord de principe quant à la visite de vendredi, autant par nécessité de se faire bien voir par les nouveaux dirigeants de leur pays et ainsi boucler cette mission sans grands chichis, que par curiosité malsaine d’assister aux déplacements de cette possible handicapée. Ne s’en excusant pas le moins du monde, ni par scrupule, ni par gêne, ce fut à Tabitha qu’elle confia la tâche du hibou, évitant avec soin la présence d’Humbert Bodrick qui aurait pu tout gâcher.

Rattraper cette situation ne devait pas être aussi difficile qu’il n’y paraissait, se jura-t-elle toute la semaine, pour regagner en confiance. Mais au matin du vendredi, habillée pour l’occasion d’une somptueuse robe de velours bleu, ce fut bien avec appréhension qu’elle attendit que sonne 9h.

Bien évidemment, l’attente en valut aussitôt le coup.




Trois coups claqués à sa porte et l’une des secrétaires de l’étage administratif obéit à son « Entrez », poussant la porte, le nez un rien froncé sous une odeur qui prit aussitôt Elizabeth à la gorge. Dans l’encadrement, Sally Bourbriac apparut, souriante, mince et effilochée, dans une tenue d’un vert pomme criard qui manqua un instant de l’aveugler. Saisie par l’apparition comme par le parfum que la basique 3 dégageait, Elizabeth mit un temps avant de se lever, et retrouver ainsi le sourire commercial et aimable qu’on lui avait appris.

« Madame Bourbriac je présume ? »
« Oh je vous en prie, miss Carrow, vous pouvez m’appeler Sally ! »

On lui aurait donné trente ans, avec ses cheveux blonds en broussaille, aux boucles si serrées qu’elles en paraissaient presque crépues. Ses yeux vert d’eau scintillaient avec humidité, comme perpétuellement embués, et ses mains crispées sur son sac à main semblaient s’étirer sous le poids innombrable de bagues aussi farfelues qu’immenses. Elle cliquetait de bijoux, sur des talons vertigineux et dépassant Elizabeth d’une bonne tête, envahie l’espace comme une plante grimpante.

Son âge fut tout de même un argument de choc dans cette présentation – celui de sa mère, sensiblement, avant son suicide, ce qui lui ferra les pieds pour ne pas chasser l’importune qui venait de lui crever l’œil par son apparence déjantée.

« Sally… » Balbutia Elizabeth avant de tendre une main par-dessus son bureau. Main qui disparue aussitôt entre celles de la nouvelle venue. Et enfin, après de longues secondes de choc, la sang-pure remarqua finalement que la femme devant elle semblait rétablie. « Ah ! » S’exclama-t-elle alors, soulagée. « Les médicomages de Sainte-Mangouste ont su faire leur travail, comme je suis heureuse de vous savoir en bonne santé ! »
« En bonne santé ?! » Ullula Sally en s’effondrant sur le siège invité, sans même attendre une invitation. « Je suis é-pui-sée ! Et voyez comme je suis maigre ! Je veux dire, j’étais déjà mince – j’ai toujours été avantagée par la nature. Mais je suis un squelette, désossée même, mes chevilles ne me supportent qu’avec peine et je boite ! Je boite péniblement. Enfin, ce n’est rien par rapport à l’atroce blessure dont je souffre. »
« Vous m’en voyez désolée… » Murmura Elizabeth en s’asseyant à son tour, saisie par tout ce drama.
« La voyez vous ? »
« Quoi donc ? »
« La blessure qui me défigure ?! » Mais le visage de Sally, bien qu’exorbité et crispé dans une pose tragicomique, semblait parfaitement intact.
« Eh bien votre… bo »
« Mon doigt ! Exactement ! » Sally roula des yeux en arrière, tendant l’index. « Effroyable n’est-il pas ? »
« … Effroyable oui. »

A dire vrai, la plaie apparente, à proximité de l’ongle, devait certainement la faire souffrir. Mais n’excédant pas les deux centimètres, et d’un rougissement à peine remarquable, elle passait presque innaperçue. Prenant cela comme une plaisanterie, Elizabeth se mit à sourire.

« Cela ne vous enlaidit pas en tout cas. »
« Ma peau ! Si douce ! Celle de mon visage m’est plus précieuse bien sûr mais les mains, mademoiselle Carrow. C’est bien cela que les hommes regardent en premier, croyez en l’expérience d’une femme qui a su en cotoyer ! »
« Je ne remets pas votre expérience en question… Voulez-vous un thé ? »
« Auriez-vous plutôt un sirop de jujube ? »
« Je… ne suis pas certaine. »
« Goyave ? »
« Goyave. »
« Ou paprika-parmesan avec un zeste d’agrumes. »

Elizabeth appuya sur l’interphone.

« Vani ? » « Oui mademoiselle ? » « Un sirop de goyave pour madame Bo- »
« Sally ! » « Pour madame Sally s’il vous plait. » « Tout de suite mademoiselle ! »
« Bien. Sally. » Elizabeth se racla la gorge. Commençant à comprendre pourquoi on l’avait refourguée aux moldu.e.s, cette basique là. « Je suis péniblement désappointée par votre état de santé. La société a besoin de personne comme vous dans ses rangs. Et qu’elles soient en parfaite santé. »
« Comme vous êtes aimable ! »
« Je pensais très sincèrement que le dédommagement proposé vous serez d’une certaine… »
« Satisfaction ? » « Disons cela. » « Ce le fut mais voyez vous… Et sans vouloir me montrer trop excentrique. »

Fais de ton mieux, grinça Elizabeth en pensée.

« Je pense que je mérite bien mieux. Voyez vous… le traumatisme, comme je vous l’ai indiqué, fut si grand et aujourd’hui je ne peux plus voir un balai sans trembler ! » « C’est un problème. » Acquiesça l’héritière Carrow, sentant le contrôle lui échapper. « Alors, je ne réclamerai rien bien évidemment. » « Bien évidemment. » « Mais je pense tout de même attendre jusqu’au procès. »

Le sirop de goyage apparut, rougeoyant comme une braise rosée dans son verre de cristal. Sally l’attrapa comme une plante carnivore un moustique. Avec la patience de celles qui savent que l’insecte ne peut plus lui échapper. Et s’en désaltérant en trois longue gorgée, revint soutenir le regard d’Elizabeth, le visage étrangement doux, dans sa lueur de folie qui l’habitait.

« Sans vouloir me montrer pessimiste à ce sujet, Sally… nos rapports concordent tous pour rejeter la faute sur le cavalier du balai en question, comme sur ses amis. » « Oh vraiment ? » « Oui vraiment. Néanmoins, ce qui a pu inspirer une telle prise de risque nous revient. » « Ah, vous l’avouez ! » « Hé bien j’en admets une moindre partie certes… » « Alors peut-être qu’au procès ils salueront votre logique ! » « Sally. »

Le ton un rien plus ferme d’Elizabeth effilocha le sourire de la basique. Et dans un sursaut de prise de conscience, malgré ses habits excentriques, la sang-pure sentit le fil se tordre, le lien se creuser. La femme qu’elle avait devant elle n’était pas seulement une veuve esseulée un rien hypocondriaque. C’était une reine de la mise en scène, au caractère bien trempé. Lui opposer de la force ne ferait que nourrir sa détermination.

