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❝ [Mission avec Alfie] Hé ho, hé ho, on rentre du boulot ❞
 :: Royaume-Uni :: Londres
Papi Brossard a un SSPT
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[Mission avec Alfie] Hé ho, hé ho, on rentre du boulot
ce message a été posté Mar 6 Déc - 22:03
Spoiler:
 


La main qui tremble légèrement menace de lui faire faire des erreurs alors qu'elle tente de contrôler le mouvement du crayon de maquillage serré entre ses doigts. Heureusement, pour le moment, elle est son premier cobaye et son partenaire du jour n'a pas encore eu à la voir dans cet état. Et elle sait qu'elle doit absolument se calmer avant qu'il n'arrive pour qu'il n'ait pas à assister au spectacle de sa nervosité. Même si c'est normal d'être nerveuse, n'est-ce pas ? Pour la première fois, elle va vraiment pouvoir se rendre utile. Pour la première fois, elle va servir la Cause et, si Dieu est avec eux, pouvoir sauver la vie d'une âme qui leur sera bien plus précieuse que la sienne. Et son coeur bat à cent à l'heure face à ce défi qui s'annonce à elle.

A eux. Puisque, forcément, elle est accompagnée pour mener à bien cette mission. Oh, bien sûr, il y a Ryder, mais lui ne compte pas vraiment ; un suppôt de Satan, à peine plus fréquentable que ceux qui les réduisent en esclavage et qui leur servira, somme toute, de moyen de transport. Un mal nécessaire, comme l'aurait sans doute dit Adem. Et la jeune femme grimace à l'idée de devoir faire appelle ainsi à la Magie, oubliant que la crème qu'elle est actuellement en train d'étaler sur son visage pour changer un minimum ses traits est créée à partir de cette essence du Démon. Du maquillage. C'est là un des seuls petits plaisirs qu'on lui permet, l'une des récompenses qu'elle reçoit des Yaxley quand elle a fait du bon travail, qu'ils sont satisfaits d'elle. Et alors que cette pensée la traverse, elle a presque honte une seconde de l'utiliser contre leur cause, contre eux quelque part. Mais, aussitôt, elle rejette cette idée, loin, loin dans les recoins cachés de son esprit. Elle ne doit pas penser aux Yaxley maintenant, pas autrement que comme une contrainte temporelle qui est en partie responsable des difficultés d'organisation de cette mission et du peu de temps qu'ils auront pour la réussir.

En partie, seulement, parce qu'une grosse partie des contraintes temporelles sont en réalité venues de son partenaire. Ou plutôt, de ses "propriétaires", comme ils étaient censé les appeler, non ? Et la bouffée de stress à la pensée du manque de préparation qui la prend à la gorge permet au moins d'étouffer la culpabilité. Parce qu'ils ont du agir vite et n'ont pas eu le temps de réellement s'entendre. Le plan a été montée à la va-vite, ils ne se sont vu qu'une fois, bien trop rapidement, pour discuter de leur affaire. Ils n'ont pu échanger que quelques messages, par contacts de confiance interposés, et obtenir après avoir pu bénéficier chacun d'une soirée de libre une approximation d'horaires qui rend l'entreprise d'autant plus dangereuse.

Savannah inspecte dans le miroir en face d'elle le résultat de ses essais. Un peu grossier, mais c'est assez pour qu'on ne sache pas forcément la reconnaître au premier regard, même si elle est loin de ne plus se ressembler. Ce n'est pas grand chose, mais elle devra faire aussi bien sur Alfie quand il sera là - ça, et accepter que Ryder use de sa magie sur eux pour changer leurs couleurs de cheveux afin d'être moins reconnaissable encore. Elle n'a pas envie, mais elle n'a pas le choix. Et si elle accepte, c'est pour la Nouvelle Inquisition. Pour servir la Cause. Parce qu'ils se doivent, tous les deux, de réussir.

«  C'est bon, on va bientôt pouvoir y aller ? On va finir par être en retard.  » La main de Savannah se crispe sur le pot de crème qu'elle était en train de reposer alors que la voix de Ryder vient la sortir de ses pensées. Pour qui se prend-il à venir ainsi l'interrompre ? Il ne vaut pas mieux que les autres, de toute façon ! «  Il ne devrait pas tarder à arriver.  » Elle sait bien qu'il est de leur côté, mais elle répugne malgré tout à lui donner le nom de son camarade, même s'il le côté vraisemblablement déjà. Et le ton sur lequel elle lui répond est bien plus sec que celui de Ryder, qui se trouve être en réalité simplement inquiet de leur timing - et sans remarquer non plus qu'elle l'a sans doute vexé, ce qui n'est absolument pas malin -. Et qui n'a pas tord de l'être : ils ont prévu de pouvoir se mêler à la foule des moldus sortant de l'usine et regagnant leurs dortoirs. S'ils se ratent sur ce point, ils n'ont pas vraiment de plan de secours... Mais peu importe. C'est un sorcier, et il ne peut pas comprendre ce que vit, ce que subit Alfie au quotidien. Alors, qu'il ne s'avise pas de critiquer son potentiel retard qui n'en est même pas encore un !
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Re: [Mission avec Alfie] Hé ho, hé ho, on rentre du boulot
ce message a été posté Dim 11 Déc - 21:29
Alfie s’écarta promptement du passage, manqua de s’emmêler les pieds et de tomber au beau milieu de la chaussée. Il ne se retourna pas, entendre un « Fais attention, espèce de brute ! » provenant de derrière lui lui suffit. A croire qu’il était indiqué ‘moldu’ sur son front. Visible de loin. Dans la lueur des lampadaires avaloniens. Alors certes, il n’avait pas pu se changer et devait sentir un mélange de sueur et de bois mouillé, et ses phalanges lui faisaient mal ce soir, mais il n’avait pas pu prendre de douche après avoir fini de gérer la livraison qui était arrivée en début d’après-midi au port. Au lieu de cela, il s’était éclipsé dès que possible en toute discrétion, lança dans le vide – au cas où  -- qu’il rêvait d’une bière ce soir, et qu’il espérait que les bars des quartiers moldus avaient refait leurs stocks.

Il n’avait pas de montre, mais savait qu’il n’était pas en avance. Avoir une soirée de libre où il finissait plus ou moins tôt, c’était un luxe. Il avait dû regarder dans les agendas pour voir quels étaient les plannings de la Compagnie Sabordage avant de pouvoir prendre une décision, et encore : jusqu’à la fin, il avait eu peur d’un nouveau cargo se rajoute à la fin de la journée sur le planning. Des fois, il arrivait que les Sabordage rajoutent le jour-même. Cela faisait peu de temps qu’il était autorisé à consulter le planning – ancienneté d’esclavagisme oblige (il en rirait jaune s’il en avait le droit au travail devant ses maîtres, mais un tel comportement attirerait les soupçons) – mais il l’avait déjà remarqué plusieurs fois ces derniers mois.

Le trentenaire était donc parti à pied retrouver Savannah Michaels dans l’une de leurs planques. Le lieu et l’heure du point de rendez-vous étaient gravés dans son esprit : il avait bien trop peur qu’on remarque un bout de papier codé ou quoi que ce soit pour oser l’écrire. Alors il l’avait mémorisé, sous la forme d’une petite chanson, et se récitait l’heure et le lieu de rendez-vous du matin au soir. Codés. Au cas où quelqu’un l’écouterait. Si Tintagel lui avait appris quelque chose, c’était bien d’être prudent.

« … Savannah ? Oh. » Il avait peiné à reconnaitre la jeune femme, qui avait fait un truc à son visage. Ses traits paraissaient plus creusés que la dernière fois qu’il l’avait vue. Plus accentués. C’était étrange, avait-elle perdu du poids en une semaine, à ce point ?
La palette qu’il vit à sa main lui apporta une réponse partielle : non, ce n’était pas un problème de poids, mais des artifices. Le regard d’Alfie se porta alors sur Ryder qui attendait dans un coin de la pièce, l’air renfrogné, puis se reposa à nouveau sur la jeune femme. « Je pensais qu’on ne se changerait que la couleur des cheveux, ou un truc comme ça… » Bizarrement, s’il râlait à l’idée de devenir blond, il était plus dérangé par le fait de n’avoir pas été au courant de l’existence de maquillage que par le fait d’en avoir. « On a le temps ? Oh. Bon. » Un regard appuyé provenant de la jeune femme lui répondit. Alfie enleva sa veste, consulta l’heure et soupira. « Je sais pas comment tu veux faire pour faire du maquillage discret en peu de temps mais si tu veux... Evite juste les paillettes ! » ajouta-t-il sur le ton de la plaisanterie. Cela ne fit rire personne, et encore moins Ryder qui paraissait en avoir un peu marre d’attendre. « On se dépêche. De toute manière il vaut mieux pas arriver trop tôt sur place, on risquerait de se faire repérer. »

Pendant que la jeune femme le maquillait, Alfie réfléchissait à la mission. Heureusement pour eux, un repérage avait été fait, grâce à Ryder qui avait transplané non loin de l’usine dans la plus grande discrétion afin de voir l’aménagement des lieux ; Alfie avait réussi à le persuader tandis qu’il l’attendait un soir à la planque. Il ne savait déjà pas si une personne allait déclencher des alarmes, alors deux… Non, c’était plus prudent de le laisser agir. Il était rapidement revenu et lui avait raconté le nombre de bâtiment. Ce qu’il avait repéré depuis les collines où il était, et notamment la proximité entre l’usine et les bâtiments d’habitation. Cela faisait presque penser à un village. Un village miteux, plongé dans la pénombre, sans vie ni joie, mais un village tout de même.

