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❝ Un remède pour une faute ❞
 :: Royaume-Uni :: Avalon :: Les fiefs Sang-pur
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Un remède pour une faute
ce message a été posté Mar 4 Avr - 22:16
5 février 2046, manoir O'Ryan, Avalon



Machinalement, en silence, perturbé seulement par le tintement discret des fioles et le bouillon continu du chaudron, Caem s'affairait avec application autour d'une potion. Nettoyage de blessure. Il n'avait aborder les rudiments de cette potion que légèrement en sixième année, et seul un médicomage ou un potionniste professionnel pouvait espérer la préparer à la perfection. Caem espérait la réussir malgré tout. Le risque d'un échec l'agaçait déjà, et celui d'un résultat même seulement proche de celui escompté l’agaçait tout autant. Si sa préparation n'avait pas l'odeur de l'amande chaude et moulue, la consistance de la soie un peu visqueuse ni la couleur irisée du clair de lune, Caem jetterait le tout sans aucun sentiment, juste de l'amertume.
La potion, après tout, était pour son père. Cela ne faisait même pas deux jours qu'il était revenu des mines de cristaux d'ensinis d'Aberfan, et ceci dans un état déplorable. Faible, blessé, abasourdi, Caem l'avait pris en charge afin de soulager ses douleurs. Parce que c'était pour son père, il s'était lancé dans la confection de cette potion, et parce qu'elle était pour son père, il n'hésiterait pas à la faire disparaître si elle ne répondait pas aux exigences de qualité, à la fois les siennes propres, mais encore plus à celles de son paternel potionniste.
Jusqu'ici la confection se déroulait à la perfection selon Caem. « Essence de belladone...» En s'emparant de la fiole, Caem fronça les sourcils en devinant déjà qu'il n'y en avait pas assez « Vingt-huit gouttes... il fit glisser son doigt sur le papier tout en jetant un rapide coup d’œil au chaudron. Puis sept gouttes à nouveau...» D'autres n'auraient pas retenu un soupir, Caem lui, grimaça simplement. Il fit disparaître le liquide d'un coup de baguette et débarrassa en vitesse le matériel. Il n'y avait pas les trente cinq gouttes nécessaires d'essence de belladone, il ne pouvait et refusait  de s'éloigner d'une potion en cours de préparation et le moldu n'avait pas accès à la réserve.  Il était déçu, bien sûr, et c'est avec un visage fermé qu'il prépara sur un plateau un repas pour son père, en prenant soin d'y joindre les quelques parchemins qui nécessitaient sa signature. Il ne s'alimentait pas encore beaucoup, il n'avait pas parlé beaucoup non plus, encore moins que d'habitude disons, mais Caem se sentait tenu de lui tenir compagnie pour le dîner.

En montant dans la chambre de son père, Caem savait qu'il était sur le point de s'exposer tout le long d'un repas sous un œil réprobateur. Il n'avait pas répondu à l'appel de la marque. La nuit du 3 au 4 février, il était resté au Ministère, comme il lui arrive parfois de rester tard, aussi tard que nécessaire pour avoir le sentiment d'avoir accompli sa tâche. Mais il sait que son père attendait de lui qu'il fasse ses preuves, sur un champ de bataille. Il avait failli, et c'était comme pour se racheter qu'il s'affairait comme il le pouvait, sans jamais verser dans l'obséquieux, trouver l'équilibre, assurer la permanence des menues tâches de paperasses pour les boutiques d'Avalon et de Londres, s'assurer que Matthews n'approche pas de la chambre de Murphy, recevoir les hiboux, préparer des potions, faire disparaître les potions imparfaites et faire disparaître avant tout l'imperfection que le regard de son père semblait vouloir lui coller à la peau depuis cette nuit du 4 février. Nulle révolte ces deux derniers jours. Être irréprochable avant de reprocher.

