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❝ Deal with the Devil - Ajija ❞
 :: Royaume-Uni :: Avalon :: Les sept quartiers
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Deal with the Devil - Ajija
ce message a été posté Sam 9 Juin - 12:18



deal with the devil

ajay & hija



[10 mai 2047 - Avalon]

Elle n’aurait pas du venir. Le col de sa veste en cuir relevé, Hija est sur le point de faire demi-tour, pour la vingtième fois depuis qu’elle est partie de chez les Sabordage. Chaque pas lui coûte, plus qu’elle ne saurait le dire. Depuis qu’elle a reçu ce hibou … le fait d’y penser lui fait serrer les poings. Elle a détesté le style. L’encre. Le parchemin, même. Dès qu’elle a compris de qui il est venu. La veste est facultative mais dissimule la dureté inhabituelle de ses traits.  La missive a été réduite en cendres d’un informulé plus vite qu’il ne le faut pour dire « A l’abordage ». Cela n’a pas empêché chacun des mots de s’imprimer, comme au fer rouge, dans son esprit. Shafiq. Les dents de la pirate grincent alors que ses bottes claquent de plus belle. Ajay Shafiq. Maudite soit Arsenia. Elle ne pouvait pas écarter les cuisses pour un autre Sang pur ? Ou alors le faire en fermant sa grande gueule et en la laissant en-dehors de ses histoires avec cet esclavagiste ? Elle ne lui en a pas parlé. Pas encore. Mais le lien s’est rapidement fait dans son esprit avec l’essence en bouteille qu’elle lui a demandé, des mois auparavant. Imaginer une de ses créations dépourvue du moindre poison entre ses mains … lui donne des boutons. Et pourtant … pourtant, dira-t-on, elle est là. Et c’est sans doute ce qui l’enrage le plus, plus que sa cousine, plus que l’homme. C’est qu’elle en soit là.

Mais cela fait des semaines, depuis la prise de Londres. Depuis que sa boutique, son appartement son « perdus ». Y retourner de temps en temps ne fait que la rendre encore plus folle. Un sacrifice pour la cause qu’elle sert … un prix qu’elle pensait être prête à payer. Avant que cela ne la dévore de l’intérieur. Retrouver un endroit où s’établir à Avalon … pas la même chanson qu’à Londres. Et l’inaction la rend folle, littéralement.  Et sape entièrement sa créativité. Cela fait des jours qu’elle n’a rien composé, rien accompli. Ce n’est pas une excuse, susurre une part d’elle. Elle pourrait reprendre la mer. Elle devrait reprendre la mer. Hiresh viendrait la chercher. Ou elle passerait de navire en navire jusqu’à retrouver la Vayu. Et bien que l’appel du large la hante, elle n’est pas décidée à repartir. Son aventure sur terre n’est pas terminée. Pas encore. Alors … alors elle est là. Prête à accepter l’offre d’un ennemi mortel (qui n’en a même pas conscience). Parce qu’elle n’a pas le choix. Pas l’accepter, se tempère-t-elle, écouter ce qu’il a à dire. La flatterie présente entre les lignes aurait suffi à l’enchanter, venant d’un autre. Mais pas de lui. Sur d’autres terres, il n’aurait même pas baissé les yeux sur elle. Personne ne l’avait fait sur sa mère, botaniste extrêmement talentueuse. Alors ces mots n’ont aucune valeur, pour elle. Pas plus que les traits qu’elle a mémorisés, dessinés dans son esprit depuis l’établissement de Calypso. Il aurait pu lui plaire, dans une autre existence. Sans doute. L’idée même la fait frissonner ; de haine, à l’état pur. Si ce n’est qu’un nom ? Elle est bien placée pour assurer qu’il y a plus dans un nom qu’un simple mot. Tous coupables. Tous responsables. Et lui comme les autres.

C’est dans cet état d’esprit orageux que la Sabordage se stoppe en pleine rue. Il  y a du passage, en cette fin d’après-midi, mais pas suffisamment pour que son arrêt brutal ne provoque une collision. C’est là. Il lui a donné l’angle de deux rues et elle s’y trouve. A l’heure, bien évidemment. Pivotant sur ses talons, elle laisse son regard parcourir la foule mais n’y trouve pas la silhouette de l’homme. En retard. Un pincement de lèvres marque sa désapprobation. Il ne va pas en plus la faire attendre ? Plus reine et artiste que commerçante désespérée, son attitude se fait plus raide. Elle lui donne cinq minutes. Après cela, elle videra les lieux et il n’y aura plus de discussion possible. Elle ne se reniera qu’une seule et unique fois. Un fourmillement au bout de ses doigts lui indique que l’inspiration n’est pas loin. Sa colère lui inspire immédiatement une bouffée d’épices brûlantes, un mélange irrésistible de piment et de safran, qu’enflammerait un bois sec et le plus chaud des baumes. Sur un fond animal, cuiré. Battement de cils. Inspirer. Expirer. S’il ne vient pas, une idée aura au moins germé. Et c’est déjà plus qu’elle n’en espérait en se levant, ce matin-là.


