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❝ Tout feu tout flamme ❞
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► Possède quelques tatouages, visibles ou non au premier coup d'oeil.
► Son débit de boisson couche la plupart des sorciers qu'elle rencontre.
► Quand elle commence à soupirer, mieux vaut arrêter de lui prendre la tête.

Tout feu tout flamme
ce message a été posté Lun 29 Jan - 11:12
Janvier 2047

« C’est l’heure d’une nouvelle petite histoire… - Silencio ! SILENCIO ! - ce cher Mervyn Kark – aucune paix pour son âme – ne vous a jamais… - FERMTAGOUAILLE ! » La radio s’arrêta enfin. Toujours revenir aux bases de la magie pirate. Je ne pouvais plus me blairer la voix intempestive de cette Scarlett Tupper là, même si je devais avouer que, des fois, je rigolais bien en écoutant ces petites conneries distillées à n’importe quelle heure de la journée. Si ses révélations ne me perturbaient pas le moins du monde parce que je me foutais des mensonges sur lesquels étaient construits notre société – j’en connaissais un bon nombre – je pouvais comprendre que les pauvres petits cul-serrés enfermés depuis toujours dans leurs carcans se sentaient comme trahis par la vie. Puis elle était drôle, cette Scarlett. Juste elle faisait partie de cette organisation de gros cons qui voulaient toujours tout faire péter et nous mettre en danger pour des idéaux dépassés. Sérieusement, est-ce qu’ils pensaient vraiment pouvoir tout écraser et dire aux gens « allez, maintenant qu’on a buté tout le monde, aimez-vous les uns les autres dans la joie et la bonne humeur ? » Peut-être qu’ils devraient s’intéresser à la piraterie ces gueux : c’était ce qu’il leur fallait, la liberté de voguer, de s’aimer sur les flots et de laisser les autres vivre dans leur merde. Et basta.

Le monde allait mal. Et ça me touchait parce que j’avais failli casser ma pipe la dernière fois. Et aussi parce que Pamphil et Isilde venaient de taper l’incruste dans la valse morbide des groupes idéologiques. J’en voulais toujours à Dag de les avoir laissé intégrer pour de bon les mangemorts. Ils étaient bien trop jeunes. J’avais proposé de les envoyer en retraite spirituelle sur la Vieille Barrique avec nos cousins mais mon idée n’avait pas été retenue : pourtant, c’était clairement un bon plan, un plan que j’envisageais déjà pour ma gueule. Mais non. Les temps étaient durs blablabla il fallait montrer notre engagement blablabla ils étaient en âge de choisir blablabla. Du vent. Mais pisser dans un violon aurait été pareil.

Heureusement, Dag avait accepté de leur donner comme principal conseil de se battre, certes, mais de toujours penser à leur gueule en premier : on n’avait jamais été de la chair à canon, c’était pas pour commencer maintenant. Ils étaient mignons les deux Kark qui avaient pris le relai mais il était hors de question que des Sabordage se sacrifient pour un psychopathe et sa sœur tout juste bonne à organiser des cocktails pour sorcières mal baisées, ça me cassait clairement les gonades. Heureusement, ma belle-sœur était d’accord avec moi et on faisait front pour rappeler aux minots que c’était Sabordage d’abord, le reste après.
Autant j’avais foi en l’instinct de survie de Pamphil, mais, concernant Isilde, j’avais un doute. Aussi orgueilleuse que moi, est-ce qu’elle ne serait pas prête à risquer sa vie pour avoir raison ? Est-ce qu’elle ne risquait pas un jour de prendre un aller sans retour juste pour prouver au monde ce qu’elle valait ? C’était ma plus grande angoisse du moment. Elle était bien trop tête-brûlée, comme moi, mais j’avais l’expérience qu’elle n’avait pas : j’avais navigué au milieu des requins en étant mariée et je savais que la cause de cette société avait ses limites. Nous, les basiques, étions considérés comme ceux à sacrifier en premier. Bande d’ingrats.

Jetant un dernier coup d’œil à ma radio éventrée, je sortis du bureau pour rejoindre la maison et manger un peu : il était au moins quinze heures et mon estomac protestait tant que je ne pouvais pas le traiter comme la radio magique. La chevelure rousse plus imposante encore que la mienne qui passa devant moi s'arrêta. « T'as mangé ma grande ? Un repas en tête à tête te tente ? J'crois que j'ai aussi une bouteille entamée quelque part. » avec le boulot, la faction, nos vies, les repas de famille étaient plus rares, même si toujours au moins deux fois par semaine parce que c'était comme ça.

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Re: Tout feu tout flamme
ce message a été posté Mer 31 Jan - 13:49
« Qu'avez-vous mis dans ma cale ? Ça me ballonne. Eh, mais qu'est-ce que vous êtes en train de me faire ?  Je... je crois qu'il y a un problème... à moins que...non, attendez... AH, SI ! JE COULE ! JE ME SENS COULER ! »

Les cris, les lamentations, les plaintes débiles, j'en avais ma claque. Cette figure de proue n'avait pas arrêté de la matinée .

« Oh mais la ferme ! Comment veux-tu couler ? T'es même pas dans l'eau ! »

Je ne cherchais pas vraiment à la raisonner, elle ne m'écoutait pas de toute façon. Mais je devenais folle à l'entendre geindre en permanence. Grand-mère était un vrai tyran : il faisait encore nuit quand elle avait décidé de me séquestrer sur le chantier jusqu'à ce que "j'ai fourni un travail acceptable", sauf que pour elle rien n'est jamais acceptable !  Sois-disant que j'aurais foiré mes enchantements de la veille parce que la caravelle se plaignait de douleurs aux pieds – ce qui j'en conviens, n'est pas très normal, un navire n'ayant pas de pieds et n'étant pas censé ressentir de douleurs. Bref, j'avais passé la journée le ventre vide à réparer mes conneries sous l'impitoyable joug de la grand-mère. « Je jure que si j’entends ce foutu rafiot parler encore une fois de ses enfants imaginaires je le fais cramer. » D'habitude j'aimais bien cet aspect du travail, après que le navire ait pris vie, il pouvait nous indiquer ce qui n'allait pas, où étaient les défauts, et tout était plus facile. Sauf que c'était la première fois que je me chargeais de ce boulot seule, et tu parles d'une réussite ! La proue était complètement givrée. Alors, j'essayais de corriger ça, faisant et défaisant des enchantements en vain. J'étais à bout de nerf. Mais d'un coup, après un sortilège envoyé sans trop y croire, les cris se turent.  Le silence soudain et inattendu fit bourdonner mes oreilles. Hébétée, je regardais la figure de proue – une sirène de bois qui n'avait pas encore été peinte – s'étirer  en lâchant un énorme bâillement avant de regarder dans ma direction.

« Oh, bonjour. Quel jour on est ? »

Pas de cris, pas de pleurs, pas de délires bizarres, est-ce que j'avais enfin réussi ? J'avais arrêté d'y croire ! Les personnes présentes sur le chantier poussèrent des exclamations soulagées au retour providentiel du calme, avec même quelques brefs applaudissements. Grand-mère vint examiner l'ouvrage de son œil inquisiteur, posa des questions à la figure de proue, puis me lâcha un vague « Mouais » qui dans son langage voulait plus ou moins dire « Pas trop mal, mais j'aurais fait mieux ». Généralement ça voulait dire que j'étais libre, et heureusement, parce qu'une heure de plus et on retrouvait mon cadavre desséché entre deux planches !

J'arrivais enfin à la maison et l'espoir renaissait tandis que je me dirigeais vers la cuisine avec la démarche d'une goule. C'est alors que je tombais nez-à-nez avec ma tante. Je la regardais un moment en espérant qu'elle ne se mette pas trop longtemps entre mon estomac et la bouffe, jusqu'au moment où elle me proposa un repas !

C'est Merlin qui l'avait mise sur mon chemin ! Si je n'avais pas été en phase terminale d'hypoglycémie, je me serais jetée dans ses bras. Au lieu de ça, dans une tentative pour préserver ma dignité, je répondis d'un ton qui se voulait nonchalant accompagné d'un haussement d'épaule, en espérant ne pas être trahie par la lueur morfalesque dans mes yeux.

