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❝ Balade au clair de Lune ❞
 :: Royaume-Uni :: Avalon :: Les sept quartiers
Fausse Rousse
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Sang : Basique #2
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Métier : Comment ça pirate c'est pas un vrai métier ?! Bon bah... disons enchanteresse navale !
Baguette : Bois de cornouiller, dard de manticore, 30cm, rigide
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Balade au clair de Lune
ce message a été posté Sam 27 Jan - 15:09
« …et à ce moment là il me demande de tirer son doigt ! » Brutalement tirée ma torpeur, l'éclat de rire bruyant de l'homme me fit sursauter. J'étais avachie au comptoir d'un bar modeste du quartier de Potionis que j'avais l'habitude de fréquenter quand je voulais être seule avec mes pensées. Sous les conseils de Grand-mère, j'avais prévu de passer la soirée seule dans mon coin à réfléchir à la façon dont je donnerais vie à la nouvelle caravelle en construction sur le chantier. Et mon plan se déroulait à merveille jusqu'à ce que ce lourdaud se mette dans la tête de me faire la conversation. S'en est suivi un assommant monologue d'une demi-heure ponctué d'éclats rire. Je n'écoutais pas vraiment ce qu'il racontait mais apparemment c'était hilarant. Je poussais un soupir exaspéré. Impossible de s'entendre penser avec cet idiot ! Je perdais mon temps ici, je n'arriverai pas à trouver la tranquillité. Je finissais mon verre d'un trait et claquais des doigts à l'attention du vieux barman pour lui demander une bouteille de whisky pur feu. D'un geste de baguette il me jeta la bouteille dans les mains, suite à quoi je me levai pour payer puis quittai le bar d'un pas rendu mal assuré par les multiples verres que j'avais déjà ingurgité. J’eus un léger frisson en sortant dans l'obscurité de la nuit. Pourtant, curieusement, il ne faisait pas aussi froid qu'on aurait pu l'imaginer pour une nuit de début Décembre. Marchant d'un pas lourd, je quittais la petite ruelle du bar pour l'avenue principale. Il était relativement tard, suffisamment pour que le tumulte quotidien de la ville soit remplacé par le calme tranquille de la nuit. Je croisais quelques groupes de jeunes à la recherche d'un endroit où s'amuser pour la soirée, et parfois des passants isolés, probablement de pauvres âmes qui travaillaient de nuit. Je n'avais pas envie de rentrer, je m'étais disputé avec Père avant de partir, et je n'étais pas pressée de retrouver son air désapprobateur. Aussi je décidais de errer sans but.

C'est seulement arrivée au bord du canal que je me décidai à entamer la bouteille que je traînais avec moi depuis le bar. D'un geste las je pris une gorgée de la boisson qui me brûlait délicieusement la gorge. C'était peut-être un peu ambitieux d'avoir pris une bouteille entière : même sobre, un litre de pur feu c'était quelque peu démesuré, alors dans mon état... Je chassai cette pensée d'un haussement d'épaule et repris une gorgée. Au pire le fond de bouteille m'aidera à me réveiller demain. J'adorais me promener à côté de ce canal, tout était calme, peu de gens passaient par là en pleine nuit, et les lumières artificielles se reflétaient magnifiquement à la surface de l'eau. Assurément, l'architecte de la ville avait été très inspiré. Le léger bruit de clapotis me relaxais. J'adorais l'ambiance calme et pesante de la nuit, c’était idéal pour réfléchir. Le genre de rare moment où j'étais disposée à me remettre en question. Je contemplais pensivement la marque encore fraîchement apposée sur mon poignet. Je la regardais souvent, ça faisait déjà quelques semaines mais je n'arrivais pas à m'habituer. A chaque fois, je ressentais ce mélange de fierté couplé à un effrayant sentiment de devoir à accomplir. Je ne m'étais jamais vraiment sentie responsable de quoi que ce soit auparavant, si ce n'était de Pamphil. Je ne savais pas encore si c'était quelque chose de bien.

