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❝ Faites des enfants, qu'ils disaient... ❞
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Faites des enfants, qu'ils disaient...
ce message a été posté Lun 19 Sep - 19:51
« Je ne comprend pas ce qui lui passe par la tête. J’ai l’impression qu’il a simplement décidé de devenir stupide en quittant Poudlard. » Le ton est irrité, agressif. Bien loin du contrôle quasi parfait que Murphy exerce sur lui-même en toute circonstance. Ou presque. Parce qu’ici, il peut se laisser aller. Ici, il peut laisser ressortir un peu de la colère qui l’habite depuis quelques jours. Ici, il est seul avec Ian et les portes fermées de la pièce leur laisse bien assez d’intimité pour qu’il puisse se permettre de s’exprimer.

Ce n’est pas lui, pourtant, d’habitude, qui agit ainsi. Ce n’est pas lui qui perd son calme et fait les cent pas dans une petite pièce fermée, sans autre but que de tenter d’évacuer un peu son agitation. Normalement, il laisse cela à Ian – ou à Heather, à la limite, bien qu’il ait moins tendance à l’écouter dans ces conditions et plus à la laisser vociférer en attendant que l’orage ne passe. Mais là, là, il n’en peut plus. Lui, il engrange, emmagasine, et laisse s’évacuer la pression par à coup, lentement, majoritairement en se perdant dans l’expérimentation de potions – se concentrer, perdre la notion du temps, jusqu’à se perdre, totalement, dans les mesures et les mélanges, sous peine parfois de provoquer quelques catastrophes aux conséquences potentiellement tragiques. Il fut un temps où la pression s’évacuait sur Ian, parce qu’il ne savait pas faire autrement, parce qu’ils fonctionnaient ainsi. Mais il y a bien longtemps que son ami n’est plus victime ni même témoin de ses rares débordements.

Sauf aujourd’hui. Sauf aujourd’hui, alors que la soirée est déjà bien avancée et que Murphy parcours sans but le bureau de Ian. Sauf aujourd’hui, alors que depuis plusieurs jours maintenant, il sent monter en lui un sentiment de frustration intense qui a besoin de s’évacuer à tout prix. Sauf aujourd’hui, alors que depuis tous ces jours, son fils semble s’être mis d’accord avec lui-même pour lui faire mener une vie d’enfer. Pourtant, ce n’est pas ouvertement une rébellion, comme Murphy s’attend à voir Galahad en entamer une d’un jour à l’autre. Non. C’est bien plus subtil. Ce sont des petites phrases en apparence anodines qu’il laisse échapper. Ce sont ses disparitions silencieuses et toujours inexpliquées quand Murphy a le dos tourné. C’est son absence lors de la présentation de Salomé à Ian et Heather alors qu’il lui avait ordonné de rester près d’eux.

Ce ne sont que des petites choses, au fond, et qui ne durent certainement pas depuis assez longtemps pour que quiconque puisse y prêter la même attention. Mais Murphy n’est pas quiconque. Murphy est son père, et n’est certainement pas habitué à un tel comportement de la part de son fils. Caem n’a jamais désobéit. Caem a toujours été un enfant, puis un adolescent calme, presque renfermé. Et Caem a toujours suivi ses directives à la lettre. Alors ce besoin de liberté auquel Murphy n’a certainement pas été préparé, ces petites entorses à leur fonctionnement de toujours sont autant de petites agressions pour les nerfs de Murphy. Et autant de coup d’inquiétude dans la carapace parfaite établie autour du secret des origines de son fils – de ses propres origines, en réalité. Et même si la crainte est irrationnelle, Caem n’étant pas même informé de son état de Sang-mêlé, elle est toujours là. Car si quelqu’un apprend un jour pour Caem, il pourra remonter jusqu’à lui. Et c’est tout ce qu’il a construit depuis des années pour le nom des O’Ryan qui disparaîtrait alors.

Mais Caem ne sait pas. Caem ne sait pas et Caem n’est pas en danger. Mais Caem a tout de même décidé de le faire tourner Scrout. Et, après encore une dizaine de pas énervés, Murphy finit par se laisser tomber dans le canapé. Irrité. A bout de nerfs. Mais sans doute au meilleur endroit pour tenter de se calmer.
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Re: Faites des enfants, qu'ils disaient...
ce message a été posté Jeu 22 Sep - 10:12
La bibliothèque. Il s'était toujours dit que quand il aurait une grande maison, comme celle de ses parents, il aurait une bibliothèque. Une grande et belle avec des hautes fenêtres, des portraits des ancêtres, une cheminée, un bar à spiritueux et des gros fauteuils de cuir. Il l'avait eue, c'était même la seule pièce qu'il avait exigé de décorer lui-même (ou plutôt de faire décorer lui-même, bref). Heather n'avait pas trop fait de manières et s'était de toute façon occupée de tout le reste du manoir.