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Re: Deal with the Devil - Ajija
ce message a été posté Ven 15 Juin - 22:40
Un soleil franc brille au-dessus d'Avalon. La lumière passant à travers les fenêtres à vitraux de l'échoppe éclaboussant le comptoir de dizaines de petites taches en losange chatoyant de mille feux, au-dessus desquelles Ajay s'amuse à passer la main. Comme ça. Sans y penser. Avant de relever la tête et d'afficher un air satisfait tandis qu'il embrasse son environnement du regard. Parfait songe-t-il. Absolument parfait. Une atmosphère apaisante plane sur les lieux. Dans les murs en lambris et le vieux parquet qui grince discrètement sous le poids de ses pas. Hija Sabordage sera bien installée ici. Il ne sait pas à quoi ressemblait son ancien commerce à Londres. S'en veut un peu de ne pas s'y être déplacé avant que la ville ne tombe sous le joug des Phénix comme il se l'était promis. Mais le tigre imagine très nettement les merveilles qu'elle pourrait accomplir ici. Les promesses contenues dans les étagères vides qui s'élèvent jusqu'au plafond.

Il a tout de suite penser à elle lorsque son frère lui a parlé de cette apothicairerie sur le point de mettre la clé sous la porte. Il avait rencontré le propriétaire et racheté le bail aussitôt. Avant même de contacter la première concernée. Fidèle à son tempérament impulsif et son statut de nanti qui ne lui avait jamais appris à regarder à la dépense. Tant pis si la Sabordage refusait son offre. Il aurait du mal à comprendre mais il s'en remettrait. Il ne la connaissait que très peu en vérité. Ne l'avait rencontré qu'en de rares occasions, toujours très brèves, lors de soirées au Mangrove. Hija était une amie de Calypso. Et la cousine d'Arsenia avait-il appris plus tard. En même temps qu'il découvrait ses dons de parfumeuse. Plus que les connaissances qu'ils avaient en commun c'est cela, ce talent extraordinaire, qui l'avait poussé à agir comme il l'avait fait. Personne n'avait jamais accusé Ajay d'avarice mais il n'était pas non plus mécène de profession.

Le hibou qu'il lui avait envoyé avait du la surprendre. Ajay n'en est pas peu fier d'ailleurs. Il a toujours adoré les effets de surprise et se sent comme un gosse à l'idée de celui qu'il lui réserve encore. Il jette alors un coup d'œil à sa montre à gousset puis dirige son regard vers l'extérieur en constatant qu'il est l'heure de leur rendez-vous. Quant il accroche enfin sa silhouette. Un sourire fauve venant dévoiler le blanc de ses dents.

« Miss Sabordage ! La voix chante. Le regard pétille tandis qu'il passe le haut de son corps à travers l'embrasure de la porte. Ne restez pas sur le pavé. Je vous en prie. Entrez ! »

Il ne remarque pas son air sombre. Ses épaules voûtées ni la crispation de sa mâchoire. Avec de grands gestes il l'invite à s'approcher et ouvre la porte devant elle. Comme il accueillerait un ami de longue date. La bonne humeur sur son visage aussi flagrante qu'elle lui est naturelle.

« Je suis ravi que vous ayez accepté de venir ! Votre cousine Arsenia m'a parlé de votre situation depuis la chute de Londres. J'espère que vous ne lui tiendrez pas rigueur de cette indiscrétion mais il s'avère que j'ai acquis cette échoppe il y a peu et j'ai pensé que cela pourrait vous convenir ! Il désigne les lieux d'un geste ample. Fier comme Merlin. Alors ? Qu'est-ce que vous en pensez ? »

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Re: Deal with the Devil - Ajija
ce message a été posté Dim 17 Juin - 10:59



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[10 mai 2047 - Avalon]

Encore trente secondes et elle s’en va. La bouffée créatrice qui s’est emparée d’elle lui crie de s’enfuir, mais c’est ce mot qui la fait rester. Un pirate ne s’enfuit pas. Il prépare sa retraite avec intelligence si le besoin s’en fait sortir. Alors elle reste, encore un peu. Jusqu’à ce que …Miss Sabordage ! Ses talons tournent automatiquement et elle avise l’homme dont le buste dépasse de la porte d’une boutique. Retenir le froncement de ses sourcils et le pincement de ses lèvres n’est pas possible. Ne restez pas sur le pavé. Je vous en prie. Entrez ! Tout l’énerve en lui. Instantanément. Comme le jour où son nom est parvenu à ses oreilles alors qu’elle admirait la silhouette de l’homme s’entretenant avec Calypso. La mâchoire qu’elle trouvait attirante l’a immédiatement dégoûtée. La demi-mesure ? Elle ne connaît pas, jamais. Un simple hochement de tête lui sert de réponse, alors les cases dans son cerveau s’alignent. Elle ne veut pas comprendre immédiatement. Mais une fois dans la boutique, l’évidence s’impose à elle. Et son masque se fend, deux secondes, alors qu’elle avise le décor. C’est … parfait. Le souffle soudain court, elle avance, écoutant à peine ce que son hôte lui raconte. Dans son esprit défilent les flacons, à positionner sous la lumière colorée dispensée par les vitraux. L’odeur la prend aux tripes, le bois ancien des comptoirs se mêlant aux anciennes odeurs d’herbes et d’autres ingrédients moins ragoûtants. Rien qu’elle ne puisse corriger. Apothicaire, anciennement. Ce qui signifie qu’il y a une salle de préparation, derrière, dont elle pourra se servir pour créer. Pourra. Pourrait, veut-elle dire, bien évidemment. Cet endroit n’a rien à voir avec ce qu’elle avait à Londres. Ses longs doigts effleurent les marques colorées sur le comptoir, reproduisant inconsciemment à peu de choses près le geste du Shafiq à quelques minutes d’intervalle.

