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❝ the past is only the future with the lights on (Emma) ❞
 :: Royaume-Uni :: Londres
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Métier : ingénieur refoulé, fugitif révolté, père exaspéré - il a cependant mis en pratique son diplôme d'ingénieur en aidant avec l'électricité et se recycle professeur d'escrime à l'occasion
Baguette : avec de la confiture aux fruits rouges, accompagnée d'un thé, s'il vous plaît
Epouvantard : sa famille capturée et décimée devant ses yeux
Dialogue : steelblue

fils cadet de feu Edward de Wessex, dernier fils d'Elizabeth II • marié depuis 2028 à son amour d'adolescent à cause d'une grossesse surprise, il est aujourd'hui père de deux enfants : Nathaniel et Amelia (qui ont neuf ans d'écart) • ingénieur en systèmes embarqués, il n'a pourtant jamais reçu son diplôme - ses derniers partiels auraient dû se dérouler en mai 2030 ; cela ne l'empêche cependant pas à utiliser ses compétences et sa débrouillardise pour faciliter le quotidien de tous depuis ses premiers moments de fugitif • pratique l'escrime depuis tout jeune et a continué de s'entraîner le mieux qu'il pouvait lors de sa vie de fugitif pour ne pas perdre en agilité et surtout pour se défouler • a d'ailleurs appris plusieurs techniques d'espionnage (en camouflage et auto-défense) grâce aux agents du MI6 les accompagnant depuis 2030 - mais pas au point de faire de lui un espion professionnel • engagé avec la Nouvelle Inquisition depuis qu'Oliver les a retrouvés en 2036, il n'est pourtant pas vraiment fan du prêtre. et encore moins de Jane depuis leur mise sous tutelle forcée • in fine, son allégeance ira toujours à sa famille, dont il s'est nettement rapproché depuis seize ans, et à ses proches
the past is only the future with the lights on (Emma)
ce message a été posté Mer 16 Mai - 23:50
« Papa, tu m’emmènes visiter la ville ? »
A cette question, James aurait voulu répondre « Quelle ville ? A quoi bon visiter une ville bien loin de sa gloire d’antan ? » Mais le regard pétillant et curieux qu’il reconnait sur le visage de sa fille de presque dix ans l’empêche de rétorquer quoi que ce soit. Depuis sa naissance, Amelia n’avait connu que la fuite, la guerre, et beaucoup trop de planques. Et si lui et Wendy avaient tout fait pour préserver son âme d’enfant le plus possible, tous deux savent qu’Amelia n’a eu et n’aura jamais la même enfance, voire adolescence, qu’eux. Pas de règles de bienséances à connaître et appliquer car désuètes, pas de contraintes barbantes. Mais en retour, une vie loin d’être stable et normale. Amelia n’apprendra pas la résolution d’équation ou ne fera pas de dissertation sur une œuvre classique qu’elle aura été obligée de lire. Tout comme avec Nathaniel à son âge, ces leçons ont déjà commencé par être remplacées par des leçons de survie et autres joyeusetés. Alors, dans leur semblant de normalité et stabilité, désormais déplacé dans un Londres que James ne connait plus lui-même, il n’arrive pas à refuser à sa fille cette simple requête, en bonne curieuse qu’elle est. Même si ce sera le replonger dans les souvenirs d’une vie douloureusement arrachée. Mais au moins, cela la fera arrêter quelques instants de poser des questions sur son frère et où il est passé exactement.