Alfie avait transmis les infos à sa jeune coéquipière. Ils avaient élaboré un plan. Et maintenant c’était à eux d’y rentrer, de se mêler à la file qui irait de l’usine aux dortoirs et si ça ne marchait pas, ils n’auraient sans doute qu’à transplaner au cœur de l’usine. Ça serait n’importe quoi, totalement à l’arrache, sûrement suicidaire. Mais Alfie n’avait pas d’autre idée. Et leur temps de réflexion avait été bien trop court pour qu’ils puissent envisager autre chose qu’une infiltration à la va-vite. De toute manière la mission était simple : y aller, repérer Sooky Helord, la chopper et la ramener, si possible discrètement. Si non… Pas discrètement. Une part de lui avait envie de faire mordre la poussière à ces pourritures de sorciers, ceux qui torturaient les siens. La rage qui l’habitait depuis Tintagel ne l’avait pas quitté. Le besoin de revanche, le « œil pour œil, dent pour dent » non plus.


« On peut y aller ? » Alfie leva les yeux en sentant la jeune femme s’écarter. En silence, il la dévisagea, cette jeune et frêle jeune fille qui avait quoi, une vingtaine d’années ? Elle devait être un peu plus âgée que Rose. Tout d’un coup il redouta de partir en mission avec elle. Et si, comme Rose, elle s’effondrait en pleine action ? Et si elle lui tirait dessus ? L’idée était stupide, ils n’avaient pas d’armes, mais… quand même. Un coup de couteau par inadvertance était si vite arrivé. Il inspira profondément et s’apprêtait à dire quelque chose sur la jeunesse de la demoiselle et la non-préparation qu’ils avaient eue, quand il sursauta. Il eut l’impression qu’un œuf venait de lui être craqué sur la tête. L’effet dura quelques secondes, mais c’était désagréable. Il se tourna vers Ryder et grogna « Vous auriez pu nous prévenir. » A côté, il vit Savannah croiser les bras, affichant clairement une expression de dégoût.

La seule réponse de Ryder fut un « On y va. » avant d’attraper le bras d’Alfie. Une sensation de haut-le-cœur le saisit : il avait déjà transplané, il savait à quoi c’était dû, mais tout de même. Plop ! Le jeune homme  fut lâché et se plia en deux aussitôt. L’impression qu’il allait recracher ses boyaux fut immédiate. Mon Dieu…
Quelques instants plus tard, lorsqu’il se fut redressé, il vit Savannah – à peine reconnaissable – le rejoindre, le visage crispé. Ils se distinguaient que peu dans la pénombre. Sans doute heureusement pour eux, ils surplombaient l’usine et les habitations mais n’avaient pas transplané tout proche. Il devait le crédit à Ryder. « Bonne idée de pas arriver tout proche…. Mais il va falloir retransplaner… ». Alfie essaya de repérer les yeux. L’usine avait un toit dentelé, comme la caricature d’usine du 19ème siècle que l’on pouvait voir dans les anciens manuels d’histoire. Les manuels moldus, du moins. A côté, des bâtiments longilignes encore sombres, et un autre carré, accolé. « Le petit carré, c’est le réfectoire. De l’autre côté, c’est l’administration. » fit remarquer Ryder, qui paraissait étrangement beaucoup plus enthousiaste et apte à communiquer maintenant qu’ils étaient sur place. Alfie observa le Phénix en coin, le jugeant sans rien dire, et hocha la tête en guise de réponse.

« Et vous voyez un endroit où on pourrait se mêler à la file des employés ? Je vois la grande porte, mais… » Il observa Savannah, puis Ryder. Ils savaient que c’était le premier point complexe. La question était de trouver un endroit sombre, un recoin. « Ou alors on transplane dans la foule directement.. Non, mauvaise idée, je sais, faudrait pas débarquer à l’endroit où se trouve une personne. » Involontairement, ses lèvres se déformèrent à l'idée. Fichue imagination.
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Re: [Mission avec Alfie] Hé ho, hé ho, on rentre du boulot
ce message a été posté Mar 20 Déc - 6:57
Savannah a haussé les épaules aux doutes de son partenaire, simplement répliqué qu'elle ne faisait qu'accentuer certains de ses traits. Ce n'est vraiment pas grand chose et quelqu'un qui les aurait vu plus d'une poignée de fois dans leur vie les reconnaîtrait au premier regard. Il s'agit simplement de jouer un peu sur les illusions, les ombres. La tromperie, en somme, tout ce qu'elle déteste, mais dans laquelle ils sont bien obligés de verser. Mais, au moins, cela est vite fait, les affaires rapidement emballés et dissimulés dans un recoin de leur lieu de repli. Ce n'est absolument pas parfait, mais c'est fait. Et, déjà, ils sont prêt à partir.

Par magie. Même si Ryder est soit-disant de leur côté, ça n'enlève rien au dégoût qu'elle ressent à devoir utiliser un tel moyen de transport. C'est certain, cela est rapide, pratique. Pas sans danger, mais efficace et quelques secondes à peine après qu'ils se soient saisis du bras de Ryder, ils se retrouvent transporter à l'autre bout du pays. Avec cette sensation horrible d'avoir laissé ses tripes à leur point de départ. Si Savannah n'avait pas dû elle-même appuyer sa main contre le mur rugueux tout prêt d'eux, écorchant la peau de sa main dans la précipitation, et si elle n'avait surtout pas fermer les yeux pour empêcher le choc trop violent du changement de décors brutal que son esprit trop rationnel refusait toujours d'enregistrer comme normal lors d'un tel déplacement - et à raison ! - elle aurait certainement pu se rassurer en voyant Alfie se tordre non loin d'elle. Non pas qu'elle se pensait la seule dont l'organisme ne supportait pas ce genre de traitements, mais elle ne connaissait que trop bien ses propres faiblesses. Dont elle ne devait faire preuve à aucun prix au cours de cette mission.

C'est cette pensée, pas spécialement violente, pas le genre à s'imposer dans son esprit de manière brutale, mais pourtant ancrée tellement profondément qu'elle a l'impression qu'elle fait partie d'elle depuis aussi longtemps que Jackson, qui la pousse à se passer une main sur le visage pour tenter de chasser les dernières impressions de malaise et de rejoindre ses deux comparses. Instinctivement, elle se place aux côtés d'Alfie, écoutant attentivement les explications du Phénix les accompagnant, essayant de distinguer dans la semi-pénombre d'une fin de journée qui s'étire les bâtiments que l'homme leur désigne. Grands, sombres, si peu accueillants... Tout comme celui contre lequel ils sont apparus, qui ressemble plus à un grand cube de béton qu'à un lieu de travail. Mais qui a au moins l'avantage de dissimuler leurs silhouettes qui se découperaient sinon si bien sur la crête surplombant leur cible. Ce qui n'enlève absolument rien au sentiment de détresse que provoque chez elle ces lieux. Et dire que les leurs, les siens, triment du matin au soir dans cette usine et n'ont pour perspective de fin de journée que celle de se rendre dans un bâtiment tout aussi triste. Ce n'est plus les effets secondaires du transplanage qui désormais lui noue les entrailles, mais bien cette ignominie. Et sa main droite vient aussitôt saisir sa main gauche pour cacher les tremblements de rage qui les secouent. Elle ne doit pas être en colère, ou en tout cas pas le montrer. Non. Elle doit être concentrée. Réussir leur mission. Même s'ils ne peuvent pas tous les sauver.

Son regard ne quitte pas une seconde l'usine alors qu'elle fronce les sourcils en écoutant la proposition d'Alfie. « Ca pourrait être dangereux, non ? Un plus d'un éventuel... accident » Un vague signe de la main pour désigner Ryder et par extension l'option du transplanage au milieu d'une foule, sans prêter attention à l'expression contrariée qui vient déformer les traits du sorcier face au mépris qu'elle met presque malgré elle dans ses mots et dans la remise en question de ses capacités, et Savannah poursuit « On prend le risque de les surprendre. Et s'ils ont trop peur, on pourrait se faire repérer. » Elle n'envisage pas encore que les travailleurs de cette usine puissent même les dénoncer à leurs propriétaires aussitôt qu'ils apparaîtront au milieu d'eux. Elle sait que ça existe, bien sûr, Adem l'a prévenu, que certains d'entre eux étaient tellement sous l'emprise des sorciers qu'ils n'hésiteraient pas à aller rapporter tout ce qui pourrait leur nuire. Et même si elle refuse de totalement y croire, elle sait qu'elle doit cependant se montrer prudente, ce qu'Alfie semble avoir oublié... Qu'à cela ne tienne, elle est bien prête à le lui rappeler si besoin est. Et elle arrive presque même à se convaincre elle-même qu'elle possède l'assurance nécessaire à une telle chose, tout comme celle d'exposer la suite de son plan en désignant les recoins du bloc de béton grisâtre.

« On pourrait quand même se rapprocher, juste là-bas, c'est assez proche et on ne devrait pas nous voir des portes. Ensuite, ne nous reste plus qu'à infiltrer la file des moldus lorsqu'ils sortiront de l'usine, non? » Elle voudrait bien avoir l'air sérieux, concentré alors qu'elle désigne un recoin du bâtiment, mais tout ce qui transparaît en cet instant de son attitude est la nervosité, la recherche d'approbation. Après tout, est-ce qu'elle peut réellement se permettre de parler ainsi alors qu'elle est la seule à ne jamais être allé sur le terrain ? A ne jamais avoir risqué sa vie pour la Cause ? - même si Ryden ne défend bien sûr pas la même cause qu'eux. - Pourtant, elle ne veut que bien faire. Sans se rendre compte qu'à la nervosité normale d'une telle mission, elle se rajoute une pression supplémentaire qui pourrait bien lui provoquer une nouvelle crise... Et les faire lamentablement échouer.

