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Des scénarios en folie
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❝ Acceptation ❞
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La revanche d'une blonde
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Date d'inscription : 08/07/2017
Célébrité : Freya Mavor
Crédits : Poison Ivy

Double compte : Theresa Mulciber & Hélios Kark

Age : 23 ans
Sang : Moldu
Statut : C'est compliqué
Métier : Domestique (propriété des Kirke).
Epouvantard : Son petit-frère qui revient d'entre les morts, la jugeant.
Dialogue : #ffcc99 - Jaune

Espionne de la NI, devenue astucieuse par la force des choses - Développe une relation ambigüe avec sa maîtresse - Déteste les chiens - Se cache derrière une identité de servante gentille et servile - Adepte du déni et autres refoulements freudiens
Acceptation
ce message a été posté Sam 12 Mai - 3:09


Alice réussit à entrer par l’un des postes de contrôle de Londres. Elle a teint ses cheveux en roux grâce à une potion qu’elle a volée pour éviter qu’on la discerne avec aisance. À force de mettre à profit le moindre temps libre au profit de la cause, elle développe des aptitudes et réflexes surprenants.

Quitte à ne plus jamais revenir. C’est ce qu’elle s’est dit lorsqu’elle a fait le premier pas vers Londres. Poursuivre l’habituel chemin semé de fausses pistes et de tactiques pour éviter de se faire remarquer. Mais franchement, elle ignore si elle restera auprès des Kirke dès son entrée dans le Londres libéré.

Elle marche toute seule, cette fausse rouquine. Armée d’une pelle sale et rouillée, elle vadrouille, l’œil hagard, prête à bousiller la figure de quiconque oserait lui adresser la parole. Pas de bonne humeur : ses traits durs transpirent le coup de pelle derrière la tête. Pas de chansons révolutionnaires, pas d’envolées lyriques pour sublimer la révolte : qu’une respiration lente et mélancolique. Encore moins dans ses pensées. En fait, Alice ne pense à rien : elle se contente de fouiller sa mémoire. Traverser cette rue-là, descendre par ici, rejoindre Westminster. Pas pour y entrer : pour l’utiliser comme repère. Elle sait que sa destination se trouve près du nouvel Eden. Pas dedans mais tout près. De là à y voir sa propre situation, toujours à quelques mètres du paradis – cette mort fantasmée – il n’y a qu’un pas. Visiter ce début d’une nouvelle ère ? Pourquoi pas. Plus tard.

Elle débarque à la bonne rue. Un tiers des lieux sert de cadavre pour ce qui formait autrefois un des cœurs et cerveaux du monde. D’une civilisation morte et enterrée, qui renaît sous la coupe d’une monarchie et de la foi. De là à y revoir un éternel recommencement des choses… De toute façon, Alice demeure trop inculte sur l’histoire de son peuple pour créer ce parallèle. Ça doit être là… Non ce n’est pas là. Pas la bonne peinture. Enfin ils ont tous perdu leur peinture mais… Non, pas le bon agencement de fenêtres… Bon ce ne sont que des trous béants maintenant mais je me comprends. Elle finit par tomber sur une maison – plutôt grande pour une habitation d’une ancienne métropole européenne – et elle comprend. C’est celle-là. L'Inquisitrice s’arrête sur une porte mi-ouverte. Quelqu’un est entré ici il y a longtemps. Maintenant… Tout ce qui voyage là-dedans c’est un courant d’air. Et James. Elle touche la poignée glacée. Des souvenirs… comme si toutes les fois que ses doigts avaient frôlés ce métal lui revenaient. Des détails insignifiants mais qui prennent toute leur importance maintenant… maintenant que tout est détruit. Le visage de son père revient. Elle croyait l’avoir oublié depuis des années. Sa silhouette revient dans son esprit tel un spectre : avec son beau costume, sa mallette… Son sourire en coin. Un gagnant du vieux monde. Inévitable comme la fin de toutes choses, sa mère revient, puis ses sœurs et son petit-frère. Ils sont autres choses que les cadavres morbides de ses cauchemars. Ils redeviennent… presque humains.

