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❝ Damsel in distress ❞
 :: Royaume-Uni :: Avalon :: Les sept quartiers
Veuve noire
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Damsel in distress
ce message a été posté Lun 5 Mar - 21:48
Le 5 mars 2047

Je devrais arrêter de boire.
Combien de fois, ces temps-ci, ces derniers jours, dernières semaines, derniers mois, a-t-elle eu cette dérangeante pensée ? Combien de fois, sans jamais vraiment s’y attarder, sans prendre sa propre mise en garde au sérieux ? Ce n’est pas qu’elle ne veut pas - c’est qu’à chaque fois, il y a quelque chose pour entraver la mise en oeuvre de ses bonnes résolutions, et chaque fois, c’est toujours plus grave.
Chaque fois, elle a besoin d’oublier un peu plus.

Je devrais arrêter de boire.
Et il y a un nouveau mojitos devant elle, apporté par un barman attentionné, payé par son compagnon de la soirée. Salomé est sortie seule à la Fiole Sans Fond, ce soir, et c’est bien par hasard qu’elle s’est retrouvée à parler à ce guitariste quelconque, mal malpoli, pas trop laid non plus, avec lequel elle a joué quelques fois. Une conversation de politesse, d’abord, c’est seulement un basique de rang 3, qui s’est muée en une heure de « Mmm mm et autres « ah » faussement intéressés. Salomé a même entièrement perdu le fil de la conversation menée par son interlocuteur, qui lui paye verre sur verre sans se soucier que la sorcière ne l’écoute pas. Ou plutôt : bluffé par le rôle qu’elle joue sans même se forcer, sans même y penser, au point où il la pense sincèrement intéressée par ses dires. Quel malheur, d’avoir si bien appris à jouer la comédie… quelle infâmie ! Quelle malédiction que ce don !
Elle pense à tout, sauf à lui. Pense au chant, auquel elle accorde de moins en moins de temps. Au club de danse, qu’elle a lâchement déserté. À celui de duel pour les débutants, qu’elle devrait peut-être rejoindre. Au manoir Kark, coulé, explosé. À Nilhem et Hélios, nouveaux habitants de la demeure de Scylla. Cette demeure où elle ne sait plus si elle est la bienvenue, en même temps qu’elle n’ose pas retourner au manoir O’Ryan, y affronter l’homme qu’elle a marié.

Elle reprend pied dans le monde réel uniquement quand l’homme lui touche le bras et qu’avec vigueur elle se dégage, le fixant de deux yeux ronds. Elle déteste toujours autant qu’on la touche sans sa permission. « Qu’est-ce que tu veux ? », qu’elle lui demande sèchement, sans même que l’alcool empâte un peu sa langue. Il rigole, s’excuse, lui dit qu’il voulait seulement l’aider à enfiler sa cape, pour pas qu’elle ait froid à l’extérieur. L’extérieur ? Pourquoi aller dehors ? Pour aller dans l… « Dans… où ?, répète-t-elle confusément, la musique l’empêchant de comprendre ce que l’homme lui dit. Un after. L’after dont je te parlais, et auquel tu m’as dit que tu voulais bien venir. Tu te souviens ? Oui, mais, je, n-non, je ne peux pas partir et… et laisser mes amies seules. Elles doivent être parties depuis longtemps, reprend l’homme avec un sourire aussi indulgent que dubitatif. Vite. Deuxième solution. ... oui, mais l’une, l’une d’entre elles… devait venir me rejoindre ici, je ne peux pas partir et… et partir. » La défense est aussi fausse que maladroite. Ses prunelles cherchent l’aide de quelqu’un, n’importe qui, dans la salle, pour la sortir de cette mauvaise posture, et trouvent le Graal en une figure mate aux yeux farouches. Une Chandra Khan ex machina, qu’elle implore du regard. Viens m’aider.