Pourtant, Ryder accepte, une fois de plus. De mauvaise grâce, et en répondant à la jeune femme sur le même ton qu'elle utilise pour lui parler, ce qui les conduit sans doute à des contacts approchant le glacial, mais peu importe. Il prend soin également, alors que la luminosité baisse toujours plus et qu'ils ont désormais le plus grand mal à se distinguer les uns les autres, de leur rappeler le signal convenu pour qu'il puisse revenir les chercher, eux et leur cible. Si tant est, bien sûr, qu'ils ne se fassent pas prendre avant cela, en quel cas Savannah devine qu'il n'aura pas trop de remords à les laisser derrière. Après tout, c'est un sorcier, n'est-ce pas ? Un sorcier qui une fois de plus accepte de les aider, mais un sorcier tout de même.

Le second transplanage est un peu moins difficile à supporter pour ses entrailles, peut-être parce que son organisme vient tout juste de subir un traitement semblable quelques minutes auparavant. Et parce qu'en transplanant près du mur de l'usine, Ryder l'envoie involontairement – du moins elle peut peut-être l'espérer – cogner le mur de béton. Cependant, si le malaise est moins violent, il ne l'en rend que plus consciente du crac tellement reconnaissable dans le silence entourant le bâtiment. Elle sait qu'ils ont de la chance que la société actuelle ne les considère pas comme des menaces et que la sécurité des lieux soit surtout concentrée sur la surveillance des moldus, les propriétaires n'ayant visiblement pas daigné installer de barrière contre le transplanage. Cela n'empêche pas que le sortilège est on ne peut plus susceptible de les faire repérer, d'autant plus quand Ryder, après de dernières très courtes recommandations, tranplane à nouveau pour les laisser seul. Au moment exacte où les portes de l'usine s'ouvrent pour en laisser sortir deux premiers gardes, suivit par une colonne d'hommes et de femmes habillés de couleurs sombres, la peau rendue grise par la fatigue et l'effort, la mine basse. Des hommes et des femmes qui n'en ont même plus l'attitude, qui avancent par ce qui semble être de l'automatisme. Des pas lents, des gestes mesurés, pour économiser la moindre force alors que l'on draine ici jusqu'à la dernière miette de leur énergie vitale. Et, un instant, Savannah en a le souffle coupé.

Avant de se rappeler qu'ils ont une mission. Qu'ils doivent s'approcher rapidement et discrètement s'ils ne veulent pas manquer leur chance de sauver XXX. Même si en cet instant elle se demandait sincèrement comment ils pourraient, même s'ils la trouvaient, repartir avec elle, et seulement elle. Et laisser tous les autres derrière. Mais ils devaient le faire, n'est-ce pas ? Ils devaient le faire. Et ils devaient le faire maintenant.

Un dernier regard à Alfie, pour s'assurer qu'ils étaient toujours d'accord, et Savannah s'élance, aussi discrète que possible pour atteindre la colonne des moldus avançant toujours de leurs pas raides et fatigué. Ils doivent juste se mêler à la foule, après tout. Et ils peuvent le faire sans dégâts pour leurs missions. Sans se faire repérer.

Est-ce qu'ils parviennent à se faufiler dans la file des esclaves?:
 

... Et ils y arrivent. Bien sûr, qu'ils y arrivent. Et alors qu'ils s'incrustent dans les rangs des esclaves, Savannah, le coeur gonflé de cette première écrasante réussite, offre un sourire resplendissant à Alfie. Ca ne s'annonce pas si mal, après tout, non ?
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Re: [Mission avec Alfie] Hé ho, hé ho, on rentre du boulot
ce message a été posté Mar 20 Déc - 6:57
Le membre 'Savannah Michaels' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


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Re: [Mission avec Alfie] Hé ho, hé ho, on rentre du boulot
ce message a été posté Dim 8 Jan - 14:10
Non, en fait c’était plutôt une bonne chose qu’ils aient transplané aussi loin du centre. Ça permettait d’avoir une vue d’ensemble, et puis comme ça ils seraient un peu moins sujets au hasard. Non pas qu’ils ne l’étaient pas, de base. Car plus le temps passait et plus Alfie était persuadé qu’ils n’étaient pas du tout préparés. Qu’ils n’avaient pas pris assez de temps pour se préparer, et que ça allait compliquer bougrement la mission. Qu’ils étaient passés à côté de quelque chose, que ça allait leur coûter cher. Sans doute même qu’ils allaient échouer ?

Non. Pour le moment il devait mettre ses réflexions fatalistes en sourdine. Il suivit les deux autres, approuva le plan de transplaner dans un recoin sombre préalablement repéré. Le second transplanage fut moins pire. Un peu. La main d’Alfie se posa un moment sur la brique froide du bâtiment à côté duquel ils avaient transplané, et cela l’aida à reprendre ses esprits. Ils dirent au revoir à leur bien aimable aide Phénix, puis il fallut se mêler aux autres qui sortaient  déjà à ce moment-là. Les choses s’enchainaient rapidement – trop rapidement ? Alfie fit taire la petite voix magnanime qui s’était logée dans sa tête, se força à penser autrement. Tu vois, c’est pas si mal fait, comme plan. Le timing était parfait. Si vous aviez été là plus tôt vous aurez couru le risque de vous faire repérer. Si cela avait été plus tard, vous auriez loupé le coche. Là c’est parfait.

Parfait, oui. Il fallait juste se glisser dans le groupe de moldus fatigués qui arrivait vers eux. Chose ardue, qui devait se faire tout en finesse et discrétion pour ne pas que les gardiens de la colonne ne les remarquent, mais également pour qu’ils ne soient pas repérés par d’éventuels moldus  malveillants autour d’eux. Il suffisait parfois de la promesse d’un bol de soupe supplémentaire en échange d’une dénonciation pour pousser à la délation. Or Alfie avait un peu de mal avec la discrétion, surtout avec sa carrure. Il se tassa, tentant par ce simple fait de se faire le plus petit possible. Jeta un coup d’œil pour tenter de repérer d’éventuels gardiens, croisa le regard de la petite Michaels avec qui il était – avec sa taille, elle aurait moins de difficultés que lui, tiens – et la vit s’élancer. Inspiration. Expiration. Inspiration.

Ses jambes bougèrent, il fixa le sol, tenta calquer ses pas sur ceux qui marchaient à ses côtés, et se mêla à la foule des personnes fatiguées. Expiration. Son cœur battait à cent à l’heure. La tête toujours rentré dans ses épaules, Alfie risqua un regard autour de lui. Il croisa le sourire triomphant de Savannah et pinça aussitôt les lèvres. Etait-elle folle ? Un tel sourire au sein d’un groupe d’esclaves… Elle allait se faire repérer comme un renard au milieu d’un poulailler ! Alfie secoua légèrement la tête en fixant le regard de la jeune femme, vaine tentative de lui faire comprendre que, dans le silence des pas monotones qui les menaient jusqu’au réfectoire, ils devaient à tout prix se fondre dans la masse, être un personnage. Faire exactement comme ceux qui les entouraient. Bon sang ils n’avaient pas assez échangé avant de partir. La phrase Ce n’est pas un exercice ! clignotait devant ses yeux, et il revoyait le sourire flamboyant de la jeune fille, à la limite de la petite danse de victoire pour la réussite d’une simple petite étape de la mission… Pourquoi croyait-il que ça se passerait comme sur des roulettes ? Savannah était jeune, elle n’avait pas connu la même galère que lui, avant. Elle n’avait pas la même conscience que lui des dangers, de ce qu’étaient capables de faire les sorciers s’ils les trouvaient parmi eux. Le regard d’Alfie se fixa sur l’arrière du crâne du moldu juste devant lui. La petite voix fataliste dans son crâne gonflait. Il tenta de la reléguer au second plan.

Il fallait qu’ils s’en sortent, qu’ils réussissent cette mission.

Dans sa vision périphérique, un gardien. Alfie tenta de calmer sa respiration au moment où ils passèrent devant lui. Heureusement il ne les remarqua pas. Entre-temps, Savanah avait repris une expression digne d’un esclave enchaîné. Alfie lui aurait bien soufflé quelques consignes ou un rappel sur l’importance de se fondre dans la masse, mais dans le silence écrasant des bruits de pas, le simple fait de chuchoter les ferait repérer.

La colonne se dirigeait vers un bâtiment, gardé par un sorcier à l’air sévère, baguette à la main. Alfie baissa la tête : ses cheveux couvraient ainsi une partie de son visage. Le fait qu’ils soient blonds le perturba un moment avant qu’il ne se souvienne du sort que lui avait lancé le Phénix avant qu’ils partent.

Le bâtiment était en réalité une grande salle rectangulaire où des longues tables mal nettoyées étaient assorties de bancs en métal. Un côté de la salle était occupée par une sorte de self, et chaque ouvrier prenait un plateau à l’entrée avant de faire la queue pour être servi par un cuisinier sorcier qui semblait prendre à cœur le fait de ne pas faire son travail avec soin, délicatesse et égalité. Une purée à l’odeur peu appétissante et un morceau de pain voltigeaient jusqu’aux plateaux des moldus qui partaient ensuite s’asseoir par petits groupes. Alfie tenta de juger la situation. C’était un moment où les conversations semblaient autoriser, même si l’on n’entendait pas de rires et que les sujets de discussions restaient inaudibles. Mais ils pourraient se mêler à un groupe. Tenter de prendre la température.