« Hum, ouais, j'suis pas contre. »
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Re: Tout feu tout flamme
ce message a été posté Mer 7 Mar - 19:43
Le manque d’enthousiasme de ma rouquine préférée me fit froncer les sourcils. Est-ce qu’elle s’était fait mordre par une de ses proues pour ne pas avoir plus de trois mots à m’offrir ? Il était loin le temps où elle était une gamine haute comme trois hublots et avec un flot ininterrompu de questions raclant ses dents pour se déverser avec fougue sur tous ceux qui l’entouraient. Aujourd’hui, c’était plus sarcasmes et moqueries qui s’échappaient de sa belle frimousse, enfin, pas aujourd’hui justement. Hum.

Levant ma baguette, je fis sortir des réserves une bonne moitié de flétan accompagné de pommes de terres et d’algues, sûrement préparé plus tôt par une bonne âme soucieuse de nourrir les troupes. Rares étaient les moments où j’avais besoin de cuisiner moi-même, il y avait suffisamment de Sabordage doués et aimant ça pour le faire à ma place. Couverts, assiettes et verres vinrent s’installer sur la table en tintant joyeusement tandis que nous prenions place avec Isilde. Un dernier mouvement de baguette fit venir une bouteille de vin d’airelle. « Faudra peut-être réchauffer tout ça. » Je piquai une patate et, après avoir croqué dedans, la reposai. « Ouais, on arrive bien tard. » Je fis réchauffer mon assiette de ma baguette tout en regardant ma nièce qui reprenait de sa contenance à la vue de la boustifaille.

« Vous en êtes où avec la reloue d’hier ? Celle qui n’arrêtait pas de geindre ? » C’était le problème de certaines figures de proue : elles avaient un caractère propre qui pouvait être imprévisible chez les Sabordage, l’ensorceleur à son origine y déposant une partie de son caractère en général… Et comme nous étions une famille composée uniquement d’âmes dociles et agréables à vivre… Mais c’était tellement bon de voir nos compagnes de navigation insulter nos ennemis plus fort que nous encore que nous ne nous privions jamais de les laisser développer ces côtés-là. « Tu sais que si Fabula te fait bosser comme une dengue, c’est bien parce qu’elle considère que tu peux être à sa hauteur. Elle ne m’a jamais poussée comme elle te colle au cul : c’était clairement pas mon destin de faire ça ha ha. Mais toi, elle te traite comme elle se traite elle-même. » Isilde avait clairement le don qu’il fallait pour faire ce boulot. « Et ça ça veut dire que t’es bonne ma p’tite. » Je n’avais jamais été déçue de ne pas être à la hauteur de cette tâche, jouer de baguette n’avait jamais été mon point le plus fort. Gérer les troupes, c’était bien plus drôle pour moi. Enfin, seulement parfois, quand j’avais le temps de faire chier. Le reste du temps, c’était beaucoup, beaucoup de travail. Mais j’aimais ça. Et nous n’aborderions pas le fait que j’avais été surtout destinée à épouser un débilos de sang-pur à la con.

Voir Isilde grandir, voir ce qu’elle était aujourd’hui me faisait clairement regretter qu’elle n’ait pas pu connaître la vraie vie des Sabordage, sur les mers et les océans, loin de cette école pourrie qui ne pratiquait que le lessivage de cerveau. Mais elle semblait retrouver un peu de son âme de pirate depuis qu’elle avait commencé à réellement travailler à la Compagnie avec nous. Voir les idées qu’avait instillées ce château de merde dans la tête de mes neveux m’avait rendue malade. Nous étions des Sabordage avant d’être des pions sur le plateau de jeu de ces connards de la haute.

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Re: Tout feu tout flamme
ce message a été posté Mar 13 Mar - 20:56
Je salivais abondamment à la vue des victuailles. Aussitôt mon assiette remplie j'enfournai dans ma bouche autant de poisson et de pomme de terre que les limites humaine me le permettaient. Peu m'importait que tout soit froid. Je n'avais pas le temps pour ces détails, ma survie était en jeu. « Cha m'wa crès 'ien com' 'cha.» ("Ca m'va très bien comme ça" en langage de morfale) J'aurais mangé des cailloux pour peu qu'ils soient saupoudrés d'algues et de sel. Cela dit j'y étais peut-être allé un peu fort, un morceau de poisson plein d'arêtes se coinça dans ma gorge. Manquant de m'étouffer je me servis précipitamment un verre que je bu d'un trait pour faire passer le tout. Je poussai un soupir de soulagement puis, maintenant que mon ventre ne hurlait plus, portai mon attention sur ma tante – sans m'arrêter de manger pour autant, fallait pas déconner.

« Elle a finalement l'air de s'être calmée. Heureusement pour elle, parce que j'ai bien cru que j'allais la couler pour de bon cette grognarde ! » Avant ça, je n'avais pas réalisé à quel point ce travail était difficile. Quand on voyait Grand-mère faire ça avait l'air si simple pourtant ! Elle mettait quelques semaines à peine pour réaliser des tâches pour lesquelles il m'avait fallu des mois de galère et d'arrachage de cheveux. Quand je m'étais lancée là dedans j'imaginais que ce serait la planque, un boulot tranquille et pas trop dur, mais que dalle ! Mais je ne regrettais pas, c'était quand même sacrément cool de voir un navire prendre vie sous l'influence de ma seule volonté. Même si parfois il m'arrivait de remettre la sagesse de ma décision en question quand Grand-mère me faisait bosser d'arrache-pied des heures durant en gueulant quasiment sans interruption par dessus mon épaule. Fallait pas être humain pour infliger ça à la chair de sa chair !

Comme si elle avait lu dans mes pensées, Tante Arsy prit la défense de sa mère en flattant mon ego.  Ça marchait à tout les coups. J'étais un peu trop réceptive aux compliments et ça risquait de me jouer des tours, me répétait toujours Mère. Je devais bien admettre cela dit que l'entraînement Spécial-Fabula était foutrement efficace. J'avais vraiment progressé sous sa tutelle, et pas seulement pour ensorceler des navires : certains sorts que je n'arrivais à lancer qu'à grand peine – voire pas du tout – en sortant de Poudlard ne présentait désormais plus la moindre difficulté pour moi. Je haussai les épaules. « P'têt' bien ouais. Mais quand même, j'suis pas une machine ! » Je marquai une pause le temps de manger quelques bouchées et boire quelques gorgées tout en réfléchissant. « Puis j'ai l'impression qu'elle m'exploite deux fois plus depuis que j'ai la Marque. Pourtant c'est pas comme si j'étais devenue plus flemmarde qu'avant ! » Je jetai un regard songeur à la dite Marque tatouée sur mon poignet gauche. Ça faisait un peu plus d'un mois qu'elle me collait à la peau mais il m'arrivait encore de toucher machinalement mon poignet, comme pour vérifier qu'elle était bien toujours là. Il me tardait de recevoir mon premier appel, à ce qu'on disait c'était super classe ! Mais pour une raison que j'ignorais notre intronisation à Pamphil et moi avait l'air de gonfler sévèrement les aînés de la famille. Pourtant on l'avait bien mérité, la plupart de mes potes avaient déjà rejoint les Mangemorts depuis un moment, Chandra avait sa marque depuis plus d'un an déjà !
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Re: Tout feu tout flamme
ce message a été posté Sam 7 Avr - 9:14
La. Marque.

Putain ce que j’en voulais à Dag pour ça ! Pourquoi ? Pourquoi avait-il osé inclure ses mômes dans cet embryon de guerre qui prenait chaque jour plus d’ampleur ? Ouais, embryon n’était pas le bon mot, on avait même dépassé le stade fœtus. On en était au stade ado en pleine crise, avec des blaireaux en tête : Calliope et Arutha Kark. Depuis la chute de leur père ça partait en cacahuètes. Je m’étais mise en retrait, laissant Dag me faire les comptes rendus de réunions et ne me pointant que lorsque la présence était obligatoire. Ils avaient du mal à accorder leurs chaussettes ces deux-là, ça se sentait à des kilomètres à la ronde. Et balancer Pam et Isilde dans tout ça… Foutre de goule !
Il aurait été tellement plus simple de les embarquer de temps en temps pour des missions sans risque histoire de leur donner un os à mordiller mais non, Dag avait décrété que les engager officiellement était mieux. Ils ne pourraient plus jamais reculer maintenant et ça, je l’avais en travers de la gorge.