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Re: Damsel in distress
ce message a été posté Jeu 22 Mar - 20:07
Tu n'étais pas chaud pour sortir, ce soir. Après la cuite monumentale que tu t'étais prise avec Isilde il y a moins d'une semaine, tu pensais avoir réussi à te persuader de lever le pied au moins quelques temps, histoire de ne pas te cramer tous les neurones avant trente ans, mais c'était sans compter sur Ayesha et son enthousiasme débordant. La bougresse était drôlement convaincante quand elle s'y mettait, et avant que tu ne réalises l'embrouille elle était parvenue à vous entraîner dans une virée improvisée à la Fiole sans Fond. Toi et ton frère aîné. Lui aussi semblait se demander comment il en était arrivé là. Ce n'était clairement pas le plus fêtard de vous tous mais, comme maji, Ayesha avait le don pour rassembler les troupes et ni tes belles résolutions ni le sérieux légendaire de Nagendra n'étaient en mesure de rivaliser avec ça. Tu t'es faite avoir. Tu en as parfaitement conscience mais ça ne t'empêche pas d'esquisser un large sourire en regardant ta sœur onduler comme un beau diable sur la piste de danse, et ton frère qui tente de maintenir un périmètre de sécurité autour d'elle tout en la faisant virevolter.

De ton côté, tu es restée sagement assise à votre table, où tu finis de siroter ton deuxième mojito de la soirée. Faut pas déconner. Ce n'est pas parce que tu t'es laissée embarquer jusqu'ici que tu n'as aucune volonté, et pas moyen que ta sœur te fasse faire n'importe quoi non plus. Ce soir, tu as juste envie de profiter de la musique, tranquille, et de te laisser porter par l'ambiance sans que ça ne t'engage à rien. Tu aimes bien jouer les observatrices de temps à autre. Te tenir à l'écart et regarder vivre le monde. Ce n'est pas une sensation désagréable ; un peu comme celle que l'on peut éprouver lorsque, arrivé au sommet d'une falaise, l'horizon se déroule à perte de vue et que tous les possibles semblent devenir permis. Même ceux auxquels tu ne t'attendais pas... Tu ne peux pas t'empêcher de suspendre ton geste quand ton regard croise alors par hasard celui de Salomé. Salomé fucking Yaxley. Ou O'Ryan, peu importe. Tu as toujours autant de mal à te faire l'idée. Elle aussi d'ailleurs, vu comment elle écume les bars depuis qu'elle a épousé le vieux croûton qui lui sert de mari. Avant, vos routes ne se croisaient pas aussi souvent qu'aujourd'hui en tout cas, c'est certain, et, pour une fois, tu as l'impression de comprendre ce qu'elle peut ressentir. Mais, bordel, ce n'est pas une raison pour venir te faire chier avec ses regards de chien battu ! Est-ce que t'y peux quelque-chose, toi, si elle est malheureuse en amour et qu'elle n'est même pas foutue de se débarrasser d'un gros lourd au comptoir ?! Non. T'y peux rien. Et t'es bien résolue à la laisser se débrouiller toute seule quand tu aperçois soudain le gros lourd en question tenter à nouveau de la déloger de son tabouret. Le con. En moins de deux secondes, tu t'es dressée sur tes jambes et fend alors la foule dans leur direction.

_ Ah ben te voilà, toi ! J'te cherchais partout, t'exclames-tu alors que tu passes le bras autour des épaules de Salomé, mimant à merveille une proximité que vous ne partagez clairement pas d'ordinaire. C'est qui l'guignol ?

_ Marius, enchanté. Alors c'est toi la copine qui devait...

_ Et dis-moi, Marius, c'est un passe-temps régulier chez toi d'emmerder le monde ? De forcer la main aux femmes mariées ? Parce que si t'as pas compris que ma pote pouvait pas voir ta trogne en peinture c'est que t'es sacrément con.

Il aurait du se douter en t'entendant le traiter de guignol que tu n'étais pas le genre à faire dans le second degré, mais le gars fait visiblement partie de ces imbéciles heureux qui croient que tout le monde est un copain. Au moins, là, il n'est pas déçu du voyage.

_ Quoi ? Mais non mais pas du tout ! C'est elle qui...