Car lors de leur installation à Londres, Nathaniel a décidé de faire plus que chambre à part : il a fait le choix d’emménager dans un studio, seul, sans chercher l’approbation de quiconque. Encore moins l’approbation de son père. Plus les jours passent, plus le fossé entre le père et le fils se creuse. Il semble inarrêtable, et surtout hors de contrôle de l’un comme de l’autre. Malgré tous les efforts de Wendy pour limiter les dégâts, rien n’y fait. Surtout depuis que James a abandonné l’idée d’avoir un dialogue constructif avec son aîné. A force de communiquer face à un mur aussi têtu que lui et avec un niveau de patience de moins en moins élevé lorsque Nathaniel est concerné, James a décidé de tenter une nouvelle technique : l’ignorance. Un combat de tous les jours pour ce dernier qui doit lutter contre son instinct paternel dès qu’il croise (ou a l’impression de croiser) son fils. A chaque fois, l’image de feu son père s’impose face à lui. Edward le rassure et lui confirme que c’est la meilleure chose à faire. C’est ce qu’il aurait fait avec moi, pense-t-il dans ses moments de doute. Qu’il doit prendre son mal en patience. La belle ironie.

« Oui, oui, j’arrive. », rétorque James à sa fille. Sa petite tête brune aux yeux clairs trépigne devant la porte d’entrée de cette maison qui est désormais la leur. Une maison de deux étages, ayant appartenu à des sorciers pressés de partir de Londres dès la fin de l’assaut. Mis à part le nécessaire syndical – vêtements, entre autres choses indispensables pour des sorciers lambdas vivants une vie loin de cette pseudo guerre des tranchées – la famille a tout laissé. Vaisselle et sachets de thé compris. L’une de ses pensées de ces derniers jours a été qu’il devrait en rapporter à Victoria la prochaine fois qu’il la verrait – si prochaine fois il y a. Prêt à sortir, James attrape la main de sa fille avec un sourire cachant son désarroi, son appréhension et son mal-être d’être de nouveau à Londres avant de sortir de son « chez soi ».

A peine pose-t-il un pied dehors que James a l’impression que l’air est différent. Comme si les cristaux d’ensinis, en plus de séparer « leur quartier » avec celui des sorciers et d’altérer leurs pouvoirs, modifient également l’air ambiant.  Comme si… « Papa ! » James manque de perdre l’équilibre alors qu’Amelia tire sur son bras de toutes ses forces pour le faire avancer. Il s’exécute sans un mot, essayant tant bien que mal de chasser les pensées qui encombrent son esprit. Le Windsor guide alors sa fille dans une ville qu’il connaît sans réellement la connaître. Les décors ont changé et cela n’empêche cependant pas les souvenirs de refaire surface. Il revoit des taxis noirs et des feux rouges qui n’existent plus. Il revoit des banderoles accrochées à des lampadaires. Il revoit la foule à laquelle lui, garçon bien loin d’être roi d’Angleterre mais appartenant tout de même à la famille royale, n’a pas accès. Il revoit tant de choses qui sont pourtant floues, dans un Londres qu’il ne reconnait qu’au final à peine. Il laisse alors Amelia mener la danse, avançant pas-à-pas à son rythme, sans plus se soucier de quoi que ce soit que de mettre un pied devant l’autre. Son air distrait et peu enjoué est alors remarqué par sa fille. Sur un coup de tête, Amelia décide d’arracher sa main emprisonnée dans celle de son père et de courir à vive allure. Ses sens désormais en alerte, James ne court que quelques mètres avant que la course d’Amelia ne se termine prématurément. L’enfant percute une jeune femme dont il ne distingue les traits qu’en se rapprochant. Si elle ne semble pas joyeuse, James reste incapable de qualifier son état. Fatiguée ? Triste ? Déprimée ? Autre chose ? Il n’en tient cependant pas compte, concentrant son attention sur sa fille pour la réprimander, les sourcils froncés. « Amelia, que t’est-il arrivé ? » James ramène sa fille à lui pour l’examiner – rien à signaler, heureusement – qui, quant à elle, refuse de la quitter des yeux. « Pardon, Madame. Mais pourquoi êtes-vous triste ? Vous êtes jolie, vous ne devriez pas être triste. » « Amelia ! », gronde la voix de James presque dans un murmure. « Vraiment, je suis confus, ce n’est pas dans les habitudes de ma fille. Tout va bien ? », s’enquit-il sincèrement en croisant le regard de la jeune femme. Oui, elle est définitivement triste et James est définitivement intrigué par cette rencontre fortuite.