Alors ? Qu'est-ce que vous en pensez ? La voix la ramène brutalement à la réalité. L’espace d’un instant, elle a oublié qui se tient derrière elle. Pourquoi elle ne voulait pas venir. Et pourquoi elle regrette, immédiatement, alors qu’elle répète les mots qui lui reviennent, en écho : Vous l’avez … acheté ? Ses ongles raclent le bois alors qu’ils reviennent former un poing. Elle n’a pas les moyens de s’offrir quoi que ce soit dans le quartier. Elle le sait, elle a déjà essayé. Relevant la tête, elle essaye de se reprendre, désarçonnée par l’endroit et la projection immédiate. Par l’espoir qu’il l’a étreinte après des semaines d’inactivités et de portes fermées en pleine figure. Et par le visage de l’homme qui lui fait face. L’endroit est magnifique. Parfait, disent ses yeux alors qu’ils font le tour encore une fois. Mais il y a une chose, une chose certaine : Mais j’suis pas à vendre. Ses lèvres se pincent. Elle ne croit pas en la générosité. De façon générale. On l’a éduquée à savoir que ce qu’on veut, on le prend. Qu’il y a toujours une contrepartie quand on vous tend la main. Et elle refuse de lui devoir quoi que ce soit. Je n’sais pas ce qu’Arsy a bien pu vous raconter sur mon compte, mais y a méprise. Et elle a pu lui en raconter des vertes et des pas mûres. Elle en a fait de belles, Hija, et pour certainement moins qu’une boutique. Mais le jeu ici n’aura pas lieu. S’il avait été un autre, peut-être. Mais cette fois-ci, pas question. Ni mon talent, ni moi, ne sommes à vendre, répète-t-elle. Plus calmement qu’elle ne l’aurait cru. Elle blâme la lumière. Les couleurs. L’envie qui lui tord le ventre. Et le désespoir qu’elle sent transpirer de certaines parties d’elle. Elle a besoin de cette boutique. Mais pas à n’importe quel prix. Et il y a toujours un prix à payer. Toujours.


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Re: Deal with the Devil - Ajija
ce message a été posté Lun 18 Juin - 0:11
Le sourire sur ses lèvres s'élargit un peu plus en observant la jeune femme s'avancer au milieu de la pièce. Aviser les étagères et le comptoir. Le chatoiement des vitraux et les moulures du plafond. L'endroit lui plaît. Cela ne fait aucun doute. Ajay le devine aisément dans la façon qu'elle a d'effleurer le bois du bout des doigts. Dans le très léger bruit, presque imperceptible, qu'émet sa bouche quand ses lèvres s'entrouvent et laissent passer un souffle tremblant. Mais c'est son regard. La lueur qui illumine tout à coup ses grands yeux noirs qui finit de convaincre le tigre de sa réussite. Comme lui lors de sa première visite Hija Sabordage est conquise par le charme discret et néanmoins évident de l'échoppe.

« L'endroit est magnifique. »

« N'est-ce pas ? Je suis tombé amoureux de la façon dont la lumière enlumine le tout. Bien sûr vous ne pourrez pas compter dessus les jours de mauvais temps et Merlin sait qu'ils sont légion dans ce pays. Mais je vous fais confiance pour trouver un... »

« Mais j'suis pas à vendre. »

La phrase claque. Irrévocable. Coupant net le tigre dans son élan. Il n'est pas certain d'avoir bien entendu pourtant. Au début. Le sourcil qu'il hausse par-dessus son épaule trahissant son incompréhension. Appelant une réponse à une question qu'il pose le plus poliment du monde. Sans même prononcer un seul mot. Pardon ? Mais très vite Ajay a peur de comprendre. Soudain il remarque la posture de son interlocutrice. Son air fermé. Ses lèvres pincées. La barrière formée par ses bras croisés sur sa poitrine. Tout en elle lui crie sa défiance. L'accuse même. Et le tigre doit faire un pas arrière tant il ressent la violence qui émane de ce petit bout de femme. Sa colère froide le prend de court. Il a plutôt une bonne idée de ce qui se raconte sur lui pourtant. De la réputation que certains s'amusent à faire courir dans son dos. Mais il ne s'attendait pas à ce qu'elle prenne une telle ampleur. Certainement pas dans l'esprit d'une femme si éloignée des salons étriqués où se tiennent d'ordinaire ces immondes bruits de couloir. Dans l'esprit d'une femme côtoyant deux personnes qu'il tient en estime et considère comme des amies.