Alors en bonne Carrow, et suivant la piste de son frère ainé, ce fut d’un battement de cil qu’elle chercha une voie de sortie. A dire vrai, toute trouvée.

« Concentrons nous plutôt sur Flastaff. Une plainte commune, avec notre entier soutien. »
« Ce balai… fonçant sur moi comme un éclair… comme je le revois. »
« Je me doute bien Sally. Je m’en doute parfaitement. Mais que pouvons nous faire pour que ce balai disparaisse dans l’horizon d’un futur bien plus optimiste ? »

« Ce que nous pouvons faire ? »
« Ce que vous voulez. »
« Oh mademoiselle Carrow, je n’aurais pas l’égoïsme, l’orgueil, je veux dire, la suffisance impériale de CROIRE que »
« Que voulez-vous Sally ? Je suis la sous-directrice de la principale société de balai de ce pays. Je suis parfaitement à même de trouver de quoi vous rendre le sourire. L’unité de notre nation se compose du soutien que nous pouvons nous apporter n’est ce pas ? » « Bien sûr ! » Elizabeth huma l’air. « En échange vous me pourriez me donner une flasque de ce délicieux parfum. » « Vous aimez ?! » « Je n’osais pas vous l’écrire ! » « Oh comme vous êtes charmante ! »

La basique en ronronnait presque.

« A dire vrai, j’aurais une demande un peu particulière. » Continua-t-elle ainsi, faussement naïve, levant des yeux émerveillés sur le plafond d’étoiles ornant le bureau d’Elizabeth. Liant ses index sous son menton un rien trop pointu, ce fut avec une fascination morbide que la jeune Carrow la regarda froisser la peau parcheminée de ses commissures, attendant dans un souffle retenu toute l’importance de sa réponse.

De cela dépendait une complicité qu’elle se devait de créer avec cette farfelue.

« En arrivant dans votre société, je ne m’attendais pas à trouver tant de choses, tant d’étages et savez vous quelle était mon objectif à Poudlard ? » « Obtenir un optimal en botanique ? » « Oh ça, ce ne fut pas très dur ! Non… c’était de fouiller. Toujours fouiner. Je suis un peu comme ça, j’adore fureter, j’adore glisser ma baguette dans les lieux exigus que les dames devraient éviter. Il y avait tant de pièces et tant de secrets que cela m’a occupé une bonne partie de mes années étudiantes ! » « J’imagine bien. » Une curiosité qui devait sans doute l’aider à obtenir les secrets des moldu.e.s traficotant au sein des lieux de récréation.

Elizabeth retrouva le sourire, un peu plus enthousiaste.

« Et vous voudriez faire de même ici ? »
« Oh, si ça ne vous dérange pas… »
« Une visite guidée, d’une journée entière ? Et nous pourrions reconsidérer… votre plainte ? »
« Je pense qu’après une journée entière en votre compagnie je n’aurais même plus peur des balais ! Et ferait sans doute un tour à la boutique du rez-de-chaussée ! Ma dernière Canicula a dévoré mon Champion, une vieille bécane mais tout de même, beau balai… »
« On en fait difficilement des meilleurs. » Admit Elizabeth, dans un soucis particulier à ne pas la contrarier. « Alors disons, mardi ? »
« Je préfère le jeudi. Jour de Jupiter ! Jour de force et de flamboyance ! Et je vous apporterai votre parfum ! »
« Parfait ! »

La sang-pure se redressa, tendant une main amicale à Sally, le regard brillant d’allégresse. Les choses s’amélioraient – sans doute pour un temps. Il faudrait seulement que le Conseil ne vienne pas à l’apprendre – ou en tout cas, pas l’entièreté de l’information. Un tour de passe-passe à venir mais Brett l’avait ainsi bien élevée.

Cette mission, elle la réussirait.


 


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Re: [MISSION] Jeu de pouvoir
ce message a été posté Jeu 25 Jan - 19:34
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Re: [MISSION] Jeu de pouvoir
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« Jeu de pouvoir »
Chapitre 3



Au bout d’un moment, même le basique rang 1 préposé à actionner l’ascenseur manqua d’en faire une crise de nerf. Peter – Elizabeth avait finalement eu le temps de décrypter le hiéroglyphe lui servant de nom incrusté sur son badge aux couleurs argent et noir de la société – en avait les yeux injectés de sang, les dents serrés et la sang-pure, compatissante pour une fois, se promit de ne lui faire aucun commentaire. Pourtant, Merlin savait d’à quel point elle avait envie de passer ses nerfs sur quelque chose de possiblement malléable, pouvant crier de douleur à sa place. A sa hanche, sa baguette crépita d’un feu follet, comme éructant le parfum atroce dont elle avait dû s’asperger à l’arrivée de Sally, ce jeudi-matin, pour mieux lui faire plaisir. Elle se sentait comme embaumée dans les vapeurs épaisses de cette horreur et trébucha en sortant au troisième étage, au niveau des publicitaires qui, sous un commun d’accord, disparurent dans des salles soigneusement verrouillées.

Hélas, c’était sans compter la persévérance de Sally Bourbriac, toute de vert pomme vêtue ce jour-là.

« Ouvrez donc ! Je sais que vous vous cachez mais je viens vous espionner et votre patronne avec moi ! Que cachez-vous ? De la bièraubeurre, quelques bonbons ? Je sens que ça discute ! » S’égosilla la basique rang 3, rendue intouchable par le pass que lui avait confié Elizabeth. Cette dernière, demeurée prudemment en retrait, échangea un regard effaré avec l’un des stagiaires de la compagnie.

Le matin même, elle avait rédigé un billet plutôt concis à l’égard des travailleurs et travailleuses, de tout domaine qu’ils soient, pour les prévenir de la visite impromptue d’une invitée de marque. Et l’invitée en question, après avoir descendu deux jus de goyave spécialement commandés pour elle, en était déjà à son deuxième vacarme en moins de trois heures.

« Nous pourrions peut-être revenir plus tard ? Je pense qu’ils doivent déjeuner, après tout, il est bientôt midi. » « Oh ! Ca n’en sera que plus exquis ! Déjeunez vous souvent avec les membres de votre compagnie ? » « … A dire vrai, je mange peu, et généralement dans mon bureau… » « Vous allez apprendre ! Croyez-moi, il n’y a que du bon à partager ainsi les repas des moins nantis. Cela vous apporte l’expérience et apaise les conflits ! Moi, il m’arrive bien souvent d’aller manger un casse-croûte au milieu des moldu.e.s ! Ainsi, ils sont bien habitués à me voir les observer et nous arrivons même parfois à dialoguer ! C’est comme des oiseaux difficiles, mais leur intellect peut être remarquable dans certains cas ! »

La jeune Carrow se retint de lever les yeux au ciel. La comparaison était aussi déplacée qu’absurde en de telles conditions mais n’était-elle pas justement présente, à souffler ainsi sa commisération à l’égard des excentricités de Bourbiarc, pour obtenir les précieuses informations obtenues par ce même comportement qu’elle ne manquait pas d’insulter copieusement mentalement ?