Alors évidemment, quand il l'avait faite faire, il avait ajouté quelques petits détails. Une mappemonde en cuivre qui renfermait un coffre-fort dans le double-fond, sous une collection impressionnante de vielles bouteilles de Whisky pur feu et autres alcools forts. Des runes sur la gigantesque double porte qui insonorisaient totalement la pièce. D'autres sur les fenêtres qui empêchaient de regarder à travers, même en plein soleil, même quand elles étaient ouvertes. D'autres encore qui empêchaient les occupants des tableaux de sortir de la pièce, et aux autres d'y rentrer. Une petite trappe sous le tapis persan dans une des alcôves qui menait directement au sous-sol, juste entre les niches des chiens, près de la porte dissimulée de sa panic room.

Bref, c'était sa bibliothèque, elle était à son image, belle, grande, tape à l'œil, accueillante et pleine de petits secrets. Et surtout c'était un des rares pièces où il se sentait vraiment en sécurité. Il ne connaissait pas la moitié des ouvrages qui recouvraient les murs, mais ça ne l'empêchait pas d'y passer des soirées, seul ou accompagné, de sa femme, de son fils ou de son meilleur ami, voire de ses chiens ou d'un moldu qui vaquait à ses occupations, sur un canapé de cuir ou dans une des alcôves envahies de coussins. Il avait fini par y installer son bureau, entre une des grandes fenêtres et la cheminée, à moitié caché sous la coursive qui parcourait la pièce et permettait d'accéder aux plus hautes étagères. Et c'est devant ce bureau que Murphy passe et repasse en bougonnant.

Etrange, comme les rôles peuvent être inversés parfois. Pour une fois Ian est calme, détendu, presque amusé du manège de son ami. D'habitude c'est lui qui pique des crises, qui s'énerve ou qui bougonne en usant les tapis, et Murphy qui est calme, composé, et qui tente de le faire revenir à la raison, ou qui écoute simplement ses complaintes.

Il s'était installé sur le canapé, avait dénoué son col et retiré ses bottes, et suivait du regard les allées et venues de son ami. Sujet d'agacement du jour : son fils. Normal après tout, que ça l'inquiète. Rapport au petit détail contrariant qui pourraient mener Murphy et Caem (et probablement Ian, d'ailleurs, pour ne rien avoir dit) à l'exécution sommaire. Il ne pouvait pas vraiment lui en vouloir de se faire des cheveux là-dessus, lui-même avait passé une bonne partie de sa vie à cacher sa vraie nature au monde entier. Il le faisait toujours, d'ailleurs, chaque personne de plus qui l'apprenait avait une petite accroche sur la surface irrémédiablement lisse qu'était le masque du parfait Ian Blackburn. Et ça, c'était inconcevable. Mais le secret de Murphy ce n'était pas une accroche, un point d'attaque, c'était un motif de meurtre, et tout à fait légal s'il vous plait. Murphy, et Caem, étaient des abominations qui n'avaient aucun droit à exister, encore moins à jouir du statut privilégié qu'ils avaient aujourd'hui. Alors oui, Murphy s'en faisait sur la sécurité de Caem, évidemment.

Mais finalement, il n'y avait strictement aucune raison. Caem n'était pas au courant, ni personne d'autre d'ailleurs, il était le seul à savoir. Et il avait passé près de 40 années à conserver jalousement ce secret, il n'était plus qu'un parmi d'autres, enfermé à triple tour. Caem était un sang-pur, aux yeux du monde entier, le dernier héritier des O'Ryan, et il n'y avait aucune raison de douter de ce fait. C'était aussi un jeune homme probablement épris d'un peu de liberté.