« Je vous ai préparé quelque chose, j'ai pensé que vous finiriez par avoir faim.» Soupe de potiron. Caem n'était pas un fin cuisinier mais il avait fallu choisir de quoi se séparer, de la soupe ou de la potion. Il déposa le plateau près de son père et s'assit sur un fauteuil. « Comment vous sentez-vous ? » Sa voix était claire et ne trahissait que peu son malaise. Avoir l'air parfait, maintenir un cadre parfait.
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Re: Un remède pour une faute
ce message a été posté Lun 10 Avr - 23:33
Un grognement s'échappe de ses lèvres. La cicatrice sur la cicatrice sur son flanc n'a pas apprécié le mouvement entamé pour se tourner sur le côté. Pourquoi est-ce qu'il faut que ces vermines de rebelles visent toujours au même endroit ? Pourquoi faut-il simplement qu'ils existent ? Une seconde, puis deux, un souffle long, et les dents serrées pour se remettre dans une position acceptable. Il ne sert à rien d'ajouter une tension supplémentaire sur ses muscles déjà douloureux. Hors de question d'aggraver quoi que ce soit, même si les risques sont désormais minimes. Eileen a été formelle : il est largement hors de danger, il ne lui faut que du repos. Du repos. Et des heures et des heures qui s'étirent à l'infini dans la solitude et le silence de sa chambre. Qui lui laissent tout le temps, bien trop de temps, seul avec lui-même.

Attention, Murphy a l'habitude de la solitude. Il a l'habitude de passer des journées, voir des jours et des jours, sans adresser à d'autres êtres vivants que le strict minimum de paroles nécessaires à la politesse, voire seulement à sa survie ; c''était notamment le cas quand Caem était encore à Poudlard et que le seul autre être vivant du manoir était Mathews, c'est un peu moins vrai maintenant. Malgré tout, cela ne le dérange pas, bien au contraire. Si Murphy est parfaitement capable de mener une conversation mondaine pendant plusieurs heures, ce n'est pas pour autant qu'il les apprécie plus que nécessaire. Il leur préfère le calme reposant d'un Manoir vide, ou presque, bien plus propice à la concentration. Si possible, sur ses chères potions. Car voilà bien où était le problème. Si Murphy pouvait supporter sans problème des heures et des heures sans parler, il ne restait jamais inoccupé. Il y avait toujours un ingrédient à découper, un chaudron à faire bouillir, une infusion à surveiller. La moindre erreur pouvait réduire à néant des heures de travail, voire se révéler nocive ou carrément mortelle ; les deux dernières options étaient forts dommageables, mais même la première n'apparaissait pas comme acceptable aux yeux du perfectionniste du maître des lieux. Mais là... Là, il n'avait rien à penser. Il avait bien tenté de lire un peu, quelques anciens ouvrages, parchemins, grimoires, même quelques romans. Mais les livres finissaient par être trop lourds pour ses bras, les écrits trop ennuyeux. Et il finit immanquablement par les reposer, souvent dans un geste rageur pas aussi bien contrôlé que ce qu'il pourrait faire.

Et recommence alors la lente agonie des heures inoccupées. Qui le laissaient indéniablement seul face à lui-même. A ressasser des idées qui, plus que toute autre chose, finissaient d'émousser sa patience et de jour avec ses nerfs. Pourquoi tout cela ne pouvait-il pas être plus simple ? Pourquoi, s'il se retrouvait aujourd'hui blessé et obligé de garder le lit, ne pouvait-il pas être de nouveau un jeune homme dont la seule préoccupation était de rester simplement allongé à attendre qu'Eileen s'occupe de lui ? Dont la seule inquiétude, confiant qu'il était alors que personne ne pourrait percer à jour son secret, que l'on ne découvre au Ministère qu'il faisait partie de la « mauvaise » faction Mangemort, celle qui n'avait pas trahie les siens. Que tout cela se résumait à un combat Héritiers/Ombres, une petite guerre intestine au cœur de laquelle les Phénix venaient jouer les troubles-fêtes. Mais près de trente ans avaient passés depuis cette époque qui, pour les premiers effarouchés tout du moins, paraissait désormais presque douce – et oh combien romancée dans l'esprit fatigué du maître de potions. Trente ans, et un nombre incalculables de changements. De nouvelles responsabilités. De nouveaux problèmes. L'âge. La difficulté à se remettre à niveau, suivre le rythme. Affronter ces êtres qui étaient rendus d'autant plus dangereux par leur inconscience. Et malgré cela, il avait sa place parmi les Mangemorts. Il se l'était faite, se l'était forgée. Pas plus hautes qu'une autre, certainement pas la plus basse. Une place que personne ne pourrait lui contester, dont personne ne pourrait le faire chasser. Personne pour le faire chuter.