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Re: the past is only the future with the lights on (Emma)
ce message a été posté Jeu 7 Juin - 18:00
«The past is only the future with the lights on »
James & Emma

Londres. Un morceau du cœur d’Emma se serra. C’était la première fois qu’elle mettait les pieds dans le centre de cette vieille capitale. « Oh Hayley…. » Les larmes lui montèrent aux yeux. Devant elle, la fameuse abbaye… La grande Westminster, imposante. Hayley avait toujours été dingue de la famille royale. Elle pouvait encore se voir en train d’éteindre exprès la télévision alors que sa sœur regardait les cérémonies avec passion. Cela se terminait souvent en son prénom hurlé et en la fuite de la cadette, son rire raisonnant dans le couloir avant de s’enfermer dans sa chambre. Elle aurait adoré être là, fantasmant la vie de leurs souverains… Un battement de cils fuit s’échapper une larme alors qu’elle ne pouvait défaire ses grands yeux de la bâtisse. Dieu que c’était douloureux.

Sa silhouette filiforme se déplaça doucement pour admirer un peu plus l’architecture. Son nez se fronça alors qu’elle renifla. Elle leva la main à sa joue pour en chasser la pauvre larme. Pas la peine d’étaler sa tristesse en public, elle avait toutes ses nuits pour la pleurer… pour les pleurer. Car elle n’avait pas revu le petit Simon depuis qu’il leur avait été arraché.
Elle releva le menton, essayant de se concentrer sur les moindres volutes et renfoncements de la pierre. Doucement, ses traits reprirent leur forme blasée. Elle laissa sa tristesse s’enfouir au fond de son cœur, se lovant pour s’endormir lentement. L’exercice était devenu quotidien, il permettait de faire face. Elle n’avait qu’à se mettre en mode éteint pour continuer à fonctionner…. Se lever, s’habiller, manger, travailler… Elle ne devait jamais faillir.
Alors elle se contentait d’observer cette abbaye, qu’elle n’avait vu qu’à la tv ou en photos. Elle regardait pour deux.

Un peu plus de 30 minutes plus tard, Emma se mit à errer dans une rue non loin. Silencieuse, discrète, la tête levée vers les beaux appartements londoniens, elle n’entendit pas les pas de l’enfant, trop prise dans sa bulle.

L’impact fut… mou et surprenant. Emma baissa les yeux vers des boucles blondes. Puis l’enfant leva son visage vers elle, elle était absolument adorable. Une vue dont elle ne put profiter pleinement car un homme la ramena à lui en la réprimandant. La scène lui brisa littéralement le cœur. Simon devait avoir approximativement le même âge que ce petit ange. Elle ne le verrait plus jamais se faire réprimander par ses parents. La vague de larme qui pointait le bout de son nez fut difficile à ravaler. Seul le fait de fixer cette fillette dans les yeux semblait empêcher le cataclysme. Les paroles étaient pleines d’innocence, et le visage d’Emma, frappé de tristesse, s’adoucie. Une petite Amélia donc… c’était ravissant.
Elle regarda enfin le visage du père qui s’excusait du comportement de son enfant. Trop de mignonnitude dans ce monde cruel. Elle hocha une fois la tête, tentant de ravaler tout ce qui menaçait de se déchainer si elle lâchait prise.

« Tout va bien, ne vous en faites pas. » Elle ne voulait pas qu’il soit sévère envers la petite pour une maladresse. « Elle est bien trop mignonne pour faire mal. » La moldue essaya alors quelque chose qu’elle n’avait pas esquissé depuis des mois : un maigre sourire.
Elle s'accroupi, pour se mettre au niveau de l'enfant. « Je suis triste par ce que ...» Avait-elle le droit de parler de cela à une petite qu'elle ne connaissait pas ? Son regard croisa furtivement celui du père avant qu'elle revienne à Amélia. « ... c'est la première fois que je viens ici et je n'ai pas d'amis.»