"Stupide ou seulement désobéissant? J'en connais deux qui ont pas mal profité à son âge…"

Il haussa un sourcil, esquissa un sourire en coin, évoquant quelques souvenirs de leurs jeunes années, quand ils sortaient de Poudlard et entraient au ministère. Bon, peut-être plus lui-même que Murphy, mais il finissait toujours par l'entrainer dans ses coups, et même s'ils paraissaient presque bien sous tous rapport à ce âge, Ian n'était pas vraiment étonné que Caem dévie légèrement du droit chemin. Il s'attendait à tout moment à ce que Galahad le suive, d'ailleurs.
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Re: Faites des enfants, qu'ils disaient...
ce message a été posté Sam 24 Sep - 12:19
Le cuir du canapé crisse alors que le maître des potions se tourne à demi, jette un regard noir à Ian et marmonne quelque chose dans sa barbe. Quelque chose qui pourrait bien être un « Parle pour toi, Blackburn. » plein d'une mauvaise foi si caractéristique d'un Murphy O'Ryan irrité. Et teinté, malgré tout, d'un fond de vérité qu'il pourra toujours opposer à Ian si celui-ci décide de relever. Après tout, à l'âge qu'a actuellement son fils, Murphy n'était certes pas un ange - il ne l'a d'ailleurs jamais été, merci bien - mais il n'avait officiellement plus aucune autorité à qui obéir. Bon. A part peut-être Eileen, bien sûr. Mais techniquement, son statut d'orphelin lui retirait cette contrainte d'obéissance.

C'était cependant là des détails qui, s'il les évoquaient à voix hautes, ne manqueraient sûrement pas de faire ricaner Ian. Aussi Murphy s'abstient-il de toute justification inutile et se contente-t-il de se pencher pour se servir à son tour un verre de l'alcool de prédilection de la famille Blackburn, et pour cause. Qui, bien évidemment, est devenu la sienne également. Cependant, Murphy ne boit pas - pas tout de suite. Le verre reste lové entre ses mains jointes alors qu'il se recule lentement, le regard perdu dans le liquide ambré. « Il ne sait pas ce qu'il fait. » Il ne sait pas ce qu'il pourrait perdre. Il ne sait pas ce qu'il est. Ce dont ils ne parlent jamais, lui et Ian. Mais, aujourd'hui plus que depuis très longtemps, plus que peut être depuis jamais, Murphy a l'impression que ce qu'ils ne disent pas pèse d'autant plus lourdement sur ses épaules. Qu'il manque de l'écraser comme jamais il n'a faillit le faire. Et qu'il l'empêche, ce soir, presque de respirer.

Pourtant, ça n'a pas toujours été le cas. Pendant longtemps, Murphy a surtout été indifférent à cette donnée apprise par hasard sur ses origines. Puis il s'en est presque amusé, appréciant bien plus que de raison le danger omniprésent, savourant chaque reconnaissance de son statut comme un pied-de-nez à sa propre existence ; le danger et l'adrénaline qui ont faillit le perdre plus d'une fois au cours des batailles. Et puis les guerres se sont terminées. Et avec leur fin, le retour au calme. Et le secret qui devient une simple information à ne pas dévoiler, mais auquel il évite de réellement penser. Parce qu'il n'y avait plus de danger. Parce qu'il veillait à ce qu'il n'y en ai pas. Jusqu'à ce que Caem ne dévie.

Si Murphy avait été raisonnable, il aurait bien pu se rendre compte que Caem ne déviait pas réellement. Que nombre de Sang-Pur avaient fait bien pire que lui en s'attirant, au pire, quelques regards condescendants et quelques chuchotements mal avenus. Que si, même les comportements irresponsables de sa famille n'avait pas attiré sur lui les soupçons plus que de raisons, ce n'était pas le comportement actuel de Caem qui allait y changer quoi que ce soit. Après tout, Caem venait tout juste de quitter Poudlard, avec des notes plus que raisonnables, voir excellentes selon les matières, et commençait tout juste une carrière au Ministère. Exactement ce qu'avait fait Murphy lui-même, en somme, et ce n'était certainement pas quelques mots échangés avec son père qui changerait quoi que ce soit à la situation actuelle.