D’un alohomora, Elizabeth ouvrit donc la porte, découvrant la table bien installée de quatre publicitaires qui se levèrent en furie, atrocement paniqués de voir la directrice en personne débarquer en plein panier repas, les designs des prochains projets flottants encore en l’air, se diluant peu à peu en formant des images presque abstraites.

« Ne vous dérangez pas. » Les rassura-t-elle comme elle put avant de laisser Sally s’infiltrer dans les lieux, toute fouineuse qu’elle était. L’une des femmes se retint, mais le regard larmoyant, commença à tousser quand le parfum vint la prendre à la gorge. « Cette odeur… » Souffla-t-elle tout bas péniblement. « Le parfum de madame Bourbriac. » Coupa court Elizabeth en voyant la basique 3 dresser les oreilles. « Et nous l’adorons ! »
« Nous l’adorons ! » Reprirent encore les salarié.e.s, les bras un rien ballant, une souris de papier se faufilant dans leur patte comme pour mieux échapper à ce carnage.
« Qu’ils sont chous ! Ils me rappellent ma fille ! Elle est aussi docile que cela, c’est parce que je leur en impose, n’est-ce pas mademoiselle Carrow ? »

Au court de la matinée, ce fut presque si elle n’avait tenté de l’appeler par son prénom mais cette énième excentricité n’était pas parfaitement passée et pour une fois, une seule petite fois, Elizabeth avait réussi à faire entendre sa voix.

Mais voyant Sally à quatre pattes près d’un guichet fermé, ce fut presque si elle le regretta.

« Et si nous descendions au premier, pour la conception ? »
« Oh, j’aimerais retourner au dernier finalement ! »
« Le … mais au dernier il n’y a que les secrétaires et le service est plutôt calme en ce moment Sally. »
« Non, retournons au dernier, j’aimerais admirer la vue. »


Dans un mouvement éclatant et presque trop vif, dans ses couleurs unies foudroyantes qui manqua de les éborgner, Sally revint auprès d’Elizabeth pour mieux lui attraper le coude. Le geste, la présence, le contact tout entier la crispa aussitôt mais elle ne put s’en dépêtre.

« Vous voyez votre Mobilis Serpentorsia ? » « La plante ? » « Oui, la plante, si vous voulez. » Sally plissa des yeux, pointant du doigt la verdure qui faisait peine, ainsi cachée dans l’angle. « Rapprochez-la de la fenêtre et hydratez-la. » « J’en prends bonne note. » « … Non, maintenant. » « Maintenant ? »

Mais pourquoi Merlin, pour cette plante ? Pourquoi elle ? Pourquoi cet ordre de mission stupide.

« Il faut qu’elle prenne la lumière, elle est en train de mourir. » Ainsi était leur univers, songea Elizabeth sans rébellion. A se moquer des conditions des moldu.e.s qu’on gardait enchaînés mais à prendre peur au moindre pétale flétrit d’une plante de bureau sans importance.

Ceci dit, la plante elle, n’essayait pas de les tuer. Et d’un geste de la baguette, Elizabeth se rompit à l’ordre avant de tourner les talons vers l’ascenseur de nouveau. Quand les portes se rouvrirent, sur une basique de moindre rang au visage parfaitement inconnu, elle creva le plafond d’un haussement de sourcils interloqué.

« Où est Peter ? »
« Qui ça ? »
« Peter. »
« Oh il est souffrant, on m’a demandé de le remplacer. »

Veinard souffreteux et fragile, gronda la jeune femme en suivant Sally qui se glissa dans le fond.

« Dernier étage. »
« Bien mademoiselle. »
« Alors Sally, dites-moi… vous n’avez finalement plus faim. »
« La vision de cette Mobilis… pardon, cette « plante », m’a coupé l’appétit. Et j’aimerais revoir la charmante secrétaire qui m’a accueilli la fois dernière. Tabatière ? » « Tabitha. Et nous prendrons soin de la Mobilis Serpentorsia à l’avenir. Comme des autres plantes du bâtiment. » « J’en suis soulagée ! » L’instant traîna en paresse et surprise du silence presque contemplatif de Sally – ainsi, elle pouvait parfois s’arrêter dans son énergie en cycle continu – Elizabeth mit à profit ces quelques minutes loin des regards et des clients pour revenir au sujet qui lui importait le plus.

« Vous avez fait mention de votre métier, j’ai cru comprendre que vous l’appréciez beaucoup. » « Mes jours de congés varient en fonction des disponibilités de chacun mais oui, je le trouve très intéressant. Je compte écrire une étude sur eux, vous savez ? » « Oh vraiment ? » « J’aimerais les comparer à mes Canicula. Dans leur comportement ils sont presque semblables aux plantes les plus évoluées dont nous ayons connaissance à ce jour. » « C’est fascinant. »

Sur les parois de l’ascenseur, le visage de Cecilia Munro apparut, coincé dans sa campagne publicitaire qui se déclenchait automatiquement passé un certain temps. Elizabeth observa les traits fins de la joueuse de Quidditch, sa détermination palpable, son adresse sur le dernier modèle sportif créé en dérivé de l’Esperanto X et comme poussée par cette vision presque combattive, elle murmura.

« Je ne sais pas si j’aurais votre courage. »
« Mon courage ? » Et l’étonnement de Sally parut soudain presque sincère.
« De côtoyer autant de moldus sans craindre quoique ce soit. »
« Oh vous savez, ne viennent que ceux dont les maitres leur laissent la possibilité et ce sont toujours les mieux dressés. On ne prendrait pas un tel risque sinon. »
« Bien sûr. » Admit Elizabeth. « Mais tout de même, tant de moldus dans un même lieu… comment savoir ce qu’ils se disent, ce qu’ils souhaitent faire. J’aimerais pouvoir entrer dans leur tête et en tirer les fils de leurs pensées comme pour les… les réduire à de simples objets pratiques sans conscience. »
« Ils ne sont pas conscients. » La rassura Sally, en souriant. « Ils veulent servir. C’est dans leur nature. Quand la voie du maître est prise, ils sont d’une docilité de bête de somme. C’est ainsi. Ils sont moins capables que nous et se plient plus aisément aux ordres et à la servitude. Les rebelles terroristes voudraient nous prouver le contraire mais ce sont des sauvages. Et ils retourneront à l’état sauvage si on ne s’en occupe pas sévèrement. L’état sauvage de leur propre destruction. »
« Je suis parfaitement d’accord. » Elizabeth eut un hochement de tête clairement convaincu. « Mais nous n’avez pas peur des manigances… »
« A dire vrai… je les écoute plus souvent qu’il n’y parait et qu’ils le savent eux-mêmes, vous savez. » « Oh, vraiment ? » « Oui et d’ailleurs… »

Les portes s’ouvrirent. Et interrompant Sally dans un discours plus que prometteur sur ses chances de réussite, Elizabeth fit soudain face à Humbert Bodrick. Et au reste du Conseil, soigneusement aligné derrière l’homme qui s’apprêtait sans doute à aller déjeuner.