Un bruit de pas précipité me sortit de mes songes. Je me retournai pour voir une silhouette se diriger vers moi en marchant à vive allure. Je le reconnus quand il arriva à ma hauteur, haletant. C'était l'un des moldus de la maison. Je poussais un soupir agacé. Comment m'avait-il trouvée ? Etais-je si prévisible ? Ou alors il ratissait désespérément les bars de la ville depuis des heures à ma recherche ? Cette pensée fit naître un petit sourire narquois sur mes lèvres.

« Madame ! Votre père demande à ce que vous rentriez immédiatement, il souhaite vous rappeler que vous partez à Londres demain à la première heure et qu'il est irresponsable de... » je le coupais d'un geste de la main. Alors ça c'était fort ! Une fois, il avait suffit que j'arrive une seule misérable fois en retard à un rendez-vous à cause d'une nuit trop arrosée pour qu'il me harcèle constamment ! Mais de là à envoyer des moldus à ma recherche... je devais l'avoir énervé bien plus que je ne l'avais imaginé quand je lui ai claqué la porte au nez un peu plus tôt.

« Tu pourras lui dire que je serais là demain, et en forme, allez, tu peux y aller maintenant. » Comme il semblait ne pas vouloir bouger, je le chassais d'un geste de la main accompagné d'un « Allez, oust ! » Mais il resta planté là les bras ballants, semblant hésiter sur la conduite à tenir.

« Je... hum... je crains de devoir insister Madame, votre père est de méchante humeur ce soir. » Ça c'était la goutte d'eau. Je sentis une montée de colère, du genre qui me pousse à faire des trucs idiots, ou un peu excessifs.

« Ouais ? Ben y a pas que l'vieux qui est de mauvaise humeur ! »

Sans réfléchir  je sortis ma baguette, bousculai le pauvre moldu dans le canal d'un geste brutal, puis lançai une incantation avant que celui-ci ne tombe à l'eau : «  Levicorpus !  » Ma victime fut alors soulevée par la cheville au dessus de l'eau par une force invisible. Le pauvre bougre agitait les bras en poussant des gémissements terrifiés. Je savais que je n'avais pas le droit de maltraiter nos moldus, soit-disant qu'ils étaient moins efficaces après. Et d'habitude je me retenais, vraiment ! Mais là j'étais énervée et alcoolisée, j'avais un impérieux besoin de me défouler sur quelqu'un ou quelque chose. Je m'amusais à le secouer un peu de haut en bas, lui faisant frôler la surface de l'eau pour le remonter ensuite.

« Tu vois, quand on n'est même pas capable de contrer un sort aussi basique, on la ferme et on obéit. C'est pour ça que les sorciers règnent et que les moldus servent, souviens-t-en la prochaine fois ! »  

Je n'avais pas spécialement l'intention de le laisser tomber, je voulais juste l'effrayer un peu pour m'amuser.

« Bon, que vais-je faire de toi ? Un petit bain, ça te tente ? »
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Re: Balade au clair de Lune
ce message a été posté Sam 27 Jan - 16:41

Balade au clair de lune.


                                           
Ft. Isilde Sabordage

4 Décembre 2046








Obscurité froide pleine de murmures, bruissant de mille éclats de vie. Qui s’estompent, se fondent dans le noir à mesure qu’il s’éloigne des lieux fréquentés, son pas assuré résonnant sur les pavés. La pluie s’est arrêtée, laissant dans l’air une humidité froide, qui colle à la peau. Il aime ce temps. Il aime le soir. Et la solitude que l’heure tardive lui offre, chassant les  promeneurs au profit de quelques rares oiseaux de nuit.

Les canaux sont proches. Il s’y engage, ralentissant l’allure pour mieux écouter les sons que porte le vent. Non loin, des éclats de voix attirent son attention. Il s’approche, subrepticement, jusqu’à ce que la vision fort réjouissante d’une sorcière jouant avec ce qui semble être un moldu ne lui frappe les rétines. Il s’arrête alors, profite quelques secondes de la représentation improvisée, avant de se décider à intervenir, toujours sans se montrer.

« Finite Incantatem. » murmure-t-il, tout sourire, en dirigeant sa baguette vers le moldu suspendu, le protégeant tout de même d’un Impervius juste avant que ce dernier ne rencontre l’eau glaciale. Après tout, qui que puisse être ce serviteur, il n’est pas venu l’occire, n’est-ce pas.