Avec un soupir résigné, Murphy se décide à boire une gorgée de son verre, laissant la brûlure de l'alcool répandre en lui une douche chaleur. Il sait qu'il est ridicule, à s'énerver ainsi. Il sait qu'il l'est encore plus à s'inquiéter. Et que ça ne lui ressemble que si peu. Mais le savoir n'enlève pas le poids qui pèse sur son estomac et qui s'alourdit un peu plus à chaque fois que son esprit revient effleurer le sujet Caem. « Je devrait peut être simplement lui trouver une gentille Sang-Pura à épouser. Un mariage, ça devrait le calmer, non ? »

Le verre a retrouvé sa place sur la table, le ton est plus calme, plus posé. Légèrement amusé, même, alors que Murphy se tourne de nouveau à demi vers Ian. Ils en savent quelque chose, eux, n'est-ce pas ?...
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Re: Faites des enfants, qu'ils disaient...
ce message a été posté Jeu 6 Oct - 11:14
Ian souffla un petit rire devant le grognement de son ami. Il but une gorgée de son whisky pour s'empêcher de faire un commentaire supplémentaire. Mauvaise foi, quand tu nous tiens. Oui bien sûr, s'il se rappelait bien, c'était toujours lui qui lançait les idées de bêtises, quand ils étaient jeunes, lui ou Eireann, mais Murphy n'était jamais loin derrière. Il ne lui ferait pas croire qu'il avait été ce gosse rabat-joie qui rappelle à ses copains que les règles sont faites pour être respectées et tout le tremblement. Non, Murphy c'était plutôt le gosse qui fait le guet au détour du couloir ou qui crée le plan pour parvenir à la cuisine ou au terrain de Quidditch en risquant le moins d'être vus. Ils étaient ados, et à l'époque, le monde était beaucoup plus simple, ils ne risquaient rien, ou du moins, rien en faisant quelques bêtises à l'école.

La seule chose qui les différenciait de Caem, c'était que lui venait ouvertement contester l'autorité de son père. Ou, s'il ne la contestait pas vraiment, désobéissait de front à ses demandes. Il n'allait pas lui jeter la pierre, vu tout ce que lui avait fait à l'époque, mais il aurait vraiment cru que son cher neveu d'adoption était un peu plus malin que ça. Eux ne se seraient jamais permis de désobéir à un ordre direct d'Alan Blackburn (ou d'Eileen, d'ailleurs), sans avoir une excuse, de quoi retourner la situation ou mettre leur faute sur le dos de quelqu'un d'autre. Ian leva les yeux vers le portrait de son père au-dessus de la cheminée et lui tendit son verre. Le portrait lui jeta un coup d'œil par-dessus son journal et repris sa lecture sans lui accorder plus d'attention.

Une nouvelle gorgée d'alcool lui réchauffa la poitrine et il se tourna à moitié sur le canapé pour faire face à Murphy. Des années à le fréquenter, tous les jours ou presque, lui avait appris bien des choses, et notamment, à savoir ce qu'il pensait, sans qu'il ait à le formuler. A voir à travers le masque, même s'il n'était pas là ce soir, pas ici, dans sa bibliothèque, dans un de leurs trop rares havres de sécurité. Le sourire s'effaça quelque peu, il n'avait pas besoin de blague pour le détendre, ou d'une oreille pour l'écouter s'agacer, il avait besoin d'être rassuré. « Il ne sait pas ce qu'il fait. » murmure son meilleur ami. Non, sans doute pas, ou du moins, il ne connait pas les conséquences, les possibles, les peut-être, tout ce que ces deux vieux sorciers calculent à chaque pas, chaque mot, chaque seconde. Caem vivait dans un monde simple, en paix, depuis assez longtemps pour ne pas en avoir besoin. Il n'était encore qu'un enfant et tout était redevenu simple, comme au temps du Lord. Et pourtant.

"Il serait en danger, s'il savait." Ian faisait tourner pensivement sa boisson dans son verre. Caem était en sécurité ainsi, ignorant, comme beaucoup d'autres. C'était à eux de porter le poids du secret, des secrets. Et malgré tout l'amour qu'il portait à son neveu, à son fils, à sa femme, c'était eux qui importaient, à la fin.
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Re: Faites des enfants, qu'ils disaient...
ce message a été posté Jeu 3 Nov - 7:15
Les mots de Ian amènent un sourire sur les lèvres de Murphy. Un sourire totalement vide de joie. Et pourtant, ses lèvres s'étirent dans un rictus vide, les yeux perdus dans les nuances de l'alcool. « S'il savait, on le serait tous. Ou peut-être déjà morts. » Les mots sont amères et lui laisse un arrière-goût désagréable dans la gorge. Et la seule chose qui semble un peu le distraire de cette sombre pensée est l'idée qu'au moins, si cela devait arriver, il ne partirait pas seul. Ian risque presque autant que lui si l'on apprend un jour qu'il savait et qu'il n'a jamais rien dit - et si on apprend le reste, aussi, tout ce dont ils ne parlent jamais mais qui pourtant existe bel et bien. Et il le sent naître au fond de ses entrailles, ce sentiment de satisfaction morbide qui grandit à mesure que l'image se forme dans son esprit ; celle d'un Ian qui le suivrait, jusqu'au bout...