_ Si tu comptes te reproduire un jour, un conseil, dégages de là et fissa. J'ai pas la patience ce soir, conclus-tu sur un ton qui ne souffre aucune objection, et comme pour marquer le coup, tu lui tournes déjà le dos pour héler le barman. Il faudra bien ça pour affronter la suite de la soirée...
Veuve noire
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Re: Damsel in distress
ce message a été posté Lun 2 Avr - 2:11
Appeler - visuellement - la Khan à son secours n’est pas garantie d’obtenir le secours désiré. Loin de là, même. Elles ne sont pas amies. Pas vraiment. Pas ennemies non plus. Rien qui promette quoi que ce soit, surtout. Chandra pourrait tout aussi bien simplement se détourner, doigt d’honneur en sus, et la laisser se débrouiller avec son interlocuteur. C’est d’ailleurs ce qu’elle compte probablement faire, et Salomé est rapidement ramenée à la réalité alors que l’homme essaie de lui reprendre le bras, avec cette fois un peu plus d’insistance : « Allez, viens, elle t’a oublié, ta copine… On va s’amuser, tu verras. » Sa seule solution est de sortir sa baguette, à ce moment-là. La diplomatie, les excuses, les prétextes, tout ceci ne fonctionnera pas, avec ce personnage, elle en a bien peur. Sa main déjà vole jusqu’à la poche de son pantalon, afin de cueillir l’arme magique pour la coller sous le nez de l’importun, mais elle est interrompue dans son geste par un bras qui entoure ses épaules. Déjà raide, la brune ne peut pas se raidir davantage, sous le contact inattendu. Le bras, qui n’est pas celui du musicien (ou pire, d'un de ses amis), s’accompagne d’une voix enjouée : « Ah ben te voilà, toi ! J'te cherchais partout. C'est qui l'guignol ? Chandra. Magus ex machina. Marius, enchanté. Alors c'est toi la copine qui devait... Et dis-moi, Marius, c'est un passe-temps régulier chez toi d'emmerder le monde ? De forcer la main aux femmes mariées ? Parce que si t'as pas compris que ma pote pouvait pas voir ta trogne en peinture c'est que t'es sacrément con. »

Salomé réussit très mal à contenir son rire, qui est plutôt un petit hoquet, qu’elle étouffe en tournant sa tête vers le cou de Chandra. Pouffant contre ses cheveux, pour ne pas le faire au grand jour. Sans non plus que ça cache que oui… elle trouve ça très drôle. « Quoi ? Mais non mais pas du tout ! C'est elle qui... Si tu comptes te reproduire un jour, un conseil, dégages de là et fissa. J'ai pas la patience ce soir. » En tournant son dos à Marius, Chandra fait aussi tourner le sien, et elle en profite pour se redresser un peu. Ignorant, autant que faire se peut, la présence dérangeante de l’homme à leurs côtés. Il proteste un peu mollement, avant de s’éloigner d’un tabouret, ou deux, sans quitter l’établissement. « C’est moi qui offre, déclare-t-elle au barman, avant de confier à Chandra, baissant la voix afin que seule celle-ci puisse l’entendre : Merci tellement. Je ne sais même pas dans quoi il voulait m’embarquer et… et soit c’était toi, soit je lui mettais ma baguette dans l’oeil. » Même si avec Chandra, cette option n’est toujours pas exclue, au cas où il revienne les emmerder. Le poing, ou la baguette : le choix est offert. Sur son visage, un peu plus détendu que précédemment, un sourire qu’elle fait aussi amical que possible : « Tu prends quoi ? »

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Re: Damsel in distress
ce message a été posté Sam 7 Avr - 13:57
Les doigts de ta main droite pianotent nerveusement contre le bar tandis que tu agites l'autre en l'air, tentant tant bien que mal d'attirer l'attention du barman qui s'affaire un peu plus loin, accaparé qu'il est par d'autres clients. Tout le monde a soif, mais personne en cet instant n'a autant besoin que toi d'un grand verre d'eau fraîche. Tu ne sais pas ce qui te prends, mais t'étouffes tout d'un coup. Tu as chaud. Beaucoup trop chaud. La température est montée en flèche quand l'autre imbécile heureuse est venue enfouir son nez dans le creux de ton cou. Elle t'a laissé comme une brûlure, là, sous tes boucles brunes, et la seule raison pour laquelle tu t'es si rapidement détournée de Marius au lieu de le cuisiner à petit feu tient uniquement à ça. Tu ne voulais pas que qui que ce soit remarque le teint légèrement rosé qu'avait pris ton visage. Tu as une réputation à tenir, merde. Tu ne serais même pas capable de dire ce qui, chez Salomé, te trouble à ce point au juste, mais c'est inévitable. Depuis quelques temps, à chaque fois qu'elle traîne dans les parages, tu es déconcertée par la facilité avec laquelle il t’arrive de perdre tes moyens. Un geste, une parole sortant de l'ordinaire, et voilà la machine qui déraille, comme si ton cerveau avait oublié de fonctionner à la normale. Tu oses à peine la regarder. Tu espères encore qu'une fois ta B.A. accomplie elle te foutra la paix, mais ça semble trop demander, visiblement. Tandis que le barman rapplique enfin, elle propose de t'offrir un verre et tu finis par abandonner ta fausse indifférence.