Au bout de plusieurs longues minutes, ce fut au tour des deux moldus de la Nouvelle Inquisition d’être servis. De près, la nourriture semblait être encore moins appétissante, au point qu’Alfie se demandait s’il fallait qu’il remercie les Sabordage de permettre à leurs employés des docks de manger convenablement chaque soir.

Il attendit Savannah, et puis jeta un coup d’œil aux longues tables. Quel groupe choisir ? Il suffisait d’un mauvais choix. Et puis s’ils devaient raconter leurs histoires, que devraient-ils dire pour justifier leur présence ici ? Il suffisait qu’ils choisissent un groupe de lécheurs de bottes… Alfie était incapable de choisir, et ce fut finalement Savannah qui prit une décision pour se diriger vers une tablée.

Une tablée avec des gens qui les regardèrent au moment où ils s’approchèrent. Alfie esquissa un sourire bourru avec l’option ‘nous venons en paix’ activée, avant de demander « On peut s’asseoir là ? »


Spoiler:
 

Un gaillard barbu les toisa en silence pendant quelques secondes, au point qu'Alfie fut un instant sur le point de faire 'allez laisse, on va ailleurs', puis tapota le banc à côté de lui en répondant d'une voix aiguë, qui ne correspondait pas à son physique « Pas de souci les nouveaux. Vous venez d'où? »

Alfie hocha la tête en signe de reconnaissance et posa son plateau et ses fesses à table. Il se racla la gorge, prit sa cuillère et touilla sa purée. « Le principe du sorcier qui déménage et qui trouve que ramener ses moldus jusqu'en France c'est trop cher... En gros. Cette purée est toujours aussi liquide? » Ses paroles déclenchèrent un sourire sur le visage de la femme d'une quarantaine d'année qui était assise à sa gauche : « Tu ferais mieux de t'habituer, c'est comme ça tous les jours. Esther. » ajouta-t-elle en tendant sa main vers Alfie puis vers Savannah.

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Re: [Mission avec Alfie] Hé ho, hé ho, on rentre du boulot
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Re: [Mission avec Alfie] Hé ho, hé ho, on rentre du boulot
ce message a été posté Dim 15 Jan - 23:04
Il commence à l'agacer. Genre, il commence vraiment à l'agacer. Depuis le début, il n'a fait que mettre en doute chacune de ses paroles, chacune de ses idées - ou, peut être pas, mais vraiment, en cet instant, c'est comme ça qu'elle s'en souvient. Elle a même réussi à les entraîner tous les deux dans la file d'esclaves sans qu'ils ne se fassent repérer alors que son plan à lui les aurait à coup sûr mit dans le pétrin et il trouve encore le moyen de le lui reprocher. Ca n'a rien de verbal, bien sûr, ils ne vont pas commencer à discuter de leur plan à voix haute, devant tout le monde, mais ses regards ont suffit pour que Savannah comprenne très bien qu'il désapprouve. Quoi, exactement ? Elle n'en sait rien, son attitude, peut-être, ou bien le fait qu'elle réussisse là où elle échoue ? Elle n'en sait rien, mais cela suffit à faire tomber son sourire et son regard, même si là où ceux qui l'entourent ont l'air abattu, ses lèvres à elles sont plus plissées en une moue colérique. Alors elle a juste suivi le mouvement, en silence, en trainant des pieds, elle aussi, et en tentant de se concentrer sur la mission.

Il l'agace encore plus quand il reste planté là, son plateau à la main, à ne pas savoir quoi faire et qu'elle est obligée elle de désigner une table, un groupe avec qui ils pourraient se mêler pour tenter d'en apprendre plus. Une table assez grande pour qu'ils puissent interroger plusieurs personnes sans que cela paraisse suspect, délaissant les petite tablées positionnées sur les côtés pour privilégier le milieu du réfectoire. A croire que c'était à elle de faire tout le boulot et qu'il était vraiment incapable !

Et elle est toujours en train de ruminer l'incompétence de son partenaire quand ils finissent par s'approcher du groupe qu'elle a elle-même désigné, même si elle force un sourire sur ses lèvres. Bon. Au moins est-il au moins capable de nouer le premier contact. Et elle en est là de ses réflexion quand tombe la première question. Ses doigts se crispent sur crispent sur la cuillère qu'elle a trempé sans conviction aucune dans l'espèce de mixture qu'on leur a servi pour le repas. Ils ont préparé un passif, un passé, quelques grands traits qu'elle s'est efforcé de retenir. Mais la question vient si naturellement qu'elle ne sait pas si elle aurait pu y répondre elle-même. Pas, en tout cas, avec la facilité avec laquelle le fait Alfie, c'est certain. Pas avec le même naturel. Et la colère qu'elle entretenait à son égard semble fondre un peu alors que ses mots lui laissent le temps de se reprendre, bien assez pour qu'elle parvienne à relever le regard avec un sourire tendu quand la femme qui vient de les accueillir se présente. Et Savannah tente de se mêler à son tour à la conversation, parce qu'il n'est pas dit qu'elle laisse faire Alfie - même si jusqu'à maintenant, c'est quand même elle qui a fait le plus gros. « C'est vraiment peut appétissant.. Sav... Sarah. Et voici Peter. »

Elle a faillit. Elle a vraiment faillit dire son vrai prénom. Ils ont bien convenu que non, depuis longtemps. Peut être une des premières choses qu'ils ont défini. Et elle a faillit lâcher le sien, comme si de rien n'était. Si elle continue à sourire à Esther, elle s'efforce pourtant cette fois de ne pas croiser le regard d'Alfie. Surtout pas. Si son hésitation n'a pas été relevée par leur interlocutrice, elle est certaine, sûre et certaine, que Alfie sait qu'elle a faillit se tromper. Les donner. Et c'est presque comme si son coeur avait cessé de battre, jusqu'à ce que la-dites Esther, après une bouchée de la purée dégoutante qu'ils sont censé ingérer, demande : « Et vous étiez dans la même maison depuis longtemps ? Votre travail consistait en quoi ? » Il y a une certaine avidité derrière la lassitude résignée d'Esther qui desserre un peu le noeud autour de la poitrine de Savannah. Elle doit parler, pour les mettre en confiance, sans se tromper cette fois. Et le service, ça, elle pourrait en parler pendant des heures, même si ce n'est pas forcément le cas d'Alfie. Pas que ça la passionne plus que ça, mais c'est certainement un sujet qu'elle maîtrise le mieux. Un prêté pour un rendu, donc. « C'était pas si mal. On faisait la cuisine, le ménage, les courses... On amenait le thé, ce genre de choses. Et puis souvent, quand ils n'avaient pas besoin de nous, le soir, on avait quelques heures de libre... Qu'est-ce que vous faites, ici, après le dîner ? » Savannah résiste à l'envie de se mordre la lèvre devant cette nouvelle erreur de langage. Heureusement, Esther ne semble pas s'en émouvoir puisqu'elle répond, délaissant une fois pour toutes les restes de son repas. « On peut rester dans la salle commune jusqu'à 20h30. Ensuite, on rejoint nos dortoirs, ils vous en assigneront un tout à l'heure, normalement. Extinction des feux à 21h30. »

Savannah ne peut retenir une grimace, mais alors qu'elle va pour répondre, entretenir la conversation, elle sent soudain une présence dans son dos. Une voix derrière elle. Une main sur son épaule. Et elle ne peut même pas comprendre les mots échangés parce qu'il y a une mains sur son épaule. Une main sur son épaules une main sur son épaule une main sur son épaule. La pensée tourne beaucoup trop vite dans son esprit et elle n'entend pas les mots prononcés d'un ton qui cache mal une certaine moquerie (« c'est vrai que la première journée est souvent épuisante, n'est-ce pas, les nouveaux ? ») et elle ne voit pas qui parle et elle ne reconnaît pas celui qui était tout à l'heure près d'elle dans la file et qui l'a regardé plus longuement que tous les autres et elle ne comprend pas qu'ils vont potentiellement au devant d'ennuis plus ou moins grave parce qu'il y a une main sur son épaule. La main d'un inconnu qui a envahi son espace vital et qui envahi chaque partie de son espace mental actuellement. La main d'un inconnu qui n'est pas quelqu'un d'amical, c'est sûr, c'est obligé, c'est hostile et déjà son souffle se bloque.

Est-ce que quelqu'un intervient ?:
 

« Oh, c'est bon, Daniel, laisse les tranquille, veux-tu. Ne faites pas attention à lui, il aime un peu trop chercher des ennuis aux autres.. » Le ton est autoritaire, mais si le dénommé Daniel retire sa main de l'épaule de Savannah, il n'en recule pas pour autant. Et aussi rassurantes se veulent les paroles d'Esther, le sentiment d'oppression ne disparaît pas une seconde de la poitrine de Savannah. Menace de faire cesser ses poumons d'un instant à l'autre. La raison voudrait qu'elle tente simplement de se calmer pour montrer qu'ils n'ont rien à se reprocher. Mais depuis quand est-ce qu'elle écoutait la raison ?
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Re: [Mission avec Alfie] Hé ho, hé ho, on rentre du boulot
ce message a été posté Dim 15 Jan - 23:04
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Re: [Mission avec Alfie] Hé ho, hé ho, on rentre du boulot
ce message a été posté Sam 21 Jan - 19:42
Alfie l’avait bien entendue trébucher sur son prénom, manquer de s’étaler de tout son long et de révéler au grand jour et dans le plus grand fracas leur imposture. Car ils étaient des imposteurs, pourvus d’une mission secrète et ils ne devaient en aucun cas se faire repérer. S’il avait pris le risque de lancer un regard à Savannah tout à l’heure dans la file, c’était bien parce qu’il savait que ça passerait inaperçu. Assis à table, avec Esther qui les fixait l’un après l’autre… C’était quasiment impossible.