Bien sûr, il ne souhaite pas sa mort. Il serait même prêt à tuer quiconque oserait faire mine de la lui donner. De le tuer à mains nues, d'arracher les chaires de ses ongles, de déchirer ses veines de ses dents. Il serait prêt à fouiller ses organes jusqu'à trouver son coeur et l'écraser entre ses doigts. Il n'a même pas besoin d'y réfléchir, c'est là, en lui, et simplement en venir à croire qu'on pourrait lui arracher Ian fait résonner, gronder un sentiment primitif qui, il le sait, s'il venait à éclater, le rendrait plus sauvage que le pire des Moldus - et, peut-être, dans ce genre de cas, Murphy se permet-il d'accuser ses origines honteuses. Mais les choses ne seraient-elles pas différentes si on l'amenait lui vers une mort certaine ? Si l'on apprenait ce qu'il était réellement et qu'on décidait que son existence devait être anéantie... Ne serait-ce pas mieux de savoir que Ian partirait avec lui ? Même sans vie après la mort, même s'ils ne devaient jamais revenir. Parce que Murphy saurait ainsi, avec une certitude sans faille, que Ian n'appartiendrait jamais, jamais à quiconque d'autre. Qu'il n'aurait jamais été qu'à lui et que même dans la mort, il ne serait toujours que sien. Et que c'était lui qui avait provoqué sa perte.

La sensation née au fond de ses trippes semble s'être répandue dans tout son corps et ses doigts un instant fourmille sous le plaisir de cette idée. Ian, à lui, pour l'éternité. Et c'est un frisson d'horreur autant que de plaisir pur qui secoue une seconde son corps alors qu'il reprend le verre qu'il ne se souvient même plus avoir posé. Ian, à lui, pour l'éternité. Qu'il boit une gorgée du liquide un peu trop rapidement pour étouffer le rire qui menace de secouer son corps tout entier plus violemment encore que le frémissement précédent. Ian, à lui, pour l'éternité !

Le verre qui percute le bois un peu trop fort l'éveil brusquement du fantasme qui menaçait de l'engloutir à tout instant. Seul le battement de ses veines à ses tempes, le souffles un brin trop court restent alors que le sentiment de plénitude malsain s'efface peu à peu, dénouer les nœuds de ses organes, se retirant comme une marée reflux. Le laissant vide. Beaucoup trop vide.

Le tic-tac incessant de l'horloge lui apprend que ça n'a duré que quelques secondes. Une pause qui n'a rien d'anormal dans une de leur conversation, et pourtant. Il n'a pas besoin de tourner de nouveau son regard vers Ian pour savoir que celui-ci a remarqué son attitude étrange. Il n'a pas besoin de le voir pour savoir qu'il doit vraisemblablement s'interroger. Et peut-être s'apprêter à l'interroger. Pourtant, Murphy ne compte pas répondre à la moindre question et reprend, comme si rien ne venait de se passer. « C'est pour ça qu'il ne doit jamais savoir. »

Une phrase qui aurait pu clore cette discussion qui, au final, n'est que banalités qu'ils connaissent déjà l'un et l'autre. Il aurait même pu se lever et partir après les salutations d'usage. Mais il y aurait toujours eu ce vide. Et, sans plus se poser de question, Murphy s'allonge dans un bruissement de tissus, pour venir poser sa tête sur les jambes de Ian. Sans lui demander aucune permission d'une quelconque manière que ce soit. Ce geste qu'ils ont déjà fait milles fois, mais dont Ian à toujours été l'acteur et l'instigateur, ou presque. Peu importe. Murphy ne veut pas en parler. Murphy ne veut pas y penser. Murphy veut juste que cette chaleur qu'ils partagent viennent combler le vide qui, après ce sentiment quasiment extatique, menace de s'emparer définitivement de lui.
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Re: Faites des enfants, qu'ils disaient...
ce message a été posté Mer 14 Déc - 11:51
Déjà morts, sans doute oui, si le secret (ou du moins le plus important de la myriade de petits et gros secrets qu'il partageait avec Murphy) venait à se savoir. Murphy, évidemment, serait abattu sans autre forme de procès, si quelqu'un avait la certitude de son lignage. Caem aussi, bien sûr, et le nom d'Alexianne serait traîné dans la boue post mortem. Pas que sa famille ait besoin de ça, mais bon. Lui-même, aussi abattu, sans doute, si le secret de Murphy se savait, les siens suivraient sans doute, et qui peut faire confiance à un loup-garou après tout? Galahad échapperait peut-être au massacre, au prix d'une vie en paria, peut-être dans la meute de Russel, si le vieil Alpha était toujours là à ce moment. Heather n'y échapperait sans doute pas, elle, trop proche des deux traitres à leur sang, elle finirait probablement à Azkaban. Ses parents, et Kenny, pour finir, n'atterriraient sans doute pas en prison, mais le nom des Blackburn serait suffisamment terni pour les entraîner dans sa déchéance.