Si ce n'était l'inconsistance de son cher rejeton.

En général, arrivé à ce point de ses pensées, Murphy passait en revue dans son esprit tous les points négatifs du comportement actuel de son fils. Tout ce qui l'avait déçu ces derniers temps et Merlin savait que la liste s'allongeait considérablement : ses notes en sortilège, son attitude envers sa future belle-mère, ses manies de rêver au lieu de se concentrer sur les choses importantes et bien sûr, la dernière, mais pas des moindres, son manque total d'implication auprès des Mangemorts qui pourrait coûter cher à Murphy. Et plus les heures avançaient, plus ces récriminations devenaient vindicatives dans l'esprit du maître de potions, moins il trouvait de solution pour faire revenir son héritier dans le droit chemin, aka celui qui ne risquait pas de le faire tomber en disgrâce auprès des Mangemorts et d'entraîner son père dans sa chute.

Mais, fort heureusement pour les nerfs de Murphy et pour Caem lui-même, dont les oreilles devaient avoir plus d'une fois sonner au vue des maugréments de son géniteur, le flux de pensées de Murphy fut interrompu par celui-là même qui était la cause de ses tracas. Sans attendre de réponse, le jeune homme venait en effet de pousser la porte, lui présentant un plateau où étaient posés deux plats fumants. Aussitôt, Murphy fit l'effort de se redresser quelque peu pour paraître au plus présentable et le regrettant aussitôt alors que la douleur irradiait de nouveau de son flanc. Les traits tirés, tendus, sans doute trop pâle même pour lui, ne jouaient pas en la faveur de sa dignité. Et peut être pas non plus en sa volonté d'un accès d'autorité envers son fils. Qu'à cela ne tienne : Caem ne l'avait jamais contredit, et ce n'est pas ce soir qu'il commencerait. Et Murphy finirait par faire entrer dans cette tête de scout héritée des Macnair quelque peu de bon sens. Et de sens, surtout, des responsabilités. Mais d'abord, il y avait une question à régler et il n'était pas dit qu'ils n'échangeraient pas les politesses d'usage. Après tout, il n'avait pas élevé Caem chez les moldus. Et puisque son fils comptait visiblement s'incruster auprès de lui, il avait tout son temps pour lui exprimer le fond de sa pensée.

« Tu l'as préparé toi-même ? Où est passé Matthews ? Ne me dis pas qu'il faisait parti de ces insurgés qui ont pris part à l'attaque et qu'il s'y est fait tué. » Ce serait... une catastrophe. Bien plus que cela, même, pour son image, sa réputation. Mais il était vrai que depuis son retour, il n'avait pas vu le moldu dans les parages... Le ménageait-on de cette terrible nouvelle que quelqu'un au sein même de sa maison était un traître ? Non. Il y avait sans doute une excellente raison à l'absence du moldu et il ne doutait pas que Caem allait très vite éclaircir cela. Car un traitre au régime sous son propre toit serait bien plus problématique que l'absence de Caem à quelques petites sauteries pleines de sang. Serait l'occasion de fouiller à des endroits où aucun des O'Ryan n'avait intérêt à voir fouiller...

