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❝ Puisqu'on ne sera toujours que la moitié d'un tout - Hirja ❞
 :: Royaume-Uni :: Avalon
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Sang : Basique de rang trois
Statut : Célibataire, avec des envies irrésistibles de saveurs latines.
Métier : Parfumeuse. Rêve d'Orient, sa boutique, a rouvert début juillet à Avalon. Ses poisons sont toujours disponibles à la livraison au marché noir.
Baguette : Bois de cèdre, 24 centimètres, Venin d'Acromentula
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Puisqu'on ne sera toujours que la moitié d'un tout - Hirja
ce message a été posté Jeu 26 Juil - 16:01



la moitié d'un tout

hiresh & hija



[1er juillet 2047 - Avalon]

Vous ne pouviez pas choisir un autre endroit ? Hija lance un regard perçant au sorcier qui lui fait face. Est-il totalement stupide ? Sans doute pas, juste inquiet. Sa redingote n’est en effet pas du meilleur ton à l’Embuscade, qui porte plutôt bien son nom. C’est un repaire où le nom de Sabordage est suffisamment connu pour que nul de s’essaye à poser ses mains sur le postérieur de l’Indienne au passage – et ceux qui s’y sont un jour risqués l’ont amèrement regretté. Un endroit parfait pour une transaction en toute quiétude pour la pirate, beaucoup moins pour cet employé du département des Mystères souhaitant apparemment se débarrasser d’un collègue briguant la même promotion que lui. Pas une mort, mais une belle altération des facultés mentales en perspective. Je suis bien, ici, répond la fleur vénéneuse en lui envoyant un sourire en coin à faire frémir plus d’un assassin chevronné. Il comprend le message et abandonne la partie, se contentant d’empocher la fiole remplie d’un liquide clair qu’elle lui tend. Une bourse est poussée dans sa direction, qui ne fait qu’amplifier son rictus alors qu’elle l’ouvre pour y jeter un œil avant de l’empocher. Deux gouttes, sur son manteau. Quarante-huit heures d’efficacité. J’déconseille d’en mettre plus, si vous voulez qu’ça reste discret. Après, les dommages risquent d’être irrémédiables et elle n’a pas vraiment envie de ça … et lui non plus, d’ailleurs. Il hocha la tête et va pour se lever, sous son regard amusé : Même pas un verre ? Ses yeux glissent sur la chemise légère que porte la jeune femme, peu opaque et ses jambes fuselées dans son pantalon et ses éternelles bottes. Un rire échappe à Hija alors qu’elle décroise les jambes et se lève, pour le frôler en murmurant : Même pas en rêve, laissant derrière elle le sillage de son nouveau parfum, une tentation d’ylang et de santal, un délice de crémeux et une note hypnotique qui en saisit plus d’un aux narines alors qu’elle s’approche du bar.

Un rhum. Et pas la pisse que tu sers aux culs serrés, lâche-t-elle au barman qui se contente de hocher la tête. Elle se retourne pour contempler la salle, remplie en ce début de soirée … et se fige. Avant de parcourir de nouveau l’endroit du regard. Non, elle a rêvé. Il lui a semblé apercevoir une silhouette familière, pas celle qu’elle attend – mais elle est en avance, pour ses affaires, Joaquim ne la rejoindra que plus tard – mais une autre, surgie du passé. Un autre aux lèvres duquel elle a mêlées les siennes. Un battement de cils plus tard et elle est convaincue qu’elle n’a pu qu’être victime d’une hallucination. Les grands Ecossais séduisants ne sont pas si rares, et Liam est bien loin, sur la Vayu, avec son frère. Elle se demande non sans en sourire si Hiresh a fini par lui pardonner. D’avoir osé. Elle se souvient encore de ce jour où il les a surpris. Il n’était pas capitaine depuis longtemps. Et ça faisait déjà quelques temps que Liam et elle se voyaient, bien loin des quelques coucheries qu’elle avait pu connaître avant. Peut-être l’avait-il senti. Et peut-être était-ce pour cela que la scène avait été aussi violente. Un léger rire secoue la pirate. Ça semble loin, terriblement loin. Elle n’avait pas encore décidé de partir. Peut-être que tout ceci a précipité son départ. Il y avait un peu de ça, il y avait beaucoup d’envie de vivre de sa passion, même si c’était renoncer à une partie d’elle. Une partie d’elle qui lui manquait énormément. Levant son verre dans un toast silencieux, elle se l’envoie sans même ciller, avant de le pousser pour qu’on la resserve, sans un mot. Allez, dans deux verres ça irait mieux, elle aurait oublié cette vague de spleen qui lui lèche l’âme, lentement. Pas question de tirer une tête d’enterrement à l’arrivée du Colombien, qu’elle voit bien trop peu souvent à son goût. Ses doigts se referment autour du nouveau verre et elle murmure, avant de le porter à ses lèvres : A toi, mon frère. Où que tu sois …



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Métier : capitaine de la vayu, c'est un pirate et fier de l'être.
Baguette : bois de vigne, plume de phoenix, 28,12 cm.
Epouvantard : il est enchainé à un rocher, près de l'eau, incapable de la toucher. si au début, il essaye de rationaliser, quand il comprend l'aspect défintif de la chose, il panique.
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Re: Puisqu'on ne sera toujours que la moitié d'un tout - Hirja
ce message a été posté Jeu 26 Juil - 17:21