« Elle ne t’exploite pas, elle te fait progresser à vitesse grand V. » Plus Isilde maîtriserait sa femme, plus ses chances de crever la bouche ouverte en mission se réduisaient. C’était clair que toute la stratégie de Fabula tendait vers ce but. J’aurais bien dit que c’était pour rattraper les conneries de Dag mais personne ne s’était réellement opposé à la décision dans cette famille à part moi. Enfin, ouvertement en tout cas, avec cris et fracas, ma marque de fabrique. « Cette marque, là, c’est pas une traversée tranquille, c’est du sérieux. » Je levai la main pour empêcher Isilde de protester avant la fin de mon propos. « On a déjà perdu des gens dans cette famille pour leurs conneries il y a vingt ans et on risque d’en perdre encore. Alors sois contente que quelqu’un ait l’occasion de t’aider à maîtriser ta magie comme ça. Moi, j’ai pas le temps et, crois-moi, quand t’es devant la mort et que tu n’réussis pas à lancer un sort correctement fatal à ton ennemi parce que tout ce que t’as tué dans ta vie c’est de la poiscaille collante, tu regrettes. Tu regrettes ton engagement et ton manque de maîtrise. »
Le souvenir de la Tour des Médias était encore brûlant. Les avada de Travers m’avaient glacé le sang et j’avais été incapable de faire de même. Déjà, c’était un sort que je n’avais jamais lancé : la poiscaille, qu’elle soit magique ou non, c’était par décapitation que j’avais appris à la mettre à mort. Décapiter un sorcier ou un moldu, bah ça ne m’était même pas venu à l’esprit. Et j’en aurais été incapable moralement et magiquement. Je savais qu’il allait bien falloir un jour que je me trouve quelqu’un pour m’aider à m’améliorer mais je préférais me dire que j’allais plutôt esquiver, si possible, les prochains combats.

Je bus une bonne rasade de vin d’airelles, pour la contenance, parce que je n’avais jamais réellement avoué à qui que ce soit la médiocrité dont j’avais fait preuve avec ma baguette ce soir-là. J’étais bien plus douée dans des missions d’espionnage ou de séduction que dans des combats frontaux. « Si j’ai milité pour vous éviter cet engagement avec ton frère, c’est pas parce que j’avais envie de vous traiter comme des gamins. C’est parce que j’ai vu ce que c’était et je ne souhaite ça à personne. Ce combat n’est pas le nôtre, c’est le leur. » Voguer sur les océans, pourfendre l’ennemi maritime pour les couleurs des Sabordage, c’était une chose, c’était notre essence. Ça… C’était se battre pour d’autres. « C’est pour leur guerre de pouvoir qu’on se bat. Parce qu’ils sont incapables de régler leurs problèmes d’égo seuls. Les Phénix là, ils se battent parce qu’ils ont perdu beaucoup. Et ils croient en des choses différentes et c’est pas forcément con. Les moldus bah… On peut pas leur en vouloir de se battre pour leur liberté. Et nous, on aide des cul-serrés à étendre leur répression. Une répression qui nous touche qu’à moitié parce qu’on vit un peu en dehors de leurs règles. Mais tout le monde n’a pas la chance d’être un Sabordage, tu vois ? » Voilà, j’étais tombée dans le discours de la vieille conne. Mais tant pis, fallait que ça sorte. Pamphil et Isilde avaient été lobotomisés par ce château de malheur et ils devaient comprendre que ce combat, c’était pas le nôtre.

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Re: Tout feu tout flamme
ce message a été posté Jeu 26 Avr - 15:54
Je lâchai un « Hm... » peu convaincu. Me faire progresser c'était une chose, mais ça va quoi ! J'étais d'jà pas mauvaise, pas besoin de me tuer à la tâche. A part mon père qui avait fait montre d'un minimum de confiance en mes capacités en m'autorisant à prendre la Marque personne dans cette famille n'avait l'air de vouloir admettre que j'étais déjà largement parée !  « Cette marque, là, c’est pas une traversée tranquille, c’est du sérieux.  » Et c'était r'parti... d'habitude tante Arsy était celle qui me comprenait le mieux, pourquoi ça l'emmerdait autant ces histoires ? Je voulus répliquer mais elle enchaîna sur une tirade moralisatrice sans m'en laisser le temps. Je l'écoutais les bras croisés, exaspérée.

« Mais j'en manque pas, de maîtrise, et Pam non plus ! On pourrait éclater n'importe quel Phénix sans problème j'en suis sûre. Pourquoi vous persistez à nous voir comme des gosses ? On sait s'défendre ! Et puis c'est notre devoir. » C'était toujours la même chose, on était assez grands pour nous gérer, mais personne semblait l'avoir pigé ! Il faudrait bien qu'ils changent d'avis à un moment. Je comptais pas mal sur les petites affaires que je fomentais dans leur dos pour les forcer à changer de point de vue, mais ça n'avait pas encore assez fructifié pour leur en parler, mais bientôt, si tout se passait bien.

« Si j’ai milité pour vous éviter cet engagement avec ton frère, c’est pas parce que j’avais envie de vous traiter comme des gamins. C’est parce que j’ai vu ce que c’était et je ne souhaite ça à personne. Ce combat n’est pas le nôtre, c’est le leur. » Pourtant, on était vachement impliqué dans ce combat qui n'était pas censé être le notre. On aidait les Mangemorts avant même ma naissance, et on avait même arrêté de vivre en mer, si ça c'était pas d'la loyauté...

Le discours qui suivi me prit un peu plus au dépourvu, me laissa sans voix même. Elle était en train de donner raison aux Phénix là ! La Mangemort en moi se révoltait contre ce blasphème. Ils étaient  censés représenter le mal incarné, l'engeance à éradiquer ! Et elle disait qu'ils étaient... pas forcément cons ?! Mais si justement, c'était tout l'concept des terroristes, non ? Si quelqu'un d'autre m'avait dit ça j'me serais fendu la poire et j'aurais arrêté de lui accorder du crédit... mais venant de tante Arsy ça m'alarmait. Je choisis de monter sur mes grands chevaux pour reprendre une contenance. « Alors quoi ? C'est nous les méchants c'est ça ? On devrait plutôt aider les pauvres petits terroristes innocents peut-être ? On a perdu des gens ouais, mais c'est pas les Mangemorts qui les ont tué. Et puis c'est facile à dire pour toi que c'est pas notre combat, t'es presque une sang-pure ! On peut pas se marier à des sang-purs nous, on est obligé de s'impliquer à fond si on veut s'faire remarquer autrement qu'en inspirant le mépris. » Poings serrés, je baissai les yeux sur mon assiette, j'en avais dis un peu plus que je ne l'aurais voulu. Hormis avec Pamphil, je n'avais jamais exprimé la frustration que m'inspirait ce sang que ma mère, tellement impure, avait souillé. Ce foutu sang, cet insupportable sang ! La différence majeure entre elle et moi. Cet obstacle insurmontable qui, en dépit de tous mes efforts pour lui ressembler, m'empêcherait à jamais de l'égaler.
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Re: Tout feu tout flamme
ce message a été posté Lun 11 Juin - 14:49
Un éclat de rire altier s’échappa de ma gorge. Isilde ne connaissait rien de notre réalité, ça me brisait le cœur mais qu’elle ose dire que c’était facile pour moi me rappelait surtout qu’elle était une gamine un peu trop enfermée dans le moule de ces gros cons. Putain quelles conneries. Je savais que lui rire au nez était la pire chose à faire mais putain quelles conneries.