« Mademoiselle Carrow ! » C’était toujours ce même claquement presque colérique en guise de salut mais pour cette fois, en ce jeudi-midi, la colère, l’impatience et le paternalisme firent place à une stupéfaction sidérée. « Mais. Vous êtes. »
« Humbert ! Messieurs. Je vous présente Sally Bourbriac. »

Elle se serait presque étonnée elle-même du calme qui opéra soudain dans son comportement. Et dans toute sa suffisance de demoiselle, vêtue de rouge sombre, pour l’occasion, Elizabeth croisa les mains devant elle, pencha la tête de côté et papillonna des cils.

« Pouvons-nous sortir ? »

Humbert s’écarta. Et Sally commença son habituel numéro.

« Comme je suis enchantée de faire la connaissance du père de mademoiselle Carrow ! »
« En vérité Sally vous avez devant vous le premier directeur du Conseil de la société, Humbert Bodrick. » « Madame. » « Et ces messieurs Charles Tauber » « Bonjour madame » « Tanneur Mongommery » « Madame Bourbriac. » « Sirius Frost » « Enchanté madame. » « Horace Liveli » « Madame. » « Et Walter Cappersky. » « C’est un plaisir madame Bourbriac. »
« Une parfaite équipe ! Charles Tauber… il me semble vous avoir écrit une longue missive concernant ma plainte, vous avez été mon interlocuteur n’est-ce pas ? »
« Hé bien… oui madame, c’était bien moi. »

Ou en tout cas son premier secrétaire.

« Sally et moi-même nous nous apprêtions à aller déjeuner après une première visite de la société. Sally était très curieuse de découvrir notre travail et n’a pas tari d’éloges à l’égard de nos balais. »
« Bien que vous malmeniez les plantes ! »
« C’est vrai, Sirius, vous êtes en charge de l’administratif interne, auriez vous l’obligeance de noter ce point ? Que nous puissions améliorer les conditions de vie herbales en notre société. »

Ce fut presque si la mâchoire d’Humbert Bodrick ne se décrocha pas et attentive à ses moindres réactions, Elizabeth s’attendit presque de se voir prendre à partie par celui qu’elle considérait comme sa principale difficulté. Mais venait-il de se rappeler la menace du procès, bien que presque gagné, ou les consignes drastiques posées par la sous-directrice Carrow ? Ravalant sa bile et sa mauvaise humeur, Humbert se contenta d’un doloris visuel, un lancer de pierres en grenades par son regard déjà acéré.

Elizabeth y répondit aussitôt par un sourire bien corsé.

« Nous nous verrons plus tard mademoiselle Carrow. » L’écho du grabuge causé par Sally aux étages inférieurs n’avait pas encore dû lui être transmis – Tabitha, ainsi, avait fait sa part avec brio.
« Je n’y vois aucun inconvénient, monsieur Bodrick. » L’utilisation de son nom de famille en de telles formalités fut un pincement supplémentaire. Et Humbert s’engouffra dans l’ascenseur, ainsi que sa suite de chiens fidèles.

La sang-pure dut se retenir de ne pas agiter la main en signe d’aurevoir.

« J’ai l’impression d’avoir assisté à un sacré duel ! » Clama Sally, qui n’avait décidément pas les yeux dans sa poche. « Et vous n’auriez pas tort. » Se confia Elizabeth sans même penser à la portée de ses mots. « C’était toujours ainsi avec mon défunt mari. Du défi, toujours du défi ! » Sally tapota soigneusement les boucles blondes en chignon monté en tour. Et gloussa.

« Finalement, j’ai un petit appétit et je grapillerai bien un peu de votre déjeuner ! » « Nous pouvons aussi sortir, et moi vous inviter. Il y a un restaurant, au Crapaud Barbotteur, qui est un régal, sur le quartier Potionis. Nous pourrions continuer notre discussion sur les moldus et la manière dont vous arrivez tout de même à surveiller leurs agissements. »
« C’est un bien grand mot ! »
« Pourtant vous réussissez à les supporter et pour moi, c’est un véritable exploit ! »
« Ah, vraiment ? »

Rien n’aurait pu faire plus plaisir à Sally qu’une nouvelle nuée de compliments et enthousiasmée par sa nouvelle réussite face au front commun du Conseil, Elizabeth se faufila une nouvelle fois par cette porte entrouverte que la basique lui présentait.

« Je trouve cela fascinant et formidable. Voyez-vous, je fais partie de cette jeunesse sang-pure fidèle au régime mais les jeunes femmes que je côtoie n’ont pas cette possibilité de participer plus activement aux bienfaits de notre société ! »

Le regard de Sally se troubla.

« Oh à dire vrai j’ignore si j’y participe plus qu’aucun autre membre de notre société. »
« Allons ! Vous êtes au poste de surveillance le plus important qui soit ! On voudrait nous faire croire – en tout cas, ces pathétiques terroristes – que nous sommes à un cheveu de perdre le contrôle mais même dans les heures sombres, nous avons toujours maintenus notre poigne ! Et aujourd’hui, grâce à des personnes comme vous, nous pouvons avoir un regard sur tout ! C’est fabuleux ! »
« Et vous pensez que cela impressionnait vos amies ? »
« Oh certainement ! »
« Alors pourquoi ne pas les rencontrer ?! »

Et de nouveau, l’exubérance de la botaniste revint comme une gifle frappant une tarte à la myrtille. Toute éclaboussée de ce nouvel accès qu’elle n’avait pas prévu, Elizabeth en perdit finalement le contrôle. Allons ! Elle venait de négocier l’abandon de plainte et de lui offrir sa journée découverte – loin d’être encore terminée. Sally ne pouvait que s’en satisfaire, n’est-ce pas ?

Eh bien non.

« Un thé ! Oh un thé serait quelque chose de formidable ! »
« Un thé… en compagnie de mes amies ? »
« De la crème de la société anglaise et être invitée par une sang-pure à côtoyer d’autres sang-pures serait à la hauteur de ce que votre société me doit. Vous savez… » Le regard de Sally brilla d’une émotion toujours aussi dramatique. « Ce tragique… »
« Oui, oui, je comprends parfaitement. Les balais d’aujourd’hui ne vous ont-ils pas rassuré ? »
« Oh… quelque peu seulement… »
« Et la visite ? »
« Merveilleuse il est vrai mais voyez-vous, déjeuner me fera du bien, le boitement revient… et ma peau si douce… ma taille si svelte… »

D’accord, elle n’allait pas y échapper.

« Disons dimanche, 16h ? »
« Ah non, je travaille ! Plutôt samedi. Au plus tôt ! Et je ramènerai du parfum à vos amies ! »

Eh bien déjà qu’Elizabeth n’en avait pas beaucoup, pour le coup, ça allait être une hécatombe dans ses prochaines listes d’invité.e.s.