Il ne devait pas penser à cela. Pas laisser paraître sur son visage la moindre de ses frayeurs, de ses faiblesses. Il était une figure d'autorité et de stabilité pour Caem ; il ne dérogerait pas à cela. Il en était hors de question. Aussi s'empressa-t-il de répondre à la question de son fils après avoir prus une gorgée d'eau, le regard aussi dur et distant qu'il le pouvait. « Je me remets un peu plus chaque jour, et la douleur est supportable, je te remercie. Même si elle aurait sans doute pu être limitée si nous avions été plus nombreux. » Si certains qui avaient la Marque avaient daignés se présenter. La critique n'est pas directe, mais il sait que Caem comprendra le message. Et il doute qu'il riposte ; il n'y a rien à riposter. Rien, car il est en faute. Et il espère bien que cela se verra au plus vite rectifier.
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Re: Un remède pour une faute
ce message a été posté Sam 15 Avr - 0:43
« Non, ne vous en faîtes pas. Il est bien ici mais je lui ai demandé de ne pas nous importuner, ni vous, ni moi, au moins jusqu'à votre rétablissement. » Caem n'avait du reste jamais supporté la présence de Matthews dans cette maison, d'autant plus que son père avait passé des heures innombrables seul dans ce manoir et la solitude ne l'avait jamais gêné bien au contraire, il semblait la rechercher en permanence, qu'avait il eu besoin alors de s'offrir un domestique, et de la pire espèce qui plus est, se demandait Caem. Il n'avait pas manqué de le faire remarquer quelques fois, à l'occasion des estocs vénéneuses qu'il avait pris pour habitude de porter à l'encontre de son père. Du reste, le garçon en faute remarque surtout avec quelle promptitude son paternel évoquait déjà l'objet de la faute. Peu importait, rétablir la perfection. Caem ne s'excuserait pas, son père et lui ne l'avait jamais fait entre eux, il s'appliquerait seulement à vernir la surface de son image là où, dans l'esprit sans indulgence de Murphy, elle s'était dangereusement craquelée.

« Comment vous sentez-vous ? »   « Je me remets un peu plus chaque jour, et la douleur est supportable, je te remercie. Même si elle aurait sans doute pu être limitée si nous avions été plus nombreux. »
L'estocade venait cette fois-ci d'en face. Caem serra les dents et détourna les yeux du lit pour les porter, presque les jeter, les jeter pour s'y échapper, vers la fenêtre. C'était presque comme un rituel entre les deux O'Ryan à présent. Leurs échanges étaient devenus cet espace de duel, de ces pistes qui voyaient s'affronter les sorciers sur la TVM, un couloir mince qui ne laisse pas d'autre choix que l'affrontement. Ils avaient leurs propres règles cependant, tacites. Rares ont été les éclats de voix et les hurlements, l'attaque est moins frontale, elle ne porte pas sur la peau, elle s'y immisce, tel un poison sans rien de spectaculaire, mais dévastateur, qui consume peu à peu l'organisme. Se consumer sans flamme, comme un papier qui meurt, c'est le destin que suivaient les relations filiales depuis l'été.
Caem savait bien ce que lui reprochait son père, et savait bien qu'il venait de le faire, à leur façon à eux, et il n'y avait rien qu'il pouvait y objecter. Non, il n'avait pas été présent, que pouvait il y faire à présent, comment parvenir à faire intégrer cette absence dans le cadre de perfection qui convenait.  Et que dire de l'absence de toute implication pour les Mangemorts depuis que la marque lui habillait l'intérieur de l'avant bras. A chaque appel il avait répondu absent.

La panique et la colère entre ses dents, il tendit à nouveau son regard vers son père et parvint à lui répondre. « Je suis certain que des médicomages très compétents étaient présents pour vous prendre en charge, c'est bien l'essentiel... » Et peut-être devrait il en être ainsi pour un moment pensa t-il. L'idée le traversa alors de laisser son père à l'Hôpital Morgane. Le regard qui pesait sur lui était trop lourd, trop récriminateur, il n'en dégageait que de rejet, Caem n'avait rien à opposer à cela, rien qu'un flot de sentiment trop
brûlants et véritables pour même penser les dire.

J'ai peur. Peur de mourir, peur de souffrir, peur d'échouer. Je meurs. Je meurs d'être enfermé, de répondre à cet appel sur mon poignet les yeux fermés, de rester dans ce bureau, dans ces dossiers l'esprit fermé. J'ai peur et préférerai mourir plutôt que de devenir comme vous, ce sorcier morne et sans vision, sans morale, prêchant la droiture tout en allant se parjurer aux bras d'une gamine, se jeter dans une existence médiocre, tout en m'enchaînant, pieds et mains, quand j'imaginais devoir obtenir votre fierté pour quelque chose de plus grand.