Adossé au mur de pierre en face de la taverne, Hiresh prit une gorgée de sa flasque de thé. Froide, comme il aurait dû s’y attendre en fin de journée et recracha discrètement la rasade. La rue, dans le noir, était de toute façon déserte. A l’intérieur de l’établissement douteux, deux des hommes de confiance du pirate devaient être en train de vérifier leurs informations.
Voilà trois jours qu’Hiresh avait été redirigé à Avalon et après avoir soumis un infortuné mangemort à un désagréable interrogatoire, il se trouvait devant une seconde taverne à faire vérifier. Après enquête, il avait découvert qu’Hija avait ses habitudes ici. Probablement.
En attendant, Liam et un jeune pirate qui venait d’être recruté et devait faire ses preuves étaient à l’intérieur de l’établissement et étaient censés faire signe à Hiresh d’un moment à l’autre que le champ était tristement libre ou qu’ils avaient touché au but.
Liam était le second d’Hiresh et si tout n’avait pas bien commencé, aujourd’hui, le capitaine confierait sa vie à l’autre homme. Mais, en effet, leur histoire était mal partie. Partie de travers, la tête à l’envers. A peu près de la façon dont il l’avait trouvé, avec Hija, cette fameuse nuit. Depuis, on ne peut pas dire qu’Hiresh en riait. Ce n’était toujours pas drôle, ah ah, merci bien. Mais il était redescendu de sa fougue sur le coup. Le pauvre Liam avait quand même passé cinq jours à fond de cale après le départ d’Hija. Alors oui, Hiresh avait peut-être eu une réaction un peu… sanguine. Mais oui, Liam avait touché à sa sœur. Sur son bateau. Défiant ainsi ses règles, la bienséance, l’honneur. Bref, jamais trop sur cette histoire sur laquelle le capitaine ne voulait pas revenir.
De toute façon, Liam, qui était resté dans l’équipage, avait fait ses preuves moins de trois ans plus tard. Il était là durant cette terrible nuit quand la Vayu avait perdu Simeon. C’est lui qui avait assuré les arrières d’Hiresh avant que, conscient du danger, ce dernier ne le renvoie à bord. Depuis, Liam était l’homme de confiance du pirate et un ami proche.
C’est pour ça que, malgré les sentiments conflictuels qu’il éprouvait à l’idée que Liam et Hija se retrouvent ensemble, Hiresh n’aurait confié cette mission à personne d’autre.
Et justement, quand on parlait du loup… La porte s’ouvrit soudainement sur le jeune membre d’équipage qui sortit en chantonnant un air joyeux, signe qu’Hija était présente dans le bar. Et dans son champ de vision, toujours à l’intérieur, se trouvait Liam.
Hiresh fit un signe de tête au gamin qui avait pour consigne de retourner à bord du bâtiment une fois le signe donné, et tenta de maîtriser sa respiration. Son cœur battait à tout rompre depuis que la porte s’était ouverte bruyamment. Un an. Presque un an qu’il n’avait pas vu sa sœur, sa chair, son sang. Et elle se trouvait à quelques mètres de là. De lui.
Prenant une grande goulée d’air chaud – foutu mois de juillet – le capitaine de la Vayu rajusta son fleuret et remit en place sa chemise blanche. Il avait l’air presque normal, si ce n’est pour la fine épée à sa taille. Sa moustache était parfaite, plus encore que d’habitude, et ses cheveux noirs ramenés en arrière. Il avait l’air plus fringant que jamais, parce qu’il voulait avoir l’air plein de panache malgré sa tenue simple. Il aimait être tiré à quatre épingles, toujours. Mais si en plus il pouvait faire bonne impression sur sa sœur…
Une fois dans le bar, il passa devant Liam qui lui indiqua d’un geste dans quelle direction se diriger. Son cœur ne se calma pas quand il aperçut le dos d’Hija. Lui faisant signe de rester en arrière, il s’éloigna de son compagnon pour s’approcher à pas furtifs – bien inutiles dans le brouhaha environnant.  
Et juste quand il arrivait à sa hauteur, il entendit : « A toi, mon frère. Où que tu sois … » Son sang ne fit qu’un tour, alors que machinalement, comme il l’avait fait des centaines de fois plus jeunes, ses mains se posèrent délicatement sur les hanches de sa sœur. Il l’avait retrouvée. « Je suis là, » décréta-t-il assez douce pour que seule elle l’entende, son sourire retentissant dans sa voix. Une de ses mains se détacha pour attraper le verre suspendu aux lèvres de la jeune femme pour le boire d’un trait. « Et cette fois, je ne te quitte pas. »

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Re: Puisqu'on ne sera toujours que la moitié d'un tout - Hirja
ce message a été posté Jeu 26 Juil - 18:42



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hiresh & hija



[1er juillet 2047 - Avalon]

Sa gorge se noue alors qu’elle porte le verre à ses lèvres. Parce qu’elle le sent. Ca n’a rien d’inhabituel, pour celle dont la mémoire est surtout olfactive. Fermant les yeux, pour un battement de cœur, elle se laisse porter par ce mélange qu’elle connaît par cœur, puisqu’elle en est à l’origine. Un cœur vibrant, inspiré d’un absolu géranium pour cueillir l’essence de l’homme. Le marier à l’encens a été une évidence, volutes d’une sensualité et d’une chaleur absolues, mystiques et envoûtantes. Un souffle d’épices brûlant, soufflant le feu qui agite l’âme de son frère entre en collision avec l’ambre gris, matière noble par excellence, forte brute de la mer, à la fois iodée et animale. Un équilibre parfait de sauvagerie et d’élégance. Sans doute sa plus belle réussite. L’odeur l’emplit, réconfortante, et elle s’y abandonne deux secondes. Juste le temps pour deux mains de se poser sur ses hanches, dans un geste atrocement familier. Au sens « connu ». Au sens intime. Le temps de se fige, soudainement. L’éclair roux qu’elle a vu repasse sur l’écran de ses paupières. L’odeur est trop forte, trop intense pour n’être que le fruit de son imagination. Je suis là. Ses lèvres s’ouvrent, sous le choc, alors que son verre lui est enlevé. L’air lui manque soudainement et elle pivote, pour voir Hiresh, son Hiresh juste là, devant elle, en train de s’envoyer son verre, comme si c’était la chose la plus naturelle au monde. Et cette fois, je ne te quitte pas.Sa main gauche se raccroche au bar, pour l’ancrer dans la réalité. Elle n’est pas femme à avoir des hallucinations. Et aucune ne serait aussi belle que celle-ci. Ni à nier l’évidence. Son autre main, comme dans un rêve, se pose sur celle qui est toujours sur sa hanche. Et le contact l’achève. Hiresh … Le murmure est brûlant. De l’absence qui l’a tuée, un peu tous les jours. Il n’y a plus personne, dans la taverne pourtant bondée. Il n’y a plus que lui. Qu’eux.