Il fit tournoyer le whisky dans son verre en contemplant la toile d'araignée dont ils constituaient le centre. Chaque secret supplémentaire un fil qui les liait un peu plus, qui assurait leur survie mais rendait encore plus sûre leur chute si jamais quelque chose le faisait casser. Loin de le terrifier, la perspective le confortait un peu plus dans sa petite vie. Il avait tellement l'habitude de vivre dans cette toile que les secrets étaient sa vérité, et sans doute les révéler lui serait beaucoup plus difficile que de faire face aux conséquences. Envisager ces conséquences ne lui était pas plus étranger que de prévoir son prochain coup aux échecs. La chute n'était qu'une possibilité parmi d'autres. Une possibilité que son instinct de survie lui faisait éviter par tous les moyens, et aujourd'hui, elle paraissait plus lointaine que jamais. Malgré les inquiétudes de Murphy.

Murphy. Le seul détail, le seul petit élément imprévisible (ou presque) qui pouvait dérégler la machine bien huilée. Il y avait toujours des possibilités, d'autres, qu'il n'abordait jamais. Celles de s'en sortir lui en laissant tomber Murphy. Celle qui était pourtant la plus logique, pour l'instinct de survie mentionné plus haut, mais qu'il ne pouvait simplement pas envisager. Parce que Murphy était une partie de lui. Qu'il ne survivrait sans doute pas seul. Qu'il aurait plus de facilité à s'arracher le cœur que vendre son vieil ami. Si illogique soit cette conclusion, elle était sa réalité. Il ne pouvait pas vivre sans Murphy, et Murphy ne vivrait pas sans lui. Oh ce n'était pas une certitude basé sur un mièvre sentiment de jeune fille. Non, c'était une certitude basée sur des faits. Le fait que si Murphy s'éloignait d'un pas de trop de lui, il le tuerait de ses mains.

Il reprit une gorgée de whisky et plissa les yeux en direction de Murphy, qui semblait aussi parti dans le même genre de réflexions morbides. Ou peut-être se faisait-il des idées, mais Murphy semblait retiré, perdu quelque part dans ses pensées. Sa voix sembla faire repartir le temps qui s'était arrêté. Retour à la conversation, bien sûr, Caem. Caem qui était en danger, chaque seconde de sa vie interdite. Mais qui n'en savait rien, et n'avait plus aucun moyen de savoir, à moins que l'un d'entre eux ne lui dise. Cela allait sans dire, mais Murphy voulait détourner la conversation, ou plutôt la faire retourner à quelque chose qu'il maîtrisait. Rien n'avait été dit, mais Ian respectait son choix. Il s'étira et étendit les bras sur le dossier du canapé, alors que Murphy s'allongeait sans rien dire sur ses cuisses.

Pas que le mouvement l'étonne plus que ça, ils n'avaient jamais été moins que tactiles l'un avec l'autre, mais Murphy devait être vraiment secoué pour initier lui-même quelque chose qui avait toujours été la prérogative de Ian. C'était lui qui le touchait, lui qui venait dans ses bras, lui qui l'embrassait quand ses yeux lui demandaient.

Sa main retomba presque instinctivement sur la nuque de son ami, caressant distraitement les petits cheveux. Il descendit délacer le col de la tunique (noire, pour changer un peu) de Murphy, le laisser respirer un peu mieux. Il se laissa submerger par le calme et la sécurité de ce moment, dans son sanctuaire, avec son roc, sa ligne de vie. Un jour il fermerait ces portes et le garderait là, pour toujours. Quand il en aurait assez de mentir.