Il sort ensuite tranquillement de l’ombre, le visage en partie masqué par l’obscurité, le regard perçant fouillant les alentours avant de s’arrêter, inquisiteur, sur la Sabordage.

« Cette chose vous appartient, j’imagine ? Ou est-ce un acte purement gratuit envers un serviteur qui ne vous est pas lié ? » L’ombre d’un sourire danse sur ses lèvres à cette idée, qui visiblement lui plait bien.
D’un coup d’œil acéré, il avise la bouteille que la jeune femme tient toujours en main, puis le moldu qui se débat dans l’onde. Il soupire, agacé, et ramène ce dernier sur la terre ferme, sans plus s’en occuper.

« Méfiez-vous des yeux qui vous observent. Certains s’offusquent des maltraitances, ces derniers temps. » Il ponctue sa mise en garde d’un haussement d’épaules, comme si le fait lui paraissait ridicule, avant de désigner la bouteille d’un geste de la main.

« Whisky pur feu, si je ne m’abuse. Vous avez du gout. Partageriez-vous ? Mon humeur m’interdit l’entrée dans un bar et la fréquentation des ivrognes que je suis certain d’y trouver. » Il fronce légèrement les sourcils, dégage sa baguette magique des pans de sa cape doublée et lui fait dessiner quelques arabesques dans l’air en remuant silencieusement les lèvres. Aussitôt, un voile invisible s’élève autour d’eux, fermant leur conversation aux oreilles indiscrètes. Non pas qu’elle soit réellement privée, mais il a une sainte horreur des interruptions.

« Voilà qui est mieux. » déclare le sorcier avec un sourire en coin, avant de s’installer à même le sol sans plus de cérémonie, confiant en l’enchantement d’imperméabilité qui recouvre sa cape. Il est bien loin alors du personnage qu’il joue en société, et le carcan de sa condition mis de côté lui donne tout loisir d’agir à sa guise, et contre ses principes. Les oreilles alertes, il aime se fondre dans les bassesses de la société, et apprendre de lui-même ce qui s’y raconte. Libre ensuite, d’utiliser les informations glanées à son avantage.

« Peut-on savoir ce qui pousse une jeune femme à hanter les canaux par une heure si tardive ? » demande-t-il avec une curiosité non feinte qui transparait dans sa voix, qu’il ne se donne pas la peine de la masquer. La chose l’intéresse à vrai dire, il a perdu l’habitude de croiser du monde ou, plutôt, de se retrouver nez à nez avec des scènes telles que celle qu’elle vient de lui offrir.

Il jette un coup d’œil amusé au moldu, lequel semble à la fois terrifié et fasciné. La fraîcheur nocturne le fait trembler. Ou peut-être est-ce l’appréhension ? Il sera sûrement puni pour n’avoir pas accompli sa mission. Le sorcier n’en a cure. La rousse est bien plus intéressante que ce résidu d’être humain. Reportant son attention sur elle, il relance, avec un air réjoui, tout en se frottant vivement les mains pour en ranimer la chaleur  

« Je ne me suis pas présenté. Je m’appelle Keith, et vous ? » Accompagnant sa phrase d’un sourire engageant, il vérifie que le sort en place les protège toujours, avant d’ajouter d’un ton presque contrit « Je vous proposerais bien un endroit plus… sec, voire confortable, mais nous pouvons toujours allumer un feu. J’aime être dehors par ce temps, les gens se font plus rares, et ceux qui restent sont souvent les plus intéressants.» Son sourire s’élargit, dénonce le compliment voilé. Oui, elle lui plait bien, cette rencontre imprévue. Et qui maltraite des moldus possède forcément un fond de bon sens.

Il n’a donné que son second prénom, peu désireux d’être reconnu. Non pas que cela ait une quelconque importance, après tout, sa maîtrise du sortilège d’amnésie le préserve de tout mauvais pas préjudiciable, mais tout de même. De plus, il ne se souvient pas avoir déjà croisé ce visage, que ce soit lors de ces soirées mondaines qu’il exècre, ou au cours de ses pérégrinations. Peut-être préfère-t-elle, tout comme lui, une certaine forme d’isolement à l’effervescence constante à laquelle est soumise Avalon ?

