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❝ En quête de vérité - Victoria McKay ❞
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En quête de vérité - Victoria McKay
ce message a été posté Lun 13 Fév - 22:38
    Crevé. Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit malgré les efforts mis en œuvre pour trouver l’apaisement, puis le sommeil. Depuis que Maman et moi sommes revenus ici, mon âme ne connaît plus le repos. Je me torture l’esprit, littéralement. Je ne connais ce monde que par Maman, ce qu’Elle a pu me raconter, ce qu’elle ressent. Je n’ai rien vu de mes propres yeux si ce n’est la cruauté des mangemorts lors de Tintagel. Mais le monde n'est ni tout noir, ni tout blanc, cette vision manichéenne est biaisée ou du moins c’est ce que j’espère, ce que je m’efforce de croire. Et puis, il y a papa dont je ne sais que penser. Maman est-elle vierge de tout ce qui a pu se produire avant son départ, aurait-elle aussi sa part de responsabilités ? Toutes ces questions sans réponses me taraudent davantage au fil du temps. Ce retour en Grande-Bretagne a éveillé ma curiosité et mon envie de comprendre mon histoire.

    Au petit matin, je rejoins Maman et l’embrasse. Rituel matinal, seul moment où je peux lui exprimer ma tendresse. Nous partons tôt, à la recherche de nouvelles planques pour l’Ordre. Nous devons en changer régulièrement et nous disperser pour rester inaperçus. Cette vie quasi-nomade me convient pour le moment, je n’ai pas envie de rester entre les quatre mêmes murs pour le restant de mes jours. Je ne peux me résoudre à brider la liberté que Maman m’a offerte au prix de la passion qui l’animait jadis.

    Des arbres à perte de vue, des mousses, de l’herbe piétinée recouverte par la boue. Il pleut. Le ciel est obscurci par les nuages gris. Les éclaircis matinales se font rares. Ces forêts britanniques sont vraiment différentes que celles que j’ai connu en Amérique du Sud où les odeurs florales se mêlaient aux couleurs chatoyantes des végétaux. J’ai peu de souvenirs de mon enfance ici et la flore n’en fait pas parti. J’ai l’impression d’être un étranger sur ma propre terre. Je ne me sens pas chez moi. Rien ne me donne l’impression d’être le bienvenu, pas même cette fine pluie qui ne cesse de me mouiller la tête. Si Maman ne m’avait pas trainé, je n’y serais pas. Quitte à être ici, je compte bien ne pas perdre mon temps même si Elle le prend mal.

    La densité de cette forêt est propice pour rester à l’abri des potentiels trouble-fêtes. Plus nous avançons et plus nous nous enfonçons dans ce lieu, jusqu’à tomber nez à nez avec l’embouchure d’une caverne. Creusée dans la roche et recouverte de lichen, elle est très clairement artificielle comme l’indiquent ses parfaits contours. L’érosion n’aurait pas pu produire une forme d’une telle courbure. S’agit-il d’un vestige laissé par les moldus ou serait-ce le produit d’un sortilège ?

    Je prends ma baguette et la pointe vers l’obscurité : LUMOS. Elle semble vide. La boule de lumière jaillit jusqu’au fond de la grotte. Sa trajectoire n’est pas arrêtée. Je regarde Maman, l’air de lui demander la permission de m’approcher. Néanmoins, de nature méfiante due à nos années de cavales, j’avance doucement, pas à pas. Malgré l’incident de Tintagel et l’assurance que j’ai pu acquérir, mes habitudes primaires ont la vie dure.

    Je présume qu’il n’y a personne. Toutefois, je dois m’en assurer. D’un moulinet du poignet, je murmure : Hominum revelio. Aucun signal. Sommes-nous seuls ou bien une créature magique nous attendrait-elle ? Mon expérience m’a déjà montré que seuls les humains sont détectables avec ce sort, à moins que je ne sois qu’un piètre sorcier. Je me tourne vers Maman :


      - Qu’en penses-tu ? On peut y aller ?