Sans rien dire, il se pencha pour déposer un léger baiser sur son front.
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Re: Faites des enfants, qu'ils disaient...
ce message a été posté Sam 4 Mar - 9:37
Une seconde, la main de Murphy vient se poser sur la chemise de Ian, ses doigts s'accrocher au vêtement, ses mains se perdre dans les plis du tissus. Ça n'a pourtant rien d'une caresse érotique ou romantique, pas même amicale. Simplement un réflexe pour retenir un peu plus longtemps cette chaleur qu'il lui offre, cette petite parcelle de réconfort dans ce monde si froid. À moins que ce ne soit lui qui soit glacé, il n'arrive plus vraiment à se rendre compte. Est-ce que ça n'a pas toujours été comme ça ?

Un soupir las s'échappe de ses lèvres alors que son bras retombe, qu'il ramène sa main à ses côtés. Il ne veut pas donner l'air de quémander la moindre attention - comme s'ils pouvaient encore en être à ce genre de considération - alors même que c'est ce qu'il est en train de faire. Il n'a pas besoin d'attention parce qu'en réalité il n'y a pas réellement de quoi s'inquiéter, parce que personne, personne ne pourrait jamais ne serait-ce qu'avoir le moindre doute sur la pureté de son sang. Plus aucune preuve n'existait. Nulle part. Mais cela ne suffisait pas à retirer le poids qui venait se loger sur son estomac, appuyer juste assez sur ses poumons pour que sa respiration soit juste ce qu'il fallait de désagréable.

Mais la présence de Ian à ses côtés, le poids de sa main sur sa nuque, loin d'être l'oppression qu'ils pourraient représenter a un effet apaisant sur tout son être. Et lentement, allongé ainsi, sa joue posée contre les cuisses de son ami, alors qu'il peut sentir la chaleur de sa peau émaner au travers du tissus de qualité qui habille Ian, Murphy sent ses muscles se détendre. Sensation étrange, presque étrangère après toutes ces heures, tous ces jours à ressasser sans cesse les mêmes pensées, à sentir croître dans ses entrailles un agacement proportionnel à l'angoisse du danger qu'il pouvait encourir - qu'ils pouvaient encourir -, proportionnel sans doute au sentiment de rébellion qui se réveillait en son fils - il ne manquerait plus que, affront ultime, il décide de tourner le dos à tout le monde et ne devienne un traître, un renégat, un Phénix, ah ! Pensée chassée aussitôt qu'elle est venue en son esprit alors qu'il ne pense qu'une seconde à la gravité que pourrait prendre l'envie de rébellion de Caem. C'est impossible. Plus encore que lui, il est pur produit de la société mangemort à défaut d'être réellement Sang-Pur. Il n'y a pas à s'inquiéter. Il doit juste, comme Kenny et Ian le lui ont si souvent dit, apprendre à se détendre.

"Vraiment... Ne pouvait-il faire ça plus jeune, comme tous les autres de son âge ? Au moins, nous avons cantonnés nos frasques aux murs de Poudlard." Il retrouve ce ton moins tendu, juste un peu bourru, des discussions banalement quotidiennes qu'ils peuvent tous deux avoir. Le sentiment de sécurité que lui procure cette pièce, que lui procure la présence de Ian, est suffisant pour chasser un temps son inquiétude, laissant juste derrière elle un sentiment de nostalgie teinté d'une certaine lassitude. Et bien plus que pendant son adolescence beaucoup trop calme - vraiment, il aurait dû se méfier ! - Murphy se sent soudain vieux. Enfin. Pas vraiment vieux en soit ; après tout, il garde une certaine forme, voire même une forme certaine en réalité. Mais trop vieux pour supporter les frasques de son fils qui n'a pourtant encore rien fait. Et, au fond, il s'agit principalement d'anticipation. Parce qu'il sait ce qu'il pourrait faire. Il n'est pas sénile au point d'avoir oublier ce que signifiait pour Ian et lui leurs jeunes années. Et s'il n'a pas vraiment de crainte de voir Caem dévier comme eux ont pu le faire - comme ils le font encore parfois - c'est cette interrogation sur ce que pourrait bien inventer son fils qui prime sur le reste. Mais il ne doit pas s'inquiéter. Il n'est pas temps de s'inquiéter, pas maintenant. Pas dans la chaleur du bureau de Ian. Il pourra toujours, s'il le veut, retrouver ses inquiétudes plus tard. D'ici un jour ou deux, au prochain écart de Caem. En attendant, il peut bien mettre cela uniquement sur le compte d'une désobéissance passagère. Même si, bien sûr, il ne l'approuve pas.