Spoiler:
 

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Re: [MISSION] Jeu de pouvoir
ce message a été posté Jeu 25 Jan - 20:26
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Re: [MISSION] Jeu de pouvoir
ce message a été posté Lun 29 Jan - 21:58
« Jeu de pouvoir »
Chapitre 4



A dire vrai, de toutes les excentricités de Sally Bourbriac, celle-ci allait s’avérer être la plus difficile à honorer. Et bien vite, Elizabeth se retrouva dans une fâcheuse impasse. En tant que sang-pure, elle disposait bien évidemment d’un nombre de connaissances féminines du même sang qu’elle pour partager des instants aussi hypocrites que maniérés autour d’une bonne tasse de thé. Mais aucune, à commencer par toutes les Rowena Dolohov, Olivia Vaisey et Vivienne McKay de ce monde, n’allait répondre présente pour partager les frasques absurdes d’une basique de rang 3. Impossible aussi d’inviter Heather Blackburn – c’eut signer son arrêt de mort face à la personnification emblématique de la réussite – et encore moins Theresa Mulciber – premièrement, parce qu’elle ressentait beaucoup trop d’affection envers la jeune femme albinos pour être absolument calme pendant ce thé. Deuxièmement, parce que Theresa et Sally partageaient un évènement commun qui lui fallait absolument mettre de côté pour réussir sa mission. Et troisièmement, parce que Sally était atroce, alors autant ne pas y briser l’amitié la plus précieuse qui soit au nom des mangemorts.

« Tu n’as qu’à inviter Sofia Schmidt. » Proposa Arthur, confortablement installé dans la peinture du petit salon, son visage similaire à celui de son cadet se fronçant de réflexion. « Tu t’entendais bien avec elle à l’époque. »
« Elle m’a aussi magistralement lâchée. » Commenta Elizabeth en triturant sa liste de noms célèbres.
« Alors ça serait une double vengeance. »
« Arrête tes idioties. » Mais au moins Arthur – ou enfin, cette version d’Arthur – eut pour mérite de la faire sourire.

« Après, elle t’a demandé quoi, exactement ? » Demanda l’adolescent en changeant de toile, se rapprochant un peu plus de sa sœur ainée.
« Un thé avec des sang-pures. »
« Et tu ne connais que celles-ci ? »
« Eh bien elles sont impressionnantes. »
« Mais Sally n’a pas dit qu’elle voulait des personnes impressionnantes. Elle a dit qu’elle voulait rencontrer tes amies sang-pures. »

Elizabeth cligna de l’œil.

« Tu veux dire... ? »
« Des amies sang-pures, techniquement, tu n’en manques pas. »
« Mais elles ne seront que deux. Et elles ne seront pas ravies. »
« Tabitha Quinn est ton employée. »
« Donc elle ne pourra rien dire. »
« Et l’autre est la fille de Bodrick. »
« Il pourra me le refuser. »
« Refuser l’invitation d’une Carrow sachant que c’est précisément cette Carrow qu’il tient à manipuler et donc, dans son esprit tordu, aurait ainsi la possibilité d’envoyer en première ligne une témoin de toute l’affaire ? »
« Autant me doloriser le pied non ? »
« Pas si tu surveilles la surveillante. »

Un silence stupéfait et admiratif s’abattit dans la petite pièce, avant qu’Elizabeth ne parvienne à formuler :

« … Pourquoi n’es-tu pas comme ça tous les jours Arthur, tu te ferais bien moins malmener à Poudlard. »
« Parce que c’est toi qui m’a ensorcelé. » Répondit le blondinet avec tact avant de retrouver son fauteuil.

Marquant ainsi un point honorable dans toute cette conversation.




S’il y avait une satisfaction à tirer de toute cette scène pittoresque, c’était bien de constater la tête congestionnée d’Elfrida Bodrick. Tabitha, le nez dans sa tasse, supportant avec difficulté les cris tonitruants d’une Sally en pleine démonstration d’un chant troll qu’elle avait apprise en classe découverte à Poudlard, lui lança une œillade effarée mais aussi particulièrement comique. Pendant la première demi-heure de cette réunion tragique, Elfrida avait pris coups sur coups une remarque sur ses vêtements, une remarque sur la sécheresse de sa chevelure, une autre sur son goût du sucre et une dernière sur le fait qu’elle « n’appréciait pas tant que ça » la botanique. Une autre sang-pure se serait glissée sur son siège que Sally aurait subit un brusque retour de sortilège en pleine poire mais Humbert Bodrick avait du donner ses ordres à sa fille ainée, notamment celui de rester impassible pour mieux ferrer ses arguments à la prochaine réunion du Conseil.

Evidemment, ça allait lui retomber sur la baguette – on ne pouvait ainsi « mépriser » la fille d’Humbert Bodrick sans en subir les plus saines conséquences – mais Elizabeth était finalement loin de tout ça. Quelque part dans le tumulte, son esprit venait de décrocher et fixant impassible la bouche tordue d’effort de la basique, ce fut en marquant le rythme du pied qu’elle rajouta un peu de thé dans son amertume, croquant délicatement un gâteau à la carotte.

Le jardin d’été du manoir Carrow délivrait ainsi ses rares rayon de soleil du mois de janvier et en profitant pour gagner un peu en chaleur, Elizabeth sourit à ses invitées.

« N’est-ce pas merveilleux ? » Fut-elle obligée de s’exclamer, haussant le ton pour communiquer au-delà des gargarismes de Sally. « C’est tellement… »
« C’est assourdissant. » Grogna Elfrida avant d’être rattrapée par une Tabitha toujours professionnelle.
« C’est atypique mais charmant. » Murmura la jeune femme, plissant sa bouche énorme sur un sourire contrit. « Mais Sally, vous devez avoir soif. »

Le chant durant déjà depuis dix bonnes minutes, ce fut presque allégresse si cette dernière ne renchérit pas, apparemment pas essoufflée pour deux sous et ravie de faire constater aux sang-pures l’étendue notable de ses talents. Il fallut tout de même bien finir et tout en s’éventant, ce fut en trois lampées qu’elle se désaltéra le gosier avant de tapoter ses joues rosies.

« Et certaines personnes peuvent tenir ainsi près de deux heures ! »
« Quel exploit. » Commenta Elizabeth, presque impressionnée.
« Ne sont-elles pas aphones, au bout d’un certain temps ? » Demanda Tabitha tandis qu’Elfrida dédaignait son thé désormais trop sucré.
« C’est tout un travail de voix et ils s’entrainent très jeunes. Moi je n’ai commencé qu’à 12 ans mais mon professeur trouvait déjà mes capacités exceptionnelles ! »
« Et elles le sont. »

La main parcheminée de Sally trouva celle de Tabitha.

« Cela me fait tellement plaisir de pouvoir discuter avec vous. A chaque venue dans l’entreprise de mademoiselle Carrow, nous avons à chaque fois été interrompues. Mais êtes-vous certaine d’apprécier entièrement le présent que je vous ai apporté aujourd’hui ? »

Tabitha cilla jusqu’à Elizabeth qui se contrôla pour ne pas partir en fou rire. En plus du parfum, deux gros flacons que Sally avait apportés exprès tout en insistant pour que toutes s’en mettent immédiatement, la basique 3 y avait rajouté des boutures de ses Canicula. Un cadeau précieux au regard de la sorcière mais une catastrophe pour les trois sang-pures. Les boutures, à peine formées en bouton, avaient déjà essayé de leur manger les ongles « Leur repas favori ! » Avait lancé Sally comme pour les rassurer.