    Je m’en remets à son jugement, après tout, c’est ce que j’ai toujours fait.
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Re: En quête de vérité - Victoria McKay
ce message a été posté Sam 18 Fév - 17:07




en quête de vérité
(mi-février 2046)

Mother, make me
Make me a big tall tree
So I can shed my leaves and let it blow through me
Mother, make me
Make me a big grey cloud
So I can rain on you things I can’t say out loud

Marcher. Avancer. Marcher encore. Avancer encore. Un temps de chien, bienvenue en Angleterre ! Mais quelle Angleterre… Elle ne sent plus les gouttes de pluie qui glissent sur son visage, elle n’attend plus du soleil de venir la réchauffer. Elle se souvient qu’au début, elle faisait l’effort d’utiliser le sortilège du parapluie mas ce n’est plus le cas : Donan n’est plus un enfant qu’il faille préserver de la pluie, et au bout de vingt-cinq ans de fuite, ils sont au-delà de tout ça. La pluie n’est pas torrentielle, leurs affaires sont imperméabilisées, il n’y a pas de quoi se plaindre.

Marcher. Avancer. Marcher encore. Avancer encore. Où vont-ils ? Elle ne sait pas exactement. Ils marchent. Ils avancent. Ils ne restent pas au même endroit, c’est le plus important. Une brève rencontre avec Eoin a été suffisante pour lui donner des frissons en pensant aux McKay… Et aux Avery, bien sûr. Pour elle ? Non, elle ne s’inquiète plus pour elle. Mais pour Donan. Il ouvre la voie, grand et fort. Il ne semble rien craindre, mais le retour en Grande-Bretagne l’a changé. Le jeune homme dynamique et curieux semble s’être accordé à la météo du son pays natal, et semble être devenu morose, démotivé, gris. Ou est-ce seulement la maturité ? Ce dont elle est sûre, c’est qu’il a changé. Puis, il a grandi aussi. Ça, c’est un détail qu’elle oublie toujours.

Marcher. Avancer. Marcher encore. Avancer encore. Combien d’heures cela fait-il ? Elle ne compte plus. A-t-elle déjà compté ? Oui, au début. Comme c’était dur, au début. Mais pour qui est-ce que ça ne l’aurait pas été ? Issue d’une famille sang-pure, elle a cru qu’être ouvertement amie plutôt qu’être hypocrite avec des sorciers de bas rang était la révolution. Comme elle avait tort. Elevée dans un confort raffiné, elle a cru que courir sous la pluie et rouler dans la boue sous le regard exaspéré de sa famille était l’aventure. Comme elle avait tort. Convaincue par l’idéal d’égalité et de liberté, elle a cru que cette croyance ferme serait sa nourriture, sa couverture, sa force. Comme elle avait tort… Elle a eu faim, elle a eu froid, elle a eu peur. Mais elle a continué. Elle a pleuré, elle a traîné, elle a pensé, elle s’est énervée. Mais elle a continué. Fuir, toujours fuir ! A quoi bon ? Pour lui, d’abord nourrisson qu’il fallait désespérément faire taire, enfant imprudent et parfois trop rapide, adolescent curieux et téméraire, jeune homme énergique à l’esprit fin malgré une éducation biaisée. Pour lui, aujourd’hui homme adulte qu’elle ne sait pas reconnaître.

Marcher. Avancer. Marcher… S’arrêter. Une caverne semble-t-il. Son fils s’y aventure en premier, et c’est bien là qu’elle le reconnaît. Il avance avec prudence, pour ne pas l’effrayer. Son sortilège de repérage ne donne rien de concret. Qu’en penses-tu ? On peut y aller ? Incantatem Revelio. Rien non plus. Toujours vérifier deux fois. Au minimum. Elle hoche la tête, et ils se risquent à avancer plus profondément dans la caverne. Pas d’être humain, pas de sortilège, ça semble être bien parti. Tant mieux. Les cinq sens de Victoria sont sous alerte, elle guette tout son, tout mouvement qui pourrait provenir d’un troisième parti. Dans ce cas présent, il s’agirait surtout d’un animal, mais on ne sait jamais. Les Mangemorts sont des êtres sournois, qui se cacheront dans les coins les plus sombres en attendant le moment le plus opportun pour se révéler.
Immédiatement, elle se met à formuler des sortilèges de défense pour protéger l’entrée au moins. C’est un réflexe, son premier. Une attaque pourrait provenir du fond de l’antre, mais au moins, les éventuels passagers extérieurs ne pourront les repérer s’ils passent devant.