Alors c’est sans le moindre complexe que la pirate se saisit de la chemise, pourtant impeccable de son aîné et l’attire brutalement à elle, lui faisant lâcher le verre au passage qui va s’éclater contre le sol dans l’indifférence la plus totale. Et se blottit contre lui, enfouissant son visage dans le tissu qui s’humidifie rapidement. Elle n’a pas senti les larmes monter mais est consciente qu’elles cascadent maintenant. Elle n’est plus Hija, la femme forte et indépendante, la pirate posant ses bottes sur la table et ordonnant qu’on la serve. Elle est démon, la gamine qu’on n’a pas appelé comme ça depuis bien trop longtemps et à qui son frère a horriblement, horriblement manqué. Sur cette terre hostile, qu’elle a pourtant choisie, dans les méandres de cette vie qu’elle s’est dessinée, il y a toujours eu un vide que rien ni personne n’a pu combler. Parce que rien ni personne n’est lui, n’est eux. Elle ne se demande pas comment, elle ne se demande pas pourquoi. Ça n’a pas d’importance. Il est là. Pour elle. Et il a promis de ne pas repartir. Pas en ces termes ? C’est tout ce qu’elle a entendu et compris. Et ça lui suffit. Il lui faut quelques secondes pour absorber le choc, avant de relever le visage vers celui de l’homme et de le prendre entre ses mains. Ses lèvres déposent un baiser sur sa joue. T’es là … Suivi par un second, pus un autre, puis encore un autre alors qu’elle rit, finalement : T’es vraiment là … C’est un sifflet qui la fait s’arrêter en pleine course, les mains sur les épaules d’Hiresh, pour fusiller l’indélicat du regard, qui lève son verre en direction du pirate : Bien joué, moussaillon, y en a qui s’cassent les dents depuis des mois avec celle-là. C’est un geste d’une vulgarité sans pareille qui répond à celui qui vient d’interrompre le moment magique, autant pour l’envoyer au diable que pour signifier à son impétueux de frère que ce n’est pas la peine. La main d’Hija, toujours sur son épaule, le retient. Pour l’instant.



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Re: Puisqu'on ne sera toujours que la moitié d'un tout - Hirja
ce message a été posté Jeu 26 Juil - 23:09
A force d’être marié à la mer, Hiresh ne s’était jamais lié à une femme. Tout avait toujours été éphémère. Aussi les femmes de sa famille avaient droit à toute sa passion et son amour. Et même si cette amour restait familial, il n’en était pas moins fusionnel, et comme Hija était la plus proche de lui, et qu’ils avaient été séparés si longtemps, il n’était effectivement pas prêt de s’éloigner. Alors certes ce dont il allait s’éloigner, c’était de la terre ferme, mais il partirait avec elle, même si elle l’ignorait encore. « Hiresh… » Le pirate ne dit rien de plus, il observait les deux yeux sombres plantés dans les siens alors que sa sœur se retournait pour lui faire face. Et puis, lui qui était en général si cavalier en eut pour ses frais quand elle l’attira à son tour dans une étreinte à l’en étouffer.
Il laissa échapper un petit rire affectueux avant de se rendre compte qu’elle pleurait. Et soudain elle lui sembla si vulnérable qu’il eut envie de l’emmener loin, tout de suite, de la protéger. Il savait pourtant que si une personne n’avait pas besoin de lui pour se protéger, c’était sa sœur. Ils avaient trop souvent menacé des gens ensemble, et il l’avait vu mater des hommes d’équipage comme une grande suffisamment, pour savoir qu’il avait affaire à quelqu’un d’aussi fort que lui. Pourtant là, tout ce qu’il voulait faire et fit fut de l’entourer et de caresser ses cheveux pour l’apaiser. Les deux Sabordage en avaient clairement gros sur la patate.
Et puis quand elle le laissa respirer quelques secondes, elle se mit à le couvrir de baisers et il ne put s’empêcher de se remettre à rire. C’était bien sa petite sœur qu’il retrouvait là. Le petit démon qui courrait partout sur le pont du bateau et qui l’enquiquinait autant que ce qu’elle lui apportait du réconfort. « T’es là… t’es vraiment là. » Il sourit de plus belle. « Tu croyais pas que j’allais t’abandonner aux terrestres et leurs… » il ne finit pas sa phrase. Coupés par un sifflet désobligeant, Hiresh – qui allait justement parler des manières grossières des hommes sur terre – et Hija se séparèrent de quelques centimètres alors que le pirate prenait en considération ce qu’un énergumène leur lançait. « Bien joué, moussaillon, y en a qui s’cassent les dents depuis des mois avec celle-là. »
Le regard noir d’Hiresh vacilla alors du geste obscène de sa sœur, à l’enfoiré de première qui venait d’ouvrir sa bouche, puis à la main sur son épaule, qui trouva sa place comme pour le tempérer, comme tant de fois auparavant. Et peut-être qu’elle allait y arriver. Le silence s’installa bientôt, alors que l’attention se portait sur eux et que les plus proches cessaient leurs conversations pour se tourner vers eux. Le capitaine ne disait rien, ses yeux transperçant juste le cafard qui semblait moins sûr de lui à présent. Et puis il éclata d’un grand rire, affable, rassurant le cafard immédiatement.
Un grand rire de gorge, auquel se joignirent bientôt quelques autres soulards qui trainaient autour d’eux. Un rire franc, celui d’un homme qui venait juste de se rappeler à quel point certaines personnes étaient des bouffons ! S’écartant d’un pas d’Hija, Hiresh sortit son fleuret à la vitesse de la lumière, comme sa mère le faisait avant lui, et la seconde suivante, posa la pointe de l’épée contre la gorge du cafard, juste avec assez d’insistance pour instaurer de la peur dans ses yeux. « Et qui donc s’est cassé les dents ces derniers mois ? Toi, je suppose ? D’autres joueurs parmi nous ? On peut faire un prix de groupe pour la leçon. Je peux t’apprendre comment t’y prendre avec elle, mais tu risques d’avoir du mal quand je t’aurai coupé les mains, » dit-il en exposant son sourire éclatant et… tordu. Ensuite, il se tourna obligeamment vers le reste de l’assistance, son fleuret toujours bien pointé sous la gorge de l’autre idiot.
Quand il remarqua que seuls quelques grognements peu enclins à en découdre et se vanter d’avoir approché sa sœur s’élevaient, il se retourna vers la pauvre victime. « Pour ton information, moussaillon, tu parles à un capitaine. Au capitaine de la Vayu, » quelques murmures s’élevèrent à la table la plus proche.  « Et se casser les dents implique que tu avais une chance de la séduire en premier lieu, une erreur grossière que tu n’aurais pas faite si tu avais regardé ton reflet trente secondes en te levant, » ajouta-t-il avant de retirer la lame d’un geste vif qui laissa une trace rose vif sur la peau du cou de l’énergumène.
Là-dessus, Hiresh se tourna vers le comptoir, faisant un clin d’œil à sa sœur, à peu près sûr qu’il venait de donner le ton. Liam, posté non loin, avait la main sagement posé sur sa taille là où sa baguette se trouvait probablement. Ils ne risquaient rien. « Patron, je crois que votre meilleur client (il indiqua d’un geste du pouce l’autre guignol) nous offre une tournée de rhum. Faites-moi rêver, j’ai de la marchandise à vous proposer plus tard dans la soirée. » Il avait retrouvé son ton affable et s’il ne se trompait pas, le patron de l’établissement devait avoir entendu parler de la Vayu et donc des Sabordage… ainsi que du commerce fructifiant qui se tramait à bord de leurs bâtiments. « Je te laisse moins d'un an et tu fais marcher un port entier sur la tête ? On n’a pas perdu la main à ce que j’vois, démon ! »