« J'ai peur que ma mauvaise réputation me précède. Je ne sais pas ce que vous avez entendu dire mais je vous assure que je n'ai jamais cru qu'aucune femme était à vendre. Il marque un temps. Pense à ces fois où il l'a aperçu au Mangrove. À moins que ce ne soit son métier évidemment. Mais passons. J'aime les femmes plus que la bienséance habituelle ne l'admet. Je ne vais pas vous mentir sur ce point. Mais je ne suis pas un pervers lubrique qui passe son temps à sauter sur tout ce qui bouge ou à élaborer des stratégies aussi tordues pour allonger son tableau de chasse. »

Il grimace. Souffle bruyamment par le nez pour évacuer la frustration qu'il ressent à l'idée que l'on puisse le croire capable d'une chose pareille.

« Écoutez. Si cela vous rassure ne voyez pas ma proposition comme un don. Cette boutique est la vôtre si vous le souhaitez mais vous me rembourserez son prix jusqu'à la dernière mornille. Nous pouvons mettre au point un calendrier échelonnant vos paiements d'une manière qui vous convienne. Cela vous semble-t-il acceptable ainsi ? »

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Re: Deal with the Devil - Ajija
ce message a été posté Mar 3 Juil - 7:22



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[10 mai 2047 - Avalon]

Le voir perdre son sourire a quelque chose de jouissif, sur l’instant seulement. La violence des sentiments qui agitent la pirate semble enfin lui sauter aux yeux et avoir un interlocuteur réceptif l’empêche de se consumer entièrement, l’insouciance de l’homme étant parfaitement irrecevable pour Hija. Comment peut-on simplement inviter une inconnue dans une boutique et lui annoncer qu’on est prêt à la lui offrir ? Dans quel monde ? Les leurs sont extrêmement éloignés, différents, contraires, plus encore qu’il ne l’imagine. Et le fossé se fait sentir, intensément, lui brûlant la peau au fer rouge, à l’emplacement d’une des nombreuses cicatrices qui marque la peau de sa mère. L’ombre du phénix plane dans celle de la jeune femme. Ils possèdent. Font ce qu’ils désirent. Et eux .. eux se préparent, en silence. C’est cette pensée qui parvient à apaiser la jeune femme, plus que la surprise honnête de l’homme qui lui fait face. Dans d’autres circonstances, dans d’autres temps, elle l’aurait détrompé, immédiatement, lui assurant qu’elle est faite de la même étoffe. Seulement, cette dimension où elle aurait pu se lier réellement avec Ajay Shafiq n’est qu’une chimère. Ce qui ne l’empêche pas de pouvoir être un peu plus précise. Pas question d’être confondue avec une cul-serrée de cul-terreux. Ses lèvres s’entrouvrent alors pour glisser : On peut acheter quelqu’un pour autre chose que le sexe. Que ce soit bien clair, elle ne pense pas qu’avec son fond de cale et n’imagine pas deux secondes que ce soit son cas. Epicurienne elle-même, elle serait bien en peine de lui faire la leçon sur le sujet, il n’est d’ailleurs pas impossible qu’il l’ait lui-même vu allumer un ou deux clients de Calypso qui lui plaisaient sur le moment (même si ce n’est pas très bon pour le business). Dans tous les cas, ce n’est pas elle qui va lui apprendre son propre métier. Le mécénat ? Une connerie pour avoir un artiste à sa botte. Pour faire passer des messages. Ce qu’elle pourrait faire avec des odeurs ? Oh, tellement … si vous saviez.

En tous cas, son changement de ton lui plait. Ou ne lui déplait pas. Lui permet de réfléchir plus clairement, maintenant qu’il a arrêté de se comporter comme un enfant devant son nouveau jouet. C’est cela, réalise-t-elle, qui l’a rendue encore plus furieuse. Personne ne s’invite dans son rêve, dans quelque chose d’aussi intime que sa création sans y être invité. Alors replacer les choses dans leur contexte, dans un cadre purement professionnel lui convient. Ses épaules se détendent légèrement, sa mâchoire se décrispe alors qu’elle pivote sur ses talons pour gagner du temps. Pour prendre conscience qu’elle ne dira pas non. Elle n’est pas en position de le faire, pour commencer. Elle n’en a pas envie, non plus. Pas après cette projection si précise de faire de cet endroit son univers. Et ce n’est pas dans son intérêt de se mettre cet homme à dos. Pas encore. Son heure viendrait, comme celle de tous les Mangemorts se vautrant dans leurs privilèges à Avalon. Ils avaient pris Londres. Ils prendraient le reste. Ils prendraient cette boutique, également. Et si ce n’est pas le cas rapidement … eh bien elle paierait. Elle n’a qu’une parole. Et les affaires sous les affaires. Va pour un calendrier. Et un contrat. Pas folle, la pirate. Et pas ingrate, malgré ses humeurs. ça vous couvre autant qu’moi. Qu’elle déteste cet état de fait ne change rien à cette vérité : il vient de la tirer d’un très, très mauvais pas. Et il a bon goût. Clairement. Il aime ce qu’elle fait, c’est déjà un début. Il ne faut pas qu’elle explose, cela ne sert à rien. Un autre détail à rajouter, qui lui donne le frisson rien que d’y penser, un détail qu’elle n’a pas manqué en observant la boutique avant de s’y engouffrer : Et l’appartement au-dessus ? Il était compris dans le prix ? Elle n’a rien d’une oratrice ou d’une belle parleuse, qu’on se le dise. La perspective de quitter les quartiers Sabordage est plus que séduisante, celle d’avoir son domicile appartenant techniquement à cet homme, beaucoup moins. Encore une fois … aux grands maux les grands remèdes. Il est quand même quelque chose qu’elle doit dire. Parce qu’elle n’est pas totalement stupide. Et sait nuancer, parfois. Un peu. Désolée si vous vous êtes senti insulté. C’est en le regardant finalement qu’elle prononce ces mots. Et si elle ne sourit pas encore, au moins n’a-t-elle pas la tête de quelqu’un ayant envie de le mordre : Les temps sont durs. Et j’crois que la bonté d’âme est une légende. Mais elle doit bien reconnaître quelque chose, alors que ses yeux effleurent de nouveau les mouvances colorées sur le comptoir : Vous avez du goût. Arsenia. Sa parfumerie. La boutique. Et le reste, même si elle en resterait pour l’instant là.