Elle se retourne. Ça n’a pas l’air si mal. Elle s’étire et fait à l’occasion craquer quelques vertèbres. Elle commence à vieillir, elle le sent. Est-ce qu’il y a encore quelque chose en réserve ? Se nourrir avec parcimonie, mais se nourrir tout de même. Un véritable défi quand on est fugitif. Elle regarde dans son propre sac extensible, il n’y a rien. S’il n’a rien non plus, il va falloir chasser.
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Re: En quête de vérité - Victoria McKay
ce message a été posté Dim 19 Fév - 17:04
    Nous avançons dans cette caverne humide, froide et sombre. Maman fait une dernière vérification, un réflexe, un sixième sens. Ses instincts primaires font de cette lionne une véritable forteresse pour son lionceau. Jamais elle n’aurait laissé sa progéniture dans un lieu si elle n’était pas sûre de sa sécurité. Avant de montrer les griffes et les crocs, elle préfère assurer ses arrières pour dissuader les éventuels assaillants. Aucun sortilège, l’endroit est sécurisé. Je reste tout de même sur mes gardes, l’expérience montre que les Mangemorts sont partout. Mieux vaut prévenir que guérir, elle protège l’entrée.

    La voilà qui entame le sujet qui fâche : la nourriture. Elle n’a rien. Je n’ai rien. Je n’ai rien pris avec moi. À trop compter sur ma mère, je nous mets dans l’embarras. Comme-ci ces années de cavale n’avaient pas été suffisantes, même à l’Ordre nous ne sommes rien de plus que des fugitifs qui ne peuvent s’alimenter sans efforts. Je me souviens de ces longs hivers où Maman se sacrifiait pour me laisser le peu que nous avions. Je n’ai pas à me plaindre, les fois où je n’ai pas mangé à ma faim se comptent sur les doigts d’une main : mais à quel prix ? Un prix qu’elle seule a payé. Je lui suis redevable de son amour, de son dévouement. Maintenant que je suis un homme, l’appareil doit être rendu.

    - Rien, nous devons chasser.


    Je soupire, nous allons devoir nous débrouiller sous cette pluie qui n’en finit plus. Je ne connais pas le lieu, je n’ai rien vu en passant si ce n’est un court d’eau en contrebas. Du gibier devrait logiquement s’y trouver. Plus on s’approche de l’eau, plus on aura de chances d’avoir de quoi se mettre sous la dent. Vu le temps, je ne suis pas très optimiste, ce sera sûrement des baies. Nous devons nous résoudre à sortir, le climat nous met à l’épreuve, le vent se fait de plus en plus fort. En franchissant l’entrée de la caverne, je suis toujours aussi impressionné de voir à quel point les sorts de Maman sont efficaces. Je perçois à peine le sortilège alors qu’il m’est familié, impossible pour un sorcier lambda de le sentir.

    - Allons-y, je crois savoir où nous rendre.


    De nouveau, nous marchons. Au-delà de notre recherche, j’essaie de prendre mon courage à deux mains. C’est une épreuve bien plus difficile que Tintagel. Me confronter à ma propre mère est plus compliqué que ce à quoi je m’étais imaginé. Tout ceci me tourmente, mais je n’ai plus le temps ni l’envie de me contenter de non-dits. Je ne suis plus un enfant, j’ai le droit de savoir. Faut-il encore avoir le cran de lui manifester mes angoisses, mes peurs, mes interrogations. Elle pourrait le prendre pour elle, pour une attaque, pour de l’ingratitude. Je ne veux pas le vexer. Vouloir parler de mon père ne remettra jamais en doute l’amour que j’ai pour elle.

    - Maman …


    Je me tais, nous sommes tout prêt du lac. Tapis dans les feuillages, la discrétion est maître dans la chasse. Baguette à la main, je ralentis intentionnellement ma respiration, mon rythme cardiaque. La pluie masque mon odeur. Je ne bouge plus. Je deviens une partie inerte de cet environnement. J’observe. La faune étant réceptive au moindre changement physico-chimique de son habitat, je dois faire partie intégrante du décor. Seuls mes yeux ont la permission de bouger. J’écoute. Le moindre son peut trahir une présence.