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Re: Puisqu'on ne sera toujours que la moitié d'un tout - Hirja
ce message a été posté Ven 27 Juil - 7:15



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[1er juillet 2047 - Avalon]

L’atmosphère se tend. Pas Hija. Si sa main a effectivement vocation à calmer son frère, elle est beaucoup trop heureuse de le retrouver pour s’offusquer qu’il provoque un esclandre dans une de ses tavernes habituelles. C’est l’autre qui l’a initié, d’ailleurs, si on veut être précis. Mais elle lève les yeux au ciel en l’entendant rire. Evidemment qu’il va en profiter pour faire une entrée fracassante, à la Sabordage. Parce que si le soulagement se peint sur les traits de l’importun, elle sait très bien que ce sera de courte durée. Elle le connaît par cœur. Elle le laisse donc filer, le son familier du fleuret retentissant joliment à ses oreilles. Affichant une moue mi-amusée mi-résignée, elle le regarde faire son numéro. Avec plus de tendresse que d’agacement de « je sais me défendre toute seule ». Ca fait très longtemps qu’il n’a pas fait ça et ça l’amuse beaucoup. Surtout parce qu’elle sait qu’il est conscient qu’elle aurait pu lui trancher les mains seule si elle en avait eu envie. Ses bras se croisent, dans une attitude désinvolte qui lui donne en réalité un meilleur accès à ses shakrams, dissimulés dans ses manches, pour le cas où quelqu’un se surprendrait à devenir téméraire. Pour ton information, moussaillon, tu parles à un capitaine. Au capitaine de la Vayu.Les murmures la font sourire avec délices. La renommée des Sabordage n’est plus à faire et certains viennent d’additionner deux et deux et de comprendre qui est l’homme qui vient d’apparaître dans le paysage avalonien. Ainsi que le lien qui l’unit à la pirate, même si son dernier estoc au rat qui s’est recroquevillé continue de porter à confusion sur sa nature. Qu’importe. Ce n’est pas elle qui va les détromper. Un dernier tour de salle pour vérifier que tout va bien … et ses yeux croisent ceux de Liam, un peu plus loin. Elle se détourne, relâchant sa posture défensive, sans l’avoir salué le moins du monde. Une chose à la fois. D’abord, son frère. Le reste peut attendre.

Patron, je crois que votre meilleur client nous offre une tournée de rhum. Faites-moi rêver, j’ai de la marchandise à vous proposer plus tard dans la soirée. Fais pas l’con, si tu lui sers autre chose que c’qu’on vient de boire, j’vais mal le prendre. Mais en même temps, si c’est pas ton meilleur rhum et qu’on s’en rend compte après, tu risques de perdre une très belle affaire, précise la sœur après l’entrée du frère. Pas de raison qu’il soit le seul à se la jouer gros bras ce soir. Mains sur le comptoir, elle se détourne pendant que le patron fait le nécessaire, le verre brisé à leurs pieds ayant déjà disparu sous l’action d’un jeune commis qui s’est empressé de disparaître après son sort. Je te laisse moins d'un an et tu fais marcher un port entier sur la tête ? On n’a pas perdu la main à ce que j’vois, démon ! A quoi tu t’attendais ? lui répond-elle avec un haussement de sourcil malicieux, c’est pas parce que j’vis sur terre que j’ai tout oublié. Bien au contraire. Une façon de cultiver et de revendiquer son héritage. Ses yeux ne le lâchent pas, ne le lâchent plus. Même si son esprit se fait à l’idée qu’il est bel et bien là, la réalité de la chose semble encore extrêmement fragile. Et pourtant … par contre, peut-être est-ce l’effet de son imagination, mais elle sent son regard sur eux. Et pour tout dire, ça gâche un peu la fête. Toi par contre, je n’savais pas que tu avais besoin d’un chien de garde en permanence. Son pouce gauche désigne son second sans le regarder. Tu t’encroûtes avec l’âge ? le taquine-t-elle en enfonçant son index dans son ventre – non, toujours pas un poil de graisse. Ou alors tu commences avec une leçon ? Ce serait bien son genre. Et si elle n’a aucune envie de se disputer avec lui, à peine arrivé, elle commence à se demander si son petit spectacle n’a pas un autre but et que ce n’est pas une autre personne qui était visée. L’arrivée des verres de rhum fait diversion. Momentanément. Mais elle s’empare des deux verres dans un geste possessif. Les yeux dans les siens. Demande lui de partir. Il n’a pas besoin de lui ici. Et en cas de bagarre, il y a assez d’eux deux pour faire face à n’importe quoi. Et elle n'a pas envie de le voir. Pour l'instant.