Fausse Rousse
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Re: Balade au clair de Lune
ce message a été posté Mar 30 Jan - 12:12
Jugeant qu'il avait eu son compte, je m'apprêtais à faire regagner la terre-ferme à mon moldu quand mon sort de lévitation se brisa soudainement. La pauvre petite chose tomba à l'eau en me laissant bouche bée.

« C'est quoi ce... ? »

Ça n'avait rien de normal, je ne perdais jamais le contrôle de mes sortilèges, jamais ! Une part irrationnelle de mon esprit se demanda brièvement si ce n'était pas le phénomène de Tinworth qui se reproduisait, mais je chassais bien vite cette idée de mon esprit.

Soudain, le son d'une voix. Je me tournais brusquement pour poser mes yeux sur un homme aux traits difficilement discernables dans l'obscurité. Voilà donc le coupable. Mon premier réflexe fut de le rembarrer, mais je me ravisais, piquée par la curiosité. D'autant plus qu'il avait remonté l'esclave, qui semblait étonnement peu mouillé – sans doute l'inopportun avait-il eu la présence d'esprit de l'imperméabiliser.

« Il est à moi oui, en quelque sorte. » Répondis-je avec un haussement d'épaule nonchalant.

Je pris le temps d'examiner l'homme de la tête aux pieds. Enroulé dans sa cape, il dégageait une certaine prestance, et au vu de sa diction, il ne devait pas être un basique. Il semblait relativement âgé, plus que Père à tout le moins.

Je haussais un sourcil lorsqu'il lorgna sur ma bouteille, voilà qui était inattendu. Je me serais plutôt attendu à ce qu'il vienne me faire la morale avec condescendance comme les vieux clous aiment tellement le faire. Avec un sourire amusé, je lui tendis la bouteille. Je n'avais rien contre l'idée de partager mon breuvage, et j'avais envie de lever le voile de mystère qui entourait mon interlocuteur.

Après avoir effectué quelques gestes avec sa baguette, il s'assit à même le sol bouteille en main. Encore quelque chose d'inattendu : je l'avais pris pour un snobinard, mais visiblement il n'avait pas fini de me surprendre.

« J'sais pas trop, mes pieds m'ont déplacés jusqu'ici, l'envie de réfléchir tranquillement, j'imagine. Puis cet abruti a eu la bonne idée de venir me déranger. »

Je jetais un regard noir et menaçant à l'être insignifiant qui nous regardait sans bouger. Il ne lui en fallu pas plus pour s'en aller avec empressement. J'allais certainement me faire assassiner en rentrant, mais je n'avais pas envie d'y penser pour l'instant. Et puis, Père finira peut-être par comprendre qu'il ne pouvait plus me forcer à agir comme il le souhaitait.


« Isilde. »  Répliquai-je simplement. J'avais fait l'impasse sur mon nom, mais lui aussi, alors bon... et puis ça n'avait rien d'une rencontre formelle. Imitant le dénommé Keith, je m'asseyais en face du canal sur le sol mouillé. « Je n'ai rien contre le froid ou l'humidité, ça vivifie !   Et puis j'avais l'habitude, quand on navigue, l'humidité est partout. Je lui rendis son sourire, il faut dire que j'étais particulièrement réceptive aux compliments – eh, j'aime qu'on flatte mon ego.
« Mais si vos vieux os ne le supportent pas, je ne vais pas vous empêcher d'allumer une braise. » Je n'avais pas pu m'en empêcher – j'aime aussi piquer l'ego des autres.


« Vous êtes un bien curieux personnage. » Ça, c'était un compliment, même si tous ne l’entendraient pas forcément de cette oreille – j'y peux rien si y a des gens qui sont trop idiots pour comprendre quand je suis sympa, merde ! Je regardais un moment mes pieds se balancer au dessus du canal avant de reprendre.

« Alors "Keith", vous balancez souvent les moldus des autres à la flotte, ou je suis une privilégiée ? »
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Re: Balade au clair de Lune
ce message a été posté Jeu 1 Fév - 11:24

Balade au clair de lune.