Oh, la petite connaissait certainement déjà les affres de la perte. Mais Emma ne voulait pas lui rappeler de choses douloureuses.
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Re: the past is only the future with the lights on (Emma)
ce message a été posté Jeu 5 Juil - 14:11
« Je suis désolé, vraiment. » A vrai dire, la réaction de James a plus été liée à la peur qu’à l’énervement. Peur qu’elle se soit blessée voire peur qu’elle ait involontairement blessé la jeune femme. « Elle n’agit pas de cette manière-là d’habitude, n’est-ce pas Mia ? » « Tu n’avais qu’à avancer plus vite... », grommelle-t-elle dans sa barbe, sur le point de bouder. Le père se retient de rire en se mordant la joue intérieure, préférant garder un visage neutre pour ne pas faire comprendre à sa fille qu’avec elle, ses réprimandes ne durent jamais bien longtemps. Heureusement pour lui, l’inconnue prend la parole et le distrait. Aux mots de cette dernière, aussi triste semble-t-elle à ses yeux, James ne peut s’empêcher de sourire en retour. Elle est bien trop mignonne pour faire mal. Cette phrase résonne dans son esprit alors qu’il fixe le crâne de sa fille qui lui tourne le dos, subjuguée par la jeune femme devant elle. Malgré les fuites, malgré les changements, malgré la peur, Amelia arrive encore et toujours à garder une certaine innocence. Innocence que James se surprend parfois à envier, tant il aimerait remonter le temps à une époque plus facile - bien que facile n’aurait jamais été le terme employé à l’époque pour désigner toutes les contraintes liées à  la famille royale, ironiquement. Ou, au moins, à une époque où son fils ne se comportait pas comme un ingrat, s’il doit se contenter de quelque chose de plus récent. La jeune femme continue sur sa lancée, confirmant les soupçons de James. Mais c’est Mia qui réagit la première, encore une fois. « Moi je veux bien être votre amie ! Papa, je peux, dis ? S’il te plait… ! » En temps normal, James aurait repris sa fille. Il lui aurait dit que ce n’est pas quelque chose à dire ou à faire, surtout à une inconnue. Seulement, face au visage triste de la demoiselle devant lui, le Windsor n’a pas le coeur à lui dire quoi que ce soit. Pire, il suppose même qu’elle en a tout autant besoin que sa fille. Peut-être n’a-t-elle pas besoin d’un partenaire de jeu - elle n’a plus 10 ans - mais simplement quelqu’un pour égayer sa journée. Quelqu’un avec qui elle peut, l’espace d’un instant, retrouver cette innocence disparue depuis bien longtemps. James prend le temps de jauger la brune pour en arriver à la conclusion qu’elle a connu le monde d’avant. Celui où jamais ils ne se seraient rencontrés de cette manière dans la rue, par exemple.

Sa brunette de fille insiste comme elle sait si bien le faire et James lui répond avec un sourire chaleureux, avant de laisser son regard se reporter à nouveau sur la jeune femme. « Ma chérie, tu sais que ça n’est pas à moi que tu dois poser cette question. » Amelia prend le temps d’observer son père avec intérêt tout en réfléchissant à ses paroles. « Oui, tu as raison », conclut-elle avant de reprendre de but en blanc la conversation avec la concernée. « Vous voulez bien être mon amie alors ? D’ailleurs moi c’est Amelia, mais on m’appelle Mia ou Lily. Et ça c’est mon père, James, il est gentil lui aussi quand il veut, même s’il traîne des pieds pour me faire visiter la ville alors qu’il est censé la connaître. Et vous ? » Consciente de trop en faire, Amelia se force à arrêter son flot de paroles pour laisser la jeune femme répondre. Laissant toutefois entrevoir son impatience dans son regard. James ne peut s’empêcher de se dire qu’elle n’est pas sa fille pour rien. Il esquisse cependant un nouveau sourire sur son visage en signe de bienveillance envers l’inconnue, avant de s’excuser (encore) silencieusement.