Il avait donc prétendu être cool, cool Raoul, très très beaucoup cool. Alors qu’à l’intérieur il se retenait de ne pas compter les fautes de sa coéquipière, de ne pas grogner, de ne pas lui faire comprendre explicitement qu’elle devait être moins impulsive ; son enthousiasme allait les faire chuter. Ils allaient finir par être découverts à cause de sa non-capacité à réfléchir avant d’agir. Bon sang, qu’avait-il fait pour mériter une coéquipière pareille ? La petite voix dans sa tête qu’il avait réussi à faire taire avant de rentrer dans le réfectoire se mit à faire sonner les cloches de plus belle, lui hurlant qu’ils allaient se faire repérer et puis qu’on les laisserait pas partir et qu’ils finiraient par être employés ici et qu’il ne reverrait jamais plus Avalon ni les membres de la Nouvelle Inquisition, ni même Rose ou Hassan ou Levi ou personne d’autre, même les Sabordage il les verrait plus parce qu’il serait occupé ici à être asservi au sein d’une usine et à manger de la purée tiède, périmée et dégueulasse.

Il se pinça l’arête du nez, soudainement fatigué, laissant le soin à Savannah de répondre à ce qu’ils étaient censés avoir fait chez le monsieur fictif qui les avaient lâchement abandonnés parce qu’ils ne parlaient pas français ou pour une autre raison tout aussi bidon. Il tendit cependant bien tôt l’oreille à l’une information lâchée par Esther, la plus intéressante d’entre elles : un temps libre. Dès ce soir. Après le repas. Une occasion de retrouver  Sooky. Sooky Helord. Il n’eut cependant pas le temps de se réjouir car, en face de lui, un grand gaillard qui sortait de nulle part avait saisi l’épaule de Savannah qui s’en retrouvait totalement tétanisée. Et si Esther l’avait poliment mais fermement incité à lâcher prise, le regard du nouveau venu semblait presque malveillant aux yeux d’Alfie lorsqu’ils se toisèrent mutuellement. Au bout de quelques instants silencieux, le trentenaire baissa le regard et secoua la tête : « Non, on est pas là pour chercher des noises à qui que ce soit, hein Sarah ? »

« Sarah, hm ? » interjeta le nouveau venu. S’il ne touchait plus Savannah, il restait quand même bien curieux par rapport à elle pour qu’Alfie considère le nouveau venu comme n’étant pas dangereux. Elle restait silencieuse, et il se vit donc contraint de détourner la conversation après un regard en direction d’Esther, qui toisait toujours le dit-Daniel. «  Oui, on est ven… » Il se fit rudement interrompre comme s’il n’était qu’une mouche déplaisante. Voilà qui n’aidait pas Daniel à se rendre aimé de ses nouveaux collègues. « Et vous êtes arrivés quand les nouveaux ? »

La question prit Alfie de court. Bien entendu, il ne savait pas que Daniel était à côté de Savannah dans la file, il ne savait pas non plus qu’il avait observé un peu trop longuement la jeune femme au moment où ils s’étaient mêlés aux autres. Mais Daniel avait l’air suffisant. Comme s’il savait quelque chose, et ses questions et son air faisaient clignoter des panneaux lumineux indiquant DANGER dans le crâne d’Alfie. Alors il tenta d’être le plus décontracté possible, haussa les épaules et répondit en tentant de regarder son interlocuteur le plus naturellement possible. « On est arrivés aujourd’hui, on découvre. Première fois au réfectoire, première purée d’une longue liste apparemment… C’est ça Esther ? » Détourner la conversation, rester vague. C’était les principes de base qu’il avait appris un jour pour ne pas trop donner d’informations sur soi. Impliquer un tiers était également intéressant, d’où la purée…. Si Alfie avait su que ça lui sauverait la mise. Encore fallait-il que Savannah reprenne ses esprits, et que l’autre Daniel se désintéresse d’eux ?



Et la suite?
OUI : par chance, Daniel se lasse (probablement parce qu'Esther le rabroue sèchement...) Ils peuvent respirer encore un peu.
NON : tu croyais que c'était fini? Et beh non ! Et ça empire, parce qu'Esther joue également les curieuses maintenant et rebondit innocemment sur la question. Chouette !

Par chance, ça marcha. Daniel n'était probablement pas satisfait de leur réponse, mais enfin, finalement il s'écarta de Savannah. Alfie observa la jeune femme qui lui paraissait soudainement tellement frêle. Et pâle. Etait-elle aussi pâle auparavant? Etait-ce la lumière du réfectoire? En baissant le regard sur les mains de la jeune fille il lui semblait apercevoir des tremblements. Le regard d'Alfie passa du dos de Daniel qui s'éloignait au visage de sa coéquipière. La petite voix inconfortable au fond à droite de sa tête voulait prendre plus de place, voulait le remuer, le secouer, le voir s'effondrer. Ha. Tu vas échouer, regarde-là, même pas capable de se tenir correctement. Elle va craquer, et toi avec. Vous allez échouer et rester ici le reste de vos vies. Inutiles. Comme à Tintagel.

Il ne savait rien de Savannah, c'était un fait. Si la présence et le toucher de Daniel l'avait autant affectée, il était possible que ce soit à cause d'une agression, à cause de son vécu. Et tout mettre dans des boites séparées pour compartimenter les sentiments n'était pas donner à tout le monde. Alfie se contenta donc de fixer la jeune femme en silence quelques instants, avant de se tourner vers Esther, prêt à faire la conversation. Il fallait qu'ils l'interrogent sur Sooky, si ça se trouve elle la connaissait. Mais pas tout de suite, il fallait la mettre en confiance, parler un peu de tout et de rien d'abord.

«Hm, maintenant qu'il est parti... Il est toujours comme ça. D'autres anecdotes à raconter sur lui? Ou bien est-ce qu'on doit se méfier d'autres personnes un peu bizarres ici? » Esther sourit à sa question :  « T'en fais pas il est pas méchant, juste un peu lourd..! Mais attendez je dois bien avoir quelques anecdotes à vous raconter. La vie ici n'est pas si morne, vous savez. Ne vous fiez pas à la purée on s'y fait...» Alfie se permettait de douter de la non-méchanceté de Daniel. Il semblait  en savoir un peu trop. Alfie ne savait pas ce qu'il savait. Si ça se trouve, Daniel était directement parti voir les geôliers ! Il jeta un coup d'oeil aux tables alentours mais ne le vit pas debout. Il faillit cependant croiser le regard d'un gardien et baissa la tête au dernier moment, le coeur battant. Etait-il assez voûté sur lui-même? Dans le doute, il resserra ses bras autour de lui et enfonça la tête dans ses épaules avant de tourner à nouveau son attention sur Esther.  « J'ai hâte... » La vie ici semblait pitoyable. S'ils se couchaient aussi tôt, c'était que les horaires ici étaient moitié-moitié : à 6h, toute l'équipe du jour était déjà à l'usine pour travailler. Travailler 12 heures par jour, tous les jours, ce n'était pas une vie. Il n'eut pas le temps de rajouter quoi que ce soit, car Esther s'était déjà détournée de lui pour poser une question qui fâchait : « Sarah, tu vas bien? Tu n'as pas l'air dans ton assiette...»
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Re: [Mission avec Alfie] Hé ho, hé ho, on rentre du boulot
ce message a été posté Sam 21 Jan - 19:42
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Re: [Mission avec Alfie] Hé ho, hé ho, on rentre du boulot
ce message a été posté Mar 31 Jan - 20:41
Elle ne répond pas la première fois quand on prononce son prénom d'emprunt. Même si cela vient d'Alfie qui de toute façon ne l'interpelle que par principe. Sa voix ne lui est pas encore assez connue, pas encore assez familière pour attirer son attention - sa voix n'est pas celle de Jacks. Parce qu'il y a ce danger. Trop prêt, trop pesant la voix à défaut de la main, tout autour d'elle. Au dessus d'elle. Cet homme, juste là, juste derrière, cet homme qu'elle ne connaît pas. Il ne la touche plus, au moins, mais elle a l'impression de toujours sentir le poids de cette main, la serre de ses doigts sur son épaule. Et elle sait qu'il est toujours là, elle le sait non seulement par sa voix, mais par son aura, ou quoi que ce soit qui lui indique qu'il est toujours là, juste derrière elle.

Son coeur bat trop fort, trop vite, dans sa poitrine et dans ses veines et dans ses tempes et elle n'entend plus, ni les voix autour d'elle, ni les bruits de pas qui se confondent avec le martellement dans sa tête alors que l'intrus s'éloigne. Sa main tremble, toujours, et ses doigts sont tellement serrés autour de la cuillère qu'on ne sait qui cèdera en premier de sa peau ou du métal de mauvaise qualité. Et même s'il n'est plus là, même si elle le sait, elle le sent, c'est comme si ça n'avait pas disparu, comme le poids sur son épaule, le souffle fétide et la voix qui résonne encore en même temps que le métal qui s'entrechoquent et les milles conversations et les semelles sur le sol et le bois qui grince et...