                                           
Ft. Isilde Sabordage

4 Décembre 2046








Attentif, il l’écoute, sourit ou fronce les sourcils à mesure que les mots franchissent les lèvres de la jeune femme. Son intuition ne l’a pas trompé, et il ne regrette pas de s’être installé là, près d’elle, la chaleur que lui prodigue sa cape s’alliant à celle que lui offre le contenu de la bouteille.

Il ne s’est autorisé qu’une seule lampée avant de la lui rendre, d’ailleurs, plus par amour du  gout du liquide que par besoin d’en ressentir les effets. L’ébriété, un état qui lui déplaît fortement en raison du manque de contrôle qu’elle appelle. Parce qu’il n’aime pas être prisonnier de ses pulsions, et que la désinhibition de l’alcool ne l’a jamais bien servi.

Il hoche tranquillement la tête, observant la fuite éperdue du moldu dont les pas ne tardent pas à s’évanouir dans la nuit, puis reporte son regard sur Isilde avec un sourire narquois.

« Mes vieux os se portent bien, d’autant plus que ce que vous nommez vieillesse n’est pour moi que la pleine force de l’âge. Vous verrez. Vous apprendrez. » S’il peut sembler hautain, sa voix recèle pourtant une légère pointe d’humour, signe que la remarque ne l’atteint pas.

L’âge sorcier joue bien des tours, et nombreux sont ceux qui ne paraissent pas les années qu’ils accusent en réalité. Lui n’a pas fait le choix de lisser les apparences, se moque finalement de cette prétendue jeunesse après laquelle courent nombre de ses pairs. L’âge confère l’expérience, et avec cette dernière vient le pouvoir.

Fixant le sol devant eux, il hésite un moment, avant de faire apparaître une nuée de flammes violettes, lesquelles dispensent aussitôt une chaleur bienveillante qui semble entourer volontairement les deux sorciers.

« Intéressant. » lâche-t-il ensuite pour lui-même, n’ayant cessé d’écouter la jeune femme tout en faisant le compte des rares informations offertes. Qui est-elle ? Il décide de ne pas s’en soucier, de ne profiter que de la distraction momentanée qu’elle représente. Parce que c’est tout ce qu’elle peut être, une distraction, éphémère, dans les bourrasques qui se jouent du monde sorcier.

Attrayante, elle semble porter en elle cette touche de caractère qu’il apprécie, aime provoquer afin d’en libérer les étincelles. Une femme forte, sans nul doute, bien que peut-être un peu jeune encore pour délier tout son potentiel. Oui, il l’aime bien, cette Isilde que la nuit lui a confié.

Il écoute le clapotis de l’eau, doux, relaxant, prend tout son temps avant de répondre, pour finalement rétorquer de ce même ton amusé qui vient faire écho au sourire qui n’a que rarement quitté ses lèvres

« Une privilégiée, c’est une façon de présenter les choses. Je n’aime pas me mêler des affaires d’autrui, mais m’étant récemment séparé de tous les moldus qui me servaient, je dois avouer que l’occasion était tentante. Voyez-vous, la maltraitance gratuite me manque, tout comme leurs couinements apeurés. »

Il marque une courte pause, cherche le regard de son interlocutrice,  puis ajoute l’air de rien « Je me contrôle bien, cependant, et je n’inflige aucun dommage irréversible aux serviteurs des autres, comme vous avez pu en être témoin.
»

Le feu grésille maintenant que ses flammes ont gagné en puissance, mais ne produit aucune fumée. Il semble d’ailleurs ne pas avoir besoin de combustible, Mordred se contentant de l’alimenter d’un coup de baguette nonchalant  chaque fois qu’il perd un peu en puissance.

Un éclat de rire unique lui échappe alors qu’il imagine de quoi ils peuvent avoir l’air pour les éventuels yeux qui observeraient leur petite réunion, assis sur le sol comme deux vagabonds, lefeu piquetant la nuit de lueurs cordiales en jetant sur leur visage des ombres doucereuses, et la bouteille qu’ils s’échangent régulièrement ajoutant une touche intimiste à l’ensemble.