Elle secoue la tête. Alice revient à elle et entre dans la maison. Un rat s’enfuit mais l’Inquisitrice porte à peine attention à la créature. Il faudra mettre de la mort aux rats ici. La fausse rouquine ouvre une garde-robe à l’entrée où des manteaux pendent encore. Elle touche l’un des siens lorsqu’elle mesurait l’équivalent de quelques pommes, comme lui disait sa mère. Soupire. Elle rentre au salon où une télévision éclatée gît dans son cercueil. Les sofas ont été dévorés par toutes sortes de vermine. James n’a touché à rien, comme je lui ai écrit. C’est un homme avec tant de classe… Je l’envie. Elle renifle en pénétrant la cuisine. Elle jurerait qu’elle sent les biscuits industriels que sa mère faisait cuire à défaut de les faire soi-même. Pas le temps elle disait. Gamine Alice trouvait ça moins bon que l’artisanat de sa grand-mère. Aujourd’hui, elle tuerait pour goûter à ces friandises toxiques de l’ancienne société de consommation. Pas qu’elle aimerait leur goût mais... Elle veut croquer une part du passé, c’est tout. Se sentir comme avant. La tête vide de monstres, d’éclats sanguins, de violence, de coups de feu et de sortilèges maléfiques.

Elle ouvre de petites armoires où se terraient les assiettes. Une araignée grosse comme sa main sort et descend le long des murets. Alice s’en fiche. Il faudra chasser les araignées aussi. Il y a tant à faire pour remettre cet endroit sur pied… Ça me prendra du temps. Lorsque mon devoir sera terminé. Oui, beaucoup de temps… Elle ne trouve aucune vaisselle. Probablement que des sorciers pauvres l’ont pillé.

Alice décide de monter à l’étage. Chaque marche provoque un grincement d’enfer digne d’un film d’horreur. Là, il s’agirait du moment où le psychopathe sort son long couperet et s’insinue en silence dans une chambre, prêt à trancher la gorge de sa victime dans une orgie décadente d’hémoglobine. Ah non, je ne suis pas une mission tout de même, pense-t-elle dans un rictus abominable. Ses idées noires pour Aveline lui reviennent mais ils se mêlent bien tôt à une émotion plus… cardiaque. Elle cesse d’y penser. Charley rentre dans la chambre d’Éléonore – sa sœur – et essaie de retrouver le rose criant de la décor d’autrefois. Sur le lit étripé traîne encore ses vieilles figurines moisies. Un petit poney violet au sourire niais. Elle prend. Elle passe chez la défunte Chelsea et trouve une chaussure unique, détruite par les saisons. Elle prend. Puis… puis la chambre du petit Owen. Celui qu’elle a abandonné. Et maintenant que je reviens ici, je peux enfin mettre des noms sur eux. Enfin, je peux prononcer leurs noms à haute voix. Éléonore, Chelsea, Owen… Mes sœurs et mon frère. Mes Charley. Owen… mort à cause de moi. Elle trouve une peluche dégoûtante d’un lapin, y enlève un mille-pattes qui s’y installait et le prend.

La chambre des parents. Un grand lit défait, des armoires et des tiroirs pillés jusqu’à leur moelle. Même pas un bijou survivant de sa mère qu’elle pourrait garder. Pas une montre – je me souviens qu’il aimait les montres ! – de son père. Les montres, ça donne plus que l’heure Alice. C’est une marque de distinction. Quand les gens voient une belle montre, ça leur dit que tu es une personne très importante. C’est beau. C’est une bien belle façon de nous rappeler partout, en tout temps l’heure qu’il est. Et que le temps file. Ne l’oublie pas, ma petite… Ah je croyais réétendre sa voix. Alice cherche mais ne trouve que les rayons du soleil qui traversent la fenêtre cassée et les rideaux déchirés. Après cinq minutes de fouille, elle trouve une vieille boîte verdâtre. Elle l’ouvre et sort un vieil album. Des photos de famille. De sa famille proche mais aussi des cousins, des oncles et des tantes… À des évènements qu’elle croyait avoir oublié. Des images de la civilisation déchue lui revient. Les voyages… L’avion… Tout. À défaut de prendre tout l’album, elle extirpe une photo qu’elle juge révélatrice. Il s’agit d’une photo de mariage de monsieur et madame Charley. Elle garde.