Elle ne répond pas plus la seconde fois que l'on prononce son prénom d'emprunt. Parce qu'elle ne reconnaît pas, n'entend même pas la voix. Parce qu'elle ne reconnaît pas le nom, surtout, que ce n'est pas le sien, définitivement pas. Qu'elle a déjà du mal à se rappeler qui elle est, en fait, dans ce genre de moment, parce que tout ce à quoi elle peut penser, qui tourne et tourne et tourne et tape et martèle dans son esprit c'est le danger. Même s'il n'est plus là, directement. Parce qu'il peut être partout autour. Dans cette cuillère qui retombe sur la table. Dans le rire aussi vite étouffé d'une femme derrière elle. Dans cet homme vouté qui passe derrière cette femme sans même leur jeter un regard, cette femme qui elle a ses yeux fixés sur elle et qu'elle ne la lâche pas et qu'elle semble même un peu inquiète. Pas d'elle. Pour elle. Et Savannah écarquille un peu les yeux, une seconde, à se demander qui elle est, ce qu'elle fait là, pourquoi elle s'inquiète, avant que les mots que son cerveau a enregistré mais qu'elle n'a pas entendu lui parviennent enfin. « Sarah, tu vas bien ? Tu n'as pas l'air dans ton assiette... » C'est à elle qu'elle s'adresse. C'est elle, Sarah, pour quelques heures du moins. Elle ne doit pas être Savannah, elle ne doit pas penser Savannah, elle ne doit pas avoir peur de son ombre. Elle doit être Sarah et trouver rapidement Helord sans se faire repérer.

Contrairement à ses mains désormais moites, sa bouche est cependant trop sèche pour répondre. Elle ignore sciemment le tremblement de ses mains lorsqu'elle se saisit de son gobelet en carton pour boire une gorgée d'eau avant de pouvoir articuler. « Ca... Ca va, oui. Désolée, c'est. De mauvais souvenirs. » Elle ne creuse pas plus la question, grimace un sourire maladroit même pas vraiment sur-jouer. Son cœur bat toujours un peu trop fort, un peu trop irrégulièrement, mais elle peut faire avec. Elle peut continuer. Et elle jette un regard à Alfie - Peter - comme pour lui affirmer que tout va bien. Elle gère. Et d'ailleurs, son moment d'égarement pas encore tout à fait terminer semble avoir attirer un peu plus encore la sympathie d'Esther sur elle, si ce qu'elle croit lire dans ses yeux est vrai. Alors elle continue, avant qu'Alfie n'est pu l'interrompre et l'empêcher de persévérer sur sa lancée : « J'ai un peu peur de ce genre de surprise.. Peut être que tu pourrais nous donner quelques indications sur les gens qui sont ici ? » Tout y est, le petit regard presque humide encore, la voix légèrement tremblante, les yeux un peu fuyant qui passent sur ceux qui les entourent alors sans se fixer avant de revenir sur leur interlocutrice... Qui lui sourit, de nouveau un peu plus enthousiaste - à croire que la nouveauté a assez d'attrait pour la sortir un peu de son quotidien trop morne.

Bien sûr. Venez, on va reposer tout ça, si on veut pas être de corvée de nettoyage ; je vais vous présenter un peu tout le monde, en même temps. » Joignant le geste à la parole, Esther est déjà debout, son assiette dans une main, celle libre leur désignant différents groupes de personnes, ça et là tout en parlant : « Ici, vous avez les Polonais. Ils ne parlent pas très bien anglais, même après toutes ces années, mais ils sont vraiment sympa. Là, vous avez Logan, Mary et John. Ils se connaissaient d'avant, vous savez... » La mine plus sombre, ils savent tous très bien de quoi elle parle. Et elle continue, leur désignant un groupe et l'autre, discrètement, alors que Savannah et Alfie la suivent. « ... et là bas, ce sont Sooky et Raymond. Ce sont nos doyens, en quelque sorte. Assez en forme pour travailler, pourvu que ça dure. » Et Savannah écoute religieusement, essayant de se souvenir de chacune des informations qui lui sont donnés. Sans se rendre compte qu'on vient de lui désigner leur cible, la personne qu'ils doivent sauver, alors que le prénom pourtant si particulier ne percute pas. Savannah en est plus à retenir les informations sur les différents caractères, les gens à qui s'adresser... Qui s'avèreront inutiles puisqu'ils doivent repartir. S'ils y parviennent, bien sûr. Mais pour cela, peut-être qu'il faudrait qu'ils soient un peu plus attentif quand, enfin, il s'agit d'identifier celle qu'ils sont venu sauver... Seulement, Savannah est encore en train de lutter intérieurement pour ne pas se laisser submerger par le stress. Alors, c'est presque une bonne excuse, non?

Qu'est-ce que leur nouvelle amie leur apprend ?:
 
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Re: [Mission avec Alfie] Hé ho, hé ho, on rentre du boulot
ce message a été posté Mar 31 Jan - 20:41
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Nouvelle Inquisition. Moldu chez les Sabordage, mention porteur de caisses. Exècre la Callaghan, hypocrite selon lui. Et qu'on ne lui parle pas de Kark, les Mangemorts c'est tous des pourris! Mordu à la Tour des médias par le garou Blackburn, il kiffe (non).
Re: [Mission avec Alfie] Hé ho, hé ho, on rentre du boulot
ce message a été posté Lun 13 Fév - 12:26
La dernière phrase de la jeune femme qui leur montrait les gens à retenir – des gens probablement à interroger – fit bondir le cœur d’Alfie dans sa poitrine. Elle avait bien dit Sooky en montrant les deux quinquagénaires, un peu plus loin là-bas ? Elle avait vraiment dit ça ? Il jeta un regard à Savannah mais elle semblait complètement à l’ouest, dans son monde. « Ouais… Pourvu que ça dure… » marmonna-t-il. Esther lui sourit de manière gênée avant de continuer sa tirade, mais son interlocuteur ne l’écoutait que d’une oreille. Ils dépassèrent le petit groupe de Sooky et Raymond et posèrent leurs plateaux à l’endroit dédié. Le sorcier qu’Alfie avait remarqué au service n’était nulle part en vue ; le simple fait qu’un sorcier travaille dans une usine à servir des moldus l’étonnait. Logiquement cela aurait dû être comme ce que Rose lui racontait pour la maisonnée des Kark : un détachement d’hommes et de femmes avaient pour mission de servir ceux qui travaillaient à destination des sorciers. Alors qui sait, peut-être qu’il s’agissait d’une punition pour un sorcier récalcitrant ? L’idée arracha un sourire amer à Alfie : si les sorciers se punissaient entre eux en étant envoyés bosser chez les moldus, comme ils les appelaient… Où allait le monde ?

En attendant, les hommes et les femmes qu’il voyait tout autour de lui semblaient épuisés. Des cernes violettes autour des yeux, les gestes lents et las d’une vie monotone. Alfie avait peur pour eux. Ce n’était pas une vie, mais il ne pourrait pas tous les délivrer. Soudainement, le médaillon magique qu’il portait autour du cou lui sembla brûlant. Il s’humecta les lèvres et suivit la petite troupe qui se détournait du réfectoire, passant devant des gardiens qui, encore une fois ne semblèrent pas leur chercher des noises – cette fois-ci, Alfie leur jeta un coup d’œil plus attentif. Même les gardiens semblaient ennuyés à mourir, fatigués de leur vie minable. Ceci expliquait sans doute le fait que la sécurité aie autant de trous. Tant mieux, ça leur avait grandement facilité la tâche.

Alfie jeta un dernier regard en arrière, pour graver le visage de la femme aux yeux clairs et aux cheveux grisonnants dans sa mémoire, avant de quitter la pièce.

Ce qu’ils appelaient salle commune était en réalité une pauvre salle attenante à la salle de bains commune et au réfectoire. Quelques bancs étaient placés le long des murs, mais il y avait peu de place. La plupart des ouvriers tournaient alors en rond, histoire de se dégourdir les jambes et de discuter en sourdine entre eux. D’autres profitaient de ce moment pour aller se laver et se rafraîchir. Alfie eut aussitôt l’image d’une cour de prison. Une cour de prison où on permettait aux prisonniers de se dégourdir les jambes pendant une heure avant de les renvoyer en cellule. C’était terrible. Mais ils se mêlèrent aux autres. Esther leur avait présenté la salle d’un « Tadaaa! » triomphant qui contrastait avec toutes les possibilités qui n’étaient pas offertes, mais elle semblait joyeuse. C’était probablement l’heure de la journée où ils étaient le plus libre. « Et du coup, ça permet de… marcher ? » fit Alfie. Sa voix était moins assurée qu’il ne le souhaitait. « Oui, marcher, se détendre, rigoler un peu. C’est le seul réel moment où on peut se mêler les uns aux autres. D’ailleurs n’hésitez pas à le faire, hein, soyez pas timides ! »

Alfie arracha un petit rire qui semblait dire ‘haha, moi, timide ?’, mais en réalité il n’en menait pas large. Et à côté de lui, Savannah semblait toujours… étrange. Il posa sa main sur son épaule et lança un « Allez petite, on va aller marcher un peu. Merci Esther, je pense qu’on va suivre ton conseil, à plus tard ! »

Et ils s’éloignèrent en marchant lentement, comme pour faire une simple balade. Alfie sentait cependant les regards des ouvriers de l’usine. Ils étaient nouveaux et attiraient le regard comme une mouche était attirée par le miel. Merde… Ca n’allait pas rendre l’approche facile. Et Savannah qui ne disait rien depuis tout à l’heure. « Même Esther a remarqué qu’il y avait un problème, qu’est-ce qui t’arrive bon sang ? » murmura-t-il. Pas de réponse. Il regarda le mur en face d’eux et continua. Si elle ne voulait pas répondre, tant pis, mais il n’allait pas mettre en péril leur mission. « Sooky et… Réé… Raymond, je crois. Tu les as vus, nos doyens ? Peut-être qu’ils pourront nous aider à trouver nos repères ici, c’est pas bête hein ? Ils doivent connaître tout le monde. » Blablater, toujours blablater, trouver une justification plausible pour se rapprocher d'eux. Si jamais on écoutait leurs conversations, on ne trouverait rien que deux nouveaux à l’usine essayant de trouver leurs repères. Alfie essayait d’être malin cette fois-ci. Ils ne pouvaient pas utiliser autre chose que la ruse pour ne pas se faire repérer de toute manière. Il espérait juste que ça allait marcher sur le long terme.