« Isilde. » souffle-t-il, les prunelles rendues presque translucides par l’éclairage des flammes, qui fait également ressortir les traits marqués de son visage. Pendant un moment, un doux moment, il caresse l’idée d’utiliser un sort d’amnésie, de rayer cette rencontre de la mémoire de la jeune femme. Avant de se raviser. Capricieux. Tenté par l’idée qu’un jour, ils se recroiseront peut-être, en d’autres temps, d’autres lieux, et qu’il serait toujours temps alors de revenir sur sa décision.

Il n’ajoute rien, se relève juste souplement d’un seul mouvement fluide qui dément sa prétendue vieillesse, avant de contempler en silence l’eau qui tourbillonne dans le canal.

Déjà, il ne la regarde plus, l’esprit emporté vers d’autres préoccupations. Comme un chat que l’intérêt du jeu rend caressant l’espace des quelques minutes que dure l’instant précédant la mise à mort. Oui, partir. En laissant derrière lui cette femme dont il ignore tout si ce n’est l’honorable descente. Il reste debout, immobile, le regard dans le vague, les pans de sa cape dansant dans le vent qui se lève peu à peu.

« Je vais vous abandonner. D’autres affaires m’appellent, mais croyez-bien que je serai ravi de croiser à nouveau votre route. » Le ton est redevenu froid, bien loin de cette façade sympathique exposée jusqu'alors. Peut-être attend-t-il une réponse. Ou peut-être pas.


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Re: Balade au clair de Lune
ce message a été posté Lun 5 Fév - 11:38
Apprendre ? Ça s'apprenait d'être vieux ? Je haussais les épaules, si c'était le cas, je n'étais pas pressée de recevoir cet enseignement. Mon sourire s'élargit alors qu'il décidait d'allumer un feu malgré sa bravade. Il était marrant, ce Keith.

Alors que je l'écoutais répondre, je me disais quand même qu'il avait des pulsions sadiques assez glauques. C'est vrai quoi, moi j'avais toujours une EXCELLENTE raison de maltraiter mes moldus, ça n'avait presque rien à voir avec mon plaisir personnel ! Mais bon, tout le monde n'avait-il pas un petit côté glauque ? Je le dévisageais tandis qu'il parlait, la lueur violette des flammes qu'il avait fait naître se reflétait sur son visage et lui donnait un air étrange, quasi ésotérique, ce qui accentuait l'aura de mystère dont il était nimbé.

Nous parlions peu, se contentant de s'échanger la bouteille de temps à autre, chacun plongés dans nos pensées. Il avait une descente prudente, ce que je trouvais dommage, j'étais curieuse de voir ce qu'il aurait donné avec un bon gros coup dans le nez, car c'était ainsi que les gens dévoilaient leur vraie nature. On ne pouvait pas en dire autant de moi, j'avais clairement dépassé la limite du raisonnable ce soir. Je me laissais hypnotiser par les légers mouvements de l'eau et le crépitement des flammes magiques alors que ma tête tournait violemment, j'avais l'impression de m'envoler quand je fermais les yeux.

Je commençais à piquer du nez quand le brusque éclat de rire de mon compagnon de fortune me fit me redresser brusquement.  Je lui jetais un regard en coin accompagné d'un haussement de sourcil, définitivement, le gars était pas net. Remarque, rares étaient les gens nets qui se baladaient près du canal en pleine nuit.

Pendant un moment, je songeai à tenter d'en savoir plus sur lui, à lui poser des questions. Mais je me ravisai, je serais sûrement déçue de toute façon. Et puis, articuler clairement une question intelligible représentait un effort éreintant. En outre, il se levait déjà en annonçant son départ. Je hochai la tête puis je déployai un véritable trésor de volonté pour rassembler la concentration suffisante à la prononciation d'une phrase correctement articulée.

« Eh bien bonne nuit alors, j'essaierai de me souvenir de votre nom, promis. »

Oui, j'essaierai, mais dans mon état, je ne pouvais guère promettre plus. Mais mes mots s’étaient perdus dans le vide, il semblerait qu'il ne m'écoutait déjà plus, prenant la route de son côté. Ça valait bien la peine de se donner tout ce mal ! Je décidais de rester assise encore un moment, j'avais peur de tomber dans le canal si je me levais. « Ouais, juste un instant, le temps de... de... zzzZZZ... »
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Re: Balade au clair de Lune
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