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Re: Puisqu'on ne sera toujours que la moitié d'un tout - Hirja
ce message a été posté Sam 28 Juil - 20:46
Il était on ne peut plus vrai que le pirate se plaisait dans ce genre de petit numéro. Loin de lui l’idée de jouer à la modestie mal placée, il n’avait pas perdu de temps pour devenir grisé par la sensation que procuraient presque immanquablement les murmures et les regards lorsque le nom de sa famille et celui de son bateau était lâché. Et puis fermer le clapet d’abrutis pareils était toujours reluisant. Hiresh avait tout pour être de la meilleure humeur qui soit à présent. Même la phrase lourde de sens de sa sœur n’ôta pas son sourire. « Fais pas l’con, si tu lui sers autre chose que c’qu’on vient de boire, j’vais mal le prendre. Mais en même temps, si c’est pas ton meilleur rhum et qu’on s’en rend compte après, tu risques de perdre une très belle affaire. » Il l’entoura d’un bras et posa ses lèvres dans ses cheveux pour souffler quelque chose qu’elle seul pouvait entendre : « Hija, Hija, est-ce que tu crois que tu vas m’apprendre à faire commerce ? Regarde l’état des verres dans lesquels il nous sert, et ce n’est que la douzième des excuses que j’ai pu trouver jusque-là pour partir d’ici avec un marché qui nous profite plus qu’à lui, » dit-il en adressant un clin d’œil au patron qui venait de finir d’arroser le comptoir pour d’autres clients qui s’empressèrent bizarrement d’aller s’asseoir plus loin. « Mais je suis plutôt fier de voir que tu as à cœur nos intérêts, malgré ton envie de quitter le pont. »
Hop, et voilà, il n’avait pas pu s’en empêcher, première remarque. Et à croire qu’elle allait lui tendre des perches, la malheureuse. Ou bien peut-être que la mer lui manquait plus qu’il n’y paraissait ? En tout cas, il était venu ici pour comprendre et elle lui facilitait la tâche. « A quoi tu t’attendais ? C’est pas parce que j’vis sur terre que j’ai tout oublié. » Il prit place en face d’elle, s’appuyant nonchalamment contre le comptoir, les mains entremêlées devant lui et surtout pas posée sur le bois moite. « Ah mais je ne m’attendais pas à moins que ça, démon ! Justement, je suis très curieux. Avant le rhum, c’est la piraterie qui coule dans tes veines, et pourtant, il a fallu que je retourne des ports, sur terre ! Merlin m’en préserve, tu m’as évité d’entrer dans les terres alors que j’y étais prêt, alors pourquoi est-ce que tu restes ici ? » Evidemment, il ne cessait de lui sourire et c’était sincère. Mais c’était aussi pour cacher la petite détresse qui grandissait en lui à mesure que les mois passaient et que sa sœur s’éloignait.

Mais, évidemment, elle ne lui servirait pas la réponse sur un plateau et elle n’avait jamais été du genre à lui dire ce qu’il voulait entendre ou à faire ce qu’il aurait voulu juste pour lui faire plaisir. Et elle ne semblait certainement pas d’humeur à lui rappeler le contraire. Il ne l’en aimait que plus, mais il était impatient. « Toi par contre, je n’savais pas que tu avais besoin d’un chien de garde en permanence. Tu t’encroûtes avec l’âge ? Ou alors tu commences avec une leçon ? » Il plissa les yeux à cette remarque, bien que ses lèvres gardent la trace de sa joie. Et avant qu’il ne puisse lui répondre, leurs verres furent posés entre eux. Il y avait beaucoup de choses qu’ils s’étaient dites, d’autre qu’Hiresh avait gardé pour lui. Et la leçon à laquelle elle référait n’éveillait pas le souvenir plus agréable. Pire, elle rappelait pourquoi Liam était toujours là aujourd’hui, malgré cet épisode.
Il regarda les deux verres avec fermeté, comme pour se donner la contenance qu’il aurait pris en les buvant. « Demande lui de partir. » Oui, ils avaient encore des choses à se dire…
Mais il voulait aussi qu’elle se sente bien et ne réfléchit pas une seconde avant de se détourner pour faire un signe de tête à son homme.
Liam, averti, répondit solennellement et se retira immédiatement. Hiresh ne doutait pas une seconde qu’il n’ait pas quitté les prémices du bar, il était doué, mais au moins, sa présence n’importunerait pas Hija.
Ayant eu le temps de respirer et de réfléchir avant de parler, il se retourna vers elle, les yeux posés sur un verre, ses lèvres s’écornant avec malice. « Je n’irais pas jusqu’à parler de chien de garde, démon, bien que comme eux, il soit fidèle. » Abruti, le voilà qui s’hasardait sur le chemin des sous-entendus vaseux. Il était peut-être un peu plus piqué qu’il ne voulait se l’avouer. Son regard se tourna vers l’autre verre. « Et je crois que tu as passé l’âge qu’on te fasse la leçon… En tout cas, tu ne m’en as pas laissé l’occasion à l’époque, n’est-ce pas ? »
D’un geste vif, sa main entoura l’une des siennes, serrant le verre plus que de raison. Il avait oublié comment tout pouvait devenir électrique entre eux. Et puis, oui, malheureusement, il y avait des souvenirs tristes sur lesquels il pensait ne pas avoir envie de se pencher, et en même temps, avoir tout le besoin du monde de le faire auprès d’elle. « Tu sais… S’il est là, ce n’est pas juste parce qu’il m’a séduit avec les mêmes… charmes que toi. Il a beaucoup plus de valeur que ça, et il me l’a prouvé quand j’en avais le plus besoin. » Cette fois, à sa voix, elle devait se rendre compte qu’il ne la taquinait pas, ni n’essayait de lui lancer une pique ou de lui reprocher quoi que ce soit. Il était simplement entier et il avait besoin de parler autant que de la faire parler.

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Re: Puisqu'on ne sera toujours que la moitié d'un tout - Hirja
ce message a été posté Dim 29 Juil - 7:51



la moitié d'un tout

hiresh & hija



[1er juillet 2047 - Avalon]