Sa chambre. Ou la chambre d’une autre. Que te reste-t-il donc de la petite Alice Charley, hein ? Des cendres sur lesquelles tu continues de pleurer encore aujourd’hui. La gamine que tu étais n’aurait jamais joué de la gâchette… Ni servi des sorciers sortis tout droit des légendes, cela dit. Cet endroit la dérange. Viscéralement. En se regardant dans le miroir, elle croirait que son reflet la juge. Pour tout. Pour ses erreurs, réussites, ce qu’elle a fait et pas fait. Comme si l’enfant revenait d’entre les morts pour annoncer sa sentence. Celui du jugement dernier. Depuis tout ce temps, je voulais que les sorciers paient. Je les croyais tous coupables mais c’était pour cacher que j’étais coupable. Coupable d’avoir survécu à l’enfer et pas eux. Pourquoi moi ? Pourquoi pas quelqu’un d’autre ? Je ne suis qu’une fuyarde qui a abandonné un enfant aux griffes d’un tueur fou moldu. Ma mère aurait mérité la vie. Mon père n’aurait pas hésité une seule seconde à se sacrifier. Mes sœurs avaient surement le potentiel et Owen… Owen était l’innocence. Il n’y avait que moi, Alice, la mal-née et… j’ai survécu. Pourquoi Dieu ? Pourquoi m’as-tu sauvé ? Elle prend le petit miroir pour enfant. Je suis prête pour les funérailles.

Derrière la maison subsiste une maigre cour. La nature a depuis repris ses droits et il subsiste que de mauvaises herbes et des herbes trop hautes. Alice enfonce la pelle dans la terre noire. À chaque coup, elle monticule de terre qu’elle retire, elle sent une multitude de souvenirs revenir. Comme quoi, le geste concret prend tout son sens dans les symboles. Et c’est par ce symbole que Charley essaie de se libérer du mal.

Elle a creusé un trou conséquent. Elle le fixe. J’aimerais tellement pouvoir creuser ma propre tombe. Ici et maintenant. Reposer enfin en paix. Sentir le soulagement de mourir, d’en finir avec cette vie absurde et ce monde cruel. Ce n’est que là qu’elle commence à pleurer. Ses larmes se perdent dans la terre alors qu’elle se met à genoux. Elle pleurniche en répétant des psaumes. Ses psaumes.  « Je ne voulais pas ça… Pardonnez-moi… » Elle enterre tous les objets. La figurine, la chaussure, la peluche, la photo et… le miroir. Durant l’espace d’une seconde, elle croise son regard dans la glace et croit y voir… Sa famille. Elle lui dit au revoir d’un signe de la main. Ils ont l’air apaisés. En paix. Ils sont en paix… Ils sont en paix… Elle remet toute la terre dans le trou et raffermit en tapant des paumes comme si elle avait trois ans.

Alice entend quelqu’un marcher derrière. Du coin de l’œil, elle aperçoit la silhouette de James. J’espère qu’il a apporté la croix, une pierre, n’importe quoi pour finir cette tombe… « Monsieur Windsor… Enfin James. », corrige-t-elle en tentant de sécher ses larmes. Elle se relève. Elle lui avait donné rendez-vous ici. Pour en finir. Plus tard qu’elle prévoyait car elle voulait vivre cette première partie toute seule. C’était nécessaire. « As-tu une idée où vont les morts ? » Elle a oublié le paradis. La religion. Elle ne s’attend pas à une réponse articulée, cohérente, logique… ni à une réponse tout court.
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