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❝ [Flashback] Tu sera un loup, mon fils ❞
 :: Portoloin :: Au-delà
Branlomane végétatif
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[Flashback] Tu sera un loup, mon fils
ce message a été posté Jeu 6 Avr - 21:06
Israël, dans les environs de Tel-Aviv, année 2028.

[1/2] J'avais du mal à respirer. L'air qui s'échappait de ma bouche se heurtait au tissu qui recouvrait mon visage. Le sol était froid sous mes pieds nus. Humide. J'y trébuchais malgré moi, tentant tant bien que mal de suivre le rythme en me raccrochant aux bras des deux colosses qui me traînaient à côté d'eux, le nylon de leur blouson me brûlant les côtes et les aisselles. Ces enfoirés n'y allaient pas de main morte. Dans une vaine tentative d'échapper à leur emprise, je me débattis alors violemment et un coup de poing vint me cueillir au ventre. La douleur me plia en deux. À m'en faire dégobiller mon dernier repas, putain ! Mais les deux gaillards ne m'en laissèrent pas l'occasion. Ils me redressèrent aussitôt puis me jetèrent en avant, me laissant tituber comme un pauvre aveugle pour tenter de retrouver l'équilibre. Les mains liées dans le dos, autant dire que c'était pas une sinécure. Je vacillais, m'affalais à moitié par terre en m'écorchant les genoux contre le bitume. Dans le noir on perdait vite ses repères. Il fallait que je me concentre. Que je me concentre, bordel ! Que je me fis au bruit de leurs bottes se répercutant autour de moi, comme si nous nous trouvions dans un hangar. Je ne pouvais pas m'abandonner à la panique. Pas même lorsqu'ils m'attrapèrent à nouveau et me forcèrent à m'allonger sur une longue planche en bois.

_ Non ! Non ! Arrêtez !

Je les sentis délier mes mains, mais elles se retrouvèrent vite entravées par des sangles de cuir, tout comme mes hanches et mes chevilles. Je savais ce qui venait. Je le compris à l'instant où la planche s'inclina et que ma tête bascula vers le bas. Je le compris avant même d'entendre l'eau remonter le long du tuyau. Je savais, et pourtant ça n'empêcha pas ma respiration de s'emballer, ni moi de me débattre plus fort, ruant, jetant violemment mon torse de droite à gauche dans l'espoir de renverser la table. La torture. J'y avais mille fois pensé, évidemment, mais on a beau s'y préparer de la manière qu'on veut, personne n'est prêt à en faire l'expérience quand le moment est venu. C'est le constat que j'étais en train de faire quand le premier jet aspergea mon visage. Mais permettez-moi de vous passer les détails : la sensation d'asphyxie qui vous prenait peu à peu à la gorge alors que le tissu gorgé d'eau sur votre tête se collait contre vos narines et vos lèvres. C'était impossible de ne pas avoir peur à ce moment. Quand vous sentiez vos poumons se remplir d'eau.

Je ne comprenais pas. Ma mission n'avait même pas encore commencée. Comment avaient-ils su ? Je me souvenais, je marchais vers ma voiture dans le parking souterrain de mon immeuble quand je les avais vu. Il y en avait un derrière moi. Il marchait dans l'ombre mais il m'avait semblé porter quelque-chose sur la tête, comme une cagoule, puis le second était apparu, devant, au bout de l'allée. J'avais d'abord agit normalement, continuant d'avancer comme si de rien n'était, avant de me mettre à courir dans la seule direction qu'il me restait. Ils m'avaient emboîté le pas immédiatement, évidemment. J'avais filé droit vers l'escalier de secours. En montant les marches quatre à quatre, j'étais tombé sur un troisième larron que j'avais expédié d'un tour de bras, mais je n'avais rien vu venir en enfonçant la porte de l'étage supérieur. Un coup de poing bien placé, droit dans la tempe, et je m'étais écroulé au sol. Le reste était plutôt confus. Ils m'avaient mis ce sac sur la tête, m'avaient fourgué dans le coffre d'une voiture et, après ça... Difficile à dire. Les chaos de la route. L'angoisse des longues minutes qui passent. Au moins n'avions nous pas assez roulé pour nous être beaucoup éloigné de Tel-Aviv.

J'étais toujours en Israël. C'était la seule pensée un tant soit peu rassurante qui m'habitait quand ils me détachèrent enfin et que je me laissais tomber lourdement par terre, où je retirais pitoyablement le sac de ma tête et me mit à vomir toute l'eau que pouvait contenir mes tripes. Je rampais, toussais, crachais, mais je compris qu'ils n'en avaient pas terminé quand le talon d'une botte se logea entre mes vertèbres et me plaqua contre le sol. La suite, je n'ai pas tellement envie d'en parler. Quand ils en eurent assez de jouer avec moi, ils finirent par m'attacher dans une cage minuscule, de nouveau aveuglé, des enceintes montées à plein volume crachant des hurlements et des sons stridents qui faillirent bien me rendre dingue.
Branlomane végétatif
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Re: [Flashback] Tu sera un loup, mon fils
ce message a été posté Jeu 6 Avr - 21:53
[2/2] Des heures, comme ça, à me taper la tête contre les barreaux de ma cage. À leur hurler de couper le son. Tout le monde craignait la douleur. On croyait toujours que c'était la pire chose qui puisse arriver, mais c'était faux. La douleur on s'y habituait. C'était la torture psychologique qu'il fallait redouter. Celle qui vous faisiez vraiment revoir l'ordre de vos priorités. Certains soldats libérés de captivité admettaient même volontiers qu'ils étaient heureux d'entendre la porte de leur cellule s'ouvrir après des jours, des semaines passés dans le noir, car même si cela signifiait qu'ils allaient à nouveau prendre des coups, ils se réjouissaient à l'idée d'avoir un contact humain. Je n'en étais peut-être pas encore là, d'accord, mais quand j'entendis enfin mes ravisseurs revenir et qu'ils me détachèrent, je ne pus m'empêcher de ressentir une pointe de soulagement alors qu'ils m'emmenaient avec eux. Où exactement ? C'était une bonne question, mais la réponse vint rapidement quand ils m'assirent sur une chaise et retirèrent le sac de ma tête.