    La chasse est un pénible loisir. Tuer ou mourir : dure loi de la nature, impitoyable pour les plus faibles. Comment ne pas devenir orgueilleux sachant que l’on est nous même le sommet du réseau trophique. Malgré les averses, nous avons de la compagnie. Les coups de sabots contre les branches de bois et la terre mouillée trahissent nos visiteurs. Ils sortent de leur cachette sans nous avoir repéré et s’approchent timidement du point d’eau pour se désaltérer. Ils sont deux. Une biche et son faon, côte à côté, reliés par le lien qui lie la mère à son enfant. Rassurés par la présence de l’autre, ils ne se doutent pas que je suis le Mangemort qui mettra fin à leur amour.

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Re: En quête de vérité - Victoria McKay
ce message a été posté Jeu 2 Mar - 22:00
Rien. Elle grogne doucement. Rien. Rien à se mettre sous la dent, rien pour calmer la faim après une longue marche. Malgré elle, Victoria repense à la mission qu’elle avait eu à mener avec Silja, mission où elle avait mangé. Des œufs, des biscuits, du thé, un peu de bacon. Puis le petit-déjeuner le lendemain. Parfois, elle enviait la vie des « réguliers », la vie de ceux qui ne fuient pas. Puis, elle se disait non. Non, elle ne voudrait pas être une sorcière « régulière ». Elle serait coincée avec les terribles Avery, sans le réconfort de sa propre famille. Elle aurait dû éduquer des valeurs fondamentalement contraires aux siennes, et rien que cette pensée lui donnée de l’urticaire. Elle aurait dû courber l’échine face à un système archaïque et autoritaire, en serrant les dents, en serrant les poings, en serrant les paupières, mais en se taisant.
Mais le gâteau était bien moelleux, non ? Et le bacon, croustillant ? Les œufs, fondants ? Oui, mais non. La liberté de mouvoir, de penser, de simplement vivre et son idéal d’égalité ne sont pas négociables. Après vingt-cinq ans, il n’y a aucun retour en arrière possible ou désiré sur ses engagements.

Rien. Donan ouvre la marche pour aller chasser. Elle n’a jamais vraiment aimé ça, chasser. Mais sans cultures et avec des rationnements irréguliers de la part de l’Ordre, c’est la seule option pour se nourrir et pour transporter les aliments. Saler, faire sécher ou fumer la viande et espérer trouver des légumes ou des plantes comestibles sur le chemin afin d’avoir un semblant d’équilibre dans leur régime. C’est un retour à l’état primal de l’homme, l’état de chasseur cueilleur. Difficile de s’en accommoder quand on a grandi avec toutes les denrées à sa disposition, mais pas insurmontable. Maman…

Elle lève ses yeux ternes sur son fils. Il y a quelque chose qui le travaille, quelque chose qui court dans son esprit à la vitesse d’un patronus. Qu’est-ce ? Que faut-il réparer ? Que faut-il espérer ? Ou plutôt, que faut-il craindre ? Donan a rarement été dans un même état, état où le courage lui manque, où les mots se dérobent, où il craint le tranchant de la guillotine. Elle le lit, sur son visage, qu’il fait un pas en avant, puis deux en arrière. Cependant, Victoria choisit de le laisser se décider seul à se jeter à l’eau, plutôt que de l’y pousser et de savoir ce qu’il lui cache. C’est un adulte après tout. Il est capable de prendre des initiatives, de saisir sa bravoure à deux mains et de la secouer pour qu’elle réponde à son appel et fonctionne correctement. Mais ça commence à la ronger, de ne pas savoir. La suspicion, l’incertitude et la curiosité grattent à la porte de son esprit, comme des chats errants ayant reniflé l’odeur du lait. Ça commence à la tirailler, d’avoir pris une telle résolution. Elle voudrait qu’il crache le morceau de sa propre initiative, même si c’est un bambin qui fait près d’un mètre quatre-vingt-dix à ses yeux. Allez, lance-toi mon p’tit. Chop chop !