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Re: Deal with the Devil - Ajija
ce message a été posté Mer 4 Juil - 17:58
Il a laissé tombé son sourire ravi. Celui qui charme pourtant si aisément son entourage d'ordinaire. Mais Hija Sabordage n'est pas ordinaire et Ajay s'en veut de ne pas l'avoir anticipé. Lui qui connait bien la force de caractère d'au moins deux des membres de sa famille. La fougue d'Odin et la passion d'Arsenia. Il aurait du le voir venir. Se douter de sa fierté et aborder ce rendez-vous avec un peu moins de légèreté. Mais ce qui est fait est fait. Et le tigre a beau ne pas avoir l'habitude qu'on l'envoie promener sur les roses aussi frontalement, il sait reconnaître ses erreurs. Respecter la sensibilité de ceux qui lui font face et s'y adapter. Alors il tempère son enthousiasme. L'expression de son visage se fait plus sérieuse, moins familière, et il hoche la tête quand elle évoque la nécessité d'un contrat.

« Et l'appartement au-dessus ? Il était compris dans le prix ? »

« Effectivement. L'ancien propriétaire avait tenté de le louer mais les odeurs qui montaient depuis le laboratoire de son arrière boutique finissaient par incommoder les locataires. Ce qui ne devrait pas poser soucis dans votre cas. Il s'agit d'une petite mansarde. Modeste mais confortable je pense. »

Il ne demande pas si elle prévoit de s'y installer ou pas. Se contentant de sous-entendre qu'elle y sera à son aise si telle est sa décision. L'appartement aurait besoin d'un petit rafraîchissement bien sûr. Le parquet d'un coup de cirage et la fenêtre du salon donnant côté rue d'un coup de baguette pour réparer le carreau que des enfants avaient probablement brisé un jour. Mais les fondations étaient bonnes.

Cette échoppe était une affaire en or sur laquelle la pirate n'aurait jamais mis la main sans lui. Et elle en est consciente. Ajay le devine dans la façon qu'elle a de lui tourner le dos pour jeter un nouveau regard circulaire autour d'elle. Il pense même pouvoir comprendre sa colère. En partie. La frustration qu'une femme aussi talentueuse peut éprouver quand la seule nature de son sang suffit à lui fermer des portes. Lui ne sait pas ce que c'est. Un heureux hasard avait fait qu'il ne le saurait probablement jamais. Si cela est juste ? Non. S'il culpabilise d'être bien né ? Non plus. Il ne comprend pas toujours les inégalités qui régissent leur pays mais il n'a pas écrit les lois qui les légitimisent. Tente même de ne pas s'y vautrer au quotidien. Se faisant un devoir de ne juger les gens qu'à travers leurs actes et leurs paroles. Alors l'excuse que la femme finit par souffler du bout des lèvres le touche. Le surprend aussi mais n'empêche pas un léger sourire de courber à nouveau ses lèvres.

« Merci. Je ne fais pas cela par bonté d'âme cependant. Mais parce que je peux. Tout simplement. Acheter cette échoppe ne m'a pas coûté grand chose. Et je ne dis pas cela pour vous vexer. »

Il ne va pas lui mentir. Ni se vanter d'être riche. C'est un fait. Voilà tout.