Elle aurait du le savoir, le sentir venir. Mais, toute à son émerveillement de le voir là, elle n’a rien flairé. Ou n’a pas voulu le faire. Il n’y a que quelques minutes qu’ils se sont retrouvés, et la tempête gronde déjà. Elle profite de son étreinte, mais ses lèvres se pincent légèrement quand il se vante d’avoir déjà cet argument dans un coin de son crâne. Et la pirate ne perdra pas de temps à lui expliquer que ce n’est pas son commerce qu’elle défend principalement, même si effectivement, cela va dans son sens, mais sa propre réputation. Qui ne souffrirait d’être supplantée par celle de son frère, pas dans ce port, dans tous les cas. Mais je suis plutôt fier de voir que tu as à cœur nos intérêts, malgré ton envie de quitter le pont. Et ça y est, ils y sont. Les mots se posent sur ses plaies, qui cicatrisent lentement depuis la prise de Londres. Sa nuque s’est raidie. Il ne va pas commencer … Pas maintenant, pas alors qu’il vient juste d’arriver. Elle se dégage en douceur, n’ayant pas envie de se lancer dans un combat, au moment où il s’éloigne de lui-même. Bien. Cette taverne n’a jamais connu un orage Sabordage et personne n’est prêt pour ça. Et surtout pas elle. Il vient juste d’arriver, elle a besoin de le retrouver avant qu’ils ne se déchirent. Pour mieux se tomber dans les bras l’instant d’après ? Sans nul doute. Mais personne n’a vu de colères comme les leurs, de disputes comme les leurs. Ah mais je ne m’attendais pas à moins que ça, démon ! Justement, je suis très curieux. Avant le rhum, c’est la piraterie qui coule dans tes veines, et pourtant, il a fallu que je retourne des ports, sur terre ! Merlin m’en préserve, tu m’as évité d’entrer dans les terres alors que j’y étais prêt, alors pourquoi est-ce que tu restes ici ? Si son cœur enregistre ses paroles et le fait qu’il aurait été prêt à parcourir la terre ferme pour la retrouver, son esprit est accaparé par le reste. La raison qui la pousse à rester. Les raisons. La première, son engagement. Elle ne peut pas lui en parler maintenant. Mais elle le fera. Si ce n’est pas déjà le cas, c’est qu’il y a toujours des oreilles indiscrètes sur la Vieille Barrique qui leur en ont ravi l’occasion. Et cet endroit n’est pas plus sécurisé pour ça : Pas maintenant … s’il te plaît, souffle-t-elle. Une requête aux accents multiples. Elle ne peut pas lui parler des Phénix ici. Et elle n’a pas envie qu’ils se disputent maintenant, qu’il continue sur la voie qu’il semble avoir choisi d’emprunter. Qu’il la laisse profiter, un peu. Elle en a besoin.

Mais ses prières restent vaines. Même s’il s’exécute sans même hésiter, enlevant le poids de ce regard de ses épaules, si elle s’attendait à ce que tout devienne plus simple, elle en est pour ses frais. Je n’irais pas jusqu’à parler de chien de garde, démon, bien que comme eux, il soit fidèle. Le coup est bas et trouve sa cible sans le moindre mal. Hija ne fléchit pas sous l’impact, mais son sourire se ternit un peu. Pour disparaître complètement au coup d’estoc suivant. Et je crois que tu as passé l’âge qu’on te fasse la leçon… En tout cas, tu ne m’en as pas laissé l’occasion à l’époque, n’est-ce pas ? Il ne la regarde même plus. Elle sent l’impact sur le verre. La force qu’il y a dans ses doigts. Est-il vraiment venu pour se battre avec elle ? Tu sais… S’il est là, ce n’est pas juste parce qu’il m’a séduit avec les mêmes… charmes que toi. Il a beaucoup plus de valeur que ça, et il me l’a prouvé quand j’en avais le plus besoin. C’est dommage, je trouve que vous faites un très beau couple. Ses doigts abandonnent le verre à son frère dans une saccade. S’il a changé son mousquet d’épaule, il est trop tard pour la pirate en face de lui. Il n’a pas le droit. D’apparaître comme ça, après quasiment un an d’absence pour venir lui dire des horreurs. L’accuser de trahison, de désertion et d’être une traînée en quelques phrases, c’est du Hiresh tout craché. Elle se détourne, posant ses poignets sur le bar. Elle n’a pas envie de s’énerver, pas après lui, pas avec le risque qu’il reparte aussi vite qu’il est venu. Parce qu’elle a besoin de lui, là, maintenant, tout de suite. Même si son commerce repart, même si elle a retrouvé un semblant d’équilibre … Mais il n’est pas question de laisser passer ça. De le laisser s’en tirer, comme elle l’a fait, il y a des années de cela. Il est des choses qu’il oublie, pour quelqu’un qui remue le passé avec autant d’aisance. Et elle va se faire un devoir de les lui rappeler, même si pour l’instant elle s’adresse à la surface de son verre. Tu t’es jamais dit que peut-être je l’avais vue avant toi ? Sa valeur ? Un léger rire ressemblant à un soupir lui échappe, et elle s’envoie une lampée de son rhum. Tu sais bien que j’avais arrêté d’en voir d’autres. Tu devais bien de douter que c’était pas pour n’importe qui. C’est sans regrets, cependant, en ce qui concerne sa relation avec Liam. Il n’a pas eu les couilles de tenir tête à son frère. Pour eux. Et ça a été la fin, pure et simple, de tout sentiment qu’elle ait pu avoir pour lui. Mais ça a été le début d’une prise de conscience assez amère. Le temps qu’elle serait sur le bateau de son frère, elle ne ferait qu’en subir les règles, second ou pas. Et d’ailleurs, ce qu’il semble ne pas avoir encore intégré, c’est que si elle était restée, ce serait son cadavre, à la place de celui de Simeon, qu’il aurait du abandonner à Douvres. Je voulais une vie à moi, finit-elle par lui dire, se tournant vers lui, plongeant son regard dans le sien. Et même si ça m’a tuée, même si ça me tue encore, personne ne me dicte plus ma conduite. Ne m’apprend à faire commerce. Ne me dit ce que je dois faire, qui j’ai le droit de voir. Elle n’est même pas en colère. Elle ne l’est plus. C’est de la tristesse qui se lit dans les yeux de l’Indienne. C’est pour ça que tu es venu ? Pour me rappeler la déception que je suis pour toi ? Elle s’envoie la fin de son rhum et reposer son verre sur le comptoir : C’était pas la peine de v’nir jusqu’ici, t’aurais pu attendre la Vieille Barrique.