Oter la vie n’a jamais été agréable pour Victoria. Surtout quand il s’agit de familles. La biche et son faon sont à une distance à portée de sort, innocents, majestueux, ignorants du danger qui les guette. Ils leur permettraient d’avoir de quoi se sustenter pour un petit mois, s’ils gèrent leurs réserves avec caution. Mais plutôt que de se concentrer sur la capture, son esprit est assiégé par autre chose. La faim est relayée au second plan, tandis que la curiosité règne et domine. Il faut se focaliser sur son estomac pourtant, pour trouver ce sentiment profond qui est nécessaire pour tuer. Elle aurait laissé faire Donan, en temps normal, pour qu’il s’entraine sur son lancer de sorts mais elle devine que l’état troublé dans lequel il est ne lui fera rater son coup. Et il est essentiel qu’ils mangent. Cette fois, le droit à l’erreur n’est pas permis. Elle-même est assez perturbée et n’est pas certaine de réussir, mais elle indique tout de même à son fils, d’un geste de la main, qu’elle s’y attèlera pour cette fois, l’air assuré alors que ses pensées sont parasitées.
Elle ferme les yeux. Elle inspire, elle expire. Entends la prière désespérée de ton corps, entends son chant, ses lamentations. Vois la faiblesse s’insinuer, la faim vous ralentir, tandis que les mangemorts vous poursuivent. Entends, Victoria. Entends, écoute, et réponds. Elle rouvre les yeux, tend sa baguette en direction des cervidés et n’attend pas un instant. Stupefix. Une seconde de plus et elle aurait pu hésiter.
Quelques courts instants plus tard, elle sort du flou qui suit toujours le lancer de ce sort dans le cadre de chasse. Après des années, elle a déterminé qu’il était la façon la plus efficace et la moins douloureuse de prendre la vie d’un animal. Même s’il s’agit d’un sort qu’elle maîtrise depuis sa scolarité à Poudlard, elle a appris au fil des années que le doute – même le plus infime – peut le faire échouer. Elle ne comprenait pas, au début. Mais à présent, elle sait – et ce savoir lui coûte, mais lui permet de vivre.
Elle constate que les deux créatures ont disparu. Mais qui a fui, et qui a failli ? En a-t-elle atteint un au moins ? Il faut vérifier.

Ils s’approchent rapidement de l’endroit où les cervidés s’abreuvaient, et découvrent la biche assommée. Le faon a fui, il est vif, il est sauf. Pour combien de temps ? Ils ne le sauront peut-être jamais. Ils le sauront peut-être le lendemain. Allez, rentrons. Ils ont ce dont ils ont besoin, il faut se hâter au cas où la bête se réveille. Le levicorpus se montre bien pratique pour la déplacer.
Ils s’arrêtent pas loin de la grotte – mais pas trop près non plus, deux arbres adjacents offrent l’endroit idéal pour accrocher le câble sur lequel ils suspendent la bête à l’aide de crochets en forme de S. Elle est encore inconsciente. Un soulagement. Il faut d’abord saigner puis vider la biche, manger puis préparer le boucanage des restes de viande. Le séchage aurait été idéal pour la conservation de la viande du cervidé, mais le temps ne le permet clairement pas.
Victoria tend le couteau à Donan. Elle s’est chargée d’assommer l’animal, il se charge donc de l’égorger. Chacun sa part, dans cette désagréable tâche pourtant essentielle pour leur survie. Croustillant bacon, pensait-elle ? Oui, mais elle ne l’a pas vu mourir, elle ne l’a pas saigné, elle ne l’a pas dépecé. Il était là, directement, sur son assiette.