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Re: the past is only the future with the lights on (Emma)
ce message a été posté Mar 31 Juil - 16:16
«The past is only the future with the lights on »
James & Emma

Adorable tout simplement. Cette boule d’énergie s’affairait sous ses yeux sombres. Voir toutes ces expressions si rapidement sur un même visage avait quelque chose de rafraichissant. Emma sentit un soulagement lui libérer la cage thoracique lorsque la petite Amélie cru en sa vérité arrangée. Le monde était déjà si noir, l’idée même d'entacher plus encore l’innocence de la fillette était inenvisageable. Qui pourrait bien avoir envie d’entendre son malheur ? Chacun en portait déjà tant… Non, il valait mieux tout ravaler et profiter encore un instant de ce sourire et de cette gentillesse. L’enthousiasme de la petite lui réchauffa le coeur. Si seulement se faire des amis était aussi simple !

Le père joua le jeu. Avait-il compris qu’elle avait menti à sa charmante enfant ? Un pieux mensonge pour la préserver. L’échange entre eux était des plus captivants. Simon aurait-il lui aussi eut ce genre de comportement ? Hayley l’aurait élevé au mieux bien sûr, mais les enfants étaient imprévisibles paraît-il. Elle ne le saurait jamais réellement. L’ombre qui passa dans son regard fut chassé par la conversation reprise par Amélia.
Grand Dieu ! Cela en faisait des informations d’un seul coup ! Ses yeux s’ouvrirent sous la surprise du flot de paroles de la petite avant de sentir la commissure de ses lèvres se tordre un peu plus en sourire. Dans d’autres circonstances elle aurait rit de bon coeur !

“Ce serait avec plaisir Amélia. Moi c’est Emma. Je suis ravie de faire votre connaissance, à vous et votre père.”

Un père dont la bienveillance transparaissait.

“Moi aussi je découvre la ville. Puis-je me joindre à votre visite ?”

Elle questionna du regard le père, ne souhaitant pas déranger. Un maigre caprice de son coeur endurci, ne souhaitant pas s’éloigner trop hâtivement de cette chaleur. Peut-être prendrait-il pitié d’elle. “Ce ne serait l’affaire que de quelques instants...” Dit-elle en se relevant. “Je dois rentrer à Avalon avant la fin de la journée.”

Elle repoussa loin dans son esprit la routine qu’elle allait devoir reprendre une fois de retour. Remettre son masque, effectuer les tâches qui formait son petit confort alors que son monde entier avait basculé depuis le départ d’Hayley et de Simon. “Dîtes moi Amélia, avez-vous des frères et soeurs ?”
Se concentrer sur la petite aidait Emma à ne pas replonger dans sa torpeur. Garder la conversation active, avec un visage avenant à défaut d’être très souriant, des mécanismes un peu rouillés mais que la jeune moldue se faisait un plaisir inavoué de remettre en fonction.
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Re: the past is only the future with the lights on (Emma)
ce message a été posté Mer 5 Sep - 22:58
Derrière son sourire, James se demande pourquoi la jeune femme est dans cet état. Car s’il est facile de faire croire à une petite fille de dix ans sur une raison aussi simple, cela l’est beaucoup moins face à un adulte. Lui sait, et accepte de manière tacite, qu’on ne dit pas tout à un enfant. Encore moins en temps de guerre. Pour les préserver, les protéger. Continuer à les faire espérer peut-être. Tout pour, en somme, ne pas briser cette bulle d’innocence que beaucoup trop d’adultes aimeraient retrouver. Est-ce que James aimerait retrouver sa bulle d’innocence ? Oui, non, peut-être, il ne sait pas. En a-t-il vraiment eu une ? Après tout son enfance, si elle a été différente de celle de Charlotte et Louis par exemple, n’a pas non plus été comme les autres. Comme celle de la brune face à lui. A-t-on réellement une bulle de cet acabit lorsqu’on vous apprend les règles de bienséance et qu’on vous prive d’un certain nombre de choses sous prétexte qu’on a du sang royal ? Oui, non, peut-être, il ne sait pas. Il hésite.