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Re: Puisqu'on ne sera toujours que la moitié d'un tout - Hirja
ce message a été posté Sam 4 Aoû - 12:44
Hiresh avait été trop loin, il l’avait senti. Pas qu’il n’en pensait rien où qu’il avait dit des choses qu’il ne pensait pas, mais il était conscient que, impatient et emporté par ses émotions, il avait été trop vite en besogne, et trop maladroit, et trop grande gueule. D’ailleurs, l’idiot aurait dû comprendre dès le subtile « Pas maintenant … s’il te plaît. » que sa sœur lui donna, mais non, il avait préféré embrayer et pour le pire, puisqu’une fois qu’il laissait ses émotions prendre le dessus, on frôlait la diarrhée verbale. Sauf que là, il s’agissait de sa sœur, qu’il aimait et voulait protéger. Qu’il voulait retrouver. De quoi s’en vouloir.
Et de toute façon, elle n’allait pas se laisser faire. Il n’avait pas le temps d’y penser mais ne fut pas non plus surpris quand elle s’enflamma à son tour. Mais elle avait un peu plus de jugeote que lui et avait aussi surement pensé aux alentours et curieux qui se trouvaient dans le bar, alors sa voix resta égale. « C’est dommage, je trouve que vous faites un très beau couple. » Il savait qu’elle ne le taquinait pas vraiment et quand il la vit se détourner, il s’efforça de respirer profondément. Il devait redevenir maitre de ses émotions, lui parler franchement mais sans agir comme un sombre abruti. Il voulait juste qu’elle le comprenne. Mais là, il était plutôt piteux et ne savait plus quoi ajouter. Heureusement, elle oui. Et même s’il n’était pas prêt d’être ravi d’entendre certains de ces mots, leur honnêteté et leur fond le touchèrent. « Tu t’es jamais dit que peut-être je l’avais vue avant toi ? Sa valeur ? Tu sais bien que j’avais arrêté d’en voir d’autres. Tu devais bien de douter que c’était pas pour n’importe qui. » Il se radoucit. Il sentait une certaine amertume qui n’était pas due qu’à son attaque.
D’un geste presque hésitant, il lui prit la main et effectua une faible pression avant de la relâcher pour réagripper son verre. Il ne savait pas trop s’il pourrait parler de sang froid de tout cela mais si Hija en avait besoin, il le ferait. Et puis le temps avait passé. De l’eau avait coulé sous les ponts, oh oui. « Excuse-moi démon. » qui voulait aussi dire parle-moi. Elle mit du temps avant de reprendre la parole et elle n’allait pas l’épargner, ce n’était pas aussi simple que ça, il le savait. « Je voulais une vie à moi. Et même si ça m’a tuée, même si ça me tue encore, personne ne me dicte plus ma conduite. Ne m’apprend à faire commerce. Ne me dit ce que je dois faire, qui j’ai le droit de voir. »
Hiresh le prit d’abord comme une attaque personnelle et s’il avait eu vingt ans de moins, il serait resté là-dessus, gonflé d’orgueil et à s’énerver de nouveau. D’ailleurs, même huit ans de moins et il n’était pas encore assez raisonnable. Il ne l’était déjà pas toujours maintenant… Heureusement, le fait que le pétard ait déjà éclaté fit que cette fois, il put rester calme et comprendre ce qu’elle lui disait et le chagrin l’envahit de nouveau. Mais pas pour lui, cette fois. Pour elle. Et elle semblait tout aussi attristée.
Cette fois, il n’hésita pas quand son bras s’enroula autour de sa taille et qu’il se rapprocha d’elle. Il n’avait jamais vraiment compris le problème et en même temps, il l’avait toujours su. Hija n’était pas plus faite que lui pour seconder, pour recevoir des ordres ou les exécuter. Hija était une entité flamboyante et grande. Et lui était trop égoïste. « Tu crois que je n’aurais pas écouté à l’époque si tu m’avais dit ces choses au lieu de partir ? » C’était plutôt une question rhétorique car il soupçonnait qu’elle aussi pensait que ça aurait été le cas. C’était plus que probable. « Et cette vie, tu l’as trouvée ? » demanda-t-il avec la gorge quelque peu nouée. Il n’en était pas certain. Hija aspirait forcément à grand et au panache. Quelque chose lui disait qu’elle pouvait et méritait mieux que les tréfonds d’un bar d’Avalon. Si ça ne tenait qu’à lui, elle serait sur un trône si elle ne devait plus être en mer.
Et elle lui en voulait encore, il le méritait. « C’est pour ça que tu es venu ? Pour me rappeler la déception que je suis pour toi ? C’était pas la peine de v’nir jusqu’ici, t’aurais pu attendre la Vieille Barrique. » La nouvelle gifle piqua Hiresh plus fort. Bien sûr que non, comment pouvait-elle penser une chose pareille ! La réponse était évidente, avec ce qu’il lui avait lancé d’emblée mais quand même ! Si elle regardait deux secondes au fond d’elle, elle saurait que jamais, jamais, il n’aurait pu penser ça d’elle. « Hija ! » Etrange de s’exclamer à voix basse, mais c’est ce qu’il fit plus ou moins, conscient qu’il valait mieux garder leur conversation privée dans le brouhaha du bar. « Hija comment tu peux penser une chose pareille ! Je n’ai jamais… jamais j’ai pensé que tu étais une déception ! J’étais mort de chagrin et perdu ! La seule chose qui m’a déçu c’est de ne pas… » sa voix se brisa. Il tapa son verre sur le bar pour indiquer qu’il avait besoin d’être rempli de nouveau – et il ne plaisantait pas. Une fois fait, sa main libre se passa sur son visage pour essayer de se calmer. « Hija, ma seule déception c’est d’avoir eu le rêve à portée de main et l’avoir laissé passer. Mais tu ne m’as pas déçu. Au contraire, te voir devenir qui tu veux… » merde, c’était terrible d’avoir cette conversation. « j’étais si fier de toi ! Je t’en voulais à l’époque et j’y crois toujours mais… je ne veux que ton bien, pas t’enfermer ! On en a jamais parlé, pas vrai ? On pourrait le faire maintenant. » Il la relâcha et se redressa pour regarder autour de lui avant de froncer les sourcils et de reporter son attention sur elle. « Pas maintenant, maintenant, évidemment, mais tu me comprends ? Hija… Démon… Tu me manques. » C’est tout. Il l’aimait. Rien de « plus ».