« Oh hé bien oui, c’est… très personnel. »
« A moins que la plante vous mange plus que le bout des doigts. » Grogna Elfrida, perdant ainsi contenance face à ce qu’elle devait déjà considérer comme la folie de trop.
« Oh les Canicula n’apprécient guère les viandes trop sucrées. Et avec votre léger surpoids, je peux vous dire qu’elles préféreront de loin une ossature plus apparente ! Soyez rassurée. »

Tabitha s’étouffa dans son thé, Elizabeth en marqua un sursaut et Elfrida, la bouche grande ouverte, fixa la basique 3 comme si un cactus venait de lui sortir des oreilles.

« Elfrida, un peu de thé ? » S’empressa de proposer l’hôtesse, essayant vainement de changer de sujet.
« Avez-vous entendu ce qu’elle a dit ?! » Beugla la sang-pure, d’une voix presque stridente.
« Mais n’était-ce pas un compliment ?! » Se précipita Elizabeth, perdant aussitôt toute envie de rire. « Au moins vous ne risquez rien avec la Canicula. »
« Mais de la Canicula, je vais en faire des »

La tasse de Tabitha claqua au sol, se brisant en une faïence de morceau, faisant reculer les trois autres femmes.

« Que je suis stupide ! » Se flagella la jeune femme, avant de ramasser les débris du bout de sa baguette.
« Non laissez Tabitha, laissez. Les elfes vont s’en occuper voyons. »

La gratitude que ressentit Elizabeth à l’égard de sa secrétaire fut au-delà de tout sentiment positif, et échangeant un bref clin d’œil avec sa complice, la sous-directrice profita du vague moment de flottement pour en revenir au point qui l’intéressait le plus.

« Elfrida a une moldue, nouvelle acquise, pour son anniversaire. Une certaine Constance je crois, c’est bien cela ? »

La fille de Humbert, sous sa cascade de cheveux roux, lui lança un coup d’œil amer avant de hocher la tête.

« Et il s’avère qu’elle passe du temps au lieu de rencontre dont vous avez la charge Sally ! N’est ce pas une merveilleuse coïncidence ?! »
« Si… sans doute. »
« C’est une jeune femme plutôt ronde, brune, les cheveux coupés très courts. »
« Oh je ne les repère pas ainsi. A mes yeux, ils se ressemblent tous. »

Elizabeth changea de voie.

« Tu es satisfaite de son service, Elfrida ? »
« Papa l’a pris chez les Shafiq. C’est leur meilleure gamme. Pas comme votre dernier, Dorian je crois ? »
« Dorian a été tué par ces rebelles de toute façon. » Maugréa Elizabeth, peu ravie de la mention de son ancien moldu. Mais voyant le regard de Sally briller, ce fut à regret qu’elle continua. « Leurs messages terroristes n’ont ainsi aucun sens. Si les moldus s’étaient alliés contre nous, ils ne se tueraient pas entre eux. »
« Bien évidemment. » Approuva Tabitha qui n’en possédait aucun.
« Mais je me suis refusée d’en reprendre. »
« Vous aviez peur de vous y attacher ? »

Petite garce.

« J’avais peur de tomber sur un de ces misérables qui ont aidé les terroristes à commettre tant d’attaques. »
« Ah ! Chez les Shafiq, il n’y a pas de ça. »
« Mais chez les autres, et dans les lieux de rencontre, que sait-on de leurs discussions ?! »

Les regards se tournèrent d’un même ensemble vers Sally qui, abandonnant toute excentricité, tapota sa bouche d’un air suffisant.

« Je les écoute bien assez pour savoir. Rien ne m’échappe. »
« C’est ce que vous me disiez la dernière fois. Que vous les surveillez. Mais mis à part vous qui le sait ? »
« … Eh bien c’est vrai que je dois bien être la seule à prendre en compte toutes les affreuses possibilités de ces esclaves mais je fais cela pour mon étude, comme je vous l’ai déjà expliqué. »
« Sally écrit un livre pour les comparer à ses plantes. » Expliqua Elizabeth aux deux autres, parvenant enfin à extirper un rien de considération de la part d’Elfrida.

« Vous pensez qu’ils sont plus évolués ? » Demanda Tabitha, presque avec crainte.
« Oh ça non. A part quelques réflexes physiologiques, ce ne sont rien de plus que des moins que rien. Les plantes, elles, disposent d’une intelligence bien plus complexe que ces créatures. »
« Papa veut que Constance se reproduise. » Marmonna Elfrida, participant enfin à la conversation. « Il dit qu’une bonne esclave peut engendrer une meilleure lignée docile, sans problèmes de caractère. C’est pour cela que nous la laissons trainer, même si à mes yeux, c’est une perte de temps. »
« Je trouve aussi, il ferait plus de sens de les stériliser mais la majorité des sorciers apprécie ces esclaves. Moi, je ne les supporte plus. » Frissonna Elizabeth.
« Auriez-vous peur d’eux ? »
« Pas réellement Tabitha… mais avec les circonstances, je ne suis pas à l’aise. Et le gouvernement ne dispose pas réellement de moyens pour tous les surveiller. »
« … Nous pourrions peut-être évoquer la possibilité de vérifier un peu plus les lieux de rencontre. »
« L’idée n’a pas du échapper à nos dirigeants. »

Elizabeth reprit un peu de thé.

« Avez-vous reçu une proposition en ce sens, Sally ? »
« Pas des moindres… »
« Quel dommage, ne trouvez-vous pas Tabitha ? »

La jeune blonde cligna des yeux, avant de hocher la tête, non pas tant par réelle conviction que pour mieux suivre le cheminement de pensée d’une autre sang-pure de plus grande importance. Se faire bien voir de sa patronne était bien évidemment bien plus qu’un objectif pour elle, mais sa nature-même et Elizabeth, souriant mentalement, apprécia cette particularité, avant de se tourner vers Elfrida.

« Et vous, mademoiselle Bodrick ? »
« Bien évidemment, mais je continue de le dire, Constance ne représente aucun risque. Papa ne prend pas de la camelote. Et si jamais elle est prise à parti par des moldus qui essaieraient de distiller dans sa tête ce genre d’atrocités anti-sorciers, papa le saurait et elle serait aussitôt tuée. »
« Constatez ainsi l’importance qu’aurait votre rôle Sally, dans toute cette histoire. »

La basique rang 3 se redressa un rien, tendant la main vers le bouquet de fleurs au centre de la table, pour en cueillir une tige et la mâchonner nerveusement. Son geste, d’un naturel déconcertant, rajouta quelques secondes de flottement et claquant mentalement son front, Elizabeth toussota.

« Sally ? »
« Oui ? »
« Avez-vous entendu ? »
« Oh oui bien sûr. »
« Ne serait-ce pas formidable d’aider ainsi votre société si on vous le proposait ? »
« Mais on ne me l’a pas proposé. »
« Quelle perte ! »

Il était temps de jouer son va-tout.