« Je rédigerai un contrat préliminaire que je vous enverrai par hibou. Vous pourrez ainsi apporter vos modifications avant que je ne le fasse suivre à Olivia Vaisey, mon avocate. Mais en attendant que diriez-vous d'inspecter l'arrière boutique puis de monter à l'étage ? Si vous comptez racheter cet endroit je tiens à ce que vous fassiez le tour du propriétaire. »

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Re: Deal with the Devil - Ajija
ce message a été posté Lun 16 Juil - 17:50



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Effectivement. L'ancien propriétaire avait tenté de le louer mais les odeurs qui montaient depuis le laboratoire de son arrière boutique finissaient par incommoder les locataires. Ce qui ne devrait pas poser soucis dans votre cas. Il s'agit d'une petite mansarde. Modeste mais confortable je pense. Les images de son ancien domicile, à Londres, apparaissent soudainement. C’était déjà ce qu’elle avait, sans doute en plus grand étant donné que la surface était moins chère là-bas, et elle ne pourrait pas y ramener tous ses trésors, mais c’est un premier pas. Avoir un espace pour elle, sans côtoyer sa famille au quotidien – non pas qu’elle ne les aime pas, mais autant de proximité devenait gênante et surtout l’entravait à plusieurs niveaux – une aubaine. Qu’elle lui doit. Il faut qu’elle passe par-dessus cet état de fait, qu’elle ne voie ça que comme une acquisition de sa part, peu importe l’ancien propriétaire. Et avancer. Parce qu’elle en a besoin. Parce que ça lui fait envie. Tout simplement. Et que ce qu’elle veut, elle prend. Même si elle va le payer à prix d’or. Et qu’elle ne sait pas ce qu’Hiresh ferait d’elle si jamais cela revenait à ses oreilles. Elle le persuaderait. Comme elle se persuade elle-même actuellement. Que ce n’est pas grave. Que ce n’est que du business. Ce qu’il ne fait que lui confirmer. Elle bat des cils alors que ses lèvres se pincent. Pas parce qu’elle est vexée, comme il en a peur, mais parce qu’une fois encore, elle mesure la distance entre l’univers de Sang Pur et le reste du monde. Et ne peut que promettre qu’un jour, ces barrières tomberont. Un jour.

Mais une autre chose la fait tiquer. Son honnêteté décomplexée aurait pu lui plaire. Ainsi que son sens pratique. Encore une fois. Si la simple pensée de son nom ne lui donnait pas une furieuse envie de violence, peut-être s’y serait-elle intéressée. Réellement, en posant des questions. Mais le monde et les choses en ont décidé autrement. Je répondrai rapidement. Si j’dois vous rembourser, il faut que je recommence à travailler le plus rapidement possible. Ca, et elle n’en peut plus d’être inactive. D’ailleurs, ses doigts pianotent de nouveau sur le comptoir, brûlant de coucher l’idée qu’elle a eue en l’attendant, avant qu’elle ne s’échappe. Il y a urgence. Mais en attendant que diriez-vous d'inspecter l'arrière boutique puis de monter à l'étage ? Si vous comptez racheter cet endroit je tiens à ce que vous fassiez le tour du propriétaire. C’est honnête. Juste … deux secondes. Même pas de formule de politesse, pas alors que l’accord manque de lui échapper. Ses doigts rendus nerveux par l’attente extirpent son carnet de la poche intérieure de sa veste en cuir, avec un stylo. L’ouvrant d’un mouvement sec, elle prend appui sur le comptoir, la lumière chatoyante sur le papier alors que son écriture étonnamment ronde couche finalement des ingrédients et des dosages, rapidement. Safran, muscade, gingembre sont rapidement rejoints par oud, tabac et cuir. Les chiffres les rejoignent vite, elle termine en un clin d’œil. Elle pourrait continuer longtemps, mais elle n’est pas seule. Et l’endroit l’inspire. Rengainant le tout aussi rapidement qu’elle l’a sorti, elle se retourne vers Ajay : Je n’l’aisse jamais filer l’inspiration … c’est trop précieux. Une excuse ? Pas vraiment, comme il n’est pas désolé d’être ce qu’il est, elle non plus. Et elle n’est absolument pas convenable, ne suit pas l’étiquette et oui, quand son esprit créatif est là, elle ne le chasse pas. Elle enchaîne donc en faisant le tour des étagères, effleurant le comptoir du bout du doigt. Ce que je vois là est en très bon état. Il y a du travail à faire, olfactivement parlant, mais rien de grave. Parfumer la boutique n’est pas forcément idéal, pour que les clients essayent les parfums, mais elle peut créer des bulles isolées pour remédier à ça. Ou engager quelqu’un pour le faire. Je vous suis. Pour le reste. Qu’elle a en réalité hâte de découvrir.


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Re: Deal with the Devil - Ajija
ce message a été posté Jeu 9 Aoû - 16:46
Deux secondes. La sorcière exige. Impose. Sans se soucier un instant de savoir à qui elle s'adresse. Des convenances qui voudraient qu'elle se répande en complaisance face à lui. Un sang-pur. Un homme. L'un des deux héritiers d'une famille aussi riche qu'influente et se proposant de lui offrir une seconde chance après la déconvenue de la prise de Londres. Loin de s'en offusquer pourtant, Ajay sent poindre un sourire sur ses lèvres. Dont l'éclat va jusqu'à faire pétiller son regard. Un autre que lui aurait pu prendre ombrage d'une attitude aussi peu conventionnelle, mais ce n'est pas son genre.