« Ma chérie écoute-moi bien. C’est facile pour moi aujourd’hui parce que j’ai fait un gros doigt à mon statut de sang selon leur hiérarchie de merde. C’est facile pour moi parce que j’ai eu la chance d’être rapidement veuve. » Célébrer la mort de son mari n’avait pas été commun chez les Sabordage avant mon histoire et mon mariage. Mais ça, elle semblait l’oublier tellement elle était aveuglée par toutes ces foutaises enseignées dans son école de merde. « Les méchants et les gentils, c’est dans les contes pour enfants terrestres, pas dans les contes que je te racontais en changeant tes langes pleins de merde pendant que ton père et ta mère étaient sur terre pour risquer leur vie pour des connards, okay ? Si on est du côté des Mangemorts c’est parce qu’à l’époque de notre foutu engagement c’est eux qui avaient la tune pour nous donner envie de leur filer un coup de main. » Et ça, c’était un de mes plus grands regrets. Non pas d’avoir choisi leur camp à eux, mais que Claudicus se soit dit que les gallions en valaient la peine alors que nous ne manquions de rien.

« Explique-moi pourquoi tu veux que des péqu’nauds comme eux te remarquent ? Ton ambition dans la vie est de devenir la poule de luxe d’un bouffon qui te fera valser sous les yeux de ses copains au début puis qui ensuite te demandera de devenir une poule pondeuse ? Parce que c’est ça qu’on m’a demandé quand on m’a mariée à l’autre blaireau. Et en plus on m’a aussi demandé d’apprendre à ferme ma gouaille : tu sais aussi bien que moi que c’est pire que de devoir porter des paillettes et une plume dans le cul pour des femmes comme nous. » J’oubliais que j’étais censée la rassurer et faire presque la paix avec la jeune femme qu’elle était devenue. Mon flot de paroles se déversait sans limite comme les conneries débitées par Sorcière Hebdo et tutti quanti. « Tu as la chance d’être une Sabordage. Une femme qui n’a besoin de personne pour être quelqu’un et qui possède une vraie famille aimante et soudée. Tu es une Sabordage et tu peux faire ce que bon te semble. Tu peux voguer tant que tu veux si tu le souhaites, tu peux utiliser les culs-serrés pour te remplir les poches sans scrupule parce que c’est ce qu’ils attendent de nous et tu peux leur dire merde en souriant sans qu’ils ne puissent salir ta réputation puisque ton nom parle pour toi. » J’exagérais. On pouvait dire merde à certains mais pas à tous. Seulement, comme ça ne servait pas mon propos, bah je mentais, c’était mieux.

« Sabordage. Sabordage. Sabordage. C’est le nom qui te colle à la peau jusqu’aux tripes et qui ne s’effacera jamais. Tu auras beau faire tout ce que tu crois utile pour qu’on te « remarque », ça ne s’effacera jamais. Et c’est ça la base de leur société de merde : faire croire aux gens que leurs efforts pourront payer mais sans qu’ils n’y parviennent jamais. Imagine un peu si un jour tous les sorciers sont de sang pur ? Qui sera au-dessus de qui ? Qui ordonnera et qui exécutera ? Il n’y a pas de faille à leur plan parce que les minots qu’ils éduquent apprennent les bases de la bonne conduite et en même temps on leur dit d’écraser ceux qui sont en-dessous, donc personne ne veut de l’égalité. L’égalité ennuie les gens. D’où la légende du grand amour pour lequel certains acceptent de ne pas élever le rang de sang de leur nom pour la génération suivante : il faut des gens qui restent en bas. Garder des moldus sert aussi à assurer l’arrivée des nés-moldus. Garder les cracmols sert aussi à avoir un vivier de sous-merdes pour eux. Grandis mais, surtout, sers-toi de ta tête sacrebleu ! » Même pas essoufflée alors que je n’avais pas pratiqué mon art de la diarrhée verbale depuis au moins trois jours. On est une artiste ou on ne l’est pas.

« Une rasade d’eau de vie avec ça ? Parce que j’ai pas fini donc si ça peut t’aider à avaler ce qu’il me reste à dire… » Je lui tendis la bouteille. « Leurs préoccupations ne devraient pas être les nôtres, Phénix, Mangemorts ou moldus tarés : ils se battent pour des terres, des droits, des privilèges… Toutes ces choses qui nous sont inutiles ou naturelles. On ne se fondra jamais dans leur monde. On est là pour profiter de ce qu’on peut leur soutirer, pas pour mourir pour eux bordel. » Mais qu’est-ce que je foutais ici ? Qu’est-ce que je foutais sur terre ? J’aurais dû demander depuis bien longtemps à partir vivre sur la Vieille Barrique… Mais me séparer des miens m’était insupportable. « Après mon mariage, j’ai dû aller à des soirées où personne ne voulait me voir mais où tout le monde m’attendait. À quel moment on peut aimer vivre dans un monde où tout le monde se déteste mais où chacun fait comme si ce n’était pas le cas ? On parlait dans mon dos mais en face on me souriait. On se moquait de mes origines mais on venait me demander de faire passer des objets d’un continent à l’autre. On me montre toujours du doigt mais on se régale d’être sur ma liste VIP au Boutefeu. C’est comme ça que ça se passe. Et si tu l’acceptes, tu peux en jouer et leur chier à la gueule sans qu’il ne puisse rien faire d’autre que de te sourire avec des morceaux entre les dents. Parce qu’ils sont conditionnés à ça. On est là pour prendre et non donner ou se faire marcher dessus. » Ma pauvre Isilde complètement happée par une réalité qu’elle semblait ne pas comprendre. « Tu peux essayer tant que tu voudras, ils ne t’accepteront que si tu choisis de renier qui tu es. Et même là, ça prendra du temps et ça ne fonctionnera, au mieux, que sur tes petits-enfants. Mais n’oublie pas que nous, on sera toujours là pour toi. Derrière les quais, dans leur jungle gerbante, si c’est là que tu veux vivre, bon courage pour trouver des gens qui seront là inconditionnellement pour toi. » Et ce furent deux rasades d’eau-de-vie qui me permirent d’arrêter de l’agresser avec toute la rage et la haine que j’avais contre ce monde de merde.


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Re: Tout feu tout flamme
ce message a été posté Mer 13 Juin - 20:53
Elle était pas chiée d'me rire au nez comme ça ! Je ne m'étais pas attendu à une telle réaction. Je savais qu'elle ne serait pas d'accord mais là elle faisait clairement étalage de son mépris pour mon opinion. Mais le pire était encore à venir, avant que je n'ai le temps d'en placer une elle se lança dans l'une de ses fameuses "diarrhée verbale". Ça partait plutôt bien au début, ça s'tenait comme raisonnement. Mais plus elle enchaînait et plus les conneries qu'elle me crachait au visage étaient grosses. Les bras croisés et la mâchoire serrée je l'écoutais en prenant bien soin de ne pas détourner le regard.  Je refusai la bouteille quand elle me la présenta, ma fierté me l'interdisait. Je n'avais aucune envie d'en entendre plus mais je savais qu'il était inutile d'essayer d'interrompre une Arsenia vénère quand elle était lancée, alors je me taisais. Je me taisais et j'accumulais un peu plus de frustration à chaque mot, frustration qui se muait peu à peu en colère. Comment pouvait-elle croire que j'envisagerai ne serait-ce qu'une seule seconde de me barrer ? Que je puisse vouloir effacer mon nom ? Me tenait-elle en si basse estime ?

Quand elle en eut enfin fini, un long silence chargé de tension s'ensuivit. Je ne trouvais même pas les mots pour décrire ma pensée. Ou plutôt c'était le contraire, les mots étaient si nombreux que je ne savais pas par où commencer. J'aurais aimé pouvoir imiter son rire méprisant, mais mon humeur ne me permettait qu'un sourire amer. « Tu comprends rien. » D'habitude c'était à mon père que je réservais cette entrée en matière, mais d'un autre côté d'habitude c'était aussi lui qui me servait le sermon du vieux con.