Les néons suspendus au plafond diffusaient une lumière vive, agressive, qui me crama la rétine. Je dus cligner des yeux à plusieurs reprise mais, même avec ça, je n'arrivais pas très bien à faire le point sur l'homme qui était assis en face de moi, de l'autre côté de la table devant laquelle je me tenais. Et je crois qu'il aurait mieux valu que ça reste comme ça. Parce que je le connaissais. Oh que oui ! Je connaissais bien cette éternelle barbe de trois jours, ces traits durs et sévères, ce visage avec comme des sourires aux coins des yeux. Isser Cohen. Ce n'était pas un homme du Hamas. Ce n'était pas un chef de guerre, un terroriste ni même un putain de trafiquant d'armes. C'était mon instructeur. L'homme qui m'avait formé au sein du Mossad. Et soudain tout m'apparut clairement. Toute leur mise en scène. Tout leur foutu jeu de tordus. Une vague de rage remonta malgré moi du confins de mes entrailles et je lui crachais alors à la gueule. La réaction de mes deux gardiens ne se fit pas attendre, et en plus de me prendre un poing dans la mâchoire, le sac fit illico son retour sur ma tête.

_ Isaïe ! Calme-toi, Isaïe ! Et commence, finit-il d'une voix implacable.

Commence. Ce simple mot fit brusquement revenir le calme en moi, comme s'il venait d'éteindre un interrupteur et d'en enclencher un autre. Ce n'était qu'un test. Un test vicieux et tordu, certes, mais il n'y avait rien qui m'étonnait là-dedans. Le Mossad n'était pas connu pour ses manières subtiles. Je le savais. J'inspirais alors profondément. Une grande bouffée d'air devant me remettre les neurones en place et ramener ma pression artérielle à un rythme plus lent. Je devais me concentrer, oublier la mise en scène et ne me souvenir que des détails. Revoir le décors.

_ Il y a deux hommes qui encadrent la porte à double battants donnant sur l'extérieur derrière vous, le visage masqué par des chèches. L'un porte un Uzi et un couteau à la ceinture, l'autre n'a pas de chargeur à son fusil mais porte une chaîne en argent autour du cou. Les deux hommes à côté de moi ne sont pas armés mais celui de gauche a un tatouage sur la main droite. Un symbole tribal. Rond. Sur ma droite, à 15 mètres environs, une autre porte, d'intérieur ce coup-ci, et une longue fenêtre teintée.

_ Et sur la table ?

_ Devant vous, trois trombones alignés. Deux jaunes, un rouge. Un bloc note à spirales sur votre droite, fermé, et un stylo posé dessus, la mine pointée vers moi. Il y aussi un paquet de cigarettes. Je fronçais les sourcils, me focalisais sur la brève image que j'en avais eu. Marlboro.

Je ne vis pas son sourire, mais je le devinais dans son silence. J'entendis alors le raclement d'une chaise et on retira pour la dernière fois le sac de ma tête. Le mec qui m'avait foutu des roustes posa même sa main sur mon épaule et la serra brièvement. Sa manière de me faire comprendre que j'avais fait du bon boulot, mais il ne s'excusa pas. Il n'en avait pas besoin. Ça n'avait rien de personnel. Je le savais très bien et lui aussi. Chacun jouait le rôle qu'il devait ici. Isser avait déjà tourné les talons, lui. Il prit juste la peine de se retourner pour m'adresser un bref regard appréciateur, avant de franchir la petite porte donnant sur la pièce d'à côté. Ça aurait pu s'arrêter là, mais la porte ne se referma pas. À la place, elle dévoila la silhouette de la dernière personne que je m'étais attendu à voir ici. Mon père. Je ne savais pas ce qui me dérangea autant en fait dans cette apparition. Il était directeur du Metsada. Il était forcément au courant de ce qui allait se passer ici. Il avait forcément donné son autorisation, voire peut-être même avait été à l'origine de tout ça. C'était normal. Logique.

_ Tu étais là ?

Malgré tout mon self-control, je ne parvins pas à dissimuler entièrement le reproche qui résonnait derrière cette simple question.

_ Bien sûr. Je me suis énormément investi dans cette mission. Il y a des gens qui remettent en cause ce que nous tentons d'accomplir, ils seront les premiers à me tomber dessus si ça tourne mal. J'avais besoin de m'assurer moi-même que tu étais prêt pour ça. Et tu t'en es tiré à merveille.

Je ne savais pas à quoi je m'étais attendu d'autre. Certainement pas à ce qu'il fasse preuve d'un quelconque élan paternel. Je n'étais que son sang arabe après tout. Je m'en voulais à moi-même bien plus qu'à lui en vérité. Qu'une infime partie de moi ait pu croire que cela lui coûterait de me faire subir une telle épreuve tout en observant de l'autre côté de la glace.

_ Ravi de faire votre bonheur, directeur. Alors ? Quand est-ce que les choses sérieuses commencent ?

_ Tu pars pour Paris dans trois jours, puis tu prendras un vol pour Damas. Les instructions suivront en temps voulu.

Je me contentais de hocher la tête.
Tout était dit.
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