La colère l'assourdissait déjà, comme à chaque fois, mais encore plus rapidement, l'emplissant d'un bruit tonitruant cependant qu'il restait muet, que la vérité de ses sentiments le resterait. Les mots qui tourbillonnaient comme un vent lui resteraient dans la gorge. Il serra son pantalon entre ses poings et lança à son père, bien plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu, sans le regarder, son propre avertissement. « Convalescent comme vous l'êtes d'ailleurs, votre place est peut-être auprès des soins de ces médicomages. » Il n'avait pas su empêcher l'estocade vénéneuse, elle lui avait brûlé la langue. Du reste, l'idée que son père et son regard plein de foudres s'en aillent ruminer loin de la maison était la seule qui parvenait à alléger le poids sur son corps tout entier.
Il regrettait le ton de ses paroles, mais garda les yeux fixé dans le vide, prêt à supporter la riposte, prêt à jouer les équilibriste sur le fil de sa faute, entre le risque de décevoir et celui d'abandonner sa lutte.
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Re: Un remède pour une faute
ce message a été posté Mar 25 Avr - 23:04
"Je me remets un peu plus chaque jour, et la douleur est supportable, je te remercie. Même si elle aurait sans doute pu être limitée si nous avions été plus nombreux." "Je suis certain que des médicomages très compétents étaient présents pour vous prendre en charge, c'est bien l'essentiel...""Même l'efficacité des soins d'Eileen ne me fera pas regretter d'avoir eu à  subir ces douleurs."

La réponse de Caem lui a fait lever un sourcil, parler d'un ton bien plus sec que prévu ; il lui parle absence, fuite, l'autre lui rétorque soin et bien-être. Sont-ils donc désormais si loin l'un de l'autre, si éloigné dans leurs pensées pour qu'il ait l'impression qu'ils ne parlent même pas du même sujet ? L'a-t-il trop gâté, si mal élevé, cet enfant terrible, pour qu'il ne pense qu'à son petit confort alors que c'est toute leur société que ces vermines tentent d'ébranler ? Peut-être la propagande qu'il subit depuis sa naissance est trop efficace. Peut-être qu'il a trop bien intégré l'idée selon laquelle les Sangs-Purs sont tout-puissants, au-dessus de tout. Invincibles presque, dans leur assise du pouvoir, qu'il ne voit pas à quel point les actions menées pourraient être dangereuse pour eux. Pas pour le reste des Sangs-Purs, non, dont Murphy en vérité n'a pas grand chose à faire à quelques exceptions ; encore moins des basiques, d'ailleurs, qui n'ont pour lui que très peu d'intérêts. Non, Caem ne semble simplement pas comprendre que la déstabilisation de leur société pourrait entraîner la perte de leur place, de leurs privilèges. Pourrait entraîner bien pire en fait. Pourrait provoquer leur perte, si à force de fragilisation des Institution, quelqu'un se mettait à chercher là où il ne fallait pas dans un climat de suspicion généralisée...

Non, bien entendu, Caem ne va pas jusque là. Caem ne comprend le poids du secret car il n'en a pas connaissance - pas même le moindre doute, et il faut que cela dure ainsi. Caem ne comprend pas l'ampleur que peuvent prendre ce qui pour me moment ne ressemblent qu'à des incartades car il a toujours vécu dans un univers largement privilégié. Il ne sait pas que Murphy a vu ces petites riens, à peine des piqûres d'insectes, se transformer en massacres, en guerres civiles, en flots de sang. Il ne sait pas ce que l'on peut ressentir quand on n'a prit part que trop tard à l'action, alors qu'il aurait peut-être qu'eut besoin de quelques baguettes supplémentaires, plus tôt, plus vite, pour ne pas se retrouver simplement pris dans une guerre qui causera toujours plus de souffrances. Caem n'a perdu personne dont il se souvienne. Caem n'a connu ni Allister, ni Alexianne, il n'a pas de souvenirs à regretter. Il n'a que l'image qu'on a bien voulu construire pour lui...