Finalement je changeai d'avis pour la bouteille, je m'en saisis pour boire de larges lampées au goulot histoire de défaire ce foutu nœud que j'avais dans la gorge et noyer l'émotion qui transparaissait dans ma voix. « Tu n'imagine pas à quel point ça m'énerve que les cousins me prennent pour une terrestre. Mais j'pouvais le supporter du moment que je pensais que toi tu savais qui j'étais. Tu crois vraiment que j'ai honte de mon nom ? Je vis et je respire pour cette famille ! Et t'inquiète pas, même si je le voulais je deviendrais jamais une poule de luxe avec une plume dans l'cul. Tu veux savoir pourquoi je veux qu'on me remarque ? Alors je vais te raconter une p'tite histoire. » A partir de là j'essayais même plus de la contredire, je voulais juste me débarrasser du poids que j'avais sur le cœur et de cette rage qu'elle avait attisée. « Quand j'étais p'tite, j'croyais qu'on était les rois des mers. Je pensais qu'on était libres d'imposer notre loi dans chaque port où on faisait escale, libre de faire tout ce qu'on voulait. Puis vous m'avez jetée en pâture aux terrestres. J'ai pas compris pourquoi au début, j'vous en ai voulu à mort. T'as une idée de c'que ça fait de grandir au milieu de connards péteux qui te voient comme la dernière des merdes et qu'on essaie de te vendre comme une deuxième famille ? Au début ça fait pleurer, après ça fait réfléchir, et enfin ça fait comprendre. La seule chose qu'on leur soutire, c'est le droit de vivre. On est plus les rois de que dalle, on est des chiens de mer qu'ils tiennent par les couilles pour faire leur sale boulot. C'est eux qui font la loi maintenant, plus personne n'a peur de nous depuis longtemps. Claudicus avait compris que le vent allait tourner pour nous si on s'adaptait pas, quitte a devenir la risée du reste de la famille. C'est pour ça que j'ai pas eu le droit de grandir sur un bateau. » Bon, j'étais pas vraiment allée lui demander, mais c'était une supposition tout à fait logique.

« J'ai fini de vous en vouloir pour ça depuis longtemps, en fin de compte j'aurais sûrement fait la même chose à votre place. Mais aujourd'hui vous voyez plus assez grand. Ça t'conviens peut-être leurs sourires de faux culs quand ils veulent te gratter des faveurs ou le misérable quai qu'ils ont consenti à nous laisser mais moi j'veux beaucoup, BEAUCOUP plus que ça ! J'veux plus qu'on soit les rois des océans mais les rois tout court ! J'veux que ces enculés bouffis qui m'ont enfoncée plus bas que terre baissent les yeux quand ils me voient. J'veux qu'on soit chez nous partout, autant sur mer que sur terre ! J'en ai rien à foutre que le régime soit pourri ou que les gens seront jamais égaux, j'veux tellement me démarquer qu'ils auront plus d'autre choix que me donner c'que je veux ! Et ça vaut aussi pour vous d'ailleurs, j'vais vous forcer à ouvrir les yeux pour voir que je suis autant une Sabordage que les autres ! Si je dois planter notre pavillon sur le cadavre de tous les piafs que je croiserais pour y arriver alors soit ! » Que je sois incapable de tuer autre chose que du poisson pour l'instant n'avait aucune importance. De toute façon partie comme j'étais j'en avais pas grand chose à faire que mon discours soit cohérent, j'voyais pas de mal à tourner les choses comme ça m'arrangeait.

« Tu dis que j'me sers pas de ma tête, moi je pense que c'est toi qui refuse de te servir de la tienne. Je veux pas passer le restant de ma vie à craindre le jour où les sang-purs décideront qu'on est plus gênants qu'utiles. Je veux pas non plus devenir une vieille aigrie résignée à n'être jamais plus qu'un parasite qui grappille ce qu'elle peut où elle peut. Tu peux rire de moi autant que tu veux ça changera rien à ce fait. » Je lâchai un soupir fatigué. Pourquoi elle m'obligeait à dire des trucs pareils ? Pourquoi elle refusait de me comprendre ? Je ne savais pas quoi dire pour changer ça.
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Re: Tout feu tout flamme
ce message a été posté Ven 15 Juin - 13:38
« Tu comprends rien. » J’inspirai calmement mais ne dis rien. Je ne dis rien parce que je sentais que c’était à son tour, parce que j’avais monopolisé la parole et que je savais qu’elle avait besoin elle aussi de déverser tout ce qu’il y avait dans sa caboche. Je savais être généreuse, laisser les autres l’ouvrir aussi. Non, c’était faux. Je savais le faire avec Isilde parce que je l’aimais, parce qu’elle me ressemblait bien trop et parce qu’elle m’avait laissé l’écraser sans m’interrompre. Le respect dans cette famille prenait une forme étrange mais une forme qui nous correspondait. Ce superbe respect que beaucoup de terrestres bouseux ne connaissaient pas.

La voir se rincer la panse avant de commencer me fit presque sourire. Les mêmes ou presque. Malgré toutes nos dissonances j’étais fière de ce petit bout de femme qu’elle était devenue. Quand elle brillait par ses conneries qui ressemblaient aux miennes, je ne pouvais m’empêcher d’être contente de moi, d’elle, de nous. Même là, alors que nous étions au milieu d’une dispute, d’un affrontement, je ne pouvais m’empêcher d’être fière. Il ne restait plus qu’à lui faire comprendre où elle se trompait et lui rappeler d’où elle venait.

« … Alors je vais te raconter une p'tite histoire. » Ce que je vis dans son regard stoppa net mes pensées sur notre ressemblance, sur le fait que je pouvais me la péter qu’elle soit comme moi. Je n’avais jamais insinué qu’elle avait honte mais la délicatesse des mots et moi faisaient trouze mille…

« Quand j'étais p'tite… » Le souffle coupé, la gorge nouée, je l’écoutais, tenant un peu trop fermement mon verre dans la main. Elle me racontait tout ce que ses lettres d’adolescente n’avaient pas su dire. Elle m’expliquait tout ce que j’avais toujours craint, tout ce que j’avais toujours soupçonné. Cette putain d’école. Ces putains de culs-terreux. Le choix désastreux de Dag. COMBIEN DE FOIS LUI AVAIS-JE DIS QU’ENVOYER SES GOSSES LA-BAS AVAIT ETE LA PIRE ERREUR DE SA VIE ? J’avais envie de lui dire que je m’étais longuement et sans relâche opposée à ça, durant des années, avant chaque rentrée, après les vacances, à chaque lettre que je soupçonnais d’être étrange. Je n’avais jamais voulu que mes neveux chéris vivent ça. ET DAGOBERT NE M’AVAIT JAMAIS ECOUTEE. JAMAIS. Ou si, pour ensuite me rétorquer que c’était pour le mieux que blablabla ça coulait de source que blablabla ils s’insèreraient mieux dans cette société pour nos affaires. RELFEXION DE BULOT OUAIS. Mais je ne pouvais pas dire ça à Isilde. Je ne pouvais pas tout mettre sur le dos de son père avec ce qu’elle me disait. Reporter la faute sur l’autre j’aimais bien, mais là, la discussion était trop profonde. Reporter la faute sur Dag ou Claudicus ou même mes parents reviendraient à juste dire que ce n’était pas mon problème, que son histoire ne m’intéressait pas. Et j’étais assez grande pour aller m’en prendre à Dagobert toute seule, il en avait l’habitude. « … J'ai fini de vous en vouloir pour ça depuis longtemps, en fin de compte j'aurais sûrement fait la même chose à votre place… » Je n’aurais jamais fait ça, jamais. Mais j’étais soulagée de voir que sa rancœur n’était plus là. Enfin, soulagée… Est-ce que ça ne traduisait pas de la résilience ? Ou pire ? Un mimétisme de ces familles de culs-terreux où les gens acceptent les choses pour ensuite les faire vivre plus tard à leurs enfants dans un cercle vicieux sans fin et complètement morbide ?