Quelques minutes de marche plus tard et quelques sourires volontairement échangés avec Esther d’un bout à l’autre de la petite salle, Alfie vit enfin les deux doyens de l’usine faire leur apparition dans l’encadrement de la porte. Il se tourna vers Savannah et lui donna un léger coup de coude pour attirer son attention. Ils leur laissaient le temps de s’installer sur un banc non loin de la porte et incita Savannah à le suivre.

« Raymond ? Sokie ? » Les deux concernés levèrent la tête vers les nouveaux arrivants. Sookie le détailla de bas en haut, puis de haut en bas, et répondit après quelques secondes de silence. « C’est Sooky, mon garçon. Qu’est-ce que vous nous voulez ? » « Euh. On… On est nouveaux, c’est tout. On venait se présenter un peu et puis voir si vous aviez pas quelques conseils à nous donner tout ça. » Raymond hocha la tête, et Alfie lui présenta son air le plus avenant. Il fallait juste qu'ils se débarrassent de lui avant.[/color]
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Re: [Mission avec Alfie] Hé ho, hé ho, on rentre du boulot
ce message a été posté Mer 22 Fév - 11:03
Autant Savannah détestait le comportement intrusif du dénommé Daniel, ses questions inquisitrices et ce contact qu'il lui avait imposé, autant ce n'était rien comparé à l'agacement profond qu'elle ressentait sous les remarques désagréables d'Alfie. Au moins avait-il, cependant, le mérite de l'ancrer à la réalité et d'éloigner les démons ; une réalité où elle avait très envie d'enfoncer son talon sur ses orteils et d'appuyer, de toute ses forces. Rien de bien méchant, en somme, juste de quoi lui faire ravaler ses mots blessants. Elle ne s'attendait pas vraiment à ce qu'il comprenne, pas même à ce qu'il s'inquiète pour elle, en fait. Ils ne se connaissaient pas assez, pas du tout même, mais elle ne demandait pas ça. Elle n'avait pas envie qu'un quasi inconnu s'apitoie sur son sort ; elle n'avait pas envie que quiconque s'apitoie sur son sort. Mais de là à pratiquement la bousculer ? "Ca ne te regarde pas." Elle a simplement marmonner entre ses dents, peu sûre qu'elle l'entende et sans que cela ne soit de toute façon son but. Mais cela lui permet déjà d'évacuer un peu du stress accumulé depuis le début de la soirée - des jours, en réalité. Et de reporter sur Alfie, qui, il faut bien l'avouer, n'a rien fait pour améliorer la situation, toutes ces émotions négatives, ce trop plein dont Daniel n'avait été qu'un élément de plus. Et il était beaucoup plus facile d'en vouloir à l'homme qu'elle avait toujours à ses côtés qu'à celui qui devenait insignifiant pour elle, à partir du moment où il était parti.

Elle s'efforce pourtant de ne pas intervenir, de ne rien montrer si ce n'est un sourire crispé quand il l'assomme de bavardages inutiles. Ou pas tant que ça. Parce que c'est quand il prononce lui-même le nom de leur cible désignée qu'elle finit par comprendre. Sooky. Comme la femme qu'ils sont venus chercher. Et il faut qu'il les lui désigne, qu'il l'entraine avec elle pour que ses propos finissent par s'imprégner dans son esprit ; elle est juste ici. Accompagné d'un homme dont elle se rappelle maintenant qu'Esther lui a dit qu'il était le doyen ; lui et la femme, donc. Une réalisation qui la frappe aussi vite qu'Alfie l'entraîne vers eux. Et qu'il engage le dialogue. Sans qu'ils ne se soient une seconde consultés sur la marche à suivre désormais. Et il comptait faire quoi, exactement, après l'avoir approchée ? Et elle, elle était censée faire quoi ? Lire dans ses pensées la suite de son plan ? Après tout, rien de tout ce qui se passait depuis un petit moment n'avait pu être prévu par avance, pour la simple et bonne raison qu'ils n'avaient aucune idée de ce qu'ils allaient trouvé à l'intérieur. Parce qu'ils n'avaient pas les moyens de se renseigner réellement ; parce qu'aucun esclave ici n'était assez intéressant pour être ensuite racheté pour une maison digne de ce nom. Aucune information facile d'accès, donc. Ils avaient juste pu savoir comment entrer, en comptant sur une bonne dose de chance - et, pour être honnête, ils en avaient plus que leur dose jusqu'à maintenant - mais c'était bien tout et depuis avançaient à l'aveugle. Mais, du coup, elle ne savait absolument pas ce qu'il voulait d'elle, maintenant. A moins qu'il ne compte sur elle pour simplement faire la potiche et attendre qu'il en ai terminé ?

Sauf que devant l'absence d'indications de sa part, elle n'allait certainement pas rester les bras croisés. Et c'est avec son plus beau sourire réservé, toujours un peu tendu malgré tout, qu'elle se permet d'intervenir : "On a jamais travaillé en usine, et on se demande un peu ce qui nous attend..." Ce n'est pas Sooky, pourtant, qui lui répond, même si Savannah est explicitement tourné vers la femme, mais le rire un peu gras, un peu désabusé de l'homme qui l'accompagne. "Je ne suis pas certain que ce serait un cadeau de vous dire quoi que ce soit. L'ignorance est parfois bien meilleure amie que la connaissance, surtout quand on voit ce que l'avenir vous réserve ici." Sookie lève une seconde les yeux au ciel, visiblement peu amusée par l'humour douteux de son compagnon. "Ne l'écoutez pas. Ce n'est pas pire qu'ailleurs, ici. On travaille, on mange, on dort. C'est tout. Au fond, rien qui ne change beaucoup de nos vies d'avant. L'illusion de liberté en moins." Des paroles désabusées, qui provoque un long frisson le long de la colonne vertébrale de Savannah. Ils ne se battent pas pour ça. Ils ne se battent pas pour si peu ! Ils lui montreront. Ils lui montreront, parce qu'ils vont la sortir de là, même si ce doit être contre son gré. Et d'ailleurs, il est plus que temps de passer à l'action s'ils ne veulent pas finir par se faire repérer. Par attirer l'attention des gardes, et pas seulement des quelques ouvriers curieux de nouveauté qui ne cessaient de les dévisager. Et la jeune esclave ne retient pas une grimace de déformer ses traits pâles aux mots plus que défaitistes de celle qu'ils doivent délivrer. Comment lui faire comprendre, maintenant, qu'ils doivent la faire sortir d'ici ?

C'est bien beau de l'avoir trouvé, mais maintenant, il faut sortir ! Sauf que ?:
 

Ils devaient y penser, tout autant qu'ils devaient penser à comment sortir. Autant rentrer était moins difficile que prévu ; qui iraient se méfier de gens voulant sérieusement intégrer les rangs des esclaves trimant toute la journée ? Non, ici, ils l'avaient vite compris en observant l'usine, les gardes n'étaient là que pour éviter tout débordement de l'intérieur, toute bagarre qui pourrait amener à une révolte ou à un trop grand nombre d'esclaves en incapacités de travailler. La sous-estimation des moldus et des actions qu'ils pourraient mener les empêchaient bien souvent de croire qu'ils pourraient vouloir entrer pour mener une action de l'intérieur. Grand bien leur fasse ; ils leur montreraient de quoi ils étaient capable. De même, les esclaves et l'enceinte étaient surveillés, mais pas les bâtiments en eux-mêmes ; cela serait employer trop de sorciers pour surveiller des stupides moldus trop faibles pour agir... Ah. Ils leurs montreraient. Vraiment.

Et le sourire, plus faible, est de retour sur les lèvres de Savannah. Comme découragée par les propos tenus. Mais qui ne se démonte pas totalement pour autant. "Sookie... Vous pourriez me montrer où sont les toilettes, s'il vous plaît ? Autant connaître aussi bien les lieux que possible si on doit y passer les trente prochaines années..." Elle ignore Raymond qui a un nouveau rire désabusé sur son optimiste quand à leur durée de vie ici, et sent son coeur accélérer d'inquiétude à l'air si peu coopératif de la femme. Qui finit cependant par acquiescer. "Très bien. Viens avec moi. Et Savannah de hocher la tête. Avant de glisser le plus discrètement possible dans la main d'Alfie le briquet qu'elle avait conservé dans ses poches avant de partir. Qu'il fasse diversion, elle s'occupait de l'ingénieure ! Et une fois dehors, leur ami Phénix les sortirait de là.