En vérité Hija Sabordage lui rappelle cette chatte sauvage croisée dans les rues d'Istanbul il y a quelques années de ça. Dans une ville où les félins déambulent librement par dizaines de millier, incrustés dans le décor comme les pierres précieuses sur les apparats des sultans et des empereurs d'antan, le tigre avait du déployer des trésors d'ingéniosité pour convaincre celle-ci de se laisser approcher. Et même après qu'elle ait accepté de lui manger dans la main, la petite bête avait encore trouvé le moyen de feuler son mécontentement en s'éloignant. Cela l'avait fait rire. Comme il s'amuse aujourd'hui du caractère abrupt de son interlocutrice et de l'impression de déjà-vu qu'elle fait naître dans son esprit.

Le génie créateur avant tout. Une lueur rieuse dessinant toujours des sourires aux coins de ses yeux, Ajay excuse le contre-temps de la parfumeuse d'un geste gracieux. Il est presque flatté que l'endroit lui inspire déjà quelques accords. À ce rythme, elle aura tôt fait de remplir à nouveau les étagères de l'ancienne apothicairerie. De les couvrir de parfums et de senteurs aussi délicieuses que celle qu'Arsenia leur avait offerte. À lui et Kali. Mais pour cela encore faut-il que son futur laboratoire lui convienne. Ajay l'y mène alors avec enthousiasme. Lui racontant tous les détails que lui avait confié l'ancien propriétaire. Pointant ici et là une marque de brûlure qui refusait de disparaître, un placard bancal ou un plan de travail aux dimensions idéales. Agrémentant même la visite de quelques connaissances personnelles. Comme pour expliquer la fresque formée par les moulures du plafond.

« Elles relatent l'histoire étonnante de Zygmund Budge. L'inventeur de la potion de chance liquide. On aura beau dire ce que l'on veut du caractère de Mordred McKay c'est incroyable le nombre de références de ce genre qu'il a prit le soin de dissimuler dans l'architecture de la ville ! »

Et ainsi de suite jusqu'à ce leurs pas les guident à la mansarde. Mais si Ajay a su conserver un ton professionnel jusque là, la curiosité le pique et il ne peut retenir plus longtemps la question qui lui brûle les lèvres. Le prénom Hija. La perfection avec laquelle la parfumeuse avait su retranscrire les effluves des îles du delta du Gange. L'accent discret qu'il croit deviner dans ses mots. Appuyé contre l'embrasure de la porte d'entrée, il profite alors d'un instant de silence pour se jeter à l'eau.

« Permettez-moi de vous demander mais vous êtes née en Inde non ? Je sais que les Sabordage sont de grands voyageurs. J'ai déjà rencontré l'un de vos cousins, Odin, lors d'une escapade en Italie. Mais je me demandais jusqu'où les ramifications de votre famille pouvaient aller. »

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Re: Deal with the Devil - Ajija
ce message a été posté Dim 2 Sep - 17:34



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Il serait bien plus évident pour Hija qu’il se comporte comme un parfait connard, comme ces Sang Purs qu’elle voit déambuler quotidiennement comme si le monde leur appartenait. Ce qui est le cas, techniquement, pour le moment. Mais non. Il ne s’offusque pas de ses rebuffades, de son impolitesse. Se passant la langue sur les dents, l’Indienne retient un soupir. Il lui tarde de voir la fin de cet entretien arriver. Pour pouvoir laisser éclater frustration et inspiration dans le tourbillon créatif qu’elle sent venir et qui n’a pas fait son apparition depuis plusieurs semaines. Mais avant … avant, il faut qu’elle fasse bonne figure. Encore un peu. En détestant chaque seconde. Bien évidemment. Ce qui est loin d’être le cas. Le laissant mener la visite, elle lui emboîte le pas dans l’arrière-boutique. La similitude entre cet endroit et ce qu’elle a choisi à Londres, proportions mises à part est assez sidérante. Ses doigts explorent le bois, les marques d’usure qui lui plaisent, bien loin de la révulser. Comme les bateaux, elle aime que l’histoire y soit inscrite … avec quelques fioritures qui ne rajoutent que du cachet à l’endroit. Silencieuse, elle écoute avec attention les explications historiques d’Ajay, se retenant de tout commentaire sur le caractère d’untel ou d’unetelle. Et ne pouvant qu’apprécier le choix des couleurs et de l’à-propos de la chose. La visite se poursuit, dans le mutisme le plus total pour la jeune femme, jusqu’à l’espace du haut, un peu plus étroit que son intérieur de Londres. Faisant jouer sa nuque, elle combat le sentiment de claustrophobie qui tente de s’emparer d’elle. Mais elle ne va pas faire la fine bouche, pas quand cela tombe du ciel. Un peu trop facilement, sans doute. Mais ça n’a pas d’importance. Elle n’a plus qu’à dire au Shafiq qu’elle attendra des nouvelles de son avocat, ou whatever formulation il convenait d’employer quand …