« … Je veux pas non plus devenir une vieille aigrie résignée à n'être jamais plus qu'un parasite qui grappille ce qu'elle peut où elle peut.… » Wow wow wow ! C’était gratuitement pour moi ça ? Genre… vieille. Aigrie. Parasite. C’était comme ça qu’elle me voyait à travers son spectre façonnée dans son école ? La pression sur mon verre se resserra encore dangereusement mais je réussis à garder mon calme et à lâcher mon verre. D’un coup de baguette je fis verre une autre bouteille plutôt que d’exploser de quoi la vider dans ma main. « Prends la deuxième bouteille et donne-moi la main. Ne discute pas. »

Je mis la bouteille pleine dans la poche intérieure de ma cape, attrapai la main d’Isilde de ma main gauche tout en tenant fermement ma baguette de la main droite. Je la sentais crispée mais peut-être un peu… soulagée ? Je transplanai avec elle sur le toit des entrepôts au milieu des nids de piafs marins délaissés en cette période hivernale. La nausée me prit immédiatement, le transplanage de groupe n’étant décidément pas mon fort. J’allai m’asseoir sur le rebord du toit, l’invitant d’un regard à me suivre et sortis la deuxième bouteille dont je fis sauter le bouchon avant de la porter à mes lèvres. « On va prendre notre après-midi. Je m’occuperai de justifier ça pour Fabula, t’inquiète. » L’air glacé marin était tout ce qu’il nous fallait. Ici, c’était mon lieu de tranquillité, un endroit que tout le monde dans cette famille connaissait, où certains venaient avec ou sans moi mais qui était à moi. Juste parce que comme ça. La vue sur la mer, sur le port, les quais, notre patrimoine… L’air, le clapotis des vagues et le calme…

Tout ce qu’elle venait de me dire m’avait fait réaliser une chose : Isilde, c’était clairement moi avec une construction différente. Si elle avait grandi sur un bateau, elle aurait été ma copie conforme du début à la fin. Ma belle-sœur n’avait rien donné de sa propre personne à sa fille. Ou presque. Et la vision du monde d’Isilde qui me semblait erronée aurait pu être la mienne si j’avais grandi à sa place. Comment vouloir avoir des enfants quand on avait déjà des neveux merveilleux ? Une nièce aussi magnifique et si semblable à moi ? Malgré les conneries qu’elle avait pu débiter, je ne lui en voulais pas. Enfin, sauf pour le combo de la mort. Vieille. Aigrie. Parasite. « Avant de jouer la femme adulte, raisonnable et responsable, laisse-moi clarifier une petite chose. Non, trois. » Je tournai la tête pour planter mon regard dans le sien. Sans clémence pour le moment. « Je ne suis pas vieille. Je ne suis pas aigrie. Et je ne suis sûrement pas un parasite. Ah, et quatrième chose : tu me ressembles tellement que tu ne seras jamais aucun des trois. Merci de laisser ça entrer par une oreille et de te boucher l’autre pour que ça ne sorte pas de ton crâne. » Encore trois secondes de regard perçant et menaçant, je devais avouer avoir piqué celui-là à Mulciber, j’avais détesté l’effet que ce regard avait eu sur moi et je me disais qu’il fallait que je passe le flambeau un peu aussi. Wilfric, t’as beau me glacer le sang en un regard, sache que j’apprécie avoir appris deux trois trucs avec toi. Bisous où que tu sois. Tu me manques presque. J’eus une fraction de seconde peur que, où qu’il soit, il puisse être capable de pénétrer mon esprit et me châtier pour cette petite pensée.

« Je ne vous ai jamais considérés comme de faux Sabordage, toi et Pam. Sache-le. Et personne ici non plus ne vous a considérés ainsi. Ce que tu ressens peut-être comme du mépris c’est leu… notre regret de vous avoir envoyés là-bas. La honte qui vient maintenant quand on voit que ça vous force à avoir comme le cul entre deux chaises. Mais vous êtes des Sabordage. Comme moi, comme vos parents. Pam ressemble tellement à Dag que ça ne peut être autrement et toi… » j’aurais pu lui attraper la main si j’avais été une bouffonne de terrestre. Mais le cheesy ne fonctionnait pas par ici. « Tu me ressembles tellement que c’est le même tarif. Tu me ressembles tellement que j’oublie parfois que tu n’es pas moi. Et c’est sûrement pour ça que j’accepte mal ta vision des choses. Je ne la comprends pas parce que tu es comme moi. J’oublie que nous n’avons pas grandi de la même façon. Et… j’en suis désolée. » La gorge me piqua un peu et ce n’était pas à cause de l’eau-de-vie. Mais faire traiter de vieille, aigrie et parasite pour ensuite dire que j’étais désolée… Mon cerveau risquait de fondre tellement ce n’était pas normal ni naturel pour moi. Et mon corps risquait de se liquéfier aussi…

« Par contre, je vais insister lourdement sur un point : être les rois des mers n’a jamais été le but de cette famille au cours des siècles. Être rois implique des responsabilités. Nous étions et resterons les mercenaires libres des mers. Et tu sais pourquoi ? Parce que c’est ça, la liberté. Le pouvoir est un concept terrestre qui permet à des gens frustrés de reporter leur manque de liberté en privant plus encore ceux qu’ils dirigent. Vouloir les diriger c’est entrer dans cette danse qui n’est pas la nôtre. Seulement, si c’est vraiment ce que tu veux, alors soit. Mais ne crois pas que ce soit ça, la liberté. » Et c’était ça, en fait, que nous avions raté dans leur éducation, Poudlard ou pas Poudlard. Leur expliquer ce qu’était vraiment la liberté, donc les Sabordage, donc la vraie vie des pirates que nous étions. Nous ne leur avions jamais offert cette liberté finalement. Et c’était horrible de se rendre compte de ça.

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Re: Tout feu tout flamme
ce message a été posté Dim 17 Juin - 14:19
Je m'attendais à recevoir une nouvelle avoinée. Ça crevait les yeux qu'elle avait envie de péter des trucs. Mais c'est pas grave, j'étais mentalement préparée à rien lâcher. Sauf qu'au lieu d'un flot de colère... « Prends la deuxième bouteille et donne-moi la main. Ne discute pas. » Ah ? Bon, bah d'accord. Le ton de sa voix n’appelait pas vraiment à la contestation.  Sans discuter j'attrapai l'autre bouteille et la laissait prendre ma main sans opposer de résistance. L'ambiance avait changée, je ne sentais plus d'électricité dans l'air et ça m'allait très bien comme ça. Si elle me proposait une porte de sortie pour éviter le conflit armé, je n'allais pas dire non.

Le toit des entrepôts, si elle nous avait emmenées dans son sanctuaire ce n'était certainement pas pour qu'on se tape dessus. Et j'en étais plutôt soulagée à vrai dire, j'avais beau être très douée dans cet exercice je n'avais aucune envie de passer le reste de la journée à faire la gueule. Réprimant un frisson causé par le vent hivernal je l'imitai en allant m'asseoir à côté d'elle et en m'attaquant à ma propre bouteille. Je savais qu'elle avait quelque chose à dire alors j'attendais patiemment en contemplant le paysage. « On va prendre notre après-midi. Je m’occuperai de justifier ça pour Fabula, t’inquiète. » Même si je restai de marbre une petite voix dans mon esprit hurla un grand "YEEEES !" Ça vaudrait presque le coup de faire ça tous les après-midi ! « Avant de jouer la femme adulte, raisonnable et responsable, laisse-moi clarifier une petite chose. Non, trois... » Ouah, elle avait vraiment pas digéré mes petites piques. Faut dire que la vieillesse c'était un point sensible chez nous. J'aurais sûrement souris si elle avait pas eu l'air aussi vénère. Et comment elle faisait son truc avec les yeux là ? C'était vachement flippant ! On dirait qu'elle allait rentrer dans mon cerveau. Alors je me contentai de hocher sagement la tête. Heureusement cet instant d'intense malaise ne dura pas et elle passa vite aux choses sérieuses.