Murphy n'a pas bougé de sa position, n'a pas vraiment l'intention de se relever pour le moment. Tout juste s'est-il retourné pour pouvoir regarder Ian d'en bas alors qu'il lance, faussement nonchalant : "Et Galahaad, des nouvelles ? Sa rentrée  ?" La première qu'il fera à Poudlard sans Caem, et il sait que l'adolescent l'a mal vécue, même s'il a nombre d'amis de son âge. Mais, même s'il a régulièrement des nouvelles de son filleul, il sait que ce sujet là sera moins dangereux pour eux que celui de son propre fils. Surtout qu'ils ne sont certainement pas au courant du quart des frasques du loup-garou dans l'enceinte de l'école millénaire.
Couilles de loup
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Re: Faites des enfants, qu'ils disaient...
ce message a été posté Jeu 6 Avr - 22:46
Pendant un moment, il se laisse faire, garde les lèvres posées sur son front, respire contre sa peau, inhale son odeur si particulière, mélange de produits variés, de poussière de vieux bouquins et de vêtements propres (il savait parfaitement ce que l'Amortensia sentait pour lui, sans jamais en avoir reniflé). Il ne dit rien, laissant Murphy décider du moment où il se redresserait. Il aurait pu rester la nuit entière comme ça, sans bouger, les lèvres posées sur son front.

Il aurait presque pu entendre à nouveau les aiguilles de la pendule s'arrêter. Pendant encore un instant, ils sont hors du temps, hors de leur petite vie régie par les normes, la hiérarchie et les codes. Pendant cet instant, ils n'étaient plus qu'eux, et tout était plus simple. Il n'y avait même plus Heather, plus Caem ni Galahad, plus rien que leur petit duo, leurs vies, rien d'autre. Et puis il se redresse, le temps reprend son cours.

Ian se réinstalla correctement contre le cuir moelleux de son canapé, la main à nouveau posée sur la nuque de Murphy, les doigts caressant doucement la base de sa chevelure. Il mit un instant à revenir à la réalité, à leur conversation tout à fait banale, ou du moins en façade. L'odeur de Murphy envahissait ses sens et faisait toujours tourner légèrement sa tête, sans doute un peu plus que le whisky qu'il avait reposé sur le guéridon à côté du canapé.

Leurs regards se croisèrent un instant alors que Murphy se retournait contre ses jambes pour lui faire face, et Ian lança un sourire qui se voulait rassurant. Ils n'avaient rien à craindre, ou pas plus que d'habitude, et ce n'était pas parce que Caem faisait son poète maudit que cet état allait changer.

"Probablement qu'à Poudlard tu n'étais juste pas au courant… et ses profs non plus, si j'en crois les hiboux élogieux que je reçois sur le comportement de Galahad." Ian n'était pas dupe, il savait parfaitement que les gosses avaient fait les quatre cent coups entre les murs millénaires du château écossais, comme eux à l'époque, avec les sœurs Callaghan, quand la guerre n'était qu'une notion dans les cours d'histoires de la magie. Il connaissait bien son fils, et il se doutait qu'il n'avait pas passé ses années d'école à être simplement sage et studieux. Et Caem, même s'il était son aîné, avait très probablement suivi. Ou peut-être même instigué, finalement.

Et puis même si Caem se décidait à faire vraiment n'importe quoi, ce n'était rien, quoiqu'en pense son stoïque de père. Rien qui menaçait leurs secrets, leur toile d'araignée. Les frasques de Caem n'étaient qu'un détail microscopique, négligeable.

Il sourit en coin à la question suivante. Galahad faisait bonne figure, du moins dans les hiboux qu'il avait reçu, mais il savait bien que la rentrée n'était pas sa meilleure. C'était une des premières fois qu'ils étaient séparés à ce point depuis que Murphy avait déménagé du manoir, et il sentait que les souvenirs de séparation de son petit loup étaient encore vivaces.

"Il aurait préféré suivre son cousin, mais il fait bonne figure. Monsieur considère être au dessus de passer ses ASPICs, parce que selon lui il n'apprend rien." Il lâcha un petit rire de gorge, évidemment les notes de son fils ne reflétaient pas exactement cette idée, mais il lui faisait confiance pour réussir ses examens. Et entrainer ses cousins restant et ses camarades de classe dans autant de bêtises qu'eux avaient pu faire à l'époque.
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