Le regard de Murphy se détourne de son fils un instant, qui lui même ne le regarde plus depuis quelques minutes déjà. Et les yeux du Maître de potions se posent sur le portrait d'Alexianne qui trône sur sa table de chevet depuis leur emménagement en ces lieux. Elle a les sourcils froncés, l'air vaguement inquiète malgré son éternel sourire ; simple reflet de ma tension qui est encore montée d'un cran dans cette chambre. Et quand son regard revient sur son fils, il ne peut s'empêcher de le voir ainsi. Un reflet de sa mère. Ce qu'il l'a laissé devenir. Inconscient du danger et de sa place : elle en est morte, persuadée de sa propre invulnérabilité, il fuit quand il est temps de se battre ; mais qu'arrivera-t-il quand il sera trop tard ?

Mais c'est de sa faute et il ne voit pas qui il pourrait blâmer d'autre  que lui-même. Il n'a pas été assez dur. Pas assez sévère. Il l'a laissé devenir ce rêveur qui, à son réveil, ne pourra que se blesser bien plus violemment que ne peuvent le faire ces stupides armes moldues ou ces petits sortilèges Phénix. Et Murphy sent la colère remuer en lui. Contre son fils, contre lui-même. Il se doit de trouver un moyen de lui ouvrir les yeux, de...

Mais Murphy est coupé dans ses réflexions par la voix de Caem. Par les mots de son fils qui sont un coup en plein thorax qui lui coupent le souffle. "Convalescent comme vous l'êtes d'ailleurs, votre place est peut-être auprès des soins de ces médicomages." Cela, il ne l'avait pas vu venir. Ainsi c'est donc ça ? Son fils a dans l'intention de se débarrasser purement et simplement de lui, à défaut de pouvoir assumer ses propres faiblesses ? C'est ridicule - pas blessant, non, surtout pas, il s'y refuse. Ce n'est pas les quelques paroles en l'air d'un enfant, même s'il s'agit du sien, qui pourrait le blesser, il préfère largement se complaire dans l'amusement estomaqué que cela provoque en lui. Donc juste ridicule. - Ridicule à tel point que Murphy ne s'y attendait réellement pas. Pas plus qu'au rire qui vient le secouer après les premières secondes nécessaires à l'assimilation de ce qu'il vient d'entendre.

D'aucun, à le voir ainsi, aurait pu croire qu'on venait simplement de lui raconter une bonne blague. Un observateur extérieur aurait sans nul doute cru à un rire de bon coeur, ou quelque chose s'en approchant. Mais Caem le connaît. Bien assez pour entendre l'acide qui roule dans ce son. Et qui s'écoule dans sa voix quand, une fois son calme retrouver, il se redresse sur légèrement sur ses oreillers, réprimant la grimace de douleur qui menace de déformer ses traits. Ne montrer aucune faiblesse à l'ennemi - même si, aujourd'hui, l'ennemi n'est nul autre que Caem. Et l'acide coule dans ses mots qu'il ne prononce qu'après de longues minutes de silence, teinté d'un amusement feint qui n'existe que pour être le plus blessant possible. "Eh bien, goûtons donc ce repas. Puisque tu t'es ennuyé à le faire. Je suppose qu'il devrait participer à mon rétablissement." La moquerie est audible, autant que son rire précédent. Bien loin du ton placide et ennuyé qu'il pouvait utiliser face aux gens qui ne suscitaient que peu son intérêt et beaucoup son agacement. Non. Ce ton là est mordant, méchant. Ce ton là, en réalité, il ne l'utilise que quand il contre-attaque. Veut blesser. Il ne l'utilise qu'avec Ian. Et Caem, donc.