« Je ne vous ai jamais considérés comme de faux Sabordage... » Je le pensais quand je lui ai dis que je ne leur en voulais plus pour Poudlard. Pourtant la voir admettre qu'ils regrettaient cette décision fut un étrange soulagement, j'eus l'impression qu'un poids dont je ne soupçonnais même pas l'existence avait quitté ma poitrine. « Tu me ressembles tellement que c’est le même tarif. Tu me ressembles tellement que j’oublie parfois que tu n’es pas moi... » J'étais pas vraiment quelqu'un de sensible, il en fallait pour m'émouvoir. Mais ces mots là je les avaient attendus tout le long de ma vie. C'était la sacro-sainte reconnaissance. Et cerise sur le gâteau elle s'excusait, fait rarissime, je savais bien à quel point ça pouvait faire mal à la mâchoire. Pour un peu je me jetterais dans ses bras ! J'en venais à avoir des remords pour les reproches implicites que je lui avais adressé – ben oui : si elle est moi, ça veut dire que ce sont des reproches que je m'adresse à moi-même, impensable !

« Par contre, je vais insister lourdement sur un point... » Hum, là elle mettait le doigt sur quelque chose. Je pris pensivement mon menton entre mes doigts et fronçai légèrement les sourcils. J'aimais pas les responsabilités, ça me donnait de l'urticaire. « Mais... » Mais d'un autre côté la liberté et le pouvoir c'était lié, non ? Il devait bien y avoir moyen d'imposer sa volonté sans contrepartie... Remarque, c'était pas ce qu'on faisait déjà du coup ? « Je sais pas, peut-être... » Scrout, tout se mélangeait dans ma tête maintenant, j'étais paumée ! J'allais devoir faire mûrir ma réflexion sur le sujet. Fait chier, j'aime pas les remises en question, c'est trop de prise de tête et ça donne des insomnies !

Pour clarifier mes pensées je portai la bouteille à ma bouche et je bus jusqu'à ce que le breuvage me fasse grimacer. Il y avait plus important que ces réflexions pour l'instant. « Désolée d'avoir insinué que tu comprenais rien... et de t'avoir traitée de vieille... et d'aigrie... et de parasite... » J'aurais pu essayer de lui faire croire que ce n'était pas elle qui avait été ciblée mais après son discours émotion ç'aurait été affreusement immature. Il y avait un temps pour assumer ses fautes, un temps pour la franchise – si Père interceptait cette pensée je crois qu'il se mettrait à chialer.  Je pris soigneusement le temps de chercher mes mots, il fallait que je lui fasse comprendre sans donner l'impression de vouloir l'acculer. Et pour ce que j'avais à dire ce n'était pas facile. « Je suis vraiment fière de te ressembler, tu n'imagine pas... mais je reste moi. La liberté c'est aussi de pouvoir choisir de prendre la Marque, pouvoir choisir de se battre pour ce en quoi on croit. Je crois que j'comprends pourquoi tu désapprouves mais avec ou sans ton soutien ce sera pareil, tu pourras pas m'en empêcher. Mais quand même à choisir, je préfère que tu me soutienne. » Je pris une nouvelle gorgée, ça donnait soif la diplomatie !
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► Quand elle commence à soupirer, mieux vaut arrêter de lui prendre la tête.

Re: Tout feu tout flamme
ce message a été posté Jeu 21 Juin - 11:47
« Désolée d'avoir insinué que tu comprenais rien... et de t'avoir traitée de vieille... et d'aigrie... et de parasite... » Aaaah, les excuses ! Je savais combien ça pouvait piquer la gorge de les expulser en faisant vibrer la glotte. Accepter d’avoir tort, ou d’être allé trop loin, c’était compliqué pour nous, les Sabordage. Nous ne faisions jamais dans la dentelle et c’était assumé, s’excuser d’être nous était ainsi un concept bien étrange auquel nous n’adhérions que très rarement, uniquement lorsque cela était nécessaire. Comme là. Et je savais Ô combien cela signifiait. L’avantage de ne jamais s’excuser c’était qu’il était absolument évident que les quelques excuses proférées au cours d’une vie de Sabordage étaient sincères.

La liberté de choisir, oui. J’avais toujours cru que le choix de mes neveux avait été dicté par les conneries qu’on leur avait fait ingurgiter jusqu’à l’explosion dans cette école maudite mais Isilde venait de me prouver qu’il y avait plus que ça. Il restait encore une petite part, imprimée dans son crâne, d’aliénation, je le sentais, mais au moins j’étais rassurée : il y avait plus que ça. « Je te soutiendrai toujours, n’en doute pas. Mais mon soutien ne pourra jamais se dissocier de mon inquiétude. » Lui dire que je la considérais comme une gamine n’était pas une bonne idée et puis, ça n’était même pas ça, la vraie raison, enfin, ça n’était pas aussi simple. « S’engager dans un combat pour lequel on n’est pas équipé au mieux est suicidaire et inutile. C’est bon pour les terrestres qui pensent que c’est ce qu’ils doivent faire pour garder leurs privilèges. Nous… » Nous n’avions pas de haut statut à sauver en combattant auprès des mangemorts. Nous n’avions pas besoin de jouer aux chaises musicales puisqu’aucun siège ne portait notre nom à leurs yeux. « C’est ce qui m’embête le plus dans notre engagement : devoir nous battre sur un terrain où nous n’avons pas l’avantage. Au départ, on devait juste gérer la partie maritime et c’était parfait, nous étions imbattables. Mais foncer dans le tas comme à la Tour des Médias, à l’aveugle, remplacer la Brigade Magique… C’est tout ce qui me révulse. C’est tout ce qui montre que nous ne sommes que des pions, et pas juste notre famille, ça inclut aussi les terrestres normaux, ceux qui se sont engagés pour le pays à qui on demande de jouer le rôle de soldats. J’aime pas ces méthodes et l’idée de devoir m’y plier me révulse. Et ça me révulse encore plus de vous voir, toi et Pam, obligés de vous y plier aussi. Je préfère quand on peut appliquer nos méthodes, notre manière, tu vois ? »

De la chair à avada, voilà ce qu’on était. Un concept bien terrestre que je n’aimais pas. « C’est pas pour aller  contre votre choix. C’est vraiment… Tout ça me gave. On nous considère comme des pions, des pions qu’ils peuvent traiter comme de la merde. Ce manque de respect et de reconnaissance n’est pas un concept que j’apprécie. Ce n’est pas comme ça qu’on a été élevés, qu’on a vécu. » Il n’y avait pas que des Sabordage sur nos navires, aujourd’hui comme hier. Nous avions toujours eu des pirates de tous horizons, de tous sangs. Et un équipage devenait une famille. Même le pirate chargé de lessiver le pont avait toujours compté lors d’une attaque. Chez les mangemorts, dans le royaume des terrestres, c’était quelque chose qui ne comptait pas. Les têtes pensantes de la faction nous traitaient avec ingratitude et, pire, ils considéraient cela comme naturel. « Si j’avais su avant, cette marque, je ne l’aurais pas prise. Et c’est ce regret qui me fait bouillir quand je vois que, toi et Pam, vous avez aussi plongé dans cette mare de boue là. Mais je te soutiens. Je te soutiendrai toujours. »

Il était trop tard pour revenir en arrière, je le savais. Je l’avais compris quand je n’avais pu refuser les convocations, les demandes, les ordres. Et pour accepter cette merde, je devais sans cesse me convaincre que, par extension, mon implication aurait des répercussions positives sur la famille.

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Le Secret du coffre maudit
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Re: Tout feu tout flamme
ce message a été posté Jeu 19 Juil - 12:15
« S’engager dans un combat pour lequel on n’est pas équipé au mieux est suicidaire et inutile. C’est bon pour les terrestres qui pensent que c’est ce qu’ils doivent faire pour garder leurs privilèges. Nous… » J'avais envie de répliquer que j'étais parfaitement équipée et d'arguer sur les privilèges que nous avions à défendre mais dans un grand élan de maturité et de pondération je décidais de ne pas la couper, de continuer à écouter et de garder mes arguments pour la fin. Après ça qu'on vienne plus me dire que j'étais pas agréable à vivre !