« Si demain on vous en offrait la possibilité, le feriez-vous ? »
« Je ne sais pas… c’est à réfléchir tout de même. Gratuitement ? Non vraiment je l’ignore. »
« Eh bien j’imagine que le prix serait un rôle éminent au sein de la société, la gratitude de nos nouveaux dirigeants et la possibilité de se trouver invitée à d’autres soirées, d’autres journées normalement réservées aux grands titres. »

Elizabeth sentit le regard attentif d’Elfrida se poser sur elle et tirant machinalement la manche de sa robe, recouvrant ainsi sa marque, continua de sourire d’un air innocent. Hors de question de trop attirer l’attention du Conseil, mais Sally était à quelques doigts à peine de chuter dans son piège le plus grotesque. Il ne fallait pas la laisser s’échapper.

« Ça serait grandiose, n’est-ce pas ? Pouvoir chanter vos tyroliennes trolls devant un public plus grand, plus important encore que nos trois âmes. »

Sally se tortilla sur sa chaise, presque nerveuse. Et sur son visage, une émotion passa, brutale et crédule : la pâmoison.

« Et offrir aussi mes boutures ? Faire connaitre mon parfum ? Mieux, le vendre ? »
« La notoriété vous aiderait. Et aussi votre livre, une fois terminé, quel public vous aurait. »
« Cela serait je suppose une opportunité magistrale, oui. »

Oui.
Trois petites voyelles qui venaient de sceller son marché sans le savoir et Elizabeth s’en pinça les joues de bonheur avant de perdre son sourire.

« Sally a par ailleurs d’autres particularités à nous faire la démonstration. N’est ce pas vrai que vous savez danser comme une vélane ? »
« Oh je tiens cela de la grande-tante de la cousine du beau-frère de ma bisaïeule. Du côté de ma mère ! »

La chaise fut repoussée avec grandiloquence et drapée de son habit d’un bleu roi presque scintillant, les cheveux blonds toujours relevé en un plumeau magistral, Sally se mit à déhancher dans la plus parfaite représentation d’une sorcière avec trois whiskys dans le gosier essayant de twerker avec emphase sur une piste de danse désertée.

Elizabeth, ignorant le roulement d’yeux effaré d’Elfrida et le tassement épuisé de Tabitha, recula sur sa chaise pour mieux l’observer, les doigts ferrés à l’anse de sa tasse de thé.

Dans son regard brillait une plénitude rarement conquise.



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Re: [MISSION] Jeu de pouvoir
ce message a été posté Dim 4 Fév - 18:41
« Jeu de pouvoir »
Chapitre 5



Elle avait tout subi. Toutes les frasques excentriques de cette sang-basique, et sans rechigner qui plus est ! Elle avait dû se prendre en pleine tête les remarques désobligeantes de Humbert Bodrick, la présence de sa fille – amie hypocrite s’il en est mais ce monde ne l’était-il pas entièrement ? Le parcours sinueux de la visite impossible de Sally sans compter cette partie de thé qui lui brûlait encore les nerfs. Mais Elizabeth avait obtenu un oui et aujourd’hui était le grand jour. Aussi attendait-elle, soigneusement installée dans son bureau comme à leur première rencontre, que Sally veuille bien entrer, précédée par une Tabitha qui lui lança un sourire un rien sceptique. La pauvre jeune femme ignorait évidemment tout de cette mission et n’avait de fait pas donner son allégeance aux mangemorts mais bientôt, cela changerait. Bientôt, elle n’aurait plus à se cacher car cette réussite marquerait le premier tournant d’une nouvelle ère au sein de la société et même Humbert Bodrick ne pourrait s’y opposer.

Car après tout, comment pouvait-il tenir tête à une faction gouvernementale ? Une faction qui réussissait l’exploit d’être le dernier bastion contre ces terroristes et la population naïve et dépendante. Une faction qui brillait encore sous la marque créée par Lord Voldemort en personne. La moindre de ses critiques ne serait qu’une trahison qu’Elizabeth pourrait jouer contre lui de manière magistrale. Et le cœur bouffi d’orgueil, ce fut en souriant qu’elle fit face aux portes qui s’ouvrirent sous la venue, toute de rose vêtue cette fois, d’une Sally Bourbriac rayonnante.

« Elizabeth ! »

Elle avait donc finalement opté pour son prénom.

« Sally ! Comme je suis heureuse de vous revoir ! » Et une fois encore, elle s’était aspergée de ce parfum ignoble pour mieux lui faire plaisir. « Assez-vous, j’ai un cadeau pour vous. J’ai appris l’abandon des plaintes par Charles Taubeur et je tenais à vous en remercier. Le procès que nous allons mener ensemble contre Flastaff sera une alliance qu’on n’oubliera pas ! »
« J’ai noté aussi, avec grand plaisir, le soin apporté à vos plantes et… serait-ce… »

Le regard éclairé et fantasque de Sally venait de se poser sur le bureau où trônait un trésor inestimable pour tout botaniste qui se respectait. Elizabeth, peu fière de son succès, posa la main dessus, le regard presque ronronnant.

« Grâce à vos conseils, et aux soins apportés à chaque Mindebula, Canarticis, Oppresiva et Fabulosis de ce bâtiment, je me suis mise à la lecture et je dois avouer apprécier de plus en plus cette passion qui n’est, de fait, qu’une nouvelle ouverture d’esprit face à un système fascinant de survie, de reproduction et de pérennité. »

Nul doute que si elle avait brusquement changé de sexe, Sally aurait pu lui faire une cour acharnée mais au lieu de cela, ce ne fut que l’habituelle exclamation de plaisir outrageante qui fila hors de sa bouche peinte aux couleurs de sa tenue. Une onomatopée qui fit rougir Elizabeth, vaguement, avant qu’elle ne se saisisse de sa baguette pour faire voler un paquet parfaitement enrubanné.

« Maintenant que vos craintes à l’égard des balais se sont dissipées, je vous présente l’Esperanto X, gravé à votre nom. Vous pouvez le déballer. Je l’ai fait personnaliser. »

Les mains de Sally vinrent déchirer l’emballage tandis que l’habituel jus de goyave s’en vint apparaitre sur un coin du bureau, prêt à la dégustation. Le regard bleu d’Elizabeth se délecta de chaque petite vibration de plaisir de la sang-basique quand elle découvrit les moulures habituellement mordorées du manche se changer à son contact en une dizaine d’espèces florales.

« J’ai pris pour inspiration votre premier courrier. »
« C’est… » Pour une fois, Sally en était sans voix.

Et de l’emballage tomba une simple lettre soigneusement cachetée.

Que les doigts baguettés de la botaniste vinrent saisir avec précaution, laissant le balais reposer sur le bureau, manquant de renverser les objets élégamment posés dessus. Elizabeth redressa aussitôt la nuque, d’instinct.

Elle n’avait bien évidemment pas eu le temps d’obtenir les signatures officielles des membres à l’origine de sa mission – Arutha et Calliope Kark étant évidemment fort occupé.e.s – mais elle espérait que les formes y soient assez mises pour sembler parfaitement convaincantes.


Madame Sally Bourbriac,

De par votre travail, par votre place particulière au centre communautaire moldu et du fait que ces derniers ont depuis, très longtemps, l'habitude de vous voir et ne se méfie pas de votre présence, nous tenons aujourd'hui à vous faire rejoindre les Mangemorts pour que vous puissiez nous apporter une aide essentielle dans notre combat contre le terrorisme.