Normalement.
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Re: [Mission avec Alfie] Hé ho, hé ho, on rentre du boulot
ce message a été posté Mer 22 Fév - 11:03
Le membre 'Savannah Michaels' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


'Lancer de dé ' :
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Nouvelle Inquisition. Moldu chez les Sabordage, mention porteur de caisses. Exècre la Callaghan, hypocrite selon lui. Et qu'on ne lui parle pas de Kark, les Mangemorts c'est tous des pourris! Mordu à la Tour des médias par le garou Blackburn, il kiffe (non).
Re: [Mission avec Alfie] Hé ho, hé ho, on rentre du boulot
ce message a été posté Mar 28 Fév - 22:30
Alfie sentit le briquet dans sa main alors qu’il regardait Savannah s’enfuir avec leur cible. Il baissa le regard, avisa l’objet dans sa paume et fronça les sourcils. Pourquoi un briquet? Et puis, à quoi voulait-elle que ça lui serve? Il soupira et se tourna vers le vieil homme avec qui on l’avait laissé. Celui-ci le regardait avec un air contrit, empli de pitié. L’Inquisiteur croisa ses mains dans son dos, l’air de rien. Et finalement, Raymond prit la parole. « Je sais pas ce qu’on t’a raconté sur cet endroit petit, mais clairement t’as pas l’air d’avoir conscience de l’endroit où t’as mis les pieds. » Alfie lui lança un regard en biais, puis décida de s’asseoir à côté de l’aîné des moldus de l’usine. Le regard de Raymond le suivit, teinté de tristesse. « Les patrons ne sont pas là souvent, mais quand ils sont là, t’as intérêt à te faire discret. Fais ton job comme il faut toute la journée, fais-toi petit. Surtout te fais pas remarquer gamin, ou tu vas pas faire long feu ici. »

Cette dernière phrase fit se tendir le trentenaire. Ne pas se faire remarquer ? Comment ? Et surtout, pourquoi ? Les propriétaires de l’usine étaient-ils si sadiques que ça ? Alfie jeta un regard autour de lui, le briquet toujours en poche. Leur réputation, l’absence totale de rébellion, presque un Je me contente de mon sort. Les paroles de Raymond mirent des mots sur ce sentiment qu’il avait en observant les autres détenus : c’était une aphasie qu’il avait du mal à comprendre, lui, membre de la Nouvelle Inquisition. Là pour changer les choses. Ici, dans cette usine, cet univers clos, personne ne fomentait de rébellion. Pas d’esprit revanchard. Tous les humains présents ici semblaient accepter le fait de se tuer à la tâche douze heures par jour. Les patrons… Absents aujourd’hui, de fait.  Mais tout ce petit monde semblait tourner à la perfection : une machine bien huilée et aucun grain de sable pour empêcher les choses de se faire comme elles devaient se faire.

Ca expliquait pourquoi les gardes avaient autant l’air de se faire chier à mourir.
Alfie resserra sa prise sur son briquet. Ils avaient peut-être une chance. Il se tourna vers Raymond, lui sourit. « On va faire attention avec Sarah. Merci du conseil. » Il se releva et se tourna vers le vieil homme avec un sourire aux lèvres. « Je vais faire un tour aux toilettes, mais on se revoit vite ! … Si vous voyez la fille avec qui j’étais, dites-lui que je suis là-bas, s'il vous plait. » ajouta-t-il. Un salut de la main, et il se détourna. Qu’allait-il faire ? Il jeta un regard en biais au garde qu’il entrapercevait à travers la porte ouverte qui menait au hall d’entrée et au réfectoire. S’ils réussissaient à le divertir. A passer devant lui, avec Sooky. Peut-être que s’ils étaient assez rapides ils pourraient arriver à leur point de rendez-vous. Peut-être que les gardes seraient trop lents pour donner l’alerte. Il faudrait qu’il appelle leur aide Phénix à temps aussi.

Alfie se dirigea vers la grande salle qui faisait office de salle de bain commune. Une grande salle, séparée par un muret au milieu auquel étaient adossés des bacs de lavabo. Militaire, austère, dégradé. Comme le reste de l’usine. Plus ça allait et plus l’Inquisiteur remarquait le niveau de vie déplorable des employés… des esclaves. Les cernes violettes autour des yeux, les pas lents de fatigue, les corps amaigris, les mains calleuses. Il faudrait qu’il en parle à Durham, ou à ses sbires. Ca ne pouvait pas continuer comme ça. Le poids de l’injustice pesa sur son estomac et s’enroula autour de sa gorge. Du coin de l’œil, il repéra Savannah dos à lui, et croisa presque aussitôt le regard de Sookie. Il se figea aussitôt sous la force du regard en question. Autoritaire. « Comment tu veux.. ? » l’entendit-il chuchoter. Alfie s’approcha le plus discrètement. De là où il était, il entendait Savannah essayer de lui expliquer les choses simplement. Il posa sa main sur son épaule, la faisant sursauter. « Désolé. Sooky, il faut… » « Je sais, Savannah s’est déjà donné bien de la peine pour me convaincre. Donnez-moi juste votre parole, vous aussi, que vous reviendrez pour tout le monde. Je ne peux pas les abandonner pour servir une cause dont je ne sais rien. »

Alfie regarda longuement les yeux noirs et fatiguées de la quinquagénaire. « Je le promets. » Promesse en l’air (il fallait sortir). Promesse qu’il allait essayer de tenir (injustice). Mais il y avait tant à libérer ?! Même lui était encore esclave, même s’il préférait se penser travailleur. Le fait d’avoir croisé des humains trimant dans de telles usines le faisait réfléchir sur leur condition. C’était intolérable. « J’en parlerai dès mon retour. Vous aussi. Mais pour ça on doit… » Sortir. La fin de sa phrase tomba dans l’oubli.

Sans dire un mot, il alla dans l’une des stalles et prit le dérouleur de papier toilette. Ils étaient peut-être esclaves, mais ils avaient toutefois une base d’hygiène. Uniquement la base. Le papier était friable sous ses doigts et Alfie avait la sensation de tenir de la laine de verre, mais il déroula le plus de papier possible dans la stalle et fourra son trésor sous son tee-shirt. Il testa également le briquet de Savannah afin de vérifier qu’il fonctionnait, et ressortit l’air de rien. Il croisa le regard de Savannah et toucha son collier : le symbole prévu pour qu’elle appelle Ryder à leur rescousse.

Son cœur battait à cent à l’heure. Il fallait qu’ils sortent. Maintenant.

Alfie sortit de la salle de bains commune, la sensation du papier toilette sous son haut le grattant et le démangeant. Il réprima une grimace et se dirigea d’un pas pesant et trainé vers l’un des bancs les plus éloignés de la cour. Baboum. Baboum. Vous allez vous foirer ! lui hurla la petite voix dans son crâne. Vous foirer et rameuter les patrons et vous allez être exécutés pour l’exemple ! .

Il vérifia que le garde qui était près de l’entrée ne le voyait pas, et s’assit. Il tenta, le plus discrètement possible, de sortir le papier journal de sous son pull et de le mettre au pied d’un banc. Il alluma le briquet en métal et laissa la flamme embraser le papier. Puis il se releva, s’éloigna et, lorsqu’il fut non loin de la porte, agrippa le bras d’un passant « Y’a un feu là-bas, appelle le garde dans le couloir ! » Il le lâcha, avisa Sooky et Savannah prêtes à sortir, et se rapprocha d’elles. Derrière lui, de la fumée commençait à se faire sentir et de l’agitation prenait les esclaves humains.

Il fallait que ça marche. Il fallait que ça marche.

Finalement, ce ne fut non pas un mais deux gardes qui entrèrent dans la salle. Il n’en fallait pas plus pour que Savannah s’élance dans le couloir, Sooky sur ses talons. Alfie les suivit, et avisa la porte. Il fallait courir. Son cœur battant tellement fort qu’il semblait vouloir sortir de sa poitrine, l’Inquisiteur articula un bref « Courir ! »

Peut-être que les portes n’étaient pas fermées. Sans doute qu’elles n’étaient pas fermées ? Elles… Savannah tourna la poignée. Elles n’étaient pas fermées. Alfie s’élança, avec l’impression assez fugace de courir pour sa vie, même si l’alerte ne semblait pas avoir été donnée. Ils se collèrent contre un mur du bâtiment d’où ils provenaient le temps de jeter un œil à l’angle, puis reprirent leur course pour refaire le chemin en sens inverse. Il s’agissait de revenir là d’où ils étaient venus : à l’espèce de renfoncement où Ryder devait probablement les attendre. Si le signal avait marché. Alfie voulut demander à Savannah si elle avait bien activé le signal, mais déjà il lui semblait que le souffle lui manquait.

La nuit tombée aidait fort heureusement les fugitifs à ne pas trop se faire repérer, mais malheureusement ils entendirent bien vite une alarme, peu avant d’arriver au renfoncement qui était leur point de rendez-vous avec Ryder. Pourvu qu’il n’ait pas pensé que c’était celui dans les collines !. Lors de leur réunion, ils avaient bien décidé que le Phénix, une fois qu’il sentirait son collier vibrer sous l’appel de son jumeau ensorcelé par ses soins, devrait retrouver les Inquisiteurs et Sooky au dernier endroit où il les avaient lâchés. Le dernier.

Alfie courrait. Il courrait, derrière Sooky qui semblait déjà hors d’haleine, mais il n’allait pas la laisser derrière. Hors de question, pas après tout ça. L’alarme lui donnait des ailes, mais également une envie furieuse de vomir les quelques bouchées de purée liquide qu’il avait avalées. C’était horrible. Ils allaient crever. Ils allaient être faits comme des rats. Si ça se trouve ils ne pourraient plus s’enfuir. Et si des barrières physiques avaient été levées ? Et si… Il entendit Savannah souffler de soulagement à ses côtés.

Ryder les attendait, dans l’ombre du renfoncement. Baguette à la main, il levait les yeux au ciel. «  Ce qu'ils sont cons, ils ont mis une barrière magique pour empêcher de sortir physiquement, mais ils ont pas bloqué les tranplanages...  »

Alfie s'arrêta, fébrile, hors d'haleine, dans l'urgence. Il jeta un regard noir à Ryder qui poireautait comme une fleur sorcier débile et lui désigna Sooky. Un souffle. « Vite. »

Fin de mission
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Re: [Mission avec Alfie] Hé ho, hé ho, on rentre du boulot
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