Du coup j'écoutais, je réfléchissais et l'alcool montait. « ...Et ça me révulse encore plus de vous voir, toi et Pam, obligés de vous y plier aussi. Je préfère quand on peut appliquer nos méthodes, notre manière, tu vois ? » Je répondis d'un haussement d'épaule peu convaincu, j'étais pas d'accord avec ça. J'veux dire, j'me sentais pas obligée d'me plier à quoi que ce soit, c'était même plutôt l'inverse. Jusqu'à maintenant devenir Mangemort n'avait eu que des avantages, bien souvent ma Marque avait inspiré le respect chez les citoyens lambdas, voire parfois même la crainte, là où autrefois je suscitais au mieux l'indifférence, au pire le mépris.

« Si j’avais su avant, cette marque, je ne l’aurais pas prise. Et c’est ce regret qui me fait bouillir quand je vois que, toi et Pam, vous avez aussi plongé dans cette mare de boue là. Mais je te soutiens. Je te soutiendrai toujours. » Surprise, je tournai mon regard vers elle. Alors ça, c'était perturbant ! Dans ma tête ma tante était imperméable aux regrets et aux mauvais choix. Et si elle avait raison et que la Marque était juste un piège mortel ? Y avait aucun moyen de faire machine arrière, est-ce que je finirai pas par m'en mordre les doigts un jour ? Nah, c'était des pensées à la con ça, faut pas trop y réfléchir. J'avais pas besoin d'une nouvelle source d'appréhension. « Ben... » Je me raclai la gorge pour essayer de mettre un peu de conviction dans ma voix. « On a quand même des privilèges à défendre. Est-ce qu'ils auraient toujours envie de supporter toutes nos conneries si on arrêtait d'leur être utile ? Même en admettant que t'aie raison, ça vaut l'coup pour le bien d'la famille. » La famille avant tout, toujours, en toute circonstances. Laquelle de nous deux j'essayais de convaincre ? Probablement les deux. « Mais t'inquiète pas, je sais c'que j'fais. » C'était p'têt pas le meilleur angle d'approche, bizarrement quand j'dis ça les gens ont tendance à être sceptique, alors que c'était parfaitement véridique ! Comme cette fois où j'ai balancé ce gosse par la fenêtre à Poudlard, j'avais pris grave cher alors que je savais très bien que j'arriverais à le repêcher à temps ! « Ca fait longtemps que j'm'entraîne pour ça. Et tu l'as dis toi-même, Grand-Mère m'a fait progresser à vitesse grand V. »

Soudain dans un éclair de lucidité, j'eus une révélation. Je partais du principe que si son opposition était aussi catégorique c'était parce qu'elle me voyait comme une enfant, une enfant faible. Mais la vérité c'est que même si j'avais autant de pouvoir que le Lord je ne la ferais jamais changer d'avis. Parce que tout était bien plus compliqué, bien plus profond. Curieusement, comprendre ça rendait mon incapacité à la convaincre beaucoup moins frustrante. En fin de compte est-ce que c'était vraiment si important qu'on soit d'accord ? Elle a dit qu'elle me soutenait, à partir de là, le reste on s'en chatouille la dragée ! « J'ai confiance en moi, tout s'passera comme je veux. Mais t'sais quoi ? Si ça finit par vraiment me souler... j'pourrais toujours m'échapper sur la Vieille Barrique ou la Vayu, j'suis sûre qu'Hiresh serait content. » En vrai j'me voyais pas abandonner la Compagnie comme ça, mais c'était toujours bon de se rappeler qu'on avait une porte de sortie, en cas d'urgence.
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► Possède quelques tatouages, visibles ou non au premier coup d'oeil.
► Son débit de boisson couche la plupart des sorciers qu'elle rencontre.
► Quand elle commence à soupirer, mieux vaut arrêter de lui prendre la tête.

Re: Tout feu tout flamme
ce message a été posté Mar 14 Aoû - 9:41
Elle savait ce qu’elle faisait… C’était vite dit mais c’était aussi ce que je disais toujours. Et tout se passerait comme elle le voulait… Mais que voulait-elle ? Faire briller le nom des Sabordage était une notion d’ici, pas de chez nous, pas comme ils l’entendaient ici. Notre nom était connu et respecté sur toutes les mers du monde, de notre monde. Ici, notre nom était connu, peut-être pas de tous, mais de l’essentiel : ceux qui avaient besoin de nous. Et même sans être liés aux mangemorts nous aurions toujours eu des clients. Cette erreur de jugement ne serait un problème que pour notre famille, le jour où l’un des nôtres mourrait à nouveau. Parce que c’était ça le souci, nous avions déjà perdu une Sabordage, et quelques amis pirates aussi, sauf qu’Isilde avait été trop jeune à l’époque.

Je préférai ne rien ajouter, je n’en voyais plus l’utilité pour le moment. Mon message avait commencé à se frayer un chemin entre ses boucles, il fallait le laisser murir, comme lorsque Claudicus nous avait annoncé qu’il ferait de nous des sang-purs via mon utérus. Wokay, l’exemple était très mauvais et je n’allais surtout pas le dicter à voix haute mais, quand même, à l’époque, en quelques semaines, ma répulsion s’était transformée en détermination à aider ma famille. Il fallait que ça fasse doucement sens pour ma nièce, l’art de la manipulation lente et pernicieuse. Sans réelle manipulation mais avec beaucoup de pathétisme pour lui faire comprendre le bordel. Faire pleurer dans les chaumières à petit dose.

« Pas sûre qu’il soit si ravi que ça le cousin. » dis-je en me tapotant la joue du bout de l’index, comme si une intense réflexion venait de s’infiltrer sous les os de mon crâne. « Ou alors il le sera un peu trop et en profitera pour te faire passer trouze mille épreuves pour s’assurer que tu es bien une pirate et pas une corsaire. » Un léger frisson de dégoût me parcourut à l’évocation de ce mot, ce mot terrible qui était pire que d’être traité de sang-mêlé chez les culs-terreux. C’était ce que nous étions aux yeux de beaucoup de pirates, des corsaires, des vendus, des traitres préférant vendre leurs services à des rats. Alors que non, enfin, pas tout à fait. Nous étions des pirates, nous faisions juste du commerce avec eux pour étendre nos intérêts, pour explorer de nouvelles possibilités. Et le côté mangemort était idéologique, enfin, à peu près : on ne travaillait pas à la solde de quelqu’un, on aidait ce quelqu’un. Ouais, c’était pas loin des corsaires tout ça et ça me fendait l’âme. Je me souvenais encore du regard moqueur des cousins de toutes parts, l’an dernier, sur la Vieille Barrique pour la grosse cousinade joutesque. L’angoisse. L’envie de tout plaquer et de partir sur les mers pour toujours. Bientôt, je le sentais, je savais que je finirais par craquer et tout lâcher. La question était simplement de savoir quand ou pourquoi. Quand ? Bientôt. Pourquoi ? Parce que les choses allaient forcément mal tourner à un moment.

Allez, ce soir, pour se détendre, ce serait shot de créations d’Hija, pour oublier et ne pas sombrer dans l’angoisse.

« Mais comme tu dis, si ça tourne mal, il nous reste encore tout ça. » Mon bras balaya l’horizon devant nous, alors qu’il faisait gris, froid, humide. Le temps était vraiment dégueux mais c’était aussi comme ça que je l’aimais. J’aimais tout du temps marin, qu’il soit agréable ou hostile, nous étions nés pour nous accorder avec ses désirs. « Et c’est tout ce qui compte. » Notre solution de repli serait la libération pour moi, pour beaucoup d’entre nous. Et je comprenais qu’Isilde ait du mal à voir les choses comme nous : elle avait passé plus de temps sur terres que sur mers finalement. C’était triste et déchirant pour une pirate. « On négociera une semaine de relâchement avec Fabula si tu veux... Qu’on parte à l’aventure. Soit toi et moi, et Pam s’il est chaud… Soit avec de vieilles connaissances que j’ai qui prévoient toujours de se balader du côté des cocotiers quand c’est l’hiver de ce côté de l’hémisphère. » Des vacances, des vraies, pour s’échapper de cette vie.

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Re: Tout feu tout flamme
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