Les informations que vous pourrez ainsi vous rapporter seront très utiles concernant ce groupuscule rebelle qui cherche à recruter les moldus domestiques des familles les plus importantes de notre communauté.

Cette oreille, cette liaison que vous assurerez sera de fait récompensée à la hauteur de vos attentes. En espérant obtenir votre accord, veuillez agréer nos salutations les plus respectueuses.




Et à la vue de la lecture soigneuse de Sally, elle sut que c’était le cas.

« Je dois vous confier un petit secret, Sally. Un secret qu’aucun membre du Conseil n’est encore parvenu à percer. »

Levant le bras, l’héritière des Carrow retira le gant qui recouvrait sa peau, le tournant face au regard médusé de Sally pour en découvrir la marque des mangemorts.

« Vous êtes… »
« J’en fais partie depuis peu. Et nos récentes discussions ont fait preuve d’une injustice flagrante à votre égard que je me devais de corriger. »

C’était sans compter l’intelligence emportée de Sally. Aussitôt, le calcul fut vite fait sous le chignon improbable, le maquillage criard et la tenue presque fluorescente. Sous les rides vinrent un zeste de crispation et se remémorant chaque visite de sa part, chaque comportement, chaque caprice, elle s’en vint à une conclusion aussi naturelle que déconcertante.

« Vous avez fait tout cela exprès. »

Une conclusion qu’Elizabeth avait d’ors et déjà prévue.

« Ne me prenez pas pour plus intelligente que je ne le suis. Sachant que j’ai face à moi une femme qui sait parfaitement ce qu’elle fait. A dire vrai, mon objectif principal était l’abandon des plaintes, je dois bien l’avouer. » Et le demi-aveu scellerait ainsi l’honnêteté du reste de son discours.

« Mais à vous côtoyer… à vous permettre d’agir comme vous l’avez fait… j’ai ressenti ce que certaines sang-pures ressentent face au carcan de leur société. Un rien de liberté. Vous vous fichez des convenances sans dépasser une certaine limite quand celle-ci ne vous est pas reculée. Vous êtes vous-mêmes, dans toute votre transparence et avec votre caractère emporté, vous n’en démordez pas. Vous me rappelez mon père, d’une certaine manière. Et oui, je dis bien ce que je dis : le comportement que vous arborez est sensiblement celui d’un sang-pur de ma connaissance que je respecte infiniment. »

Elizabeth vint caresser le serpent se glissant hors des machoires de la si célèbre tête de mort et pensive soudain, laissa sa voix trembler un peu.

« L’absence d’un père vous pousse parfois à accepter les pires excentricités mais vous m’avez libéré d’un quotidien qui me pèse et je dois vous remercier. Tout ceci, était jusqu’à présent pour affirmer une alliance nécessaire pour un procès qui ne sera pas une difficulté. Mais la proposition de cette lettre cachetée elle, pourrait bien dépasser toutes vos espérances. Nous en avons déjà discuté à l’heure du thé, et c’est ce qui m’a convaincu que vous pouviez avoir plus que votre place dans notre société. Mais une utilité aussi réelle que gratifiante. Beaucoup comptent sur vous. »

De fait, elle n’était qu’un rouage utile dans une procédure un rien plus complexe mais pas la peine d’écraser ses espoirs aussi tôt surtout si elle devait signer le bas de la missive, acceptant ainsi son sort et son rôle au sein des mangemorts.

« Je vous introduis à une caste dont vous avez toujours rêvé faire partie Sally. Une caste qui voit l’utilité, les possibilités et les actes de chacun, peut-être avant même le sang. »

Evidemment que non.

« Une caste qui veut combattre et défendre la société face à un ennemi commun. Les terroristes. Alors oui, les moldus que nous avons en esclaves n’en font pas tous parti. La peste s’y cache peut-être mais en nombre réduit. Mais pour trouver la feuille de souffre au fond du chaudron de soupe, il faut avoir l’œil. Il faut avoir l’oreille. Et vous nous avez prouvé, vous m’avez prouvé, à quel point vous excelliez à cet art. »

Repoussant son siège, ce fut à pas à lent qu’Elizabeth se rapprocha, repoussant à peine le balai pour poser ses fesses maigres sur le bureau en bois de saule cogneur. C’était un signe distinctif pour tout botaniste : un défi, autant qu’une menace. La personne derrière ne devait pas être sous-estimée. Et les Carrow n’appréciaient guère le mépris.

« Vous aurez aussi la possibilité d’échanger régulièrement avec des sang-purs, de recevoir des ordres de l’écriture même de nos dirigeants. Vous pourrez faire connaitre vos parfums, vos plantes, vos méthodes et vous serez respectée et admirée pour cela. »

Le mot était certes un peu fort mais une personnalité aussi imbue d’elle-même que celle de Sally Bourbriac, saisie sur son siège, c’était une perfection.

« Je vous tends une plume ou avez-vous quelque chose à ajouter à tout cela, Sally ? » Bonne amie Sally. Avec ses boucles d’oreille atroces et son regard huileux. Son faciès blafard et son attitude de sauterelle. Elle aurait pu l’étrangler, là, pour la simple vengeance de tout ce qu’elle avait eu à subir mais Elizabeth se contenta, encore, de sourire.

Sourire, être calme, être digne, pas faire de vague, répondre poliment, saluer, danser, rire, sans familiarités, faire tout ce qu’il fallait pour être une sang-pure respectable et respectée.

Et maitriser la guerre, puisque c’était bien la guerre que ces ordures de rebelles avaient réussi à obtenir.

Sally ouvrit la bouche. Elizabeth haussa un sourcil.

Puis les doigts peints de la basique attrapèrent la plume et griffèrent une signature d’accord en bas de la missive.

Alors Sally attrapa son jus de goyave, le descendant en trois lampées, comme pour mieux avaler la promesse qu’elle venait de faire. Elizabeth rangea le tout, papillonna des yeux et demanda, innocemment.

« Savez vous que nos publicitaires travaillent pour la prochaine version de l’Esperanto ? Si nous allions les déranger et vérifier l’état de cette adorable Mobilis Serpentorsia ? »
« Connaissez vous la meilleure méthode pour vérifier l’état de santé de la Mobilis ? »
« Dites moi tout Sally ! »
« Il faut pincer la plus verte de ses feuilles et voir si cette dernière s’hérisse de dermes noirs. Alors c’est qu’elle est parfaitement en vigueur ! Mais faites cela avec des gants, c’est urticant. Voilà pourquoi nous déconseillons cette plante aux familles. Imaginez, avec les enfants ! »
« J’imagine fort bien oui. » Et comme je voudrais t’en faire bouffer.

« Cela tombe bien car avec ma cheville réparée je peux enfin étrenner ces magnifiques talons Drocus et Draco ! Quand vous marchez les dragons lancent des petites étincelles c’est d’un cocasse ! »
« Je devrais m’en acheter une paire ! »
« Les bleues vous iraient tellement bien au teint ! »
« C’est le rose qui vous ravit, ma couleur préférée jusqu’ici ! »
« Vous trouvez ? »
« Assurément ! »
« Magnifique ! »


Sublime !
Fabuleux !
Fantastique !
Incroyable !

Réussie.


Fin.





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