Le silence se fait gênant, lourd. La curiosité brûlante, insoutenable. Victoria est pourtant patiente, mais elle estime à présent que ça commence à bien faire. Qu’il cesse donc de tourner autour du pot. Que lui cache-t-il ? A-t-il tué quelqu’un ? Enfin, ça ne devrait pas être si grave ! Elle lui fait confiance, elle s’inquiète probablement pour rien. Il est son protégé, son trésor, son précieux. Il ne peut pas la trahir, n’est-ce pas ?
Donan… A quoi tu penses ?
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Re: En quête de vérité - Victoria McKay
ce message a été posté Dim 16 Avr - 22:26
    La présence de nos invités est un prétexte qui me fait taire. L’ouvrir ou la fermer ? La fermer pour le moment, l’avenir de notre estomac en dépend. Maman a plus d’expérience, ouvrera-t-elle le bal ou me laissera-t-elle lancer les hostilités ? Suis-je l’homme de la situation ou le petit canard qui laisse sa mère prendre les devants ? Ma baguette à la main, je suis un arbre comme les autres. Les instincts bestiaux de la biche ne lui permettent pas de nous repérer, nous les chasseurs, nous les assassins, nous les mangemorts. Naïve bête qui s’abreuve délicatement sans penser une seule seconde que le grand méchant loup attend le moment opportun pour planter ses crocs. Ni une ni deux, je me concentre avant de décocher ma flèche. Rater ma cible signifierait rentrer bredouille et se débrouiller avec les rares denrées fournies par l’Ordre. Les immobiliser dans un premier temps. Je brandis mon arc. J’expire. Un flash, un éclair, un sort. Elle a été plus rapide, plus décidée à mettre fin à ce jeu macabre, malsain. Je suis stupéfait par son aisance, sa précision, son élégance. La pénible traque s’arrête.

    Une ou deux victimes ? L’enfant ou la mère ? Nous nous approchons du point d’eau, c’est finalement maman qui a succombé aux coups de l’agresseur. C’est toujours la mère qui donne sa vie pour sa progéniture. L’amour est trompeur, l’amour est traitre. Le petit a fui. Donan est triste, mais sauf. Maintenant que l’animal est inconscient, il va falloir finir le travail. Elle use du levicorpus avant de se remettre à marcher en direction de notre nouvelle planque. Moins la grotte se fait loin et plus la tension monte. Ce n’est pas un imbécile, elle a bien remarqué que quelque chose ne va pas. Mais comment lui dire ? Comment lui avouer ? Comment lever le tabou qui me pèse ? J’appréhende sa réaction si bien que je souhaiterais ne jamais l’avoir interpellée.

    Elle attaque la biche et me tend un couteau. C’est donc à moi que revient la tâche ingrate de finir le travail. J’hésite. Je ne suis pas rassuré d’être le bourreau, mais il le faut pour notre survie. Si ça ne tenait qu’à moi, je la relâcherais quitte à me nourrir de feuilles et de baies. Cependant, maman doit aussi s’alimenter. Je dois cesser d’être égoïste. Je serre le poing qui tient l’arme et m’approche peu à peu du gibier. A chaque pas, l’incertitude grandit. Dois-je vraiment la tuer ? Dois-je vraiment lui en parler ? Toutes mes pensées se mélangent, s’entremêlent et se brouillent. Arrivé devant la bête, le silence religieux est brisé par les lèvres de maman.

    - Donan… A quoi tu penses ?

    Je ne réfléchis pas, j’assimile seulement ses paroles. Ce n’est pas moi qui répond, mais ma main. Je plante le canif dans la gorge de la biche, puis l’égorge. A-t-elle souffert ? L’enfant ne reverra donc plus la mère. Les mains pleines de sang, je continue à écorcher ses organes, ses glandes, sa peau. Et je m’acharne jusqu’à lui répondre :

    - Papa …

    Je ne l’ai jamais vraiment appelé papa. Après tout, il est mon père, pas mon papa. Ce n’est qu’une ombre aux courbes floues, une idée, un concept. Excès de bravoure ou de colère ? Je me mets à parler. J’ai besoin de lui dire, elle a besoin de savoir.

    - Pourquoi avoir quitté Nicolas ? Pourquoi avoir fui avec moi ? Pourquoi m’avoir privé de la vie que je méritais d’avoir ? Pourquoi m’avoir offert la cavale, la fuite ? Nous avons toujours été la biche et le faon, maman … Je veux des réponses, qui est vraiment Nicolas, qui est ma famille ? Raconte-moi ta vie d’avant …

    Elle a toujours été vague à ce sujet. J’ai toujours eu des réponses qui ne m’ont jamais satisfaites. Quelles sont mes origines ? Qui est vraiment Nicolas Avery ? Mon poing ensanglanté reste figé dans le corps de la bête.
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