Et est-ce qu’Emma, elle, souhaiterait retrouver sa propre bulle d’innocence ?

Le Windsor enregistre le prénom de la jeune femme lorsque cette dernière se présente à eux. « Enchanté également, Emma » Nouveau sourire, tant par politesse que par amusement. A en juger par les expressions faciales par lesquelles Emma vient de passer, James peut sans hésiter en conclure qu’elle n’est pas habituée à être entourée d’enfants. Ou du moins, pas sa fille. Sa fille qui trouve toujours le moyen de mettre un sourire sur le visage de ceux qui l’entourent. Comme si elle s’est donnée comme une mission de leur faire tous oublier la réalité qui les entoure. Quelque part, Amelia a repris le flambeau que son père ne réussit pas encore à reprendre de lui-même.


La voix d’Emma le sort de ses pensées bien parties pour être tristes. A la question de cette dernière, Amelia lève sa tête vers son père, le suppliant silencieusement avec ses yeux grand ouverts de petite fille d’accepter. Ce qu’Amelia ignore cependant est que James aurait de toute façon accepté sans son intervention. Une part de lui souhaite qu’un sourire sincère se forme réellement sur son visage - pour peut-être retrouver le sien à un moment donné, perdu quelque part entre les ruines de Londres et l’appartement de son fils. L’autre part par pure curiosité. « Si les questions de cette demoiselle et des ruines ne vous dérangent pas, vous êtes la bienvenue », répond poliment James en plongeant son regard dans le sien. « Dis tout de suite que je pose trop de questions… » Un petit rire s’échappe des lèvres du père face à la fausse bouderie de sa fille. Les bras croisés contre sa poitrine, elle retrouve cependant sa posture habituelle lorsqu’Emma fait mention de rentrer à Avalon avant la fin de la journée. Avalon. La ville sorcière, la nouvelle capitale. Tout comme Alice qui devait toujours rentrer chez sa famille à Pré-au-Lard. Il ne lui en a fallu pas plus pour en conclure que la jeune femme sert de domestique à une famille sorcière. Fait qui répond ainsi à sa question intérieure précédente ; évidemment qu’elle souhaiterait retrouver sa bulle d’innocence. Non ? « Très bien. Nous essayerons de faire vite, alors.  » James répond avec bienveillance à Emma. Il ne veut pas la brusquer et affiche son masque royale pour ne pas laisser sa curiosité l’emporter. « De toute façon, il n’y a qu’une seule chose que je veux voir… N’est-ce pas, Papa ? » Amelia tire sur la manche de son père pour qu’il la regarde. James se contente de lui sourire tristement et d'acquiescer. Ils iront donc bien plus vite que prévu aux ruines du château de sa grand-mère. « Allons-y, alors.  »

Tous trois se mettent donc en marche en direction de ce qu’il reste de Buckingham Palace. Amelia se met naturellement entre son père - dont elle attrape la main libre dans la foulée - et sa nouvelle amie. Presqu’instantanément, Emma relance la discussion et le coeur de James se serre silencieusement. « J’ai un grand frère, Nathaniel, mais il ne vit plus avec nous. De toute façon ça ne change rien, il ne voulait pas jouer avec moi. » Amelia se contente de hausser des épaules, loin d’être affectée par la nouvelle lubie de son aîné par rapport à son père. James, quant à lui, ne pipe mot et regarde droit devant lui, le coeur lourd. Être en froid avec son fils le fait bien plus souffrir qu’il ne veut l’admettre. Il se contente d’avancer et de les guider toutes les deux dans ce Londres qu’il reconnaît sans reconnaître. « Et vous ? », s’intéresse Amelia qui, en cet instant, aurait largement souhaité échanger son frère contre une soeur comme Emma.

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Re: the past is only the future with the lights on (Emma)
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