« Permettez-moi de vous demander mais vous êtes née en Inde non ? » Elle est heureuse d’être de dos. Il n’a pas pu voir l’expression de son visage changer. Il n’est pas question qu’elle parle d’Inde avec lui. Certainement. Pas. En tous cas pas si elle souhaite conserver l’endroit. Et l’accès qu’elle entrevoit à sa famille. Et à sa … traînée. « Je sais que les Sabordage sont de grands voyageurs. J'ai déjà rencontré l'un de vos cousins, Odin, lors d'une escapade en Italie. Mais je me demandais jusqu'où les ramifications de votre famille pouvaient aller. » « Vous connaissez Odin aussi ? Voyez-vous ça. » Elle n’est pas certaine de vouloir savoir dans quelles circonstances un autre de ses cousins s’est retrouvé en présence du Shafiq. Mais elle note dans un coin de son esprit que c’est un sujet qu’il faudra sans doute qu’elle aborde avec lui, à un moment ou un autre. Juste pour enlever ce goût amer au fond de la gorge qu’elle a déjà en imaginant Arsenia avec eux. Il n’y a pas mille manières de répondre à la question. « Je suis née en mer. Comme tous les Sabordage. » Une vérité. Une manière aussi de ne pas répondre à sa question. Mais ne pas répondre, c’est prendre le risque qu’il ne lâche pas le morceau. Et autant évacuer le sujet très rapidement, de façon très neutre pour ne plus jamais y revenir. Et risquer qu’elle perde son sang-froid. Ce qui n’est pas loin d’arriver. Elle se retourne, rassemblant ce qui lui reste de calme pour redonner un air placide à son visage : « Mais une partie de mes racines est effectivement indienne. » Une formulation un peu pompeuse entre les lèvres d’Hija, mais le plus simple qu’elle puisse faire. « J’y ai pas passé beaucoup de temps, mais j’en ai gardé quelques souvenirs. Qui vous on plu, apparemment. » Sinon, elle ne serait pas là. Et elle n’a pas envie de s’étendre sur le sujet. Donc, sans transition. « L’endroit me convient. » Qu’on en finisse rapidement.


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Dialogue : #803636
Re: Deal with the Devil - Ajija
ce message a été posté Sam 22 Sep - 21:16
Voyez-vous ça.

Un sourire poli ourle les lèvres du tigre même s'il lui semble distinguer un soupçon d'amertume chez son interlocutrice. À moins qu'il ne s'agisse de son ton habituel. Difficile à dire. La parfumeuse n'a pas montré beaucoup d'intérêt pour quoi que ce soit depuis le début de cet entretien. Ni pour lui ni pour ce qu'il lui raconte. À moins que cela ait un rapport concret avec sa future boutique. Et Ajay a du mal à lui en vouloir. À lui reprocher cette froideur qu'elle prend soin d'entretenir à son égard. Lui-même ne sait pas comment il aurait réagi à sa place. Si un sombre inconnu était venu le trouver la bouche en cœur, pour lui tendre sur un plateau d'argent la solution à tous ses problèmes. Comme ça. Aussi facilement que ça. Sûrement se serait-il senti vexé lui aussi. Quelque part.

On ne peut pas plaire à tout le monde. Cela fait longtemps qu'Ajay a fait la paix avec ce constat et qu'il ne cherche plus à aller à son encontre. Peu importe l'humeur mitigée de la Sabordage alors. Il n'a pas besoin de sa reconnaissance pour se sentir bien dans ses bottes. Pas plus qu'il ne prendra la mouche pour quelque chose d'aussi anodin. Faire la conversation pour deux ne l'a jamais dérangé en plus.

« Il y a quelques années. Oui. Quand j'étais encore duelliste professionnel. J'étais en Italie pour un tournoi et ai fait un crochet par Venise. C'est là-bas que j'ai croisé sa route. Dans une taverne. Et je dois avouer que j'ai rarement vu quelqu'un perdre autant de gallions en une soirée ! Rit-il de bon cœur en se remémorant l'aventure. Votre cousin est un sacré joueur. Pas le plus sage qui soit mais quelle audace ! »

Odin ne lui en voudra pas de parler en ces termes. Étant donné l'excentricité du personnage Ajay doute que qui que ce soit puisse encore ignorer son penchant pour les jeux d'argent. Et il ne se voit pas raconter l'autre pan de leur rencontre... Les corps emmêlés et les souffles brûlants d'une nuit vénitienne. Il a préféré ne pas l'évoquer avec Arsenia déjà. Ce n'est pas pour lâcher le morceau face à une femme qu'il vient à peine de rencontrer ! Et qui semble déjà assez méfiante comme ça à son égard.

Il n'obtiendra rien de plus de sa part. Il le comprend à la façon qu'elle a de clore la discussion avec tact mais fermeté. Hija Sabordage lui tire sa révérence et le tigre du Bengale ne la retiendra pas plus longtemps. Message reçu. Avec un dernier sourire, il se décolle alors de son embrasure de porte et s'avance vers elle.

« Vous avez beaucoup de talent effectivement. Je n'aurais pas parier sur vous autrement. Lui confie-t-il avant de tendre son bras vers elle pour une poignée de main officielle. L'affaire est donc scellée ? »

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Re: Deal with the Devil - Ajija
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