_ Oh, et puis merde ! J'prendrais c'que tu prendra, à condition qu'il y ait de l'alcool dedans.

Foutue pour foutue, autant qu'il y ait l'ivresse ! Tu la laisses alors passer commande tandis que tu jettes un coup d’œil par-dessus ton épaule. Tes frangins se déhanchent toujours sur la piste de danse, et vu comme ils sont partis, il ne faudra pas compter sur eux pour te sauver la mise. Tant pis. Le barman pose deux mojitos devant vous, et tu t'empresses d'attraper le tien pour en avaler une grande gorgée. La moindre des choses aurait été de trinquer avec Salomé, ne serait-ce que pour la remercier de sa générosité, mais ça t'effleure l'esprit avec un train de retard. Alors tant pis pour ça aussi. Tu ne te sens pas vraiment à ton aise de toute façon. Salomé n'a jamais été une amie. À Poudlard, on peut même dire que tu n'étais pas particulièrement tendre avec elle ou sa bande de copines, et si le passage à l'âge adulte t'as rendu moins teigne que par le passé, ça ne signifie pas que vous vous soyez découvert le moindre point commun entre temps. Tu ne sais pas ce que tu pourrais lui raconter à cette fille. Vous vivez dans deux mondes si différents, te semble-t-il. Mais tu as peut-être encore plus horreur du silence que des banalités dans ce genre de situation, et décides alors de te jeter à l'eau.

_ J'peux savoir ce que tu fous là, toi, en fait ? C'est devenu une habitude de ratisser les bars en solitaire ou quoi ? Elles sont passées où tes copines ? Parce que, vu de l'extérieur, c'est un peu triste à voir, j'te jure. Faut pas t'étonner après d'attirer les relous. Ce genre de mecs c'est comme des vautours avec de la charogne, ça flaire le désarroi à des kilomètres à la ronde.
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Re: Damsel in distress
ce message a été posté Mar 24 Avr - 0:00
La résistance de la Khan ne dure pas très longtemps, sous la perspective d’une consommation gratuite (et peut-être, même si elle ne le sait pas, un peu sous l’influence de son sourire). « Oh, et puis merde ! J'prendrais c'que tu prendra, à condition qu'il y ait de l'alcool dedans. » Le sourire de Salomé, justement, se fait un peu plus triomphal, et elle commande deux mojitos pour la Gryffondor et elle. Elle n’est pas avare de ses Gallions dûment gagnés, pas alors qu’elle est de toute façon assise sur un confortable coussin monétaire, et surtout pas pour sa sauveuse.

Les deux boissons sont rapidement déposées devant elle et si Sally entame un mouvement discret pour trinquer avec la brune, celle-ci plonge plutôt le museau directement dans son cocktail. Bien. Soit. Rien de bien grave. Autant l’imiter, alors, et transformer le mouvement afin que ce ne soit pas affreusement gênant. « J'peux savoir ce que tu fous là, toi, en fait ? C'est devenu une habitude de ratisser les bars en solitaire ou quoi ? Elles sont passées où tes copines ? Parce que, vu de l'extérieur, c'est un peu triste à voir, j'te jure. Faut pas t'étonner après d'attirer les relous. Ce genre de mecs c'est comme des vautours avec de la charogne, ça flaire le désarroi à des kilomètres à la ronde. T’exagères !, qu’elle réplique aussitôt, piquée au vif. Enfin, pas pour les hommes. Eux, elle est bien d’accord que ce sont des créatures étranges, dont les moeurs sont bien trop imprévisibles à son goût. Je sors souvent avec les filles, mais pas ce soir, c’est tout. » Elle veut poursuivre sa justification, lui expliquer que Scylla est depuis peu sortie de convalescence et a donc tout son travail en retard au Chimeria à rattraper, qu’Ashley a une discipline de fer avec la saison de Quidditch qui reprend bientôt, que Rowena a beaucoup à faire à Azkaban, et mille autres excuses très bien et très légitimes, mais elle n’en dit rien. Salomé n’a pas à se justifier après de Chandra Khan. De quoi que ce soit.