Ca, et l'ignorance. L'ignorance totale de ses propos. La négation de son ressentit. Parce que c'est bien trop absurde. Parce que Caem est, tout simplement, ridicule.
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Re: Un remède pour une faute
ce message a été posté Jeu 25 Mai - 18:04
Un rire. À ce qui était pour Caem l'explosion volcanique de sa colère, une éruption inarrêtable, un feu dévorant, son père n'avait répondu que par un rire, un rire et un regard planté dans droit dans le sien. Ce rire était acide, sirupeux, méprisant et coulait sur lui comme la pire des sentences. Le garçon serra les dents, serra les poings et retint sa colère qui, plutôt que de redoubler s'était mêlé à de la honte, de la tristesse, une coulée de lave arrêtée par les flots qui en une vague viennent se briser contre le ressentiment.
Ces méandres d'émotion étaient caractéristiques tout à la fois de la lente révolte d'un fils contre son père et de l'emprise d'un père sur son descendant. Caem, bousculé en lui même par ce rire qui résonnait encore dans la pièce ne le savait pas encore, mais l'issue de leur duel devrait se faire à terme par une explosion totale ou l'extinction parfaite du feu.
Il fixa son père, même lorsque celui ci continuait à le moquer. "Eh bien, goûtons donc ce repas. Puisque tu t'es ennuyé à le faire. Je suppose qu'il devrait participer à mon rétablissement."  La suggestion de Caem resta lettre morte, bien entendu, balayée par son père. Il n'avait même pas espéré le laisser à l'hôpital Morgane, ç'avait été un coup pour rien, paré et suivi de la contre attaque, violente de son adversaire.

En observant son père prendre ce repas qu'il regrettait maintenant d'avoir préparé puisqu'il faisait l'objet du mépris le plus acide, Caem tricota ses pensées en lui même, revenant au problème initial, le nouant, le dénouant, considérant tout ses efforts et tous les revers essuyés, attisant le feu, luttant contre les eaux. Il lui apparaissait bientôt que sa présence dans cette pièce était ridicule. Il ne pouvait se racheter et il n,avait plus envie de souffrir les reproches. Son père alité, était après tout en très mauvaise position pour imposer quoi que ce soit, il ne suffisait à Caem que de quitter son père sans manquer de porter l'estocade finale. Et sans même réfléchir, comme on saute avant de le réaliser, presque avec mélancolie mais résolu et sans affection malgré tout, il interrompit son père. Il avait été si loin dans l'expression et la macération de sa rancœur que les verrous faiblissaient juste assez pour laisser passer, par le filtre de la colère, la vérité. « Ne vous forcez pas, vous n'avez pas besoin de m'humilier davantage. Rien de ce que j'aurais pu ou de ce que je pourrai faire ne participera à votre rétablissement, et ma présence auprès de vous ici ou dans les mines ne changera rien et n'aurai rien changé non plus. Vous êtes revenu dans cet état parce que vous l'avez bien voulu, point final. Vous ne pouvez pas m'en vouloir pour cela. » Caem se leva finalement, mal assuré, son corps trahissant sa faiblesse plus que sa voix. Il savait très bien que Murphy ne lui reprochait rien de ce dont Caem se défendait, il n'avait pas sous entendu une seule fois que ses blessures eurent pu être évitées grâce à son fils. Les blessures de Murphy, et le corps intact de Caem trahissaient seulement lequel des deux avait failli dans son engagement. D'un coup de baguette hésitant, il ferma les rideaux tout en continuant. « Pour le reste, je ne vous doit rien de ma conduite auprès de quelques organisations que ce soit. Le reste, ne vous concerne pas. » Il s'avança du lit de son père alors que la chambre était plongée dans la pénombre, laissant seulement un filet du plein jour se poser sur un tapis. Il déposa sur sa table de chevet des liasses de parchemins, quelques affaires courantes concernant les boutiques, avant de le regarder fermement. « Matthews viendra s'assurer que vous n'avez besoin de rien, pour l'heure, vous avez besoin de repos. » Il avait terminé sa phrase de justesse, comme à bout de souffle, regrettant tout juste, effrayé de ne pas aller au bout. Ses mots sonnaient pour lui comme une rupture. Ils n'étaient que l'insolence d'un adolescent qui pour la première fois touche au feu.
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