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Re: Puisqu'on ne sera toujours que la moitié d'un tout - Hirja
ce message a été posté Mer 15 Aoû - 16:44



la moitié d'un tout

hiresh & hija



[1er juillet 2047 - Avalon]

Il essaye. De la calmer, de la rassurer. Mais son geste n’a pas suffi, sur le coup, pas plus que son : « Excuse-moi démon. ». Il va falloir plus que ça. Et oui, Hija est un démon, sans doute, qui a besoin d’être apaisé. Elle prend notamment les offrandes en rhum. Et en câlins. Elle ne se débat pas, ni ne le repousse quand il s’approche d’elle. Parce qu’elle en est incapable. Et elle peut hurler son envie d’indépendance autant qu’elle le veut, vivre sans le voir tous les jours est un enfer. Ils ont grandi ensemble, ont tout partagé – ou presque – pendant plus de vingt ans. Il la connaît comme personne d’autre. Et l’inverse est également vrai. Alors elle sait qu’il s’en veut, qu’il regrette déjà son emportement. Elle a besoin de son grand frère protecteur, pas de celui qui la pousse dans ses retranchements. « Tu crois que je n’aurais pas écouté à l’époque si tu m’avais dit ces choses au lieu de partir ? » Elle ne répond pas. Parce que ça ne servirait à rien. Elle n’était pas en état de lui en parler, à l’époque. Et elle ne pensait pas rester. Elle voulait lui apprendre une bonne leçon, qu’il ne pouvait et ne peut toujours pas la contrôler. Et elle a fini par rester, séduite par les possibilités s’offrant à elle. Et n’est pas revenue. « Et cette vie, tu l’as trouvée ? » Une question épineuse, à laquelle elle n’a pas la réponse. Il y a trop de variables qu’elle ne contrôle pas, qui ne lui vont pas, cette société à vomir, sa famille qui se prostitue pour un peu de reconnaissance … et elle qui s’est venue au passage. Qui compense, qui se fit que c’est pour la bonne cause. Pas un mot qui ne passe ses lèvres, pincées. Mais elle secoue la tête. Non. Elle n’a pas trouvé cette vie, pas encore. Mais elle y travaille, ils y travaillent, dans l’ombre. Si elle reprendra la mer un jour ? Sans doute. Elle est une Sabordage, elle n’est pas faite pour la terre. C’est de l’eau salée et du rhum, qui coulent effectivement dans ses veines. Et elle ne l’a pas oublié.

« Hija ! » C’est elle qui a frappé, cette fois, un beau crochet à l’estomac. Mais elle pensait chaque mot. Il n’a fait que lui faire des reproches, depuis son arrivée, et son petit jeu avec Liam n’a pas arrangé la situation. « Hija comment tu peux penser une chose pareille ! Je n’ai jamais… jamais j’ai pensé que tu étais une déception ! J’étais mort de chagrin et perdu ! La seule chose qui m’a déçu c’est de ne pas… » Sa gorge se noue en sentant la voix d’Hiresh faillir. Mais elle ne bouge pas, se contentant de pousser son verre du bout des doigts pour qu’on la resserve également. Ses yeux glissent sur le comptoir pour trouver le visage de son frère. Elle ne détournera pas le regard. Parce qu’elle a besoin de savoir qu’il est sincère. Même si elle est persuadée qu’il ne lui mentirait pas. « Hija, ma seule déception c’est d’avoir eu le rêve à portée de main et l’avoir laissé passer. Mais tu ne m’as pas déçu. Au contraire, te voir devenir qui tu veux… j’étais si fier de toi ! Je t’en voulais à l’époque et j’y crois toujours mais… je ne veux que ton bien, pas t’enfermer ! On en a jamais parlé, pas vrai ? On pourrait le faire maintenant. » Et merde. Elle sent les larmes monter de nouveau, et prend sur elle de les chasser en avalant son rhum sans respirer, sans ciller. Le rêve à portée de main. Lui et elle, sur leur bâtiment, voguant sur les océans. Ça aurait pu fonctionner s’ils avaient été sur un pied d’égalité. Co-capitaines. Mais il n’en a jamais été question, parce que ça ne fonctionne pas comme ça. Mais elle aurait adoré. Elle y a pensé. Mais n’en a rien dit. Parce qu’Hiresh a toujours été voué à devenir capitaine. Et elle a trouvé autre chose, avec Farina, à l’époque. Et elle a cru que c’était sa voie qu’elle découvrait. La morsure de la déception a tout de même été vive quand il lui a proposé la place de second. Même si elle savait qu’il le ferait. Evidemment. Pour ce qui est de parler … ils se sont effectivement surtout engueulés. Mais rien de construit … il ne lui a jamais dit ça. Et ça fait un bien fou. « Pas maintenant, maintenant, évidemment, mais tu me comprends ? Hija… Démon… Tu me manques. » « Tu me manques aussi. » Une vérité, simple et évidente. « Tous les jours. »

Et ça n’a rien d’évident de lâcher ces mots à voix haute, tant ils prennent de l’ampleur. Hija pose son front sur le torse de son frère, quelques secondes, abandonnant physiquement la lutte. Ce sera pour une autre fois, les explications, les conversations douloureuses qui les déchireront sans nul doute. Ils devront faire ça en terrain neutre, sans oreilles indiscrètes, ne serait-ce pour qu’elle lui parle de l’Ordre – parce que pas une seconde elle n’a peur qu’il ne la trahisse, bien évidemment, et qu’elle espère surtout qu’il joigne ses forces aux leurs … même si ça voudrait dire rester à terre, au moins quelques temps. Elle a un autre argument dans sa manche, pour ce faire, mais cela attendra encore un peu. Pour l’instant, elle a Hiresh pour elle toute seule et ne compte pas le partager. Relevant son visage vers le sien, elle hoche la tête : « On discutera … à bord de la Vayu si tu promets de n’pas en profiter pour me kidnapper et m’emmener en mer. » prévient-elle avec un sourire malicieux. Si elle l’en croit capable ? Totalement. Mais il ne rompra pas un accord préalable, c’est une certitude. « Pas ici, pas maintenant. » Elle pousse de nouveau leurs verres vers le patron qui s’empresse de les remplir, guettant du coin de l’œil les regards qui traînent dans leur direction. Le navire de son cousin et maintenant, celui de son frère, semblent les seuls refuges dans lesquels ils pourraient parler librement. Ou son chez-elle … mais il soulèverait des questions auxquelles elle n’a pas envie de répondre. Pas maintenant, en tous cas. « Mais je t’expliquerai. Tout. » Une promesse qu’elle ne brisera pas. « J’suis heureuse que tu sois venu … » Elle se mord la lèvre et tente une autre question qui risque de fâcher. Mais elle a besoin de savoir : « Tu restes combien de temps ? » Longtemps. S’il te plaît. J’ai besoin de toi, murmurent ses yeux.


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Re: Puisqu'on ne sera toujours que la moitié d'un tout - Hirja
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