Elle prend plutôt le parti de rebondir sur ses paroles, avec un brin d’ironie dans la voix, un peu de malice dans les yeux : « Puis de toute façon… si j’étais sortie avec mes amies, tu ne serais pas là, avec moi, non ? Ce n’est pas comme si tu t’entendais spécialement bien avec elles. Ou moi, en fait. Tu vois, toi aussi, tu n’as pas pu résister à mon désarroi. » Un clin d’oeil, avant qu’elle prenne une gorgée de son mojito, les lèvres autour de sa paille. Il faut croire que même les tigres peuvent être attirées par le désarroi.

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Re: Damsel in distress
ce message a été posté Jeu 3 Mai - 0:53
T'exagères, t'exagères... Pas tant que ça au final. Tu constates, c'est tout, et ces derniers temps Salomé n'ira pas te faire croire qu'elle ne fréquente pas les bars avec un peu plus d'assiduité qu'à son habitude. Pas toujours en solitaire, c'est vrai, mais il semble loin le temps où avec ses trois copines elles formaient un curieux conglomérat, constamment collées aux basques des unes et des autres. Toi, tu t'en fous, ça ne te regarde pas. Tu n'as jamais appartenu à leur petite bande – par choix te convaincs-tu, sans admettre une seule seconde que tu ais pu les envier – alors leurs petites histoires ne te font ni chaud ni froid. Peut-être même que ça t'arrange dans le fond, tandis que tu apprends à connaître Salomé et que, doucement, très doucement, tu commences à te dire qu'elle n'est pas forcément la pimbêche un peu fade et idiote que tu imaginais. Ce que tu n'aurais jamais pris la peine de remettre en question sans ces instants volés où la sang-pur semble fuir sa tour d'ivoire pour venir glisser un pied dans ton monde.

Le regard que tu lui lances quand elle t'informe avoir encore de nombreux contacts avec ses meilleures amies est indéchiffrable. Ou peut-être que son impassibilité démesurée en dit long, au contraire. Tu n'es pas sûre de toi sur le coup et préfères prendre une nouvelle gorgée de ton verre plutôt que de faire le moindre commentaire. Après tout, tu ne sais pas ce qu'il en est et malgré l'aspect bourru de tes paroles, tu n'as jamais cherché à blesser Salomé en lançant la conversation ainsi. C'est un de tes défauts. Contrairement au reste de ta famille, tu n'as pas hérité de la grâce ni de la délicatesse qui caractérisent généralement le nom des Shafiq. Ton charisme à toi est entier et brutal, parfois maladroit. Tu ne sais jamais trop comment l'excuser en tout cas, et la malice qui fait pétiller le regard de ton ancienne camarade de classe te fait soudain oublier toutes ces considérations de toute façon. Elle te désarme. Aussi bêtement que cela, d'un simple battement de cil, d'un simple sourire en coin et de cette tête qu'elle penche innocemment vers son épaule tandis que ses lèvres viennent attraper sa paille.

_ C'est pas vrai. Pourquoi tu dis ça ? Je t'aime bien, moi. Enfin, c'que j'veux dire c'est que t'es pas si pire. Ou pas si mal. Enfin, t'as compris quoi ! On se connaît pas très bien, c'est vrai, mais j'allais pas laisser un gros lourd te prendre la tête. C'est une question de principes, j'ferais ça pour n'importe qui. Pas que tu sois n'importe qui, hein, mais voilà. T'as compris.

Tu l'espères en tout cas, car tu n'auras pas la force de reprendre depuis le début, la certitude d'être passée pour une débile infichue d'aligner deux phrases te faisant à nouveau grimper le rose aux joues. Pitoyable. Tu es pitoyable et aurais voulu disparaître dans la foule si cela ne t'avait pas donner l'impression de fuir comme une lâche en plus du reste. Tu saisis alors la première diversion qui passe. Tes oreilles captent le changement de musique qui s'opère dans le bar et tu bondis sur l'occasion, prenant un virage à 90° dans la conversation.

_ Tu danses ? demandes-tu brusquement alors que tu poses déjà ton verre sur le comptoir et esquisses un pas vers la piste.

Tu n'avais pas très envie de danser ce soir, mais tant pis. C'est toujours mieux que l'alternative. Tu as toujours été plus douée dans l'action et s'il faut en passer par là pour chasser cette impression de vulnérabilité qui te colle à la peau depuis que tu as rejoint Salomé, ainsi soit-il.
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Re: Damsel in distress
ce message a été posté
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